Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Livrée de famille. Motets de Johann, Johann Christoph et Johann Michael Bach par Vox Luminis

Rembrandt Le prêcheur mennonite Anslo et sa femme

Rembrandt Harmenszoon van Rijn (Leyde, 1606 – Amsterdam, 1669),
Le prêcheur mennonite Anslo et sa femme, 1641
Huile sur toile, 173,7 x 207,6 cm, Berlin, Staatliche Museen, Gemäldegalerie

 

La sagesse populaire veut que l’on reconnaisse l’arbre à ses fruits et si le mélomane débutant ou distrait ignore souvent, en plantant ses dents gourmandes dans celui nommé Johann Sebastian Bach, qu’il est l’aboutissement d’un long processus de maturation dans lequel famille et maîtres, l’une s’identifiant parfois aux autres, ont joué un rôle important, l’amateur plus confirmé a lui conscience des nombreux bosquets que cache ce tronc immense et vigoureux. Pas plus que celle d’un autre, en effet, la musique de Bach ne tombe du ciel et, moyennant un peu d’attention et de curiosité, il est tout à fait possible de remonter le cours des nombreux ruisseaux qui aboutissent à cette si puissante rivière — la capacité d’établir une généalogie artistique, quel que soit le domaine, devrait d’ailleurs interdire d’employer, dans son acception coutumière, le mot de « génie » puisque ce dernier implique nécessairement une part d’inexplicable plus ou moins vaguement teinté de divin, donc d’improuvable. Il est particulièrement intéressant et émouvant de songer qu’aussi conscient de sa valeur qu’il ait pu être par ailleursUrsprung der musikalischen Bachischen Familie – et les indices sont nombreux pour prouver qu’il se savait un musicien d’envergure –, le Cantor de Leipzig, la cinquantaine venue, ait ressenti le besoin de rassembler les documents en sa possession pour retracer l’histoire de sa lignée en sauvant par la même occasion de la disparition une part importante de son héritage musical ; la logique est double, à la fois humble et orgueilleuse comme souvent chez lui qui se présente ici de facto comme un des maillons d’une chaîne plus que centenaire mais aussi comme son aboutissement, primus inter pares. Nous sommes dans les derniers mois de 1735, après la naissance de Johann Christian, survenue le 5 septembre et dont la mention dans l’Ursprung der musikalischen Bachischen Familie (Origine de la famille des Bach musiciens) permet d’en dater la rédaction. On pourrait s’interroger sur les motivations qui ont pu pousser Johann Sebastian à coucher sa généalogie sur papier à ce moment précis ; je pense qu’en homme doué d’autant d’intelligence que d’intuition, il avait commencé à sentir que ses relations avec Johann August Ernesti, le nouveau vice-recteur de Saint-Thomas, qui professait un mépris à peine voilé pour l’enseignement de la musique et les musiciens, allaient virer à l’aigre – et les différends larvés opposant ces deux forts caractères éclatèrent d’ailleurs au grand jour dès l’été suivant, provoquant la « querelle des préfets » qui mit deux ans à s’apaiser – et il n’est donc peut-être pas totalement incongru de supposer que ce regard rétrospectif ait répondu, dans une période de tension croissante, à une volonté du Cantor de s’affermir vis-à-vis de soi-même et de s’affirmer face à l’extérieur.

Le projet que propose aujourd’hui Vox Luminis est de documenter l’intégralité des motets conservés de trois des ancêtres de Johann Sebastian Bach ; dans le cas du plus ancien d’entre eux, Johann (1604-1673), fils du boulanger devenu Stadtpfeifer Hans Bach, qui fut organiste à Schweinfurt avant de rejoindre Erfurt en 1635 où il fit carrière en qualité de Stadtpfeifer (et non de directeur de ceux-ci comme l’affirme Bach) et à la tribune de la Predigerkirche, les trois motets enregistrés ici représentent la totalité de ce qui nous a été légué d’une production certainement plus vaste. S’il ne fait guère de doute que les mêmes aléas de transmission ont affecté leur œuvre, Johann Christoph (1642-1703) et Johann Michael (1648-1694), respectivement fils aîné et fils cadet de Heinrich Bach, sont plus largement documentés et semblent avoir joui dans leur famille d’une excellente réputation ; le second, qualifié de « compositeur habile » dans l’Ursprung, exerça à Gehren les métiers de greffier municipal et d’organiste, tandis que le premier, le seul de la lignée dont l’influence sur Johann Sebastian soit réellement patente et qui fit la presque totalité de sa carrière à Eisenach en qualité d’organiste de la Georgkirche et de claveciniste de la cour du duc, est désigné comme un « profond compositeur » par le Cantor, une appréciation ensuite reprise et amplifiée par Carl Philipp Emanuel qui dira de lui « c’est le grand compositeur si expressif » — notons que les deux n’hésitèrent pas à faire jouer certaines de ses pages l’un à Leipzig, l’autre à Hambourg.

