Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Le secret de la flamme. Les Leçons de Ténèbres de Lalande par Sophie Karthäuser et l’Ensemble Correspondances

Jean-Baptiste Santerre Portrait d'une jeune femme avec une lettre

Jean-Baptiste Santerre (Magny en Vexin, 1651-Paris, 1717),
Portrait d’une jeune femme avec une lettre, c.1708 ?
Huile sur toile, 91 x73 cm, Collection privée

Lorsque François Boivin publia, en 1730, le petit recueil contenant Les III Leçons de Ténèbres et le Miserere à voix seule de ce Michel-Richard qu’à la suite de Louis XIV qui, semble-t-il, lui en fit le premier l’honneur, on ne nommait, en détachant bien la particule, que Lalande, il était probablement persuadé de faire une excellente affaire ; la vogue de ces compositions destinées à être interprétées durant la semaine sainte n’avait pas encore faibli – Franz Xaver Richter, maître de chapelle de la cathédrale de Strasbourg, en écrira encore en 1773 –, pas plus que la renommée de leur auteur dont la musique demeurait fort goûtée au point d’être très fréquemment programmée au Concert Spirituel.

Lalande, pourtant, était mort le 18 juin 1726 à Versailles des suites d’une fluxion de poitrine, au terme d’une carrière que l’on peut qualifier d’exemplaire. Ce fils d’un marchand tailleur parisien, né le 15 décembre 1657 en la paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois, eut la chance de voir très tôt ses dispositions pour la musique repérées et encouragées par son maître, François Chaperon, et si le roi le jugea trop jeune, en 1678, pour occuper le poste d’organiste laissé vacant par Joseph de la Barre, l’excellente réputation qu’il se fit en qualité professeur de clavecin chez les Noailles puis auprès des filles qu’eut Louis XIV avec Madame de Montespan, lui assura le soutien du monarque au service duquel il entra en 1683. Nommé tout d’abord titulaire du quartier d’octobre de Sous-maître de la Chapelle royale (ce poste était divisé en quatre trimestres chacun tenu par un musicien différent), il cumula cette fonction avec celle de compositeur (1685), puis de surintendant (1689) et enfin de maître de la Musique de la Chambre du roi, responsabilités qui lui assurèrent la haute main sur la vie musicale versaillaise durant quarante ans, d’autant que les trois autres quartiers de la Chapelle finirent par tomber dans son escarcelle à la suite de la démission de ses confères en 1690, 1704 et 1714. Si l’on entend parfois des fragments des douze suites qui composent ses Symphonies pour les soupers du roy, la réputation de Lalande repose surtout sur son œuvre sacré, un genre que Madame de Maintenon l’encouragea à cultiver et dans lequel il excella si bien que la cour se pressait pour écouter ses motets comme le fit plus tard le public du Concert Spirituel.

