Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Le jubilé des masques. La Rappresentatione di Anima & di Corpo de Cavalieri par René Jacobs

Annibale Carracci Allégorie du Temps et de la Vérité

Annibale Carracci (Bologne, 1560-Rome, 1609),
Allégorie du Temps et de la Vérité, c.1584-85
Huile sur toile, 130 x 169,6 cm, Londres, Buckingham Palace
Royal Collection Trust/© Her Majesty Queen Elizabeth II

Lorsque le pape Clément VIII décida que l’année 1600 serait sainte, il ne fait guère de doute que l’adjectif qu’il associa immédiatement au premier fut fastueuse. Rome, qui allait accueillir des flots de pèlerins (on parle de trois millions), se devait naturellement de tout mettre en œuvre pour réaffirmer aux yeux des fidèles et du monde entier son statut de phare de la foi, sérieusement mis à mal par la déflagration de la Réforme. Rien ne devait manquer pour servir cette politique de reconquête et les arts furent bien entendu mis à contribution, la musique en particulier. Le pontife commanda donc à Emilio de’ Cavalieri une œuvre destinée à être un des plus brillants ornements des cérémonies du jubilé qui se dérouleraient en lieu et place du carnaval. Au début du mois de février 1600 résonnait à l’Oratoire de la Vallicella la Rappresentatione di Anima & di Corpo.

Comme on peut s’en douter, le choix de Cavalieri ne devait rien au hasard. Fils du célèbre Tommaso aimé de Michel-Ange qui lui adressa de brûlant sonnets, Emilio était un homme débordant de talents. Musicien, danseur, professeur de chant, mais aussi administrateur et diplomate, il poussa le pion de son patron, Ferdinand de Médicis, devenu grand-duc de Toscane en 1587, lors des différents conclaves qui se succédèrent durant la décennie 1590, dirigeant la manœuvre depuis Florence où il avait rejoint son employeur en 1588 moyennant un poste enviable de surintendant des arts et des conditions matérielles rien moins que luxueuses. Cavalieri n’attendit pas longtemps avant que ses capacités fussent mises à l’épreuve ; l’année suivante, il fut chargé d’organiser les festivités entourant le mariage de Ferdinand et de Christine de Lorraine qui culminèrent avec les intermèdes de La Pellegrina dont la partition, Anonyme italien Clément VIIIpubliée en 1591, nous est parvenue (il faut absolument connaître la lecture magistrale gravée par Paul Van Nevel et son Huelgas Ensemble en 1997 pour Sony Vivarte). Par la débauche de moyens financiers qui fut déployée pour l’occasion, mais également du fait de l’impressionnante réunion de talents convoquée pour la partie musicale – pensez donc, les poètes Ottavio Rinuccini et Giambattista Strozzi pour les textes et, du côté des compositeurs, rien moins que les déjà reconnus Cristofano Malvezzi et Luca Marenzio et, dans la catégorie que nous nommerions aujourd’hui des espoirs, outre, bien sûr, Cavalieri lui-même, Giulio Caccini et Jacopo Peri, c’est à dire la triade appelée à s’illustrer dans les premiers essais d’un genre qui connaîtra le destin que l’on sait, l’opéra –, ce spectacle total avec costumes et machines fit date, et encouragea, dans les années qui suivirent, la production d’œuvres moins démesurées principalement dans le style pastoral (ce qui correspond, par parenthèse, à l’émergence de la peinture de paysage comme genre autonome en Italie) mais tout aussi progressistes du fait de leur mise en musique continue. En 1590, Cavalieri livra ainsi Satiro et La disperazione di Fileno, en 1595, Il giuoco della cieca adapté d’Il pastor fido de Guarini, mais sa position privilégiée l’amena bientôt à être victime de cabales. Il quitta Florence en 1599 pour n’y jamais revenir et s’installa à Rome où il demeura jusqu’à sa mort le 11 mars 1602.