Au XVIIe siècle, le motet, apparu cinq cents ans plus tôt, est regardé comme archaïque au regard de formes plus modernes comme le concert sacré ou la cantate, ce qui ne l’empêche pas d’être pratiqué dans la majeure partie de l’Europe et de trouver en Allemagne une terre particulièrement propice à sa floraison. Nach Matthäus Merian Vue d'EisenachIl s’y présente comme un lieu privilégié pour la rencontre fructueuse entre la tradition tout droit venue des polyphonistes de la Renaissance, Josquin des Prez en tête, qui, grâce à l’action déterminante de Leonhard Paminger (1495-1567), parvint à se mêler aux éléments locaux pour irriguer très profondément la musique de la Réforme, et les innovations en provenance d’Italie, comme l’utilisation du double chœur permettant des alternances de masse sonore ou des effets d’écho ou celle de madrigalismes visant à illustrer avec une efficacité maximale les images véhiculées par le texte ou les mots importants qui le jalonnent — n’oublions pas qu’un des piliers du protestantisme est justement la prépondérance accordée à l’Écriture (sola scriptura). Bien entendu, l’identité de ces œuvres, dont il faut souligner au passage la remarquable unité stylistique bien que plusieurs décennies les séparent parfois, ne serait pas ce qu’elle est sans le recours très fréquent aux chorals luthériens qui constituent, en quelque sorte, leur signature pour l’auditeur d’aujourd’hui remarquant leur emploi comme cantus firmus ou matériau thématique, mais qui mettaient immédiatement le fidèle d’hier, pour lequel ces mélodies étaient absolument familières, en terrain connu. Avec des moyens d’une grande sobriété, les voix étant la plupart du temps simplement soutenues par un continuo d’orgue et exceptionnellement rejointes, dans Das Blut Jesu Christi de Johann Michael, par un cornet et quatre trombones, les trois compositeurs, en déployant des trésors d’inventivité – je renvoie le lecteur curieux à l’excellente présentation de Jérôme Lejeune qui, dans le livret d’accompagnement, détaille chacune des pièces – et un métier extrêmement sûr, façonnent des motets d’une éloquence souvent souveraine, au point d’équilibre parfait entre intériorité et dramatisme.

