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Trouvailles pour esprits curieux

Jardin d’Ibères. Le violoncelle en Espagne par Josetxu Obregón et La Ritirata

Luis Paret y Alcazar Le jardin botanique vu du Paseo del Prado

Luis Paret y Alcázar (Madrid, 1746-1799),
Le jardin botanique vu du Paseo del Prado, c.1790
Huile sur bois, 58 x 88 cm, Madrid, Museo del Prado

 

Hormis quelques rares exceptions, on connaît assez mal, du moins de notre côté des Pyrénées, le travail mené par les ensembles espagnols dans le domaine de la musique ancienne et baroque ; je ne suis ainsi pas persuadé qu’en dépit de leur qualité, on se souvienne beaucoup aujourd’hui des apports discographiques d’Alia Musica ou d’Al Ayre Español pour ne citer que deux noms. Parmi les étoiles montantes du riche vivier hispanique, celle de La Ritirata brille d’un éclat particulier, ce groupe à géométrie variable ayant déjà quelques beaux disques à son actif, dont une intégrale très réussie des Quatuors à cordes de Juan Crisóstomo de Arriaga (Glossa, 2014). Réuni autour de son violoncelle solo et directeur, Josetxu Obregón, il nous convie aujourd’hui à partir sur les traces de la littérature composée pour cet instrument dans l’Espagne du XVIIIe siècle.

Le premier et souvent unique nom qui vient à l’esprit lorsque l’on réfléchit à ce sujet est évidemment celui de Luigi Boccherini, violoncelliste virtuose originaire de l’italienne Lucques mais définitivement entré au service de la cour espagnole en 1770 ; fort logiquement, cette anthologie s’ouvre et se referme avec lui dont la contribution au rayonnement de son instrument dépassa largement les frontières de son pays d’adoption. Anonyme Luigi Boccherini c 1764-67La Sonate en ut majeur G.6, publiée dans un recueil de six apparu à Paris vers 1770 et à Londres en 1772, est bien représentative du mélange de fougue et de rêverie que l’on retrouve souvent chez le compositeur, avec son Allegro initial fermement scandé, la cantilène empreinte de délicatesse et ombrée de nostalgie de son Largo assai et son Allegro moderato conclusif porté par un rythme de marche qui lui confère un caractère presque martial. Mieux qu’une simple concession à un pittoresque un peu facile et en dépit des castagnettes, le célèbre Fandango du Quintette avec guitare en ré majeur G.448 matérialise un réel intérêt pour la tradition musicale espagnole et une volonté de saisir la singularité de son langage pour l’élever, dans un geste d’hommage, à un rang égal à celui du style le plus savant, à l’instar de l’attitude que purent adopter Telemann ou Haydn lorsqu’ils intégrèrent à leurs œuvres des éléments issus des folklores qu’ils pouvaient côtoyer.

