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Trouvailles pour esprits curieux

Mozart était Silène. Œuvres pour piano à quatre mains par Aline Zylberajch et Martin Gester

Noël Hallé Eglé et Silène

Noël Hallé (Paris, 1711-1781),
Silène et Églé ou Églé barbouillant Silène de mûres
pour le forcer à chanter l’histoire du monde, 1771
Huile sur toile, 320 x 385 cm, Lille, Palais des Beaux-Arts

Alors que sont parfois englouties d’importantes sommes d’argent afin de promouvoir des réalisations médiocres ou stupidement commerciales, certaines autres nettement plus intéressantes semblent jouer de malchance. Ainsi en va-t-il du disque dont il sera question aujourd’hui qui réunit Aline Zylberajch et Martin Gester autour de pièces pour piano à quatre mains de Mozart, paru discrètement à un moment de grandes difficultés pour son éditeur, K617, affublé, de surcroît, d’une pochette suffisamment laide pour jouer un rôle de repoussoir.

Mozart a commencé très tôt à composer pour piano à quatre mains, puisque la première œuvre que l’on conserve de lui pour cette configuration alors encore assez peu répandue date de son séjour londonien de l’été 1765 ; cette Sonate en ré majeur (KV 19d) que Leopold tenait, rapporte-t-on, pour la première écrite dans ce genre, était sans doute destinée à Wolfgang et à sœur Maria Anna, dite Nannerl, et certains chercheurs ont même conjecturé que c’est elle qui est en train d’être jouée dans le fameux tableau de Johann Nepomuk della Croce, aujourd’hui au Mozarteum de Salzbourg, représentant la famille Mozart où les mains du frère et de la sœur se croisent sur le clavier. Si l’on conserve deux sonates écrites à Salzbourg en 1772 (KV 381/123a) et 1773-74 (KV 358/186c) dont on sait qu’elles furent interprétées par le duo à Paris et à Vienne, le programme de ce disque s’attache aux ultimes contributions mozartiennes dans ce domaine, composées durant ses années d’activité à Vienne.

La Sonate en fa majeur KV 497 inscrite par Wolfgang dans son catalogue personnel à la date du 1er août 1786 affiche d’emblée ses ambitions avec ses vastes dimensions (l’œuvre approche de la demi-heure) et son premier mouvement avec introduction lente qui la rattache formellement au genre symphonique. De fait, c’est tout un orchestre qui semble parfois se faire entendre dans le brillant Allegro di molto, d’une maestria d’écriture assez confondante, dont l’opulence sonore fait saillir avec plus de force encore la dimension chambriste du magnifique Andante central en si bémol majeur qui le suit et dont le chant semble si souvent relever de la confidence, avant que l’Allegro final vienne conclure avec une bonne humeur certaine, parfois même dansante, mais à laquelle semble néanmoins s’attacher un peu du clair-obscur qui a précédé comme les lambeaux d’un rêve qui peinerait à se dissiper totalement. Johann Nepomuk della Croce La famille Mozart détailL’Andante et variations en sol majeur KV 501, composé trois mois plus tard sur un thème a priori original, ne vise pas aussi haut. Il s’agit avant tout d’une pièce pensée pour l’agrément qui vise à mettre tour à tour en valeur les capacités de chacun des deux protagonistes en une succession d’épisodes plein de charmes dont le caractère détendu n’est temporairement assombri que par une variation en mineur, jouée ici de façon très judicieuse avec sourdine. Dédiée, comme le Trio « Kegelstatt » (« des Quilles », KV 498, 5 août 1786), à Franziska von Jacquin, membre d’une famille au sein de laquelle Mozart aimait à trouver détente et réconfort, la Sonate en ut majeur KV 521, datée du 29 mai 1787, regarde sans ambages du côté de l’opéra qui était alors à nouveau au cœur des préoccupations du compositeur, si tant est qu’il en ait eu une autre, à la suite de la commande, au début de février, d’un Don Giovanni pour Prague, ce qu’attestent également de manière incontestable les Lieder composés à la même époque. De l’élan de l’Allegro liminaire qui débute d’une manière on ne peut plus théâtrale et dont le déroulement est parsemé d’épisodes à la vivacité presque bouffe à l’Andante en fa majeur, tendre comme une scène entre amoureux, puis au malicieux Allegretto final qui semble hésiter sans cesse entre douceur et ironie – on se demande sans cesse quel dénouement peut bien se tramer en coulisses tandis que l’on nous charme sur l’avant-scène –, chaque mouvement fait à la caractérisation des atmosphères une part si belle que le talent du dramaturge parvient, sans le secours d’un texte, à nous faire entrapercevoir des personnages par le seul pouvoir d’évocation de la musique. Disons un mot, pour finir, du Rondo en la mineur KV 511 (Vienne, 11 mars 1787) choisi en complément de programme. Partageant une communauté d’esprit évidente avec le mouvement central des deux sonates, cette pièce pour piano seul approfondit encore le sentiment du pathétique qui, destination publique oblige, passait sans trop s’attarder dans celles-ci ; ici, le musicien à son clavier est face à lui-même et nous entraîne à sa suite sur des terres d’intimité où il n’a nul besoin de masquer son désarroi sous une grimace mondaine ou de retenir ses larmes. Elles sont nombreuses et pudiques dans cette cantilène ponctuée de sanglots qui semble couler naturellement alors que son écriture ne laisse rien au hasard, et que viennent éclairer quelques pâles rayons de soleil, comme d’infimes éclats de confiance pour faire barrage au désespoir.