Compte tenu de ses brillantes références et de son habitude à frayer dans les plus hautes sphères du pouvoir, Clément VIII pouvait difficilement rêver meilleur candidat que Cavalieri pour donner à son jubilé le lustre requis. Ses espérances ne furent pas déçues si l’on en croit les murmures d’admiration que suscita la première de la Rappresentatione di Anima & di Corpo, une réussite que matérialise, entre autres, le soin apporté à sa publication. Ni tout à fait oratorio malgré son sujet sacré, ni complètement opéra bien que toute l’action s’y déroule en musique, l’œuvre offre un mélange assez fascinant d’ancien et de nouveau. Le livret, que l’on attribue à Agostino Manni, un proche de Filippo Neri, fondateur en 1575 de la Congrégation de l’Oratoire qui s’occupait particulièrement des pauvres et des malades de Rome – notons ici que le choix d’utiliser un texte en italien plutôt qu’en latin est cohérent avec la volonté de cette institution de demeurer accessible pour les plus humbles –, se place dans une tradition que l’on peut faire remonter au Moyen Âge avec l’emploi de figures allégoriques et son caractère de dialogue architecturé autour de la dialectique du bien et du mal – on songe à l’Ordo Virtutum (1152 ?) de Hildegard von Bingen –, Santa Maria in Vallicella Rome Élévation fin 16e sièclethématique à laquelle l’auteur a ajouté une réflexion sur la fugacité de l’existence qui imprègne toute la partition — les premiers mots du Temps en ouverture du premier acte nous avertissent : « Il tempo, il tempo fugge. » Hormis la spectaculaire évocation de l’Enfer et du Paradis à l’acte III, l’action est réduite au minimum dans cette Vanité musicale qu’est aussi la Rappresentatione : on sait d’emblée que Plaisir, Monde et Vie mondaine seront mis en échec et que triompheront Intellect et Bon Conseil qui auront détourné l’Âme et le Corps des tentations du siècle. Et pourtant, d’un canevas en apparence doté d’aussi peu de relief, Cavalieri va parvenir à tirer autant de théâtralité que possible, en faisant massivement appel aux ensembles et au chœur, ce dernier utilisé à la manière d’un coryphée antique commentant l’action – pas de doute, nous sommes toujours à la Renaissance –, mais aussi en accordant aux instruments une place privilégiée, soit au travers des ritournelles et sinfonie qui scandent l’action, soit en les utilisant pour caractériser telle ou telle figure avec plus de précision en lui conférant une couleur individualisée. Par l’usage du recitar cantando (le « récité-chanté ») tel qu’il fut développé par les camerate florentines dans le dernier quart du XVIe siècle, mais aussi de rythmes de danses qui innervent puissamment la musique jusque dans l’écriture des chœurs (dès « Questa vita mortale » à la scène 2 de l’acte I) sans parler de l’éblouissante Festa finale, grâce également à des artifices comme les effets d’échos et malgré l’étouffoir volontairement posé sur toute velléité de virtuosité vocale – il s’agissait certes de prouver que Rome était au fait de la modernité artistique mais sans pour autant déroger aux principes du Concile de Trente –, Cavalieri parvient à insuffler à sa Rappresentatione une vitalité et une diversité que son matériau de base n’auraient pas laissé soupçonner, et contribue à ouvrir la voie tant à l’oratorio qu’à l’opéra.