Michel-Richard de Lalande Thomassin d'après SanterreLa mise en musique de l’office de Ténèbres semble avoir occupé très tôt le compositeur puisqu’il est fait mention de sa contribution à celui qui eut lieu à la Sainte-Chapelle en 1680, avant, donc, le début de sa carrière versaillaise. Les Leçons écrites à cette occasion ne sont sans doute pas celles que nous connaissons aujourd’hui, dont la genèse demeure relativement obscure. Il est cependant probable que ces dernières aient été composées pour le couvent de l’Assomption, sis rue Saint-Honoré, où elles auraient été chantées « à l’admiration de tout Paris », selon Philidor, par les deux filles du musicien, Marie-Anne et Jeanne qui moururent lors de de l’épidémie de petite vérole de 1711, âgées de 25 et 24 ans. Notons également que le Miserere fut copié cette même terrible année par l’infatigable Sébastien de Brossard qui en harmonisa en faux-bourdon les versets destinées aux religieuses. Le cycle complet des Ténèbres de Lalande comportait, à l’origine, neuf Leçons dont un tiers seulement nous est parvenu, la troisième des mercredi, jeudi et vendredi ; sans qu’il soit possible d’en être absolument certain, ce groupe correspond peut-être à l’état de la révision de ses partitions qu’avait entrepris le compositeur à la fin de sa vie, le reste ayant malheureusement disparu. Telles qu’elles nous sont parvenues, ces œuvres se révèlent en tout point conformes à l’esthétique flottante de ce qu’étaient les Ténèbres, avec leur rituel spectaculaire d’extinction progressive des cierges et leur audience dont la présence était motivée, à part égales, par le recueillement et la mondanité, cette dernière de plus en plus violemment dénoncée par les censeurs du temps qui ne voyaient plus dans ces offices que le palliatif à l’absence de spectacles durant le temps de Pénitence qu’ils étaient effectivement devenus pour partie. Le texte des Lamentations de Jérémie s’y prêtant merveilleusement, Lalande exploite donc son caractère à la fois doloriste et théâtral, variant le plus possible les climats, du poignant au suave, du l’imprécation à l’abandon, tout en usant d’une virtuosité maîtrisée dans l’art de l’enluminure des lettres hébraïques par laquelle débute chacun des versets des Leçons du mercredi et du jeudi. Partout éclate l’excellence de ses capacités à souligner un mot ou un affect, par le choix d’une tonalité (In tenebrosis) ou l’emploi d’une suspension (O vos omnes), mais aussi son sens de la progression dramatique, particulièrement sensible dans la Leçon du vendredi dont le déroulement n’est pas interrompu par la scansion des lettres. Tout comme dans le Miserere, Lalande tire le meilleur parti du fractionnement du texte pour introduire dans ses Leçons de Ténèbres une grande richesse de nuances qui confère à sa mise en musique un caractère palpitant et une émotion palpable, dont le charme ambigu – est-on sur la scène ou au couvent ? – se révèle aussi prenant que tenace.

Cette nouvelle lecture des Leçons de Ténèbres et du Miserere de Lalande n’est, bien entendu, pas la première à documenter ces œuvres, même si les enregistrements qui en proposent l’intégralité ne sont finalement pas légion. Sophie Karthauser par Alvaro YanezNombre de mélomanes, dont votre serviteur, se souviennent avoir appris à les aimer grâce au disque réunissant Isabelle Desrochers, Mauricio Buraglia, Nima Ben David et Pierre Trocellier publié chez Astrée en 1996, dont la pochette s’ornait de la fameuse Vanité de Philippe de Champaigne conservée au Musée de Tessé, et qui joignait aux seules Leçons un choix de Tombeaux instrumentaux, beaucoup d’autres, et je fus de ceux-là, furent bouleversés, six ans plus tard, par l’interprétation intense qu’en livrèrent, chez Alpha, une Claire Lefilliâtre et un Poème Harmonique supérieurement inspirés, et revinrent ensuite systématiquement vers elle pour goûter l’intégralité du recueil de 1730. On pouvait, dès lors, se poser légitimement la question de l’intérêt, plus de douze ans après, d’en produire un nouvel enregistrement, qui plus est avec une soliste qui n’est pas identifiée comme une spécialiste du répertoire baroque. L’éclatante réussite de la version que proposent aujourd’hui Sophie Karthäuser, Sébastien Daucé et son Ensemble Correspondances vient nous rappeler avec force qu’aucune proposition interprétative, aussi forte soit-elle, n’épuise totalement des chefs-d’œuvre comme ceux de Lalande, et qu’un travail acharné peut permettre à un artiste de s’imposer là où personne ne l’attendait. Mesure-t-on l’humilité qu’il a fallu à cette soprano lyrique, que ses qualités partout célébrées auraient pu rendre sûre d’elle-même jusqu’à la désinvolture, pour faire siens et non pas seulement imiter, comme le font d’autres, les principes d’une vocalité éloignée de ses habitudes ? Mesure-t-on également le désir de servir ces musiques qui l’a animée pour qu’elle y plonge aussi totalement quand d’autres se seraient contentées de n’y risquer qu’un pied ? La récompense de cet investissement est une lecture parfaitement accomplie tant du point de vue esthétique – le timbre est partout riche et plein, le souffle impeccablement maîtrisé – qu’expressif, et l’on pourrait aligner ici les superlatifs ; disons simplement que la moindre inflexion du texte est restitué avec une finesse, une émotion et une efficacité admirables par une chanteuse qui le prend complètement à son compte au lieu de réciter une leçon bien apprise. Si elle n’emprunte pas la voie de l’expressivité parfois presque hallucinée de Claire Lefilliâtre, le subtil équilibre entre théâtralité et intériorité que trouve Sophie Karthäuser n’en est pas moins d’une éloquence constante. Ce travail de fond lui permet également de s’intégrer sans faux pli dans l’équipe de Correspondances, qui fait ici montre de ses habituelles qualités de lisibilité, de fluidité et de douce luminosité ; les passages en plain-chant sont parfaitement maîtrisés, le continuo est coloré et inventif sans être exubérant. Sébastien Daucé par Jean-Baptiste MillotIl est, enfin, absolument évident, et ce sentiment ne fait que croître au fil des écoutes, que la soliste et Sébastien Daucé se sont trouvés et que leurs natures a priori si différentes se nourrissent mutuellement, l’ardeur de l’une venant enflammer la retenue expressive de l’autre et y gagnant en retour un indéniable supplément de densité, de profondeur. Ce tandem qu’on aurait pu croire, au départ, assez mal appairé, fonctionne merveilleusement et nous entraîne loin avec lui.

