Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Conversation pieces. Trios & Quatuors avec viole de gambe de Telemann par La Rêveuse

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Philip Mercier (Berlin, 1689 ou 1691, Londres, 1760),
L’Ouïe, entre 1744 et 1747
Huile sur toile, 132,1 x 153,7 cm, Yale, Center for British Art

De tous les compositeurs célèbres appartenant, bien que sa longévité lui ait permis de l’outrepasser quelque peu, à ce que nous appelons aujourd’hui l’époque baroque, Georg Philipp Telemann est incontestablement celui dont la réputation est la plus contrastée, alors que sa renommée fut, de son vivant, indiscutable, supérieure même, il est toujours bon de le rappeler, à celle de Johann Sebastian Bach. Si l’on se montre légitimement fier, en Allemagne, du prolifique Directeur de la musique de Hambourg, la France, si prompte à se pâmer devant la moindre piécette insignifiante de Vivaldi, ne voit, en revanche, bien souvent en lui qu’un débiteur de notes au kilomètre dont le plus grand mérite serait d’avoir laissé des œuvres pouvant accompagner un bon repas (Tafelmusik) ou joliment illustratives voire rigolotes (Wassermusik, Burlesque de Quichotte), bref des musiques d’ameublement que l’on peut écouter d’une oreille distraite en faisant autre chose et oublier immédiatement après. Après tout, un chef comme Philippe Herreweghe n’a jamais caché qu’il préférait s’attacher à servir ceux qu’il considère comme de « grands musiciens », y compris, hélas, ceux sur lesquels il n’a visiblement pas grand chose à dire, plutôt que perdre son temps avec un médiocre comme Telemann. Ces brefs éléments de contexte vous feront percevoir que le nouveau disque de l’ensemble La Rêveuse est loin d’être un projet sans risques, non seulement par le compositeur qu’il documente, mais aussi par le choix qu’il fait de s’écarter de l’autoroute que représentent les Quatuors Parisiens où tout le monde se croit aujourd’hui légitime de s’engager sans même avoir la lucidité et l’humilité de vérifier s’il a ou non les capacités de tenir la distance, pour emprunter des sentiers moins fréquentés mais pleins de surprises et d’agrément.

En parallèle de ses activités officielles, Telemann éprouva très tôt le besoin de matérialiser son enthousiasme et son sens de la convivialité en fondant des ensembles généralement désignés sous l’appellation de Collegium musicum ; ce fut le cas dès ses années à Leipzig (1701-1704) où il fit ses premières armes notamment en réunissant autour de lui ses camarades étudiants pour faire de la musique, une initiative dont le succès perdura bien après le départ de son créateur, puisque la direction du Collegium fut reprise, en 1729, par un certain Johann Sebastian Bach. Telemann Six Trios 1718 frontispiceÀ Francfort-sur-le-Main dont il avait été nommé director musices en février 1712, Telemann ne tarda pas à renouveler l’expérience leipzicoise et, dès l’année suivante, un Collegium de 23 musiciens y donna ses premiers concerts. Il est tout à fait probable que les Six Trios publiés en 1718 soient le reflet du répertoire que l’on pouvait y entendre, dans la mesure où chacun d’eux met en valeur des instruments différents, comme le stipule le frontispice de l’édition. L’organisation matérielle du recueil est, en elle-même, intéressante, en ce qu’elle juxtapose tradition et modernité ; la première est représentée par les Trios II à V, tous conçus selon l’alternance de mouvements lent-vif-lent-vif caractéristique de la sonata da chiesa à la manière de Corelli, un compositeur pour lequel Telemann n’a jamais caché son admiration, les Trios I et VI adoptant, eux, la structure tripartite vif-lent-vif qui est celle du concerto « moderne » popularisée, entre autres, par Vivaldi. Le Trio V choisi par La Rêveuse est écrit pour violon, viole de gambe et basse continue ; évoluant sans cesse sur la mince frontière qui sépare douceur et nostalgie, parfois grave comme dans son Adagio ponctué de silences, seul son Allegro conclusif l’ensoleille vraiment.