Quiconque suit la carrière de René Jacobs depuis quelque temps sait qu’il nourrit avec la musique italienne du XVIIe siècle de profondes affinités, patentes dans ses enregistrements dédiés à Cavalli mais aussi à Monterverdi, qui gagnent à être réécoutés aujourd’hui, du moins pour les opéras et les Vêpres. Cette nouvelle réalisation les souligne une fois encore avec une vigueur renouvelée, d’autant que le chef a plutôt eu tendance, ces dernières années, à fréquenter des répertoires plus tardifs. Que l’on apprécie ou non le résultat final, sa démarche se distingue toujours par une réelle réflexion sur les partitions sur lesquelles il tente de porter un regard neuf. Il n’a pas eu peur ici, comme il s’en explique dans le livret, à recourir à des effectifs opulents, en réunissant notamment deux orchestres avec lesquels il a coutume de travailler, le Concerto Vocale et l’Akademie für Alte Musik Berlin. Il obtient de ces instrumentistes très réactifs, qui épousent sans difficulté apparente son goût pour des contrastes marqués et une agogique très dansante, une pâte sonore à la fois riche mais sans lourdeur qui est sans doute un des éléments de séduction essentiels de cette réalisation. Malgré quelques menues inégalités, comme le vibrato pas toujours idéalement contrôlé de Mark Milhofer, le plateau vocal ne déçoit pas. René Jacobs/Harmonia MundiMarie-Claude Chappuis est une Anima pleine de finesse qui sait trouver le juste équilibre entre transparence et présence, tandis que le fort bien chantant Johannes Weisser incarne, au sens plein du terme, un Corpo aux atermoiements très humains, Gyula Orendt se révélant très juste tant en implacable Tempo qu’en affable Consiglio et Marcos Fink traduisant parfaitement l’autosatisfaction de Mondo. Il faut signaler également le très beau Prologue dynamisé avec beaucoup de vivacité par Serena Malcangi et Loredana Gintoli. Le Chor der Deutschen Staatsoper Berlin, en formation de douze chanteurs, n’appelle que des éloges tant en termes de discipline que de caractérisation ; qu’ils personnifient les damnés ou les bienheureux, le ton est idoine et l’auditeur y croit. Bien entendu, cette lecture est une réussite parce qu’elle est dirigée par un chef qui ne se contente pas d’aimer cette musique mais qui, après avoir pris le temps de l’interroger et de la comprendre, sait exactement quoi en faire et assume ses choix jusqu’au bout. Il est difficile de ne pas succomber au souffle théâtral qui parcourt cette réalisation et fait que, contrairement à d’autres, on ne s’y ennuie jamais, comme de ne pas rendre les armes devant tant d’intelligence sensible. Malgré l’interprétation très colorée de L’Arpeggiata (Alpha, 2004) qui signait avec elle son dernier bon disque, il me semble que cette Rappresentatione di Anima & di Corpo dirigée par René Jacobs, exempte de narcissisme et de trop de dérives dans les arrangements, s’impose aujourd’hui comme choix prioritaire pour découvrir une partition majeure de Cavalieri et de l’histoire de la musique.

Emilio de Cavalieri Rappresentatione di Anima e di Corpo René JacobsEmilio de’ Cavalieri (c.1550-1602), Rappresentatione di Anima & di Corpo

Marie-Claude Chappuis, Anima
Johannes Weisser, Corpo
Gyula Orendt, Tempo & Consiglio
Mark Milhofer, Intelletto & Piacere
Marcos Fink, Mondo, Secondo Compagno di Piacere, Anima dannata
Chor der Deutschen Staatsoper Berlin
Concerto Vocale
Akademie für Alte Musik Berlin
René Jacobs, direction

Wunder de Wunderkammern2 CD [durée : 38’17 et 54’35] Harmonia Mundi HMC 902200.01. Wunder de Wunderkammern. Ce coffret peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Acte I, scène 1 : Tempo : « Il tempo, il tempo fugge »

2. Acte I scène 4 : Corpo, Anima : « Anima mia che pensi »

3. Acte II, scène 9 : Choro : « Dopo brevi sudori »

4. Acte III, scène 2 : Consiglio, Anime dannate : « Voi che siete la giù »

5. Acte III, scène 7 : Intelletto, Anime beate, Anima, Corpo : « Alma, la vostra Gloria »

Illustrations complémentaires :

Artiste anonyme italien, XVIIe siècle, Le pape Clément VIII, sans date. Huile sur toile, 65 x 52 cm, collection particulière

Dessinateur anonyme français, fin du XVIe siècle, Élévation de Santa Maria in Vallicella, Rome, sans date. Encre brune, craie noire et incisions sur papier, 58,7 x 43, 5 cm, New York, The Metropolitan Museum

La photographie de René Jacobs est de Josep Molina.