Doit-on en déduire que l’enregistrement du Poème Harmonique est détrôné par le nouveau venu ? Après confrontation, je serais, pour ma part, bien en peine de les départager, tout en estimant néanmoins que la lecture de Sophie Karthäuser et de l’Ensemble Correspondances possède un charme plus immédiat que sa prédécessrice et pourra donc faire venir à elle un public plus large. Je vous recommande cette nouvelle venue sans l’ombre d’une hésitation et j’espère, compte tenu du degré d’accomplissement de cette réalisation qui confirme une nouvelle fois, que la musique française du Grand Siècle (au sens large) a trouvé en Sébastien Daucé et ses musiciens des porte-parole inspirés, qu’ils pourront se pencher sur d’autres Leçons de Ténèbres. Qu’il me soit donc permis de conserver allumée une des bougies de celles de Lalande pour faire le vœu de celles de Lambert, de Bernier et, bien sûr, de Charpentier, peu ou imparfaitement servies au disque.

Michel-Richard de Lalande Leçons de Ténèbres CorrespondancesMichel-Richard de Lalande (1657-1726), Leçons de Ténèbres, Miserere (version du manuscrit de Sébastien de Brossard), avec plain-chant extrait du Processionnal pour l’abbaye royale de Chelles, 1726)

Sophie Karthäuser, soprano
Ensemble Correspondances
Sébastien Daucé, orgue & direction

Wunder de Wunderkammern1 CD [durée totale : 76’23] Harmonia Mundi HMC 902206. Wunder de Wunderkammern. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Miserere : Libera me de sanguinibus/Quoniam si voluisses

2. Troisième Leçon du Mercredy : O vos omnes

3. Plain-chant : Ecce videmus eum

4. Troisième Leçon du Jeudy : Ego vir videns

5. Troisième Leçon du Vendredy : Jerusalem

Illustrations complémentaires :

Henri Simon Thomassin (Paris, 1687-1741) d’après Jean-Baptiste Santerre (Magny en Vexin, 1651-Paris, 1717), Portrait de Michel-Richard de Lalande, sans date. Burin, 40 x 32 cm, Paris, Bibliothèque nationale de France

La photographie de Sophie Karthäuser est d’Alvaro Yanez © Orfeo artist management

La photographie de Sébastien Daucé est de Jean-Baptiste Millot pour Qobuz .com

16 Comments

  1. Roland Koch

    6 avril 2015 at 11:25

    N’en jetez plus!
    À peine me suis-je remis du disque du Poème Harmonique, découvert hier grâce à L’Audience du Temps, me voilà à nouveau catapulté dans Le Grand Siècle. Vous savez combien je savoure les détails, avec votre texte, ainsi que le choix du tableau, je suis comblé.
    Vous connaissez un peu mon parcours, vous ne serez donc pas étonné si j’écris que j’en suis encore à me tâter avec ces compositions… Je m’y ferais, après tout, vous m’avez déjà ouvert tant de portes..
    Grand merci pour cette instructive chronique.