Autour de cet astre majeur gravitent nombre de satellites de plus ou moins grande importance, dont beaucoup représentent de véritables découvertes et qui contribuèrent, comme on le fait avec une plante allogène, à acclimater le violoncelle au climat ibérique bien avant l’arrivée de Boccherini. Si on peut déplorer qu’Antonio Caldara ne soit pas représenté dans cette anthologie malgré son séjour à Barcelone et les seize sonates qu’il composa pour son instrument en 1735, un an avant sa mort (huit d’entre elles ont fait l’objet, en 2010, d’un bel enregistrement de Gaetano Nasillo chez Arcana), son absence est partiellement compensée par la présence de la Toccata prima en sol majeur extraite d’une des toutes premières méthodes de violoncelle signée par le napolitain Francesco Paolo Supriano (ou Scipriani, 1678-1753), et surtout par celle de la Sonate en la mineur de Giuseppe Paganelli (1710-c.1763), natif de Padoue que ses nombreux voyages conduisirent à Madrid où il acheva peut-être sa carrière, et du Concerto en sol majeur de Domingo Porretti (1709-1783), premier violoncelle de la cour espagnole à partir de 1734 ; Jean-Pierre Duport Frontispice Sonates dédiées au duc d'Albesi les deux œuvres sont, par leur structure en quatre mouvements (lent/vif/lent/vif), redevables au modèle de la sonata da chiesa corellienne, leur humeur est bien différente, la première se caractérisant par un sérieux qui confine à la gravité dans le Largo liminaire et finit même par gagner la Gigue finale, tandis que la seconde embrasse sans détour le style galant, offrant une atmosphère aimable et détendue et une fluidité mélodique immédiatement séduisantes. Virtuose, tout comme son frère cadet Jean-Louis auteur du célèbre Essai sur le doigté du violoncelle et sur la conduite de l’archet publié en 1806, le Français Jean-Pierre Duport (1741-1818) eut l’occasion de séjourner à la cour madrilène en 1772 ; il y composa, l’année suivant son arrivée, six sonates qu’il dédia au duc d’Albe et qui prirent le numéro d’opus 3. La Sonate n°1 en ré majeur, de coupe « moderne » en trois mouvements, que nous propose cet enregistrement atteste tant de la volonté du Français de mettre en lumière ses remarquables capacités techniques que les diverses possibilités offertes par son instrument, brillant et conquérant dans l’Allegro initial, tendre et chantant dans l’Adagio central, souple et volubile dans le Finale ; une page audiblement pensée pour conquérir les auditoires en les impressionnant. Parmi les pièces proposées pour compléter ce panorama, on retiendra le bref Duetto-Andante de Pablo Vidal, auteur, lui aussi, de méthodes de violoncelle cette fois-ci rédigées en espagnol, et surtout l’Adagio en mi mineur anonyme préservé dans un manuscrit barcelonais dont la beauté de la ligne de chant et la profondeur de l’expression font assurément un des joyaux de ce disque.

Josetxu Obregón et ses amis de La Ritirata s’emparent de ces musiques avec beaucoup d’énergie et apportent à ce corpus assez disparate une très appréciable unité tout en préservant les caractéristiques propres à chaque pièce. Il est frappant de constater avec quelle conviction les musiciens sollicitent les œuvres pour en exprimer le meilleur, y compris celles qui pourraient a priori paraître plus anecdotiques, tels les exercices de Supriano et de Vidal (il n’y a guère que la Lección de Zayas qui, à mes oreilles, ne passe pas la rampe). Doté de très solides capacités techniques qui lui permettent de surmonter avec une aisance évidente, voire un certain panache, les pièges ourdis par Boccherini et Duport, Josetxu Obregón est animé par un louable souci de la nuance, de la netteté des phrasés mais aussi de trouver un juste équilibre entre astringence et rondeur sonore, ce en quoi il réussit parfaitement. Il y a beaucoup de fluidité et de chant dans cet archet – les mouvements lents sont ainsi emplis d’émotion sans pour autant verser dans une quelconque surenchère de sensiblerie – Josetxu Obregonqui sait également faire montre d’une belle alacrité lorsque la musique le requiert sans néanmoins que celle-ci se transforme en verbeuse démonstration de virtuosité. Les instrumentistes qui entourent le soliste sont mieux que des accompagnateurs ; ce sont des complices qui ont à cœur d’offrir au violoncelle un soutien, un écrin, une réponse, dans un esprit de dialogue et de discipline qui fait systématiquement mouche dans des pièces d’essence majoritairement chambriste. Tout ceci vit et palpite, avec un goût affirmé pour des contrastes francs et des couleurs à la fois chaudes et raffinées, et une cohésion jamais mise en défaut. Le meilleur exemple est peut-être fourni par le Fandango du Quintette avec guitare en ré majeur de Boccherini, page pourtant assez rabâchée mais qui paraît ici d’une incroyable fraîcheur, presque neuve, d’une totale justesse de ton surtout, sans concession aux œillades et aux claquements de talons complaisants, et avec un dosage entre saveur populaire et style savant qui me semble assez idéal — on espère que La Ritirata aura la possibilité d’enregistrer un jour l’intégralité de cette œuvre, si possible avec le guitariste Enrike Solinis dont la prestation est excellente ici et tout au long du disque.