Comme la majorité des œuvres de Mozart, ces pages pour piano à quatre mains ont retenu l’attention de nombreux interprètes, y compris ceux jouant sur instrument ancien — je les ai découvertes, pour ma part, grâce à un enregistrement paru chez Decca il y a une vingtaine d’années qui réunissait George Malcolm et András Schiff jouant le pianoforte de Mozart. La lecture qu’en proposent aujourd’hui Aline Zylberajch et Martin Gester, outre qu’elle montre les progrès accomplis depuis dans la pratique des claviers anciens, se distingue par nombre de qualités qui font qu’après les premières écoutes, on y revient souvent et volontiers. Il y a, tout d’abord, la rectitude stylistique dont, en familiers de ce répertoire, les deux musiciens font preuve, inscrivant les œuvres dans l’esthétique classique qui est la leur, sans maniérismes baroques ni pathos romantique qui auraient été également déplacés, tout en faisant néanmoins percevoir la tradition dans laquelle elles s’inscrivent et le futur qu’elles contribuent à dessiner. Dans la même logique, le duo a fait ensuite des choix clairs d’interprétation, prenant ses distances, sans perdre ni en propreté technique, ni en dynamisme, Aline Zylberajch et Martin Gester Juillet 2014avec la tentation d’une virtuosité impressionnante mais un peu superficielle pour privilégier la clarté de la ligne – les Allegro demeurent ainsi toujours parfaitement lisibles, y compris dans leurs passages les plus foisonnants –, le raffinement des atmosphères comme du toucher – et qu’il est agréable d’entendre un pianoforte qui, sans rien concéder de son mordant, oublie de « cogner » –, les évocations du chant et des rythmes de danse (le Finale de la Sonate KV 497 offre de ce dernier point un exemple parfaitement réussi), mais également une certaine sobriété émotionnelle qui, si elle peut laisser dubitatifs les habitués de lectures d’esprit XIXe, se révèle d’une justesse de ton et de sentiment que je trouve, pour ma part, remarquable ; ici, l’émotion déborde sans jamais se répandre, elle frémit sans prendre la pose, et c’est justement parce qu’elle ne force jamais le trait qu’elle nous touche. Les confidences, la tendresse, les clairs-obscurs des mouvements médians des Sonates sont ainsi parfaitement restitués, tandis que le Rondo en la mineur, confié au seul Martin Gester, est d’une grande éloquence, à la fois réservée et à fleur de peau. Soulignons enfin à quel point la complicité des interprètes est ici un atout majeur, en ce qu’elle leur permet d’embrasser dans un même élan ces pages souvent plus complexes qu’il y paraît en soulignant tout le jeu de dialogues qu’elles contiennent sans jamais nuire pour autant à l’unité de l’ensemble.