Telemann prit ses fonctions de director musices de l’importante ville de Hambourg, qui comptait alors quelque 80000 habitants, le 29 septembre 1721. Malgré quelques dissensions dont une des conséquences les plus immédiates fut de faire grimper ses émoluments et d’asseoir un peu plus sa position, ce poste, qu’il devait conserver jusqu’à sa mort en 1767, représenta le couronnement de sa carrière ; moins de deux mois après son arrivée dans la cité hanséatique, le Collegium dont il avait pris la tête donnait son premier concert. Écrit pour viole de gambe, clavecin obligé et basse continue, le Trio II en sol majeur fait partie des Essercizii Musici composés à Hambourg vers le milieu de la décennie 1720, un recueil qui illustre une des préoccupations majeures de la vie et de l’activité de Telemann, qui était également éditeur : instruire et réjouir apprentis musiciens et amateurs en leur proposant des œuvres à la fois accessibles et de qualité. De fait, ce Trio aux humeurs bien contrastées, avec son finale un rien goguenard, possède une fluidité qui le rend instantanément séduisant, mais son Largo démontre que le compositeur savait dépasser complètement le cadre étroit d’un exercice pédagogique et sa profondeur d’expression annonce déjà les première lueurs du style sensible qui aura en Allemagne du Nord le retentissement que l’on sait. William Hogarth Conversation piece Sir Andrew FountaineLes ambitions des Quadri publiés à Hambourg en 1730 sont toutes autres. Leur complexité les destine clairement à des professionnels aguerris et leur richesse d’écriture et d’invention leur a valu non seulement un indéniable succès dès leur parution mais aussi de connaître une postérité durable sous la dénomination fautive de Quatuors parisiens qui regroupe sous une même dénomination les Quadri et les Nouveaux Quatuors en six suites publiés lors du séjour de Telemann à Paris en 1738. Le recueil de 1730 offre une parfaite illustration de la réunion des goûts dont le compositeur fut un des meilleurs représentants, puisqu’il y propose successivement deux concertos à l’italienne, deux sonates à l’allemande et deux ouvertures à la française, esquissant une sorte de vade-mecum de l’Europe musicale des années trente du XVIIIe siècle. La Rêveuse a fait le choix de la Sonate II en sol mineur qui suit le modèle da chiesa corellien et dont chaque mouvement possède son ambiance propre, sérieuse pour l’Andante, déliée pour l’Allegro, chantante pour le Largo et sereinement enjouée pour l’Allegro final, et clôt son programme sur la célèbre Chaconne du Sixième Quatuor « parisien » en mi mineur, une pièce dont l’atmosphère à la fois sensible et légèrement incertaine, parfois suspendue, évoque l’univers du jeune François Boucher dont certaines scènes pastorales, telle Les Charmes de la vie champêtre, aujourd’hui au Louvre, ou certains paysages de fantaisie, comme le Paysage avec un moulin à eau du Nelson-Atkins Museum of Art, sont exactement contemporains — Telemann avait su d’emblée se mettre au diapason de Paris et du goût qui y dominait alors.