Alors qu’arrive l’été, je vous recommande la découverte de cette anthologie intelligemment conçue et chaleureusement interprétée par Josetxu Obregón et La Ritirata qui démontrent avec elle leur capacité à embrasser un large répertoire en y apportant un regard renouvelé. Voici décidément un ensemble qui a des choses à nous dire et dont on continuera à suivre l’évolution avec intérêt et bienveillance.

 

The Cello in Spain La Ritirata Josetxu ObregonThe Cello in Spain : œuvres de Luigi Boccherini (1743-1805), Giuseppe Antonio Paganelli (1710-c.1763), Jean-Pierre Duport (1741-1818), Domingo Porretti (1709-1783), Francesco Paolo Supriano (1678-1753), Pablo Vidal (†1807), José Zayas (†1804) et anonyme (seconde moitié du XVIIIe siècle)

La Ritirata
Josetxu Obregón, violoncelle et direction

1 CD [durée totale : 57’14] Glossa GCD 923103 Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Domingo Porretti, Concerto en sol majeur : [I] Largo

2. Anonyme, seconde moitié du XVIIIe siècle : Adagio

3. Jean-Pierre Duport, Sonate en ré majeur : [III] Allegro

Illustrations complémentaires :

Peintre anonyme italien, Portrait de Luigi Boccherini, c.1764-67. Huile sur toile, 133,8 x 90,7 cm, Victoria, National Gallery

Frontispice des Six sonates pour violoncelle dédiées au duc d’Albe de Jean-Pierre Duport, 1773. Paris, Bibliothèque nationale de France

La photographie de Josetxu Obregón est de Michal Novak, utilisée avec autorisation.

20 Comments

  1. Merci cher Jean-Christophe pour cette découverte. Aussi subtile que votre titre !
    Voilà une belle fête de la musique. Je vais me dépêcher d’aller en entendre plus – même si j’ai quelques doutes concernant le montage (ex : à 0’35 du dernier extrait ) Belle journée d’été, beau dimanche, amicalement. Marc

    • Je suis d’accord avec vous, cher Marc, il y a quelques petites scories qui auraient pu être évitées ici et là (on retrouve d’ailleurs ce léger manque de finition dans un certain nombre productions récentes, ce que je trouve un peu inquiétant), mais elles n’empêchent pas, à mon avis, de goûter un projet qui a souvent belle allure et que, j’espère, vous en regretterez pas d’avoir découvert dans son intégralité.
      Merci pour votre fidélité à ces pages, je vous écris bientôt.
      Bien amicalement.

  2. Une pure Merveille, si raffinée, délicate, les mots me manquent…
    Rien ne pouvait me faire plus plaisir qu’une chronique de votre part avec comme thème le violoncelle.
    Quel beau dimanche : le soleil est pleinement au rendez-vous grâce à vous.
    Dans peu de temps, ce sera Medici.tv qui continuera à faire mon bonheur avec le XVème concours international Tchaikovsky – second tour – 12 candidats dont 2 de nos français en lice : Tristan Cornut et Bruno Philippe.
    La fête de la Musique continue (grand sourire).
    Excellente journée dominicale, Jean-Christophe, et mille mercis
    Evelyne

    • Comme je sais que c’est un instrument qui vous est particulièrement cher, Évelyne, je n’écoute jamais de violoncelle sans avoir une pensée pour vous; je suis heureux que cette chronique vous ait « rencontrée » en ce jour de fête de la musique, bien ensoleillée et estivale par ici.
      J’espère que la suite du concours vous aura apporté bien des joies et des émotions, l’inverse serait navrant.
      Je vous remercie pour votre mot, très apprécié, et vous souhaite le meilleur en espérant vous retrouver bientôt par ici, au gré de vos envies.