Même si son incursion en terres britanniques a démontré la diversité de son talent, toute réalisation de Vox Luminis touchant au répertoire germanique suscite les plus grands espoirs tant les affinités de l’ensemble dirigé « de l’intérieur » par Lionel Meunier sont évidentes. Ce double disque en apporte une nouvelle éclatante confirmation et se place d’emblée comme le digne successeur du disque Schütz qui a, rappelons-le, recueilli des louanges unanimes, y compris en France, c’est dire. Passée l’émotion de la première découverte de cette somme de plus de deux heures vingt de musique qui peut se parcourir d’une traite sans éprouver le moindre ennui, les écoutes successives ne cessent de dévoiler de nouvelles perspectives, des détails, des trouvailles qui avaient échappé auparavant, signant en ceci un enregistrement favorisant un approfondissement qui se situe radicalement aux antipodes du tout-venant baroque tellement à la mode aujourd’hui, dont on fait rapidement le tour et qui ne laisse guère de souvenir ensuite. Les deux années qui se sont écoulées entre ce disque et son prédécesseur ont permis à Vox Luminis de mûrir et de progresser, en particulier en termes d’incarnation des affects, tout en demeurant intrinsèquement fidèle à ses principes fondateurs ; ici s’expriment toujours avec autant de force l’attention portée aux mots, qu’il s’agisse de leur sens ou de leur prononciation, la volonté de redonner sa juste mesure au temps (le tactus et les silences sont gérés avec une maîtrise confondante), la capacité à ne jamais céder à la tentation de l’histrionisme ou de l’effet facile, le soin apporté à la lisibilité polyphonique qui n’est jamais sacrifiée à la recherche pourtant évidente de beauté sonore (Lionel Meunier a, sur ce point, retenu le meilleur de la leçon de Philippe Herreweghe sans faire sienne son esthétique parfois trop lisse). SONY DSCLes musiciens de Vox Luminis mériteraient tous des éloges individuels, tant ils savent se fondre dans un collectif sans abdiquer pour autant leur singularité ; qu’il me soit permis de donner acte aux chanteurs dans leur ensemble de leur cohésion, de leur réactivité, de la capacité qu’ils ont à se faire le vecteur des plus belles émotions, de leur sens de la nuance, de la couleur et de leur investissement, et de saluer également la qualité des continuistes dont la relative discrétion du rôle ne doit pas faire oublier l’impeccable soutien qu’ils apportent aux voix, ainsi que le Scorpio Collectief, tout à fait convaincant dans Das Blut Jesu Christi. S’il comble les sens par le soin apporté à sa réalisation, y compris du point de vue de la prise de son qui sait tirer le meilleur de la réverbération de l’église Saint-Jean l’Évangéliste de Beaufays, ce projet est aussi une fête pour l’esprit tant il semble évident que le contexte et les enjeux du répertoire ont été parfaitement compris et nous sont donc restitués avec une justesse maximale ; en écoutant cette lecture magistrale des motets des aînés de la famille Bach, on peut avoir, je crois, une perception assez précise de l’ambiance spirituelle de l’époque qui a vu naître les œuvres et des stratégies que les compositeurs étaient à même de déployer pour nourrir la dévotion des fidèles et célébrer le Seigneur en lui offrant des chants nouveaux. Un des autres intérêts de cette publication est évidemment de permettre de se faire une plus juste idée du terreau dans lequel l’art de Johann Sebastian plonge profondément ses racines et sans lequel il est probable qu’il n’aurait pas eu l’extraordinaire densité spirituelle que nous lui connaissons. Ce coffret s’impose donc comme indispensable et il ne fait aucun doute qu’il se hisse d’ores et déjà au rang des parutions qui feront date. Puisse Vox Luminis, dont le parcours tout de rigueur, d’humilité et d’honnêteté est pour l’heure un sans-faute, avoir la possibilité de nous offrir un jour les compositions sacrées avec instruments des « vieux Bach » – pourquoi pas avec les Muffatti qui s’étaient montrés des compagnons de choix dans la résurrection de la Brockes-Passion de Keiser ? – qui n’attendent que son regard intelligent et sensible.

 

Motets des vieux Bach Vox Luminis Lionel MeunierJohann Bach (1604-1673), Johann Christoph Bach (1642-1703), Johann Michael Bach (1648-1694), Motets

Vox Luminis
Scorpio Collectief (CD II,1)
Lionel Meunier, basse & direction

Wunder de Wunderkammern2 CD [durée : 72’22 et 69’21] Ricercar RIC 347. Wunder de Wunderkammern. Ce coffret peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Johann Bach, Unser Leben ist ein Schatten

2. Johann Michael Bach, Sei, lieber Tag, willkommen

3. Johann Christoph Bach, Herr, nun lässest Du deinen Diener in Friede fahren

Illustrations complémentaires :

Page 8 de l’Ursprung der musikalischen Bachischen Familie : entrées de Johann Christoph et Johann Michael Bach. Manuscrit Mus.ms.theor. 1215, Berlin, Staatsbibliothek im preußischen Kulturbesitz

D’après Matthäus Merian (Bâle, 1593 – Bad Schwalbach, 1650), Vue d’Eisenach, 1647/1705. Gravure colorée, Greifswald, Institut für Geographie und Geologie

La photographie de Vox Luminis (2012) est de Orsolya Markolt, utilisée avec autorisation.

14 Comments

  1. Entre deux coups de pinceau …. Le livret de famille n’existait pas encore et je doute que ces Bach s’eussent vêtus de livrée. J’aime beaucoup sans l’intermédiaire détesté.
    Heureusement que tu compenses l’absence de battage médiatique sinon comment saurions-nous ? Entre deux bises dominicales.

    • Même si Vox Luminis ne fait pas de battage autour de ses activités, ses disques sont attendus aujourd’hui par un nombre d’amateurs sans cesse grandissant, bien chère Marie, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas attirer l’attention sur eux, bien entendu 🙂 Un ami m’a dit qu’il lui avait fallu pas loin de quinze jours pour obtenir son exemplaire, je pense que c’est relativement bon signe quant à l’accueil réservé à cette nouvelle réalisation.
      Un grand merci d’être venue commenter ici.

