Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

La communion des chants. Juifs et trouvères au XIIIe siècle par Alla francesca

Add. 11639, f.114

Maître anonyme, nord de la France, dernier quart du XIIIe siècle,
Aaron allumant la menorah, c.1277-1286
Miniature sur parchemin, 16 x 12 cm (dimensions du folio),
Ms. Add. 11639, f. 114, Londres, British Library

Une des raisons pour lesquelles je suis fidèlement l’ensemble Alla francesca depuis plus de vingt ans est sa capacité à toujours proposer des programmes intéressants en n’hésitant parfois pas à s’écarter des chemins bien balisés du répertoire médiéval. Il se lance aujourd’hui dans un nouveau pari en s’aventurant sur des terres qu’il n’avait jamais abordées jusqu’ici et ressuscite des chansons juives du XIIIe siècle.

Comme on le sait, la place des Juifs dans la société française du Moyen Âge fut extrêmement ambivalente et, par là même, précaire, oscillant sans cesse entre intégration et rejet. Alors qu’ils bénéficièrent, durant la période carolingienne, de la protection du pouvoir, ce qui leur permit non seulement de participer activement à l’essor économique de la société, notamment grâce aux relations commerciales qu’ils contribuèrent à entretenir avec les comptoirs orientaux, mais aussi d’y exercer parfois des fonctions prestigieuses, le vent tourna à partir du XIe siècle, ouvrant la voie à des temps où se succédèrent périodes de tranquillité et de persécutions, ces dernières s’étant accru à la faveur de la première croisade. L’oppression prit plusieurs visages au fil des siècles, les plus coutumiers consistant en l’accusation d’usure, l’exclusion de nombre de métiers ou la suspicion irrationnelle de pratiques condamnables voire criminelles (dérives cultuelles, empoisonnement de l’eau durant la Grande peste), les plus spectaculaires en des décisions comme le brûlement des livres hébreux, Talmud en tête, en 1242 sous Louis IX, en diverses exactions tel le supplice de treize Juifs condamnés par l’Inquisition à mourir sur le bûcher à Troyes le 24 avril 1288, événement tragique dont l’élégie Mout sont il a meechief mis, enregistrée dans ce programme, rend compte de façon poignante, ou en diverses expulsions, naturellement assorties de la spoliation de l’intégralité des biens, dont les plus drastiques furent celles prononcées en 1182 par Philippe Auguste, qui devait néanmoins revenir sur sa décision seize ans plus tard, et par Charles VI en 1394, définitive, elle.

Les périodes d’accalmie permirent à une riche vie intellectuelle de se développer, particulièrement en Champagne qui ne fut rattachée au domaine royal qu’en 1285. Add. 11639  f.117bLa trajectoire d’un savant comme Rachi de Troyes (Salomon Ben Isaac, 1040-1105) illustre cet épanouissement. Cet érudit fonda dans sa ville natale une école talmudique dont l’influence très importante allait, grâce à ses disciples mais également à ses propres commentaires qui étaient connus y compris par des théologiens chrétiens dont Martin Luther, perdurer jusqu’à la fin du XIIIe siècle, tout en demeurant parfaitement accepté par la société de son temps — il était vigneron et fréquentait la cour des comtes de Champagne. L’anthologie que propose Alla francesca témoigne de cette indiscutable intégration des Juifs au sein de la culture de leur époque. Les huit pièces issues de manuscrits hébraïques copiés dans le nord de la France à la fin du XIIIe siècle ont été transmises sans musique, mais l’une d’entre elles, Shalfu tzarim, un poème liturgique qui évoque les persécutions des Juifs durant le règne de Louis IX, mentionne qu’il faut la chanter sur l’air d’une vadurie, une chanson d’amour qui a été identifiée comme Lonc tens ai mon tens usé de Moinot de Paris (actif vers 1250). Ce principe du contrafactum, consistant à adapter un texte nouveau sur une mélodie existante, était courant au Moyen Âge et a permis de reconstituer l’intégralité du corpus qui prouve que le répertoire des trouvères était parfaitement connu par la communauté juive — parmi les pourvoyeurs de mélodies, on croise ainsi les noms du champenois Gace Brulé, de l’artésien Conon de Béthune et des picards Raoul de Beauvais et le Châtelain de Coucy. Mieux encore, la deux chansons de mariage El-givat ha-levona (« A la colline d’encens ») et la très érotiquement suggestive Uri liqr’a ti yafah (« Hâte-toi vers moi, Belle ») alternent vers en hébreu et en français comme si la célébration d’épousailles joyeuses devait naturellement s’étendre à la langue, de la même façon que les enluminures du manuscrit Add. 11639 conservé à la British Library transposent dans un univers hébraïque, en les adaptant légèrement, des modèles à la physionomie et aux attitudes en tout point semblables à celles qui auraient été utilisées pour la décoration de n’importe quel codex chrétien contemporain.