  3. Bonjour cher Jean-Christophe,
    Pour une fois je connais l’instrument, une élève qui joue dans notre groupe nous accompagne au violoncelle. Et j’avoue que j’aime beaucoup, bien évidemment elle est loin de cette virtuosité .
    Ce matin je me posais la question suivante ; comment peut- on rester la tête dans les nuages (j’aime beaucoup ce terme car il représente bien ce que je ressens), tu sais cet état où tu te sens bien, où tu es un peu hors du temps, et bien en ouvrant Facebook je découvre ta rubrique, j’ai la réponse à ma question .
    La peinture est très belle, en allant chercher des informations sur cette peinture, je suis tombée sur le Musée National du Prado, une vidéo de mauvaise qualité mais qui montre la richesse picturale ; 8600 tableaux, 6400 dessins et 3000 estampes, tu t’imagines dans ce lieu ? Bien que tu n’y verrais qu’une partie.
    Quant à la musique , ce n’est pas une musique que l’on écoute « l’oreille distraite » , non tu te poses et tu te laisses envahir par elle , voilà ce que je ressens , tout dans l’émotion je ne sais faire qu’ainsi , je n’ai pas la connaissance de tes lecteurs..
    Une chronique riche et très très agréable à lire, une fois encore je t’ai senti présent ….
    Je te dois un immense merci de m’avoir permis de rester vers les étoiles ..
    Je te souhaite une belle fin de journée .
    Je t’embrasse bien fort .
    Tiffen

    • Bonsoir chère Tiffen,
      Le Musée du Prado est une merveille qui, en termes de qualité, n’a pas grand chose à envier à notre Louvre, mais qui, contrairement à ce dernier, dispose d’un site Internet bien conçu qui permet, entre autres, de voir les œuvres en haute définition, une bénédiction pour ceux qui, comme moi, n’ont pas forcément la possibilité de voyager aussi loin.
      Je suis très heureux que cette chronique, aux musiques peut-être un peu moins denses (mais beaucoup plus danse) que celles de la précédente t’ait permis de rester « la tête dans les nuages » comme tu le dis; quand on se sent bien à ce point, on n’a pas forcément envie de redescendre et de se colleter à un quotidien pas toujours agréable.
      Je te remercie pour ton intervention, comme toujours très personnelle et donc gratifiante pour celui qui écrit, et je te souhaite belle soirée/journée, l’un n’excluant naturellement pas l’autre.
      Je t’embrasse bien fort.

  4. Un jardin d’Ibères comme un jardin d’été. Un cadeau d’hier sans cesse renouvelé et l’archet devant atteindre son but. Excellent choix pour fêter la musique. J’aime.

    • Tu as raison, bien chère Marie, il y avait de quoi jouer avec les mots dans et autour de cette chronique, aussi ne m’en suis-je pas privé. Je crois ce disque assez idéal pour entamer la saison, il n’est pas très important ensuite que j’apprécie ou non l’été.
      Merci pour ton mot !

      • Un jardin d’hiver en Espagne serait probablement plus difficile à trouver. Cupidon a fléché le fandango.

  5. Juste quelques lignes pour te partager, ici, mon émotion quant à la pièce anonyme. Un bijou. D’une beauté mélodique simple et qui va droit au cœur. Le final la conclue avec une renversante profondeur, tel un cri déchirant qu’on étouffe, et qui en dit long dans le silence qui s’en suit. Bouleversant.
    Dans la littérature pour le violoncelle (instrument dont je chéri particulièrement la voix « humaine », à l’instar de celle du basson), la belle découverte de cet adagio qui me parle m’est un bonheur dont tu n’as sans doute pas idée, mon ami.
    Merci, aux interprètes comme à toi, pour ce grand moment.
    Bel après-midi, je t’embrasse.
    N.B : comme souvent, félicitations pour ce si joli titre 😉