    • Il y a, comme qui dirait, un tir groupé autour de ces Leçons de Lalande, cher Roland, et l’avantage est qu’avec le billet de L’Audience et le mien, vous avez deux options bien tranchées et, à mon avis (qui ne serait sans doute pas le sien), tout aussi défendables pour ce qui est de l’approche de ces œuvres.
      Je comprends complètement que vous ayez besoin de temps pour aborder à cette esthétique si particulière qui est celle du Grand Siècle; j’ai moi-même trop connu le genre de flottement dont vous me parlez pour ne pas réaliser qu’il puisse exister chez d’autres.
      Puisse cette porte s’ouvrir à son tour pour vous lorsque le moment sera venu.
      Grand merci pour votre mot et bel après-midi.

  2. Bonsoir ou bonjour, je penche pour ce dernier, car tu dois être dans les bras de Morphée, après ta journée dense d’hier 😉
    Téléphone sur silencieux, je commence par écouter, oui souvent je commence comme cela, pour n’avoir que mon émotion, mon ressenti ……..Ensuite je lis et j’écoute à nouveau ………..
    Le tableau me séduit d’emblée, particulièrement son regard égaré on ne sait vers où, son visage doux et expressif .. ..C’est une merveille .
    Quant à la musique, je découvre , et je ne sais pas si c’est parce que ma sensibilité est exacerbée en ce moment, mais elle m’a émue au plus profond .
    Ta rubrique est encore une fois, comment dire pour ne pas me répéter, euh …. belle et riche, bon tant pis , rien d’autre ne me vient, mais tu sais que ces mots sont pesés, pensés et sincères .
    Je t’embrasse bien fort cher Jean-Christophe .
    Tiffen
    PS; si si jette encore (pour répondre à Roland)

    • Bonjour mais avec presque une semaine de décalage, chère Tiffen,
      Il est vivement recommandé de mettre son téléphone sur silencieux pour apprécier les chroniques et, confidence pour confidence, le mien est en ce mode depuis plus d’un an maintenant sans que j’aie jamais eu l’envie de l’en retirer.
      Je ne sais pas vers quoi regarde la jeune femme du tableau, je veux croire que c’est en elle-même et qu’elle s’est un instant absentée; c’est d’ailleurs en partie pour cette attitude si particulière ainsi que pour son double langage à la fois concentré et mondain que j’ai choisi cette toile, qui me semble entrer totalement en résonance avec la double nature de la musique de Lalande. Cette dernière me touche beaucoup également, surtout lorsqu’elle est interprétée avec autant de cœur qu’ici, ce qui n’est pas si fréquent.
      Je te remercie pour tes mots dont je ne doute pas de la sincérité et je t’embrasse bien fort moi aussi.

  3. Sophie a pris la lettre … il est des regards bleus qui ne trompent pas et sortent des ténèbres. Avec passion.

  4. M. Jean-Noël BENOIT

    8 avril 2015 at 09:47

    Merci pour ce qui est, en ce qui me concerne, une découverte. Les Leçons de Couperin comme celles de Delalande m’étaient assez familières, mais pas celles-ci, qui les valent, et dans une interprétation qui semble toucher si juste. Par ailleurs, en une telle musique se repose toujours la question de ce qui ne tient pas dans le seul plaisir du beau chant, et qu’on nommera aujourd’hui, faute de mieux – à l’époque cet aspect allait de soi – la dimension spirituelle, dont, dans des circonstances officielles, assumées, transcendées, le chant se veut avant tout l’expression, le témoignage, par delà la sensibilité personnelle. En tout cas bon courage dans vos précieuses recherches. M. JN BENOIT

    • Cher monsieur,

      Pardonnez, s’il vous plaît, le retard avec lequel je vous réponds; mes différentes activités ne m’ont pas permis de le faire comme je le souhaitais avant ce jour d’hui.