  2. Bonjour,
    Merci de ce très intéressant article, où vous mettez en évidence liaisons et filiations indispensables, selon ce que je pense aussi, à toute démarche historique (j’allais écrire : si tant est que l’histoire compte encore pour quelque chose dans notre pays où l’on croit trop que l’homme ne naît qu’avec nous – mais ce serait oublier qu’en dépit des programmes scolaires actuels, beaucoup de gens, de ceux qui lisent, ont goût aux choses du passé). Pourtant je voudrais souligner surtout votre choix d’illustration: j’ai commencé par distraitement regarder ce tableau, me disant qu’il s’y trouvait quelque chose d’extraordinaire, sans me préciser quoi (la vivacité, tempérée par une sorte de respect, par quoi nous sommes appelés à écouter aussi bien qu’a voir les personnages). Pour découvrir qu’il s’agissait de rien moins que de Rembrandt. Cette toile-là m’était inconnue. Merci donc pour cette découverte. JNB

    • Cher monsieur,
      Je vous remercie pour votre revigorant commentaire auquel je souscris pleinement, tant du point de vue du mauvais sort réservé à l’enseignement de l’histoire – on ne dira jamais assez que tenter de comprendre des productions de l’esprit en s’affranchissant du contexte est illusoire –, que du ressenti face au tableau choisi pour illustrer cette chronique. L’œuvre de Rembrandt est tellement vaste qu’il est tout à fait normal de ne pas en avoir l’intégralité présente à l’esprit; j’en découvre et en redécouvre toujours aujourd’hui au sujet de ce peintre d’exception.
      A bientôt et bien cordialement à vous.

  3. Bonsoir cher Jean-Christophe (ça sera probablement bonjour)
    Le tableau est une petite merveille, cette dame serrant son mouchoir dans sa main, l’autre posée sur son ventre a quelque chose d’émouvant.
    Quant à la gravure d’Eisenach, je suis allée chercher cette ville sur internet, je comprends pourquoi tu l’as choisi, j’aime beaucoup les fils que tu tisses entre ce que tu écris et les illustrations, rien n’est laissé au hasard.
    Je suis allée voir le livret d’accompagnement , c’est comme tu l’as dit une excellente présentation des pièces. En revanche c’est un peu trop « pointu » pour mes nombreuses lacunes en ce domaine.
    Tu t’en doutes, je ne connaissais pas Vox Luminis avant que nos chemins se croisent, mais quel bonheur cet ensemble, je suis complétement séduite par ce que tu proposes aujourd’hui, ta rubrique est très belle et les extraits choisis sont touchants et comme je n’avais pas envie de quitter trop vite, j’ai écouté plusieurs fois , avec le même plaisir, la même émotion.
    Alors merci infiniment pour le temps passé, pour ce partage, et pour l’émotion que tu as su susciter.
    Je te souhaite une belle soirée, et t’embrasse bien fort .

    • Loupé, c’est bonsoir, chère Tiffen, puisque je profite d’être connecté à l’administration du blog pour te répondre en presque direct.
      J’aime énormément ce tableau moi aussi, mais il faut dire que Rembrandt est un de mes peintres d’élection et ce depuis longtemps; as-tu noté quelle vie il insuffle à ses personnages et combien le prêcheur semble habité par la Parole ? Ceci nous relie à l’art de Vox Luminis aussi sûrement qu’Eisenach marque un point de jonction entre Johann Sébastian Bach et sa famille — je te confirme que je tente de laisser les choses le moins possible au hasard dans les illustrations qui ne doivent surtout pas être que décoratives (on n’est pas sur facebook 😉 ).
      Vox Luminis est, à mes yeux, un des meilleurs ensembles œuvrant actuellement dans son domaine et il me semble que nous sommes de plus en plus nombreux à nous retrouver autour de la simplicité et de l’humilité qui sous-tendent son excellent travail artistique; tout ceci nous change des gloires d’un jour montées en épingle par des médias complaisants.
      Je te remercie bien sincèrement pour le temps passé ici (c’est tout de même autre chose que ce qu’une amie nommait avec raison les « like furtifs ») et je t’embrasse bien fort.

  4. Bonjour, je suis Johann Kevin Bach, descendant de la famille Bach, je suis heureux que certains de mes ancêtres soient enfin remis en lumière. Je fais moi-même honneur à ma famille puisque je suis le compositeur de Motel California, musique qui fut adaptée par le groupe Eagles et sur laquelle se sont rapprochés tant de jeunes gens…

    • Cher Johann Kevin,
      Je suis très honoré par votre visite, ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de pouvoir s’adresser à un membre éminent d’une aussi vigoureuse lignée. J’ignorais que vous fussiez le compositeur de Motel California, je vous imaginais plutôt membre de Mötet Crüe — mon assistant a encore dû jouer aux sept familles avec mes fiches.
      Veuillez en tout cas agréer mes plus respectueusement hilares salutations.