    • Nous en avons parlé de vive voix, ami Cyrille, cet Adagio semble encore plus singulier compte tenu du contexte dans lequel il se trouve, la majorité des autres œuvres étant certes bien troussées mais pas forcément très personnelles. J’aime énormément ce mouvement moi aussi, son expressivité me ramène à un autre instrument proche de la voix humaine pour lequel j’ai plus qu’un penchant : la basse de viole. Les interprètes, soliste en tête, ont su en faire leur miel pour se montrer à leur meilleur et on ne peut que leur en être reconnaissant, comme nous le sommes tous les deux et au-delà, j’imagine.
      Je te remercie pour ton commentaire, te souhaite une belle journée et t’embrasse.

  6. Combien de fois me suis-je arrêté devant cette promenade du Prado au musée du… Prado et que je situerai, au vu des costumes, plus vers 1785/86 que 90 !
    Pourquoi ce tableau me fascine t-il tant ? Eh bien, cher Jean-X, comme tu t’en doutes à cause, indépendamment de la belle lumière, toujours la même, d’un lieu que j’aime tant de ce Madrid où les fins d’été dématérialisent et diluent gens et objets en mirages poudrés, de l’observation des costumes.
    As-tu remarqué comme les vêtements pour certains se conforment à la mode française et donc européenne pour certains et pour d’autres continuent la tradition espagnole, plus populaire (au sens vrai du terme) et de caractère national ? Et ceci sans aucune connotation sociale, comme certaine Duchesse d’Albe qui de l’habit de Cour à la française passait au costume de maja et qui après les pas du menuet ou de la contredanse s’adonnait à ceux de la séguédille
    Voilà, comme « un écho de castagnettes » venant singulariser les sons du violoncelle.
    J’ai pris grand plaisir à écouter ces musiques après une discussion sur Velazquez bien récente, merci y que contento estoy de este afan nuevo para España (et combien je suis content de ce nouvel attrait pour l’Espagne)

    • A quelques années près, la datation proposée par le site du Musée du Prado est donc correcte, mon ami, et je suis ravi de te voir la confirmer. Ce que tu dis de ce tableau que j’imagine encore plus beau « en vrai » explicite exactement la raison qui m’a fait le choisir (comme tu les sais, mes illustrations doivent peu au hasard) : la juxtaposition d’éléments étrangers et indigènes qui suggère à la fois un ancrage dans l’Espagne du temps et une dimension européenne, une double logique qui correspond très exactement à ce que nous disent les musiques enregistrées sur ce disque. L’autre raison est que ce panneau est inachevé, tout comme l’histoire du violoncelle en Espagne qui reste aujourd’hui largement à écrire et que cette réalisation ne fait qu’esquisser, certes avec bonheur.
      Belle journée à toi et merci pour ton commentaire.

  7. Voilà qui ravive mon désir d’aller visiter le Prado ; quelle toile magnifique ! Ces arbres sont aussi beaux que ceux de la peinture flamande (bien appréciable, le grand format), mais les personnages sont incontestablement espagnols. Les 2 diagonales, qui maintiennent tout ce beau monde dans un espace restreint, accentuent le côté « instantané photographique » avec ces éclaboussures de lumière d’un pinceau finement ciselé, ou plus doux sur les éléments d’architecture. C’est franchement superbe ; cela mérite un peu de vagabondage du côté de ce Luis Paret y Alcazar qui, je l’avoue, m’était jusque-là inconnu.
    A l’écoute de votre sélection musicale, Jean-Christophe, je vais sans doute faire d’autres belles découvertes (tout à fait d’accord avec vous en ce qui concerne l’adagio). J’écouterai avec intérêt les Boccherini de Josetxu Obregon, après ceux d’Ophélie Gaillard et, promis, j’irai faire un tour du côté des sonates de Caldara dans la version que vous mentionnez. J’ai découvert Caldara avec sa Marie -Madeleine et depuis je grapille par là sans hésitation ! Pour le reste, Paganelli, Supriano, Porretti, Sazas, ces noms vous ont un petit air de vacances au soleil qui me tente diablement !