Qu’il s’agisse du soin apporté aux recherches musicologiques ayant permis la restitution des pièces composant la majeure partie de ce programme dont il convient de souligner l’intelligence de la conception, puisqu’il instaure un jeu de miroirs tout à fait intéressant entre les chansons juives et leurs sources d’inspiration puisées dans le corpus des trouvères, dont les deux seules œuvres conservées de Mahieu le Juif, converti au catholicisme par amour de sa dame, ou des moyens musicaux déployés pour les porter jusqu’à nous, il faut saluer l’investissement total d’Alla francesca dans ce projet, ainsi que la cohérence et la justesse de ses choix. De façon tout à fait pertinente, car outre la variété que cette disposition autorise, elle permet également à chacun d’interpréter les morceaux qui conviennent le mieux à son tempérament et à ses capacités, les parties vocales ont été distribuées entre deux chanteurs ; Brigitte Lesne se montre très à son aise dans le registre élégiaque (sa Complainte de Troyes, toute d’émotion retenue, est un des très beaux moments du disque), Alla francesca 2014tandis que Lior Lebovici est volontiers plus solaire, sans pour autant négliger d’être touchant. Michaël Grébil, excellent comme souvent aux luth, citole et cistre à archet, hérite, lui, de Ne puis ma grant joie celer, dont il s’acquitte fort bien. Du côté de la réalisation instrumentale, il n’y a guère que des éloges à formuler, mais il faut dire qu’outre Brigitte Lesne et Michaël Grébil, déjà cités, tant Pierre Hamon que Vivabiancaluna Biffi nous ont habitué à des prestations de haut niveau, ce qui est à nouveau le cas ici. Beauté des coloris, justesse d’intonation, précision des traits, fluidité des lignes, équilibre entre les différents pupitres qui s’écoutent mutuellement sans chercher à prendre le pas les uns sur les autres, tout concourt à rendre cette anthologie au propos plus ambitieux que sa diffusion hélas modeste le laisserait supposer un peu plus que simplement séduisante pour la curiosité et la sensibilité. Il y passe, en effet, quelque chose de profondément humain, parfois lumineux, parfois meurtri, qui reflète les angoisses et les joies quotidiennes qui pouvaient être celles de toute la communauté juive de France en ce lointain XIIIe siècle, partagée entre conscience des menaces qui planaient sur elles et volonté de vivre malgré tout. Dans les temps troublés que nous traversons actuellement, il est plus que jamais nécessaire que de tels disques existent et que chacun d’entre nous prenne le temps de les écouter et de les méditer.

Juifs et trouvères Alla francescaJuifs et trouvères, chansons juives du XIIIe siècle en ancien français et en hébreu

Alla francesca
Brigitte Lesne & Pierre Hamon, direction

1 CD [durée totale : 60’12] IEMJ/Buda musique 860261. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits proposés :

1. Shalfu tzarim, poème liturgique (« Les oppresseurs ont tiré leurs épées »)

2. L’autrier par un matinet/Au nouveau tems

3. Les anfanz des avot, poème pour le nouvel an (« Les enfants des ancêtres »)

Illustrations complémentaires :

Maître anonyme, nord de la France, dernier quart du XIIIe siècle, Le roi David jouant de la harpe, c.1277-1286. Miniature sur parchemin, 16 x 12 cm (dimensions du folio), Ms. Add. 11639, f. 117v, Londres, British Library

La photographie de l’ensemble Alla francesca est utilisée avec son autorisation.