      Je vous rejoins tout à fait sur le fait que ce type de répertoire ne saurait se contenter du beau chant et qu’il est absolument nécessaire que ce dernier ouvre sur une dimension que je m’accorde tout à fait avec vous pour nommer spirituelle. C’est en ceci que l’interprétation des Ténèbres de Lalande que livrent Sophie Karthäuser et l’Ensemble Correspondances me semble d’une grande justesse : elle parvient à trouver un équilibre pleinement satisfaisant entre le charme d’une voix lyrique – et certains partisans d’une orthodoxie baroque rigide n’ont pas manqué de signaler qu’elle s’écartait de ses sacro-saints principes – et le recueillement que l’on est en droit d’attendre dans l’interprétation de telles partitions, et, ce faisant, elle fait passer son message de piété fortement teinté d’émotion en charmant, comme on le faisait au XVIIIe siècle. Vous comprenez donc sans peine pourquoi j’ai décidé de la défendre ici, espérant y être parvenu.

      Je vous remercie pour votre commentaire et vos encouragements.

      Bien à vous.

  5. M. Jean-Noël BENOIT

    8 avril 2015 at 10:30

    Je corrige mon erreur: les Leçons que je connaissais déjà étaient, avec celles de Couperin, celles de Charpentier. Bonne journée. M. JN BENOIT

  6. Fraîcheur, délicatesse en écoutant ces extraits avec plaisir ce matin. Merci Jean- Christophe. Ce tableau est une merveille d´expression, couleurs.

    • Je vous rejoins tout à fait quant à votre appréciation sur la finesse tant de l’exécution musicale que picturale, Chantal.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite une belle journée.

  7. Vous vous rappelez peut-être, Jean-Christophe, que votre billet sur les leçons de Couperin par les Demoiselles de Saint Cyr m’avaient fait remplacer ma version favorite. Et si De Lalande allait maintenant détrôner Couperin ? !! La réponse est pour plus tard, après plusieurs écoutes, de cette version et des deux plus anciennes que vous évoquez et que j’avoue bien humblement ne pas connaître.
    Pour le moment, je suis ravie de découvrir Sophie Karthaüser dans ce répertoire alors que ce nom me faisait immédiatement basculer vers Poulenc.

    Incontestablement, le portrait que vous avez choisi, Jean-Christophe, se situe au même niveau d’excellence. Que j’aime le chic de ces plumes qui, tout en restant discrètes, illuminent subtilement le regard détourné. La version agrandie est un vrai régal. J’imagine que le peintre et son modèle ont dû être fiers de cette réalisation.

    Je profite de ce billet pour revenir sur le CD Capuana/Bonaventura que j’ai enfin, et comme promis, écouté dans son intégralité. Quel bonheur de voir des oeuvres pareilles émerger de l’ombre ! Je me suis découvert un faible pour l’Agnus Dei de Bonaventura, magnifiquement écrit, magnifiquement retransmis.

    Bonne soirée à vous.

    • Je me souviens, Danièle, de ces magnifiques Leçons de Couperin par les regrettées Demoiselles de Saint-Cyr qui ont sans doute hélas livré avec ce disque leur chant du cygne. Je suis très curieux de savoir laquelle des trois versions de celles de Lalande vous finirez par retenir après les écoutes comparées auxquelles vous vous livrerez; certains puristes (on est finalement toujours le puriste de quelqu’un) ont trouvé à redire quant à l’adéquation du style vocal de Sophie Karthäuser avec le répertoire qu’elle a choisi d’aborder, alors que, pour ma part, si je reconnais que la manière ne correspond pas totalement aux canons dictés par l’orthodoxie baroque, elle m’enchante par la variété et la vérité de son expression.

      Je reste totalement admiratif devant ce portrait de Santerre qui réussit à conjuguer intériorité et théâtralité avec une maestria confondante; à l’aune de mon ignorance naturellement, je n’ai trouvé aucune illustration qui traduise plus justement l’œuvre de « lisière » entre sacré et profane que sont, à mes yeux, les Ténèbres de Lalande.

      Je suis évidemment très heureux que le disque regroupant les deux Requiem vous ait plu et j’espère que cette résurrection en appelle d’autres; je suis certain qu’il y a encore plein de trésors de ce genre qui attendent dans les bibliothèques.

      Je vous remercie pour votre commentaire et vous souhaite un bon après-midi.

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