    Dans un tout autre contexte, j’ai écouté et réécouté les 3 belles versions des Leçons de ténèbres de Charpentier de votre précédent billet et au final, je crois que je penche émotionnellement pour celle d’Isabelle Desrochers. Il y a là la beauté et la fragilité du cristal. Quant à l’oeuvre, Charpentier n’a pas tout à fait réussi à détrôner Couperin dans mon panthéon.

    Bonne soirée à vous.

    • Le Musée du Prado, que je ne connais pas « en vrai », a bien des vertus, Danièle, et l’une d’entre elles est, contrairement aux grands musées français, de mettre à disposition de tous, sur Internet, des images en haute définition d’une large partie de ses collections; avouez que c’est bien pratique quand on ne peut pas se déplacer. J’aime beaucoup ce tableau dont la dimension à la fois très finie et inachevée est troublante — qui sait pourquoi le peintre n’est pas allé jusqu’au bout de sa réalisation ?
      Je ne sais pas si vous avez été heureuse dans les grappillages que vous aviez décidé d’entreprendre, mais qu’il s’agisse de ce disque de La Ritirata ou du Caldara de Gaetano Nasillo et ses amis, il y a de bien belles découvertes à faire, souvent ensoleillées, parfois plus introspectives, à l’image de ce mystérieux Adagio anonyme tellement touchant dans la simplicité de son chant.
      Ainsi, c’est la version des Ténèbres de Lalande chantée par Isabelle Desrochers qui aura finalement emporté votre adhésion. Lorsque je l’ai réécoutée, j’ai été étonné par sa concentration; c’est sans doute celle qui fait le moins de place à la théâtralité sous sa forme extravertie (car à l’intérieur, il s’en passe, des choses).
      Je vous remercie pour votre commentaire, très apprécié comme ils le sont toujours, et vous prie d’excuser le retard avec lequel je vous réponds.
      Je vous souhaite une belle soirée.

  8. Me voici Jean-Christophe, après avoir asssisté hier soir au Festival Internacional de Música Antigua de Soto del Real avec au programme la Ritirata.
    Josetxu Obregón nous a offert un très beau programme de musique ancienne. C´est toujours un bonheur de retrouver La Ritirata dans une humble église de la sierra de Madrid.
    On ne peut qu´applaudir le jeune directeur de ce VII ème Festival.
    J´ai eu l´occasion de parler avec Josetxu, j´ai même mentionné votre nom qu´il connaît car il suit votre blog.
    Je vous souhaite un bon dimanche tourangeau.

    • J’imagine que ce concert a dû être un bien joli moment, Chantal, et je ne doute pas que La Ritirata soit un aussi bel ensemble en public qu’au disque. Il me semble qu’il commence à jouir d’une certaine notoriété en Espagne, si les bruits que je peux entendre ici et là sont exacts ?
      Josetxu Obregón m’a fait l’honneur de reprendre le lien de ma chronique sur la page de la Ritirata et m’a adressé un mot sympathique en privé; il me semble qu’avec les qualités musicales et l’humilité dont il fait preuve, il est en route pour se tailler un beau chemin vers le succès.
      Merci pour vos commentaires et belle fin de dimanche à vous.

  9. Oublié de vous féliciter pour le choix de ce tableau que je connais et affectionne particulièrement, qui accompagne parfaitement votre billet et son thème choisi.

    • Merci, Chantal, et si je ne connais pas ce tableau en vrai, la reproduction d’excellente qualité proposée sur le site du Musée du Prado m’en console un peu.

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