S’il est cependant un genre pictural auquel les œuvres de cette anthologie font irrésistiblement songer, c’est, au-delà de la peinture française stricto sensu qui me semble une référence trop restrictive, à celui des conversation pieces qui se développa en Angleterre dès le début des années 1720 sous l’impulsion d’artistes comme Philip Mercier, natif de Berlin ayant étudié dans sa patrie avant de parfaire sa formation en France puis de faire carrière Outre-Manche, ou le plus célèbre William Hogarth. Genre hybride par excellence dans lequel se mêlent des influences hollandaises et françaises et qui se situe à mi-chemin entre le portrait, la scène de genre et le paysage, avec souvent un brin d’ironie sous-jacente sous l’impression première d’apparat, une de ses forces réside dans sa liberté de ton et dans l’équilibre entre les parties indispensable pour que l’ensemble fonctionne. Telemann, qui était en relation avec l’Angleterre grâce à ses échanges postaux et floraux avec son ami Händel, avait-il connaissance de telles œuvres ? On ne peut formellement l’exclure. La Rêveuse, en tout cas, nous offre avec son disque une conversation piece d’une heure aussi séduisante que convaincante. Autour d’un programme intelligemment conçu et agencé avec soin qui donne à entendre des pièces variées sinon inédites, du moins en majorité rarement enregistrées, les musiciens s’y entendent pour tisser de véritables dialogues, avec une cohérence dans les intentions et une sûreté dans la réalisation qui laissent admiratif. La Rêveuse Disque Telemann Nathaniel BaruchAutant vous le dire d’emblée, à la vaine agitation qui tient lieu de discours à certains de leurs confrères dont certains médias ont fait leurs mignons, les musiciens réunis autour de Florence Bolton, très exposée ici et dont le jeu à la viole ne cesse de gagner en profondeur, en sensibilité et en éloquence, et de Benjamin Perrot qui s’y connaît pour tisser, de son théorbe, des atmosphères diaphanes ou pour conférer à la musique l’élan nécessaire, ont choisi de faire respirer la musique – et je ne connais pas au disque, de ce point de vue, de version plus intensément poétique de la Chaconne du Sixième Quatuor parisien – et de s’écouter vraiment les uns les autres sans que qui que ce soit tente de tirer la couverture à lui. Pourtant, chaque intervenant possède des atouts qui pourraient le lui permettre, qu’il s’agisse du violon souple et épanoui de Stéphan Dudermel, de la flûte racée et débordante de charme de Serge Saitta (qui confirme dans ce disque tout le bien que je pense de lui), de l’énergie et de la précision du clavecin de Carsten Lohff ou de la viole chaleureuse d’Emily Audouin, mais tous ont à cœur de servir la musique humblement et avec cœur sans chercher à la détourner à des fins de publicité personnelle. Le résultat est un disque d’un grand raffinement qui ne verse jamais dans la préciosité, d’une grande tenue musicale qui ne corsète pourtant à aucun moment les œuvres, et dont le brio ne s’éparpille pas dans des effets d’estrade inutiles et déplacés. Telemann y gagne une densité et une tendresse qui fera mentir et, espérons-le, rougir ses détracteurs, tout en ne perdant rien ni de son humour, ni de ses couleurs, ces dernières parfaitement mises en valeur par la prise de son fine et équilibrée d’Hugues Deschaux.

Voici indéniablement une réalisation qui confirme les affinités que nourrit l’ensemble avec le répertoire germanique et dont la réussite lui ouvre de nouvelles portes vers des musiques qu’il n’avait, jusqu’ici, que peu explorées. Aimez-vous Telemann ? Ce disque vous rappellera à chaque instant les raisons de votre inclination. Souhaitez-vous découvrir un peu mieux ce compositeur ? Tendez l’oreille, La Rêveuse a tant de belles histoires à vous raconter.

Telemann Trios & Quatuors La RêveuseGeorg Philipp Telemann (1681-1767), Trios et Quatuors avec viole de gambe : Sonata II en sol mineur TWV 43:g1, Trio V en sol mineur TWV 42:g1, Sonata en sol majeur TWV 43:G12, Sonata en la mineur TWV 42:a7, Trio II en sol majeur TWV 42:G6, Chaconne extraite du Sixième Quatuor « parisien » en mi mineur TWV 43:e4

La Rêveuse :
Stéphan Dudermel, violon
Serge Saitta, flûte traversière
Emily Audouin, viole de gambe
Carsten Lohff, clavecin

Florence Bolton, viole de gambe & direction artistique
Benjamin Perrot, théorbe & direction artistique

Wunder de Wunderkammern1 CD [durée totale : 61’38] Mirare MIR 267. Wunder de Wunderkammern. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits proposés :

1. Sonata en sol majeur TWV 43:G12 : Dolce

2. Trio II en sol majeur TWV 42:G6 : Largo

3. Chaconne du Quatuor en mi mineur TWV 43:e4

Illustrations complémentaires :

Frontispice des Six Trios, 1718. Paris, Bibliothèque nationale de France

William Hogarth (Londres, 1697-Chiswick, 1764), Conversation piece avec Sir Andrew Fountaine, c.1730-35. Huile sur toile, 47,6 x 58,4 cm, Philadelphie, Museum of Art

La photographie de l’ensemble La Rêveuse est de Nathaniel Baruch.

22 Comments

  1. Bonjour,

    Merci d’avoir attiré notre attention sur ce beau disque d’un ensemble qui nous donne régulièrement de belles choses. Entièrement d’accord sur Telemann, magnifique compositeur rarement servi au disque par de telles artistes. On peut quand même signalé la belle réalisation de Franz Brüggen avec Leonhardt dans les « Triosonaten für flöte » chez SEON, il y a déjà bien longtamps.