  5. Un like furtif sur fbk n’empêche pas une lecture plus assidue ici ;o)
    Moi aussi j’ai découvert cet ensemble grâce à toi (et combien d’autres encore…) et j’apprécie énormément le recueillement induit par l’interprétation de Vox Luminis. Les (gros) morceaux choisis ici sont une merveille qui donnent envie de se laisser embarquer pour les 2h20 du cd.
    Dans la série « mais où ai-je donc mis ma cornette » ce disque est certainement un incontournable !
    Je ne reviens pas sur la qualité des illustrations et du texte (c’est une constante) même si tes phrases gagneraient parfois à être un peu moins longues.
    Bises

    • Il ne l’empêche pas, Clairette, mais il en tient trop souvent lieu et si je ne fais aucune remarque, je peux t’assurer que je ne suis pas dupe des « clics » mondains dont les auteurs finissent toujours par se trahir.
      Je pense que les lecteurs qui feront l’acquisition de ce double disque sur la foi des extraits que je propose ne se sentiront ni surpris ni floués par les deux heures qui leur restent à découvrir : l’échantillon rend assez bien compte, je crois, de la diversité comme de l’unité de l’ensemble et, je l’espère, de sa très haute qualité. Alors effectivement, il s’agit encore de musique à cornette (ceci dit, je préfère ça à celle à sornettes que vend Érato), mais j’ai du mal à lutter contre mon penchant pour elle, bien qu’il pourrait y avoir une ou deux petites surprises dans les semaines à venir.
      Autre péché, les phrases longues. Bah, que veux-tu, c’est vraiment mon rythme d’écriture, sans doute en partie dû à mon passé de latiniste (ah, les périodes cicéroniennes), et puis, ça change du format obligé à 140 signes du poulailler au piaf bleu, non ?
      Merci pour ton commentaire et des bises 😉

  6. Bonsoir Jean-Christophe,
    Je n’ai pas une grande connaissance des différentes musiques que nous présente et je suis ravie de les découvrir et étonnée de tous ces commentaires qui m’enrichissent également. Je vous remercie tous. Je tenais à te dire que malgré mon manque d’appétence pour les réseaux sociaux, boîte mail et autres, je m’empresse d’ouvrir la mienne pour y découvrir dans ton cabinet de curiosités des merveilles que j’ai hâte d’écouter. Je m’achète des CD aussi pour prolonger ce ravissement.Ton silence il y a plusieurs semaines m’avait « inquiétée ». Ouf! Continue de nous envoyer ces minutes de bonheur. C’est comme un livre que je ne quitte plus car je crois qu’il me parle personnellement.
    Bonne soirée

    • Bonsoir Nicole,
      Je préfère de loin animer mon blog que mon profil facebook, mais aujourd’hui, hélas, la pratique de ce réseau social est nécessaire pour faire connaître des projets comme le mien qui ne bénéficient d’aucun soutien institutionnel ou médiatique — on compose donc avec les outils dont on peut disposer en tentant de faire en sorte qu’ils n’empiètent pas sur le temps que l’on préserve pour écouter, regarder, se documenter et écrire. C’est également ce travail de maturation nécessaire pour proposer aux lecteurs des chroniques que j’espère correctement ficelées et pas trop inintéressantes qui explique les périodes de silence qui peuvent se produire; pas d’inquiétude, donc, même si le fait que ce réflexe existe me touche, bien entendu.
      Je m’efforce, lorsque j’écris sur un sujet, de faire en sorte que s’instaure un dialogue privé avec chaque lecteur, au-delà du fait qu’il se passe par écrit et au travers d’un écran; ce que tu m’en dis me laisse supposer que ça fonctionne à peu près, ce qui est une belle récompense pour moi.
      Un sincère merci pour ce commentaire et très belle soirée.

  7. Ce tableau m´émerveille.
    Sur la partie gauche illuminée ; les livres, qui représentent le savoir.
    Sur la droite, la transmission de ce savoir, l´homme est l´interprète, le contact entre le livre-lumière et cette douce dame, toute ouie, qui semble enchantée d´écouter, d´apprendre.
    Une scène remarquable, ce dialogue.
    Mais oui les tableaux nous parlent et celui-ci en est un.
    Et accompagnée de cette musique éternelle…

    • En décrivant ce tableau, Chantal, vous avez sans doute mieux compris certaines des raisons qui m’ont fait le retenir pour illustrer cette chronique. Je trouve qu’il dialogue merveilleusement bien avec les œuvres de ces « vieux Bach » que j’espère vous avoir donné l’envie d’aller explorer plus avant grâce à ce coffret si réussi que propose Vox Luminis.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous souhaite une bonne soirée.

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