14 Comments

  1. M. Jean-Noël BENOIT

    22 mars 2015 at 11:28

    Bonjour,
    Tous mes remercîments pour ce très bel article, soucieux d’information historique autant que musicale et qui me fait découvrir, en même temps qu’une oeuvre, un compositeur. Je reste admiratif de vos choix d’illustrations. Ils rejoignent le fait que, visitant les musées de province, je suis devenu plus attentif à ces peintres dit secondaires qui, comme les écrivains du même qualificatif, formaient le fond vivant de l’art des époques passées, parfois plus que leurs maîtres au génie reconnu. Et par ailleurs – mais sans doute y avez-vous songé – réunir vos articles en vue d’une édition papier ne pourrait-il s’envisager – avec quelles adaptations, qui les feraient moins dépendre, sans la renier, de l’actualité discographique? Bon courage à vous dans votre entreprise.
    M. Jean-Noël BENOIT

    • Cher monsieur,
      C’est moi qui vous remercie sincèrement pour le temps que vous avez consacré à cette chronique; je suis heureux qu’elle vous ait permis de découvrir une œuvre qui est un jalon essentiel dans l’histoire de la musique.
      Le choix des illustrations représente un investissement conséquent en termes de temps pour chaque chronique, y compris pour l’historien de l’art que je suis. Tout comme vous, la visite des musées mais également des expositions (je vis en province) me permet de découvrir bien des artistes auxquels je n’aurais pas songé d’emblée. Le problème est ensuite de trouver des reproductions de suffisamment bonne qualité, ce qui est hélas loin d’être évident.
      Certains lecteurs m’ont suggéré, comme vous le faites, de songer à publier mes textes sur papier, mais je ne suis pas convaincu qu’ils méritent tant d’honneur. Qui plus est, les droits de reproduction des tableaux sont souvent fort élevés, ce qui rendrait l’entreprise extrêmement dispendieuse.
      Je vous remercie vivement pour l’intérêt dont vous honorez mon travail; soyez certain que ce n’est pas le moindre des encouragements.
      Bien à vous.

      • M. Jean-Noël BENOIT

        23 mars 2015 at 13:40

        Bonjour,
        Merci de votre réponse. Elle laisse à imaginer le temps passé à rassembler les matériaux utiles à vos articles. J’ai à cœur d’insister pour qu’au moins vous gardiez toute cette riche substance pour un emploi qui se découvrira plus tard; et vous donne mon cas pour exemple: de notes prises dans les années 80, j’ai fait la substance – retraite aidant, et beaucoup de travail – de deux livres, l’un publié, l’autre qui va l’être… Alors, songez-y peut-être… Bien à vous. M. Benoit

        • Cher monsieur,
          Le temps de recherches pour chaque chronique est effectivement assez important, mais ce ne serait pas respecter les lecteurs qui, comme vous, me font l’honneur de me faire confiance, d’agir autrement en proposant des papiers mal ficelés, comme j’en vois hélas beaucoup, et malheureusement pas que sur Internet.
          Je conserve tout ce que j’écris et vous avez entièrement raison de souligner qu’avec le recul du temps, j’y trouverai peut-être la substance pour une publication différente. N’hésitez pas à me faire savoir à l’adresse contact.wunderkammern@gmail.com lorsque votre ouvrage à venir sera édité.
          Je vous souhaite une bonne journée et vous assure de mes meilleures pensées.