    Amicalement

    Pascal

    • Bonsoir Pascal,

      Je suis le travail de La Rêveuse depuis pas mal d’années déjà, c’est un ensemble dont l’honnêteté et la musicalité me charment de façon constante. Je trouve que ces pièces finalement assez intimistes de Telemann conviennent bien à l’ensemble et qu’il a su en saisir l’esprit et le restituer avec talent. Je n’oublie pas, bien sûr, les réalisations des « grands anciens » que vous avez raison de rappeler à notre souvenir, pas plus que celles, plus récentes, de la Camarata Köln qui a beaucoup et bien œuvré pour la connaissance et la reconnaissance du Telemann chambriste.

      Merci pour votre mot et bien amicalement.

  2. Je comprends que l’on puisse ne pas apprécier telle ou telle œuvre d’un compositeur. Ce fût mon cas concernant celles de Th. Dubois présentées ici dernièrement que j’avais pour ma part trouvé ennuyeuses, certes, mais qui ne reflétaient pas l’ensemble de son corpus.
    Toutefois, s’il appert aujourd’hui encore que d’aucuns semblent méjuger et l’attrait et l’ironie prégnante comme aussi l’intelligente apparente légèreté que revêt, à mon sens, la musique de Telemann – en tous les cas eu égard à l’infime partie que j’ai pu à ce jour en entendre, son catalogue étant vraisemblablement unique dans l’histoire de la musique du point de vue du nombre : 6000 œuvres ! – il n’en demeure pas moins, donc, que le bonhomme connaissait son art sur le bout des doigts. Lui qui fût d’une insatiable curiosité.
    D’ailleurs, sa relative ostracisation aujourd’hui, alors qu’il fût en son temps je crois unanimement célébré, me rappel ce qu’écrivait en 1919 Romain Rolland : « La postérité fit payer très cher à Telemann l’insolente victoire que, de son vivant, il remporta sur Bach. Cet homme, dont la musique était admirée dans tous les pays d’Europe, depuis la France jusqu’à la Russie, et que (…) le sévère Mattheson déclarait le seul musicien qui fût au-dessus de l’éloge, est aujourd’hui oublié, dédaigné. On ne cherche même pas à le connaître ».
    Aussi, apprenons à le (mieux) connaître…
    Merci de ce partage, J.-Ch. Merci à l’ensemble La Rêveuse.

    • Curieusement, ami Cyrille, on pardonne à Vivaldi d’avoir été surabondant, mais pas à Telemann, alors qu’il est, comme le sera Haydn après lui, une sorte de « mesure de son siècle » pour reprendre l’expression si juste de Marcel Marnat : l’incarnation de l’essentiel des tendances d’une époque dont sa production, mais également ses préoccupations d’éditeur, de pédagogue, d’organisateur de concerts rendent compte de la diversité bien plus que celle de Bach, par exemple.
      Tu fais bien de souligner la curiosité du director musices de Hambourg et la maîtrise qu’il avait de son art, lui l’autodidacte, et je te remercie également de rappeler les phrases si justes de Romain Rolland, un écrivain mâtiné de philosophe que l’on gagnerait à relire plus souvent. Il me semble que La Rêveuse a fait ici œuvre utile en proposant des lectures de grande qualité de pièces que, pour certaines, on n’entend pas si souvent.
      Je te remercie pour ton riche commentaire et te souhaite une belle journée.

  3. Cher Jean-Christophe,
    Quelle belle peinture que celle de ces musiciennes où l’on retrouve les instruments de « la rêveuse » , je sais (je te connais un peu) que ce n’est pas le fruit du hasard 🙂 et celle de William Hogarth n’a rien à lui envier .
    Tu nous gratifies de longs et beaux extraits, en ce qui me concerne je n’ai pas écouté d’une oreille distraite . Je ne te ferai pas un long commentaire , je ne sais pas faire, en revanche je peux te dire que j’ai énormément apprécié !!
    Un tout grand merci, ceci peut paraitre très banal, mais tu connais je le sais , la sincérité et le sens de ce mot !
    Je t’embrasse bien affectueusement cher Jean-Christophe 🙂
    Tiffen

    • Chère Tiffen,
      Mes illustrations ne sont jamais le fruit du hasard, comme tu le sais (j’ai d’ailleurs passé ma soirée d’hier à chercher les prochaines), et vu que j’avais ma petite idée en tête concernant celles de ce billet, je me suis plutôt trouvé face à une abondance de biens dans laquelle le plus difficile a été de choisir; c’est finalement le tableau de Philip Mercier qui l’a emporté d’un cheveu face à celui de Hogarth, sans doute parce qu’il est d’un artiste allemand qui est passé par la France, un parcours qui rappelle un peu celui de Telemann.
      Je suis heureux que les extraits musicaux t’aient plu, ils sont représentatifs d’un disque qui n’est pas avare de merveilles et vers lequel on revient toujours avec bonheur.
      Je te remercie pour ton commentaire, dont je ne doute pas de la sincérité 🙂
      Je t’embrasse bien affectueusement moi aussi.