Ce disque est, comme on le disait de Socrate, un Silène qui, sous une apparence peu avenante, recèle les plus agréables parfums et je ne peux que recommander à tous les amateurs de la musique de Mozart d’aller découvrir les richesses qu’il contient. Puisse le tandem formé par Aline Zylberajch et Martin Gester nous offrir encore d’autres réalisations aussi maîtrisées.

Mozart Pièces pour piano 4 mains Aline Zylberajch Martin GesterWolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Sonates pour pianoforte en fa majeur KV 497 et en ut majeur KV 521, Rondo en la mineur KV 511, Andante et variations en sol majeur KV 501

Aline Zylberajch & Martin Gester, pianoforte Paul et Theo Kobald d’après Anton Walter, 1795

1 CD [durée totale : 71’39] K617 244. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits proposés :

1. Sonate KV 497 : [I] AdagioAllegro di molto

2. Sonate KV 521 : [III] Allegretto

Illustrations complémentaires :

Johann Nepomuk della Croce (Pressano, 1736-Linz, 1819), Portrait de la famille Mozart, c.1780-81 (détail). Huile sur toile, dimension non précisées, Salzbourg, Stiftung Mozarteum. Image complète en cliquant ici.

Aline Zylberajch et Martin Gester au pianoforte en juillet 2014, crédits non précisés.

12 Comments

  1. Une fois encore l’habit ne fait pas le moine … et l’apparence quelque peu rébarbative est trompeuse. Et comme chacun est libre de prendre ici ce qui lui convient, je prends tout et ça ne fera défaut à personne, une vraie joie. Et Silène (sa représentation me fait penser à …..) s’est-il laissé convaincre ?

    • Que j’aime ce « comme chacun est libre de prendre ici ce qui lui convient, je prends tout », bien chère Marie 🙂 Et comme les choses sont bien faites, le fait que l’on se serve aussi largement qu’on le souhaite ne diminue pas la part des autres.
      Je pense que Silène s’est laissé convaincre : as-tu entendu comme il fait chanter ce pianoforte ? C’est tout un monde dans un clavier.
      Un sincère merci pour ton mot.

  2. Cher Jean-Christophe,
    J’ai pu enfin lire et écouter, tout d’abord le choix de la toile de Noël Hallé, est excellent en revanche je ne sais pas si se faire barbouiller de mûres aide à chanter …..
    Quant au portrait de famille , il a un petit côté émouvant .
    J’ai BEAUCOUP aimé ta chronique que j’ai lu plusieurs fois tant elle était riche et agréable à lire.
    Quant à la musique, ah Mozart quel merveilleux compositeur ! Tu nous as offert de beaux et longs extraits, que j’écoute encore et encore …. Je suis complétement sous le charme ..
    Je te dis un immense merci, je te redis ici mon amitié et mon affection . Je t’embrasse .

    • Chère Tiffen,

      Il faudrait demander à Églé si le masque à la mûre (« la mûre, tujurs la mûre » dirait certain chanteur français d’origine belge qui faisait autrefois de la pub pour des lunettes) est ou non efficace, mais j’ai trouvé que l’idée du tableau allait bien avec le propos global du billet, et je crois que Mozart était un peu Silène lui aussi. Quant au portrait de famille, il est encore plus émouvant lorsque l’on sait qu’il a été peint juste avant le départ de Mozart pour Vienne et que la femme représentée dans le médaillon n’est autre que sa mère, morte à Paris en 1778.
      Je suis heureux que tu aies aimé cette chronique. Ce disque à quatre mains est vraiment une très belle réalisation, pleine de charme et de naturel. En outre, j’apprécie énormément le travail d’Aline Zylberajch et de Martin Gester et ce depuis des années (je suis un garçon fidèle), aussi ai-je pris plaisir à le mettre en valeur.