22 Comments

  1. Bonjour cher Jean-Christophe;)

    Oulala merci merci merci !!!!!!!!!!!!!!!!

    Musiques et chansons juives qui suscitent l’émotion, une émotion exceptionnellement ressentie et particulièrement dans le poème liturgique .

    Les enluminures sont sublimes . Tu connais mon intérêt pour celles-ci, tu as fait d’excellents choix comme toujours . 🙂

    Une rubrique passionnante. Et je ne peux m’empêcher de penser que rien ou presque n’a changé depuis le moyen âge en vue de ce que l’on peut lire dans l’actualité, (une pensée d’ailleurs pour ce jeune Ilan Halimi et beaucoup d’autres) . Et comme tu le dis si justement, une place qui oscille entre intégration et rejet .
    Heureusement nous avons des musiciens qui jouent et racontent cette fabuleuse et triste histoire juive . Et je suis entièrement d’accord avec toi, chacun devrait prendre le temps de les écouter et de les méditer …

    Et sais tu qu’au fil du temps passé avec toi, nous retrouvons avec plaisir des musiciens , comme ce merveilleux ensemble Alla Francesca , que tu nous permets de suivre, merci pour cela aussi !
    Je t’embrasse bien affectueusement.
    Tiffen complètement sous le charme 🙂

    • Re-bonjour chère Tiffen, mais cette fois sans presque une semaine de retard.

      Il était important pour moi de parler de ce disque qui est sur mon bureau depuis déjà quelque temps, car ce projet est, à mes yeux, bien plus qu’en enregistrement discographique, aussi réussi soit-il par ailleurs : il fait mémoire, rappelant ce que fut le passé et établissant entre ce dernier et notre aujourd’hui un lien qu’on ne peut ignorer. Comme tu le dis, les choses n’ont hélas pas forcément beaucoup changé et il est toujours bon de rappeler que l’intolérance ne mène à rien, sinon au pire.

      Je suis ravi que les enluminures te plaisent, c’est toujours un casse-tête pour trouver la bonne illustration pour les billets médiévaux, d’autant que les sources qui proposent des images en bonne définition ne sont pas légion. Pour ce qui est d’Alla francesca, je suis un homme de fidélités et je pense que je continuerai suivre cet ensemble tant qu’il fera des disques — longtemps encore j’espère.

      Je te remercie pour ton enthousiasme qui me réjouit et t’embrasse bien fort.

  2. Oups désolée je vois mes fautes une fois le commentaire envoyé 🙁

  3. Recréation musicale, qui donne à rêver autant qu’à admirer, et comble un manque.
    Dans les ateliers d’enluminures du nord se côtoyaient peut-être juifs et chrétiens comme en Espagne ?
    Le titre du disque offre déjà une clé de compréhension de ce « nouveau »répertoire. Si je comprends bien c’est « ce que les juifs ont fait avec le répertoire des trouvères ». Sinon les deux termes associés ne sont pas du même « registre » et on ne comprend pas leur association. Et dans ce titre c’est le premier terme qui indique bien de quoi il va être question principalement : des juifs. Ce n’est quand même pas très heureux comme formulation.

    Comment et où ces contrafacta (= contrefaçons ?) étaient-ils composés et exécutés ? On peut imaginer qu’ils étaient prisés puisque copiés …

    Que de questions surgissent sur ces temps lointains !