  4. Joli tableau empreint de douceur intergénérationnelle.
    « Souhaitez-vous découvrir un peu mieux ce compositeur ? Tendez l’oreille, La Rêveuse a tant de belles histoires à vous raconter ». Pas seulement La Rêveuse … On peut aussi ouvrir les yeux puisque de Gemmes en Jalons, de Contrepoints et Sur le Motif j’ai pu découvrir ce délicieux compositeur grâce à toi sur Passée – pas moins de six billets passionnants et une fois encore, je succombe. Merci mille fois.

    • Tu as tout à fait raison, bien chère Marie, il y a un petit côté Les quatre âges (autre thème obligé dans la peinture allégorique) dans cette Ouïe musicale. Pour ce qui est de Telemann, c’est un fidèle compagnon depuis le milieu des années 1980 pour lequel j’ai quelquefois fait des folies – la Tafelmusik par Musica Antiqua Köln coûtait alors plus de 400 francs ! – et que je retrouve toujours avec plaisir. Je suis heureux de te l’avoir fait à nouveau partager et je remercie pour ton mot.

  5. Bonjour Jean-Christophe,

    Voilà que j’ai enfin un peu de temps pour venir te visiter ici. Quelle plus belle musique je pouvais rêver pour débuter la semaine ! Merci de nous faire découvrir cette merveille. Je me régale. Félicitation pour ton travail et merci de nous émerveiller autant !

    • Bonjour ma belle Sophie,
      L’avantage d’un lieu comme celui-ci, c’est que chacun peut y venir quand il l’entend : la porte n’est jamais fermée 🙂 Merci de ta visite, chère Voyageuse, et que ces petits extraits de Telemann continuent à bercer quelques moments de tes journées — ils sont aussi une façon de nous relier malgré la distance.
      A très vite.

  6. J´écoute avec plaisir. Je ne suis jamais déçue avec Teleman, avec vos choix non plus.

    • Même si certains ne seraient sans doute pas d’accord avec ça, Chantal, je pense qu’il y a toujours de quoi prendre du plaisir chez Telemann.
      Merci pour votre mot et belle journée.

  7. Merci beaucoup Jean Christophe pour ce nouveau CD consacré à Telemann. Je ne me lasse jamais de ce compositeur. Il y a chez Telemann une variété d’inspiration qui me semble unique comme en témoigne la sonate en trio en la mineur TWV 42:a7 qui m’est particulièrement chère et tout particulièrement son allegro final aux rythmes quasi balkaniques. Le choix des pièces interprétées (quatuors de 1730 et 1737) met en lumière un point important: Telemann ajoute aux deux dessus habituels (une flûte et un violon) et au continuo, une voix supplémentaire, véhiculée habituellement par une basse de viole jouant dans son registre aigu et écrite pour l’essentiel en clé d’ut3. Cette formule est reprise à l’identique par Louis Gabriel Guillemain (Conversations Galantes de 1743) et plus tard encore par Johann Gottlieb Janitsch (sonate da camera a quattro). Chez ce dernier toutefois, la basse de viole est remplacée carrément par l’alto. L’addition d’une voie médiane ouvre de nouvelles perspectives et certains (quatuor Emergence par exemple) voient dans ces oeuvres des ancêtres du quatuor à cordes.
    L’interprétation est superbe et je suis particulièrement touché par l’ornementation très riche qui me semble couler de source. Très bonne journée.
    Piero

