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Trouvailles pour esprits curieux

Mourir au soleil. Requiem de Capuana et Rubino par le Chœur de Chambre de Namur et Leonardo García Alarcón

Claude Gellée Le Lorrain Paysage avec un Temple de Bacchus

Claude Gellée, dit Le Lorrain (Chamagne, Vosges, c.1600-Rome, 1682),
Paysage avec un temple de Bacchus, 1644
Huile sur toile, 96,5 x 123,1 cm, Ottawa, National Gallery of Canada

Alors que sous la pression de l’exigence de rentabilité tant des maisons de disques que des directeurs de salles et de festivals, les programmes tendent à s’uniformiser en rabâchant un répertoire sans risques, il est heureusement des musiciens et des labels qui conservent suffisamment de foi en la curiosité du public pour oser sortir des sentiers battus. C’est le cas, depuis 35 ans, de Ricercar auquel les mélomanes doivent bien des découvertes et celui de Leonardo García Alarcón qui a eu à cœur, depuis ses débuts de directeur d’ensemble, de proposer des raretés en parallèle d’œuvres adoubées par la postérité, souvent avec d’excellents résultats — on se souvient du succès torrentiel d’Il Diluvio universale d’un inconnu nommé Falvetti. Ce tandem nous propose aujourd’hui pas moins de deux Requiem inédits, témoignages a priori uniques de ce type de composition en Sicile.

Comme ce fut le cas pour l’exhumation des deux dialogues de Falvetti, la cheville ouvrière de cette aventure est le musicologue Nicolò Maccavino que l’on imagine volontiers œuvrant au milieu d’un monceau de partitions oubliées au sein duquel il parvient à dénicher des pépites avec un flair assez infaillible. Le nom de Bonaventura Rubino n’est cependant pas complètement inconnu des amateurs curieux de répertoire baroque, puisque Gabriel Garrido avait enregistré avec succès, en 1994 pour K617 (réalisation à rééditer), une reconstitution de ses Vêpres données en 1644 pour la fête du Santissimo Stellario de la Vierge. Ce compositeur né avec le XVIIe siècle en Lombardie était un minorite franciscain qui occupa le poste de maître de chapelle de la cathédrale de Palerme de 1643 à sa mort en 1668 tout en prenant une part active à la vie musicale de la cité en qualité de membre de l’Académie des Riaccesi. Giovanni Benedetto Castiglione Homme avec un rouleauIl est l’auteur d’un dialogue sacré, La Rosalia Guerriera, dont la musique ne nous est pas parvenue, et de pas moins de sept livres de musique d’église dont le Quatrième, publié en 1653, nous transmet sa Messa di morti a 5 concertata enregistrée ici. Rubino, dans la préface de son Tesoro armonico (1645), avouait sans ambages son admiration pour Monteverdi et sa dette envers lui, et l’on sent, de fait, assez souvent planer l’ombre du grand Claudio dans cette messe qui recherche les effets dynamiques en recourant à des effets d’alternance de rythmes (tantôt dansants, tantôt plus retenus), de masses sonores (solos, duos ou trios vocaux/tutti) ou d’échos ; les plus de onze minutes de la Séquence offrent ainsi un catalogue d’effets assez impressionnant et son fractionnement en épisodes brefs et contrastés génère une forte impression de variété mais aussi de dramatisme tout à fait dans le goût de la seconda prattica, comme l’est également la volonté d’illustrer le sens des mots importants avec efficacité et inventivité — les frottements harmoniques du début du Lacrimosa sont, à ce titre, presque gesualdiens. Cette allégeance à la modernité ne fait cependant pas perdre à Rubino la conscience de l’héritage dans lequel il s’inscrit et l’on notera l’usage finalement assez raisonnable qu’il fait du chromatisme et l’attention qu’il porte aux intonations grégoriennes, souvent bien mises en valeur au début de chaque mouvement.