    • Il faudrait que je regarde dans l’un ou l’autre de mes livres si la présence d’enlumineurs juifs est attestée dans les ateliers, mais j’en doute, compte tenu de l’organisation en confréries qui les excluaient de facto. Le copiste, lui, connaissait obligatoirement l’hébreu, et pour cause.
      Le propos du disque est bien d’illustrer comment les deux cultures se sont mêlées et comment on a pu, par le système des contrafacta, utiliser le matériel musical des trouvères pour y adosser des textes en hébreu et les « transformer » ainsi en chansons juives. Le procédé était simple : on s’emparait d’un air à la mode et on y greffait de nouvelles paroles — les œuvres des troubadours et trouvères étaient sur toutes les lèvres en grande partie grâce à l’action de transmission des jongleurs.
      J’espère avoir répondu à vos questions et vous souhaite une belle journée.
      Merci pour votre mot.

  4. Si l’ensemble de l’article retient l’attention et entraîne la réflexion, tu ne seras pas surpris d’apprendre que le deuxième extrait est mon préféré. J’ai ressenti comme une décorporation, difficile à expliquer. J’en frissonne encore.

    • Si j’aime beaucoup les pièces instrumentales qui ponctuent ce programme, bien chère Marie, ma préférence va tout de même à celles qui sont chantées et qui véhiculent, du moins à mon goût, une émotion beaucoup plus forte — une voix qui traverse le temps. J’imagine tout à fait ce que tu as pu ressentir, ce type d’expérience m’arrive fréquemment quand une interprétation me frappe par sa justesse.
      Merci pour ton mot et belle journée sous le soleil 🙂

  5. Merci, Jean-Christophe , pour cette large réponse.

    J’ai trouvé réponse à mes interrogations concernant la réalisation des enluminures sur le site de l’éditeur du manuscrit en fac-simile. Il y a des thèses diverses et complexes ! et la question n’est pas tranchée apparemment …

    http://www.facsimile-editions.com/fr/nf/

    Images, chants et musiques se répondent merveilleusement !

    Bien amicalement.

    • J’avais compris, Michèle, en parcourant un peu la littérature consacrée à ce manuscrit, que ses origines étaient difficiles à déterminer, tout comme les différentes mains qui avaient participé à l’élaboration tant de son texte que de ses illustrations — c’est bien souvent le cas dès que l’on se penche sur les manuscrits médiévaux.
      Merci pour les précisions apportées par le lien que vous fournissez et que je n’avais pas trouvé lors de mes recherches préalables à l’écriture de ce billet.
      Belle journée à vous et veuillez excuser mon retard à vous faire retour.
      Bien amicalement.

  6. As-tu lu la louve de Blois de René Bruneau?
    http://www.renebruneau.com/romans.html
    J’ai eu l’impression de voir dans les rues de Blois les personnages décrits.
    J’adore le 1er extrait… il me ramène en Algérie où Juifs et Arabes, des toutes origines étaient mon quotidien! Belle journée à toi, on est loin d’Onslow

    • Je n’ai pas lu ce roman, Catherine, mais l’épisode qu’il relate ne m’est, lui, pas inconnu. Lorsque tu m’écris que tu « vois » les personnages en écoutant la musique, ça me laisse supposer que les musiciens ont visé juste et que leur interprétation peut se prévaloir d’une réelle vraisemblance.
      Merci pour ton mot et pardon pour mon retard à la réponse.
      Belle journée !

  7. Cette musique, ces chants ressurgissent avec force. Un grand moment.

    Et comme toujours votre si intéressant billet, riche en documentation.

    Merci Jean-Christophe.

    • Je crois qu’il est plus que jamais nécessaire aujourd’hui que de tels disques existent, Chantal.
      Merci de votre passage ici et belles découvertes pour votre nouvelle journée de pérégrinations.