    • Je peux presque dire que Telemann est un vieux compagnon de route pour moi aussi, Piero, puisque ça fait une bonne trentaine d’années que je chemine à ses côtés sans jamais connaître l’ennui ou avoir le sentiment d’avoir fait le tour de la question, sentiment que j’ai eu avec Vivaldi il y a trois ans, au point de ne plus écouter sa musique aujourd’hui. Vous avez parfaitement raison de souligner son inventivité qui semble n’avoir pas connu de limites et qui s’exprimait encore de façon jaillissante à la fin de sa vie. Et quelle curiosité, quelle intelligence, quelle capacité, également, à sentir l’esprit de son temps et à en livrer une synthèse supérieurement élaborée et personnelle en embrassant tous les genres — en fait, Telemann n’est pas si loin que ça de l’esprit de notre cher Haydn.
      Je ne reviens pas sur les informations passionnantes que vous livrez et qui pourront nourrir la réflexion de tous, mais je tiens, à votre suite, à rappeler la haute qualité de la lecture de La Rêveuse, qui me semble avoir parfaitement saisi l’essence de ces pièces intimistes.
      Je vous remercie pour votre riche commentaire et vous dis à bientôt.

  8. C’est toujours un plaisir d’écouter cet ensemble à l’interprétation tout en finesse, sensibilité et subtilité. Merci à Florence et Benjamin de nous dénicher des pépites musicales et de savoir s’entourer d’artistes talentueux pour mener à bien leurs projets. J’aime beaucoup Telemann et ne demande qu’à découvrir toutes les facettes de ce compositeur. Tu as raison au sujet du dernier morceau… on reste en apesanteur.

    • Cette chronique est aussi de fidélité, Clairette, envers un ensemble dont je suis le travail depuis presque ses débuts avec un bonheur presque constant. La Rêveuse a bien du talent et bien du courage pour oser défendre Telemann dans un pays où on ne l’aime guère et dans un contexte rendu difficile par le copinage de certains médias avec un jeune ensemble qui a encore bien du chemin à faire pour mériter les éloges qu’on lui adresse.
      Merci pour ton mot et belle journée à toi.

  9. Jeanne Orient

    8 février 2015 at 19:00

    Cher Jean-Christophe,
    C’est grâce à vous, sur Passée, que j’ai découvert Telemann. Que « j’ai aimé » Telemann…
    Comment résister à tout ce que vous dites ici aujourd’hui.
    Comment résister à « écouter » les belles histoires que la Rêveuse va raconter (sourire).
    Je vous embrasse cher Jean-Christophe et je souhaite simplement ajouter que sans vous, sans toute la pédagogie dont vous faites preuve pour nous amener à comprendre, à écouter, à aimer des compositeurs comme Telemann…jamais des profanes comme moi ne seraient venus à la musique, à cette qualité de musique. Vous avez permis de nous croire « capables » d’écouter une certaine musique et de découvrir des musiciens, des labels que nous n’aurions peut-être jamais connus. Grand merci pour tout cela !

    • Chère Jeanne,
      Je ne savais pas que vous aviez découvert Telemann grâce à Passée, car j’étais persuadé que le contexte musical dans lequel vous avez grandi vous l’avait déjà rendu familier. Je suis donc heureux d’apprendre que j’ai fait œuvre utile, comme je vous suis reconnaissant de me donner acte de la simplicité vers laquelle je tends pour tenter de faire passer ce que je peux avoir à dire sur les projets que je défends. Il est crucial, à mes yeux, de demeurer abordable autant que faire se peut.
      Puisse la musique de Telemann vous accompagner longtemps : sa richesse et sa diversité sont des gages de joies sans cesse renouvelées.
      Je vous embrasse moi aussi et vous souhaite un bon week-end.

  10. Bon ensemble pour une musique qui ne déçoit pas ! Cela me ramène sans aucune nostalgie bien loin en arrière, où je dépensai mes premiers sous pour un disque de Telemann !
    Tableau amusant et touchant avec cette pyramide des âges dont la grand-mère occupe une place de choix sur la moitié de la toile et au premier plan !
    Merci pour ces concordances !

    • Je ne savais pas, Michèle, que vous aviez vous aussi un rapport de proximité avec Telemann, le premier compositeur qui m’a obligé à faire des économies pour m’offrir la Tafelmusik dirigée par Reinhard Goebel qui coûtait à l’époque plus de 400 francs, une somme pour le jeune homme que j’étais alors.
      J’aime vraiment beaucoup le tableau de Philip Mercier et la grand-mère violoncelliste ne manque pas de piquant, comme d’ailleurs toute cette scène où l’on converse en musique.
      Merci pour votre mot !

    • Je vais presque finir par regretter de ne plus écouter France Musique, Cristophe — non, je plaisante, je vis très bien sans cette radio dont je n’approuve pas les choix de ligne éditoriale.
      Merci pour cette information, en tout cas.

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