Avec Mario Capuana, on retrouve ces mêmes éléments de modernité mais sertis dans un flux musical beaucoup plus homogène, ce qui en modifie assez nettement la perception. Après écoute de la Messa di defonti a quattro voci publiée posthumément en 1650 que nous révèle ce disque, on aimerait en savoir (et en entendre) plus sur ce musicien très chichement documenté par les archives, dont on ignore la date de naissance mais dont les minutes notariales nous apprennent qu’il avait fait son droit et qu’il vivait à Noto en Sicile où il prit femme et occupa, dès 1633, les fonctions de « maître de chapelle de l’Illustrissime Sénat et Dôme » qu’il devait conserver jusqu’à sa mort, survenue entre la toute fin de 1646 et le 5 mai 1647, date à laquelle un reçu de paiement désigne son épouse du nom de veuve. Giovanni Benedetto Castiglione Tobit dirigeant l'enterrement des mortsTout comme Rubino, donc, Capuana s’est mis à l’écoute de la leçon monteverdienne et il fait son miel de madrigalismes, d’alternances de nuances (forte/piano), d’effectifs et de dynamiques pour enrichir et soutenir l’avancée et l’intérêt de son discours ; mais ce qui frappe surtout, c’est son sens de la continuité musicale qui atteste incontestablement de sa connaissance des maîtres de la polyphonie de la Renaissance dans la lignée desquels il se place. On notera ainsi sa capacité à procéder à des rappels d’un mouvement à l’autre par la circulation de motifs récurrents ou à créer de saisissants à-plats sonores qui génèrent une intense sensation de plénitude comme, par exemple, dans le Pie Jesu. Pour employer une métaphore picturale, on dira que Rubino peint à pleine pâte avec un indéniable talent de coloriste, quitte à sacrifier quelquefois l’impression d’ensemble à celui-ci, tandis que Capuana se révèle un peintre de chevalet beaucoup plus fin dans le détail, avec un sens plus développé des variations subtiles de l’air et de la lumière — Giovanni Benedetto Castiglione d’un côté, Claude – le Lorrain – de l’autre.

Les affinités de Leonardo García Alarcón avec la musique italienne n’étant plus à démontrer, les attentes que faisaient naître cette réalisation étaient fort logiquement élevées, d’autant qu’elle était précédée d’échos très favorables de la part de ceux qui avaient assisté à la recréation des deux œuvres en juillet 2014. À quelques menus détails près, cette interprétation est aussi accomplie que l’on pouvait le souhaiter. Il convient tout d’abord de signaler l’intérêt des deux partitions exhumées qui entretiennent entre elles suffisamment de relations pour nous faire percevoir l’évolution stylistique qu’elles incarnent mais dont les différences sont également assez marquées pour maintenir l’attention en éveil tout au long d’une écoute en continu. Je ne partage, à ce propos, absolument pas l’avis de certains critiques officiels qui ont loué hautement le Requiem de Rubino et ravalé celui de Capuana au rang d’œuvrette secondaire ; à mes yeux, les deux se valent et il ne faudrait certainement pas me pousser beaucoup pour que j’avoue mon penchant pour celle du maître de chapelle de Noto, dont la sobriété me touche davantage. Il me semble d’ailleurs que la lecture de la Missa di defonti se situe à un cran légèrement supérieur que celle de sa cadette, sans doute parce qu’elle accorde une place beaucoup plus importante au chœur et que le Chœur de Chambre de Namur peut donc y faire amplement valoir les qualités de souplesse, de luminosité, de réactivité et de discipline que l’on apprécie tant chez lui. Chœur de Chambre de Namur et Leonardo Garcia Alarcon Juillet 2014Il y a, chez les chanteurs mais aussi chez les trois continuistes (basson, harpe, orgue positif) dont il faut louer la prestation à la fois sobre, inventive et raffinée, un incontestable engagement au service des deux partitions – mais comment pourraient-ils avoir une autre attitude sous la direction de Leonardo García Alarcón dont on sait quelle formidable énergie il sait transmettre – et un souci de la couleur et de la lisibilité tout aussi patents et louables — on comprend chaque mot des textes que l’éditeur n’a malheureusement pas jugé utile de reproduire à la suite de l’excellente notice de Nicolò Maccavino. J’ai été moins séduit, malgré la beauté globale des timbres individuels, par certaines interventions solistes dans la Messa di morti, avec une soprano au vibrato mal contrôlé dans l’Ingemisco (on imagine avec regrets ce qu’en aurait fait une Mariana Flores) et un ténor affecté jusqu’au minaudant dans le Quid sum miser, ainsi que par quelques ornementations un peu laborieuses ici et là. Ces petits accrocs ne ternissent cependant pas une exécution d’excellente tenue, mise en valeur par une bonne (malgré un ou deux raccords audibles) prise de son utilisant intelligemment la réverbération, qui se signale par l’équilibre entre théâtralité et ferveur que Leonardo García Alarcón a réussi à trouver avec beaucoup de naturel, mais aussi par la tension expressive qu’il insuffle aux œuvres dont il fait saillir les contrastes tout en en exaltant les parfums. Je recommande donc ce disque à tous les amateurs de musique du XVIIe siècle en gageant que la double découverte qu’il propose saura les séduire et je forme des vœux pour que cette réussite suscite l’envie du chef comme de Ricercar de poursuivre l’exploration de la production de Capuana et de Rubino.