  8. Cela fait quelque temps que je n’étais pas venue me p[au]ser ici – j’use à dessein d’une orthographe défaillante mais cela, tu l’auras compris 😉 – et cette pause me manquait. Les jours s’écoulent et le tempo en est souvent bien trop rapide à mon goût, moi qui ne jure que par la lenteur.
    Bref. Tu sais JC mon bonheur à m’arrêter ici ; j’y ai, en l’occurrence, passé une bonne partie de mon après-midi ! 🙂 Que de retard à rattraper ! Que de lectures passionnantes !
    Je ne commenterai pas, bien sûr, chacun des billets que je viens de déguster, chaque extrait musical que j’ai savouré, chaque illustration qui m’a émerveillée… J’y passerais la nuit ! ;-)) Et qu’ajouter, au demeurant, à tes lignes qui ne soit déjà dit et si bien dit ? Tant par tes mots qu’au travers de ceux de tes lecteurs.
    Tu sais JC, je voudrais juste, modestement et en toute simplicité, te remercier de n’avoir jamais baissé les bras, de n’avoir pas renoncé (je sais combien parfois ce fut difficile). D’avoir tenu bon et continué ton travail d’écriture. Tu n’imagines pas combien cela me demeure précieux.
    A l’heure des « like » silencieux et furtifs, des icônes pouce levé sans autre commentaire, des instantanés de vie dont l’absence totale d’intérêt n’a d’égal que le manque de pudeur avec lequel on les étale – rhooo mais voilà que je deviens râleuse, excuse-moi ! ;-)) mais tu sais à quel point tout cela m’encombre, m’agace, me terrorise quasiment – décider toutes choses cessantes de s’accorder une halte ici est un réel enchantement et l’on repart serein et revigoré.
    Avec mon amitié et mon affection sincères, je t’embrasse JC. A bientôt.

    • Ton touchant commentaire m’est arrivé juste au moment où la lassitude m’a fait décrocher du blog durant plus d’un mois, Ghislaine, période de silence à laquelle je viens de mettre fin aujourd’hui. Je te demande donc de bien vouloir excuser le décalage avec lequel je te réponds, mais je sais que tu comprends que l’on puisse se laisser submerger par l’absence d’envie.

      Il est de plus en plus difficile aujourd’hui de conduire une aventure comme celle que représente un blog, tant les raisons de découragement sont nombreuses; les réseaux sociaux envers lesquels je partage ta défiance sont, en dépit de leur intérêt réel en matière de diffusion (raison pour laquelle j’y suis encore), de véritables vecteurs de déstructuration, car ils encouragent la paresse du pouce levé tout comme le « vite consommé vite oublié » qui est exactement l’inverse de ce que doit proposer un blog sérieusement tenu. Poursuivre le travail d’écriture pour proposer autre chose est une forme de résistance dont le caractère dérisoire m’apparaît parfois jusqu’à la paralysie. Une large frange du public semble tellement préférer se dandiner devant les avis des chroniqueurs mondains…
      Je te suis donc particulièrement reconnaissant de prendre le temps de te poser ici, de lire, d’écouter, de regarder, bref de ne pas être dans cette attitude de consommation rapide qui est tellement à la mode aujourd’hui et dont je te laisse imaginer ce qu’elle m’inspire — ton attitude est exactement celle que j’adopte lorsque je vais lire des articles, c’est la seule qui me semble respectueuse du travail fourni par l’auteur.

      Je t’adresse de bien amicales pensées et t’embrasse affectueusement.
      A bientôt.

  9. Une fois n’est pas coutume, un second commentaire sur la même rubrique, pour te dire que j’écoute en boucle depuis un petit moment Shalfu tzarim, poème liturgique (« Les oppresseurs ont tiré leurs épées ») oh là là comme j’aime !!!!
    Merci 😉

    • Il ne te reste plus qu’à faire quelques économies et à acheter le disque, chère Tiffen 😉 Sérieusement, c’est un investissement que tu ne regretteras pas si tu y cèdes, car il y a bien d’autres très belles musiques que je ne pouvais, bien entendu, pas faire figurer ici.
      Merci pour ton mot et belle journée.