      Je te remercie bien sincèrement pour ton mot et je t’embrasse bien fort moi aussi.

  3. Martin Gester

    18 janvier 2015 at 21:01

    Cher Jean-Christophe,
    Merci pour cette belle évocation de notre travail. C’est agréable de voir qu’on est entendus.
    Oui, pour la pochette, disons qu’elle n’est pas en phase avec le contenu. A commencer par le pianoforte (la couverture présente une vue d’un instrument du milieu du XIXe s., et le nôtre n’est pas spécifié) : c’est un instrument de Paul & Theo Kobald d’après Anton Walter 1795.
    Le choix d’un tel instrument est conscient : nous avons joué le programme sur un Stein à 5 octaves – que Mozart a loué, mais en 1777 – cela ne nous satisfaisait pas, sonnait quelque peu étriqué – d’ailleurs Mozart avait commandé lui-même un Walter lorsqu’il arriva à Vienne, et la facture évoluait vite.
    Mais surtout son invention, à ce stade, dépassait de loin le type d’instrument qui était courant, et sa pensée tantôt symphonique (dans les Sonates où il rejoint parfois le premier Beethoven) tantôt belcantiste (le Rondo en la) nécessitait d’autres ailes pour prendre son envol.
    Espérant que ceci répondra à des questions que plus d’un pourrait se poser.
    Bien à vous
    MG

    • Cher Martin,

      J’avais bien noté qu’outre la pochette extérieure pas très heureuse, du moins à mon goût, l’intérieure offrait une photographie d’un pianoforte Streicher dont on ne comprend pas bien ce qu’il vient faire ici. Il est bien dommage que rien concernant l’instrument que vous joué et qui est, à mon avis, judicieusement choisi (Kristian Bezuidenhout, dont j’apprécie beaucoup le travail, me semble procéder aux mêmes arbitrages), ne figure dans le livret et vous avez parfaitement bien fait de donner ici les renseignements qui faisaient défaut.

      Je vous remercie bien sincèrement pour votre commentaire, qui m’honore. J’aurai le bonheur de parler à nouveau de votre travail sur ce blog, au clavecin cette fois-ci, d’ici quelques semaines.

      Bien à vous.

  4. Mozart était Silène. Je salue la pertinente trouvaille, car elle n’a rien de persifleuse. Bien au contraire, elle me semble plutôt particulièrement convenir au musicien…
    Quant aux deux extraits proposés ici, le charme qu’ils dégagent emporte avec bonheur – ce bonheur simple, non poussif, qui fait du bien – et procure une douce sérénité. On se laisse d’autant plus aller, sans réfléchir car naturellement guidé dans un voyage musical où le temps n’a plus véritablement de prise.
    Concernant les quatre mains qui ici jouent sur ce pianoforte (dont la sonorité propre à l’instrument étonnerait sans doute une majorité d’auditeurs y étant guère accoutumés), je partage ton opinion.
    Heureuse semaine à toi. Des bises.

    • Il me semble que l’image de Silène correspond assez bien à ce que nous savons de Mozart, dont l’apparence et les manières n’étaient a priori pas très concordantes avec le talent, et comme la pochette se prêtait aussi à cette image un rien irrévérencieuse, je n’ai pas hésité.
      J’apprécie beaucoup le travail d’Aline Zylberajch et Martin Gester dans ce répertoire (et d’autres) : sa netteté et son honnêteté changent des dérives romantiques qu’on y observe trop souvent et qui, personnellement, ne me conviennent pas puisqu’elles me semblent complètement anachroniques. Et puis, ce pianoforte est tellement séduisant !
      Je te remercie pour ton commentaire, ami Cyrille, et te souhaite une bonne semaine.
      Je t’embrasse.