Capuana Rubino Requiem Chœur de Chambre de Namur Leonardo Garcia AlarconMario Capuana (?-1646/47), Messa di defonti a quattro voci, Bonaventura Rubino (1600-1668), Messa di morti a 5 concertata

Chœur de Chambre de Namur
Leonardo García Alarcón, direction

1 CD [durée totale : 63’07] Ricercar RIC 353. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits proposés :

1. Capuana, Messa di defonti : Requiem æternamTe decet hymnus

2. Capuana, Messa di defonti : Offertoire Domine Jesu Christe

3. Rubino, Messa di morti : Répons Libera me

Illustrations complémentaires :

Giovanni Benedetto Castiglione (Gênes, 1609-Mantoue, 1664), Homme avec un rouleau, c.1645-1650. Eau-forte, 10,8 x 8,1 cm, New York, Metropolitan Museum of Art

Giovanni Benedetto Castiglione (Gênes, 1609-Mantoue, 1664), Tobit dirigeant l’enterrement des morts, c.1647-1651. Eau-forte, 20,5 x 29,9 cm, New York, Metropolitan Museum of Art

La photographie du Chœur de Chambre de Namur et de Leonardo García Alarcón lors de la recréation des deux Requiem au Festival Musical de Namur en juillet 2014 est de Jacques Verrees.

14 Comments

  1. Charmée par cet album bien sûr ! Il faut dire que l’enthousiasme, l’énergie et la générosité de Leonardo Garcia Arlarcon nous font le suivre partout où il voudra bien nous emmener. Quelle interprétation saisissante (et colorée comme tu le dis) à chaque fois !

    • Je suis plutôt convaincu moi aussi par ce disque, Clairette, avec les réserves que j’ai exprimées par ailleurs dans cette chronique. Je vais bien sûr continuer à suivre le travail de Leonardo García Alarcón avec beaucoup d’intérêt d’autant qu’il est en train d’élargir doucement son répertoire vers d’autres territoire qui m’intéressent aujourd’hui autant – et quelquefois même davantage – que le baroque.
      Merci pour ton commentaire.

  2. Bonjour cher Jean-Christophe,
    Il y a les personnes qui savent écouter, analyser, commenter .. et puis il y a moi, je ne sais rien faire de tout cela. En revanche, j’écoute et me laisse transporter ou pas, et là le « voyage  » fut excellent 🙂 !!!
    La peinture de Claude Gellée est sublime, à la fois sombre et lumineuse, un temple qui semble être « mangé » par la végétation … Un tableau qui décrit bien les scènes de la vie à cette période, J’aime beaucoup, excellent choix !
    Tu me connais , je suis un peu curieuse, je suis donc allée voir la technique de l’eau-forte que je ne connaissais pas (je l’avoue un peu honteusement), c’est vraiment incroyable ce résultat !
    Que dire de ta chronique , et bien , elle décrit superbement les extraits que tu as choisi, une chronique écrite avec passion, on la sent presque à chaque phrase, c’est ce qui la rend passionnante .
    Merci infiniment mon cher Jean-Christophe !
    Tiffen , 1 heure en ta compagnie …

    • Bonsoir chère Tiffen,
      Une heure ! Mazette, quand je te dis que tu ne fais jamais les choses à moitié 😉 Je suis très honoré de ce temps passé qui me change tant de ces « like » que certains jettent en passant sur facebook, bien sûr sans lire ni écouter, sans doute parce qu’ils sont incapables de faire la différence entre les selfies qu’ils publient et une chronique qui a nécessité un certain nombre d’heures de travail — bref, passons.
      Claude fait partie de mes peintres préférés du XVIIe siècle, tant pour sa science unique de la lumière (on en voit ici une preuve éclatante) que pour le sentiment profond de la nature qui se dégage de ses tableaux; mon choix était bien sûr symbolique avec l’évocation de la fin de la journée qui est aussi, par analogie, celle du terme de toute vie. Cette apparente sérénité, tout comme le fort dramatisme des eaux-fortes de Castiglione (si tu en as le temps et l’envie, va découvrir le travail d’Abraham Bosse, tu m’en diras des nouvelles), me semblait bien rendre compte de la double nature de ces deux Messes des morts, à la fois recueillies et théâtrales.
      Je suis heureux que tu aies trouvé dans cette chronique ton comptant d’agrément et de découverte et je te remercie bien sincèrement pour ton commentaire.
      A bientôt, je t’embrasse 🙂