  10. C’est un fort bel article, j’ai pris plaisir à écouter ces extraits d’une musique si particulière, si priante, si mélodieuse, qui invite à de belles pensées, à une certaine sérénité.
    Tes choix sont toujours très judicieux et tes écrits passionnants.
    Un peu irrégulière sur les blogs ces temps-ci, la vie n’étant pas toujours un long fleuve tranquille … Je vais continuer ma promenade chez toi … en musique grâce à tes extraits.
    Belle journée Jean-Christophe
    Mes bises amicales
    AnnickAmiens

    • Je suis tout à fait d’accord, Annick, la vie n’est pas un long fleuve tranquille et elle a fait que j’ai moi-même été très irrégulier sur les blogs, ce qui ne m’a néanmoins pas empêché de suivre tes pérégrinations messines qui ont réveillé en moi bien des souvenirs, comme je te l’ai signifié au détour d’un commentaire.
      Je suis heureux que tu aies malgré tout réussi à trouver un peu de temps à consacrer à cette chronique et que tu y aies trouvé de quoi découvrir et t’émouvoir. Ces musiques sont d’une grande beauté et elles transmettent si bien les sentiments des hommes qui nous les ont léguées.
      Je te remercie pour ton mot et te souhaite un bel après-midi.
      Amitiés, je t’embrasse.

  11. Tu connais Jean-X mon attachement à cet ensemble qui suit une voie que l’on pourrait croire aride si nous ne savions percevoir la richesse que donne la ténacité dans la poursuite d’une œuvre qui s’apparente à une mission.
    J’ai déjà eu grand plaisir à entendre les extraits que tu proposes ici et où je reviens en cette fin de journée de chaleur loin des agitations, dans ma bulle hors du temps, poser des mots que je voudrais tant à la hauteur de mon émotion.
    Tu connais aussi mon intérêt pour ce peuple Juif au destin si riche et si ravagé, ce peuple qui, au-delà ou au-dessus de ses vicissitudes a su préserver son identité, sa culture mosaïque imprégnée des cultures qu’elle traversait et auxquelles elle insufflait aussi une part de la sienne.
    Je te parlai, en 2008 exactement, de cette découverte que fut pour moi Yasmin Levy qui dit si bien l’unité fractale de ce kaléidoscope d’influences, de ce creuset de douleurs et de joies, d’exaltations et de méditations, ; te rappelles-tu ? Je te proposai alors ce si beau titre en Ladino « Adio Kerida » (Adieu Aimée) que tu aimas, je me le rappelle.
    Je me permets de te livrer ici un autre chant de la même interprète où Orient et Occident se mêlent en un rêve de fusion. C’est si beau cet idéal de « mariage d’esprits » dans le monde de replis identitaires que nous vivons, et rendons grâce à la Juive réconciliatrice et à Alla francesca de faire un chemin semblable, chacun à sa manière mais tous deux convergents.
    https://www.youtube.com/watch?v=_rmK99BZsKo
    Je suis aussi heureux de retrouver ici Ghislaine et, si elle lit ces quelques phrases, qu’elle le sache.
    Tes billets savent faire souvent mouche, mais parfois avec une intensité…
    Merci.

    • Je suis le travail d’Alla francesca (et de son ensemble-frère Discantus) depuis presque ses débuts en 1990, mon ami, et jamais il ne m’a déçu, non seulement parce qu’il est toujours de grande qualité artistique, mais aussi parce qu’il sait s’aventurer sur des terrains ou bien peu osent mettre le pied. Ainsi en va-t-il de ce programme qui met en dialogue, en évitant le piège de ces mélanges aujourd’hui à la mode et si peu pertinents, musiques juives et chansons de trouvères qui surent coexister en paix. Alors, bien entendu, au-delà de l’intérêt musicologique, cette réalisation s’impose également comme un hymne à la tolérance ce qui, dans les temps troublés que nous vivons, ne saurait jamais être assez encouragé. N’oublions pas que ceux qui, aujourd’hui, sont prompts à brandir l’anathème et à prendre les armes sont généralement nourris au lait de l’ignorance la plus épaisse, laquelle demeure le premier mal qu’il faut résolument combattre; un disque comme celui-ci y contribue, avec autant d’intelligence que de sensibilité.
      Merci pour ton commentaire.

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