  2. Que nous réserve la prochaine année sainte – musicalement parlant – et d’ailleurs pourrait-il y en avoir une avant longtemps ?

  3. Deux bonjours, deux commentaires, j’espère que tu apprécies ? je plaisante bien sûr !
    Changement « d’air » effectivement 🙂 Tu nous as gâtés en extraits, merci !
    La peinture mon « waouh » t’en dit long je pense, très très belle , j’aime vraiment, elle fait partie de celle où l’on est tout de suite « saisi » !
    Ce n’est pas la musique que j’écoute habituellement,mais je suis agréablement surprise, c’est très beau , tout ce que tu décris d’elle je le sens.. Inutile donc te dire que c’est une chronique fort bien réussie 🙂
    J’ai toujours cette impression que tu es assis en face de moi, une tasse de thé à la main tellement ta chronique est « vivante »
    Merci infiniment !!
    Je t’embrasse (encore) bien fort cher Jean-Christophe
    PS: je ne peux pas faire plus long, toujours une tite douleur 😉

    • Deux commentaires, ce sont deux bonnes raisons de se réjouir, chère Tiffen, et je te remercie de me les avoir procurées en ce dimanche.
      Je pense que l’alliance entre ce tableau de Carracci et la musique de Cavalieri fonctionne assez bien, et ça nous change de la fresque du Jugement dernier de Michel Ange qu’on nous ressert à chaque reprise dès qu’il s’agit de la Rappresentatione de Cavalieri, alors que les deux œuvres n’ont pas grand chose à voir ensemble (il y a un décalage temporel non négligeable, qui plus est).
      Je suis heureux que les extraits t’aient plu; je trouve, pour ma part, cette musique tout à fait belle et passionnante, surtout quand elle est interprétée ainsi.
      Je te souhaite une bonne soirée/journée selon le moment où tu me liras et je t’embrasse bien fort.

  4. Catherine BC

    28 mars 2015 at 18:31

    Toujours fidèle, même si souvent muette… Magnifique chronique.
    Encore mille mercis à vous

    • Le plus important, à mes yeux, est la fidélité, chère Catherine, et je sais que vos activités sont suffisamment chronophages pour ne pas vous permettre d’intervenir plus fréquemment.
      Je vous remercie d’autant plus de l’avoir fait aujourd’hui et vous adresse de bien amicales pensées.

  5. La première fois que j’écoutai cette Rappresentatione di Anima & di Corpo, je dois avouer que je restai assez « extérieur » ; n’aimant en aucun cas rester sur une première impression, surtout si elle n’est pas entièrement positive, je suis revenu et encore aujourd’hui.
    Te dire que je suis enthousiasmé par cette forme de musique serait mentir, me pardonneras-tu alors de te dire que ce qui m’a épaté c’est ton art de donner à savoir comme une évidence ces lacunes de bien des cultures, en tout cas de la mienne.
    Comme une évidence, oui, parce que le cadre historique si bien documenté et l’œuvre font un tout indissociable et que de ce fait, musique et contexte donnent une image précise et savante d’un moment d’Histoire ; ce en quoi, cher Jean-X tu es passé maître.
    merci de nous ouvrir des fenêtres devant lesquelles je serai probablement passé sans les voir.

    • Je pense, mon ami, que ce type de musique nécessite, plus que d’autres, un temps d’apprentissage et d’accoutumance avant d’être pleinement goûté et il n’est pas exclu que j’aie moi-même fait quelques grimaces lorsque je l’ai découverte il y a déjà quelques années. En dehors de la question du goût qui ne se discute pas, la Rappresentatione est un moment important d’un point de vue historique en ce que nombre de lignes de force semblent y converger. C’est sans doute ce qui m’a incité à insister sur les éléments de contexte et je te remercie bien sincèrement de me laisser croire que mon travail tient à peu près la route. Imagines-tu qu’au moment où cette musique y retentissait, Caravage était déjà dans Rome ?

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