  3. Il paraît que le diable se niche dans les détails suivant une affirmation bien connue …
    C’est à l’ombre d’un temple de Bacchus que j’aimerais mourir aux accents d’un requiem inconnu (qui ne l’est plus grâce à toi) et de toute beauté. Il m’arrive de croire aux coïncidences d’illustration même si le rapport n’est pas évident ; quant aux raccords audibles, je n’en souffre pas ….

    • Le diable est un farceur qui se cache là où il veut, généralement à un endroit où on ne l’attend pas pour mieux nous surprendre. Bacchus est à l’abandon comme l’ivresse de la vie qui se dissipe alors que le soleil qui se couche rappelle aux Hommes que l’heure approche et qu’il est déjà bien tard. Il fallait tout le talent de Claude pour raconter tout ceci (et bien d’autres choses) avec cette lumière dont lui seul, à son époque, semblait détenir le secret. Je suis heureux que tu aies été sensible à ces fragments de Requiem, bien chère Marie, et je te remercie pour ton mot.

  4. Tout comme toi, Jean-Christophe, je salue l’investissement de Leonardo García Alarcón et du Chœur de chambre de Namur à nous restituer des ouvrages musicaux jusques ici dormant dans les limbes de l’oubli ; sans omettre naturellement le travail essentiel en amont de Nicolo Maccavino.
    Qui ne se souvient en effet du « succès torrentiel  » d’Il Diluvio universale, de Falvetti ! Enregistrement que je réécoute toujours avec ce même plaisir que lors de sa découverte.
    J’ai bien noté les quelques réserves que tu expliques. Et tes regrets quant à l’absence de Mariana Flores.
    De ces trois extraits que tu proposes ici – tous éminemment encourageants à l’acquisition du CD – je retiens particulièrement la clarté de la déclamation, le savant dosage des nuances, l’irrésistible maîtrise du souffle qui irrigue le discours. Et puis cette prégnante sérénité, à mes oreilles, qui s’en exhale. Messes des morts, oui, mais empreintes d’un souffle plein de vie.
    Des bises pour ton dimanche, lequel je te souhaite lumineux.

    • Une des raisons pour lesquelles je suis de près le travail de Leonardo García Alarcón, Cyrille, est justement la propension qu’a ce chef de s’aventurer sur des chemins où peu de ses confrères osent poser le pied et de traiter les œuvres qu’il y découvre avec le même soin que s’il s’agissait de chefs d’œuvre adoubés par la postérité. Falvetti, par deux fois, en avait donné la preuve hier, Capuana et Rubino viennent le rappeler aujourd’hui avec la réussite de ce disque, malgré les nuances apportées dans mon commentaire. C’est tout à l’honneur du chef d’avoir utilisé le Chœur de Chambre de Namur pour cette interprétation, quand sa Cappella Mediterranea aurait peut-être pu montrer ici et là quelques couleurs plus idiomatiques : le travail effectué à la tête de cette formation l’a fait évoluer de façon notable.
      Je te remercie pour ton commentaire en te priant de m’excuser du retard avec lequel j’y réponds.
      Passe un heureux week-end, je t’embrasse.

  5. Pas évident pour le moment d’entrer dans ces messes de requiem à partir des extraits, un peu déconcertants, pourtant séduisants mais le tableau l’annonçait déjà. L’écoute de l’ensemble de l’enregistrement s’impose donc !
    C’est vraiment un plaisir de découvrir des partitions « oubliées » et d’être guidé par une chronique bien documentée !!
    Voici une digression, quoique …
    Mauvaise nouvelle : la chapelle baroque du lycée Corneille à Rouen, restaurée magnifiquement pendant dix ans pour en faire une salle de concert dédiée à la musique baroque … échappe à la tutelle de l’Opéra de Rouen pour passer sous celle de la Région, et sera dévolue … au jazz et aux musiques du monde … dont je ne pense aucun mal mais …. requiem pour la musique baroque, qui aurait pourtant été à sa place sous la coupole du XVII° … L’officielle raison est que la location de la salle actuelle où se déroulent les concerts de jazz etc … coûte trop cher. On supprime donc ce lieu et on réquisitionne celui qui vient d’être restauré.