  5. Je ne réponds jamais à une réponse de commentaire, mais pour te dire que je savais que le médaillon représentait sa mère, ce qui ajoute de l’émotion , en revanche je ne savais pas que celui-ci avait été peint juste avant son départ pour Vienne. ( Inculte mais pas trop 😉 )
    Je te l’ai dit hier, excellent choix de tableau (comme d’habitude dirais-je ). Tu dois y passer un temps fou, alors merci encore !
    Quant à ta fidélité, je n’en doute pas un seul instant 😉 😉
    Je t’embrasse cher Jean-Christophe !

    • Je te confirme, chère Tiffen, que je passe beaucoup de temps à choisir les illustrations, c’est un gros travail de mémoire et de recherche, mais que j’aime faire parce que j’en découvre et donc en apprends à chaque fois, ce qui est toujours une bénédiction.
      Merci pour ta réponse à la réponse au commentaire 😉
      Je t’embrasse et te souhaite une belle soirée.

  6. Bonjour Jean-Christophe. Merci pour ce très intéressant texte concernant Mozart et le pianoforte à quatre mains.
    Ces oeuvres résonnent fortement en moi car elles provoquèrent un choc musical enthousiasmant quand je les découvris interprétées par Ingrid Haebler et Ludwig Hoffmann (microsillon Vox que je garde précieusement). Pour moi, les grandes oeuvres inscrites sur ce disque sont la sonate en fa et les variations en sol. Dans la sonate en do, Mozart me semble traiter un sujet moins élevé. La sonate K 497 me semble refléter l’influence de Clementi non pas tellement pour l’écriture pianistique (plus massive toutefois qu’à l’accoutumée chez Mozart) mais pour la capacité de construire un vaste morceau de sonate à partir d’un thème unique. Le développement est un des plus longs et des plus architecturés que je connaisse chez Mozart et de ce point de vue, ce premier mouvement s’apparente au mouvement correspondant de la symphonie Prague contemporaine. Les variations K 501 se suffisent à elles-mêmes mais je fais l’hypothèse (d’autres l’ont faite avant moi certainement) qu’elles pourraient avoir été le finale d’une sonate pour piano à quatre mains en sol majeur K 497a inachevée dont il reste toutefois un important fragment du premier mouvement et un andante presque achevé. Cette sonate inachevée est passionnante car Mozart l’a construite sur un thème unique d’une énergie interne considérable tout à fait alla Clementi. En 1786, Leopold Mozart réclame à Marianne Mozart le recueil des sonates de Clementi pour son élève Henri Marchand. Il s’agit en toute probabilité des opus 7 à 14 du maître romain qui étaient connus aussi bien par Wolfgang que par son père et sa soeur, précise Georges de Saint Foix. Mozart était mauvaise langue c’est bien connu mais au delà des anecdotes complaisamment véhiculées, je reste persuadé qu’il éprouvait une admiration sincère pour le maître romain.

    • Bonsoir Piero,

      Vous voici donc fidèle au rendez-vous de ce style classique que vous aimez tant et je vous en remercie.
      Pour ma part, je trouve plutôt mon plaisir avec les deux sonates qu’avec l’Andante & variations que je trouve charmant mais honnêtement pas inoubliable, même je vous rejoins également pour souligner la supériorité de la Sonate KV 497 sur la KV 521, qui m’intéresse néanmoins beaucoup en ce qu’elle participe à l’élan lyrique de l’année 1787 qui va culminer avec Don Giovanni.
      Je ne reviens pas, afin de ne pas tomber dans la paraphrase, sur tout ce que vous exposez avec beaucoup de science, si ce n’est pour vous dire que j’ignorais que certains tenaient KV 501 pour un finale de sonate, hypothèse effectivement séduisante compte tenu du matériel fragmentaire qui subsiste. L’influence de Clementi sur Mozart est patente en bien des endroits et s’il ne fait guère de doute que le second était suffisamment fin musicien pour apprécier le travail du premier dans toute l’étendue de ses qualités, je pense qu’il n’aimait guère l’homme, sans doute en grande partie parce qu’il a très vite compris à quel point il pouvait lui faire de l’ombre.

      Bien cordialement.

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