    • J’ai bien conscience, Michèle, que des œuvres comme ces Requiem souffrent de l’écoute fractionnée, d’autant que je limite volontairement la durée des extraits afin de laisser une large marge de découverte aux acheteurs du disque, mais au moins ces dix grosses minutes donnent-elles une première idée et, je l’espère, l’envie d’aller plus loin, d’autant que nous sommes ici en présence de compositeurs qui n’encombrent pas les catalogues discographiques.
      Votre digression est tout à fait intéressante et la nouvelle qu’elle apporte ne fait hélas que confirmer une tendance que l’on constate un peu partout, laquelle tend à évincer les musiques « savantes », toujours suspectes d’élitisme, au profit de répertoires jugés plus accessibles, plus populaires et, osons l’adjectif, plus vendeurs. Le répertoire baroque a longtemps été à l’abri de ces révolutions de palais, car il se situait en marge des institutions officielles; il a cherché et obtenu une certaine forme de respectabilité qui aujourd’hui le fragilise au même titre que toutes les autres institutions culturelles subventionnées. Sans doute est-il temps pour les plus courageux de prendre le maquis comme le firent leurs glorieux aînés et d’accepter de grandir par eux-mêmes, sans la faveur, qui peut toujours être retirée, des pouvoirs publics.
      Merci pour votre commentaire, je vous écris plus longuement sous peu.

  6. Emerveillée ma matinée en écoutant ces belles voix si pures et ce rythme dans ces extraits que j´apprécie . Merci de cette découverte.

    • Je me disais que ces extraits vous plairaient peut-être, Chantal, je suis heureux de ne pas m’être trompé.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite une belle journée.

  7. Que de poètes ont chanté les couchers de soleil ! Maintenant que j’en suis » à la deuxième mi-temps » comme on dit, le soleil du soir me touche peut-être plus que celui du matin, il a la paix d’un remerciement, la sérénité du « j’ai fait de mon mieux ».
    « Ta gloire peut sombrer, le retour en est sûr
    Elle renaît immense avec l’immense azur.
    De ton sanglant linceul tout le ciel se colore,
    Et le regard funèbre où luit ton dernier feu,
    Ce regard sombre et doux, dont tu couves encore
    Le lys que ta ferveur a fait naguère éclore,
    Est triste infiniment, mais n’est pas un adieu ».
    Comme vous avez bien fait de choisir ce coucher de soleil, Jean-Christophe. Il me rappelle de grands moments d’émotion lors de l’exposition parisienne Turner et ses peintres en 2010.
    Venons-en à la musique. Je fais partie de ceux à qui Capuana et Rubino n’évoquent strictement rien. A l’écoute des 3 extraits proposés, je suis plus tentée par le premier mais une écoute complète serait nécessaire pour renforcer ou non cette première impression. Ce que je ne manquerai pas de faire car je devine bien une belle découverte derrière cette porte que votre curiosité ouvre pour nous. En attendant, le -te decet hymnus- me ravit.
    Bonne semaine à vous.

    • J’espérais qu’un des lecteurs de ce billet évoquerait Turner, Danièle, voici qui est fait et je vous en remercie. En fait, s’il n’avait pas provoqué un de ces hiatus chronologiques entre peinture et musique que je cherche absolument à éviter, mon choix d’illustration aurait été Regulus et c’est d’ailleurs en pensant à ce tableau que le titre Mourir au soleil m’est venu. Je vous remercie également d’avoir convoqué ici Sully Prudhomme, une présence qui rencontre ce sur quoi je suis en train de réfléchir dans le cadre d’un futur billet.
      Comme je l’ai dit en réponse à d’autres interventions, il me semble que ces deux requiem souffrent particulièrement du fractionnement inhérent à l’exercice de la chronique, tant leur écoute gagne à être continue; si vous en avez la possibilité de la faire, n’hésitez pas et sachez que je suis preneur, si vous le souhaitez, de votre éventuel retour.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous souhaite une belle semaine.

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