Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Les mains amies

Étienne Jeaurat Trois hommes assis à une table

Étienne Jeaurat (Vermenton, 1699-Versailles, 1789),
Trois hommes assis à une table, 1763
Pierre noire, lavis de gris et rehauts de gouache blanche,
39,5 x 30,3 cm, New York, Metropolitan Museum

 

L’arrivée des « grandes vacances » est toujours un moment propice pour se retourner sur la demi-année écoulée et tenter de dégager des perspectives pour celle qui commence. Pour Wunderkammern, elle offre également l’occasion d’un premier bilan après six mois d’activité et une trentaine d’articles publiés à raison d’un par semaine, mon activité professionnelle ne m’offrant qu’exceptionnellement la possibilité de faire plus, sauf à rogner sur la qualité de ce que je vous propose et à me mettre à donner à mon tour dans la non-critique expédiée à la diable en dix lignes (dont cinq de copier-coller de livret ou de dossier de presse) que je vois tant en faveur sur les réseaux sociaux où tout doit aller de plus en plus vite, et, de façon plus inquiétante, auprès de certains professionnels du monde de la musique visiblement plus avides de visibilité éphémère et de rentabilité immédiate que d’une démarche soucieuse d’explication et d’attention au travail des artistes. Quitte à y laisser quelques plumes, je ne compte pas changer de méthode pour devenir le tenancier d’un salon mondain où l’on se chatouillerait entre soi en sautillant d’un sujet à l’autre ; je n’en ai pas le goût et certains s’acquittent de cette besogne avec beaucoup de zèle. Le meilleur encouragement à poursuivre dans la voie que j’ai décidé d’emprunter est votre fidélité et je vous avoue avoir été touché de voir se reconstituer aussi rapidement l’audience de feue Passée des arts après la bascule d’un blog à l’autre. Je tenais à vous en remercier sincèrement.

Dire que faire des choix expose à ne pas faire l’unanimité est un lieu commun, mais la violence de certaines réactions surprend parfois. Quels noms d’oiseaux n’ai-je pas essuyé en ne me prosternant pas devant la nouvelle icône du sautereau ou en exprimant mes doutes quant à l’intérêt de telles transcriptions au hautbois de pièces initialement destinées à la viole ou de tel énième récital Händel-Vivaldi estampillé tempétueux ? J’ai bien conscience que le facteur économique pèse aujourd’hui de tout son poids sur l’industrie musicale mais, honnêtement, n’y a-t-il pas plus nourrissant à produire que des disques de radotages ou d’adaptations, sans parler de ces patouillages mélangeant répertoires anciens et modernes ? Tous les fonds de bibliothèques ont-il été explorés et valorisés ? Pour un auditeur qui, comme moi, garde une mémoire très vive des décennies 1980 et 1990 où chaque mois ou presque apportait son lot de découvertes dans le domaine de la musique ancienne, l’uniformisation qui menace aujourd’hui, particulièrement du côté du Baroque, laisse un sale arrière-goût, même si – et heureusement –, il se trouve toujours des ensembles pour prendre des risques. De même que le coffret dédié par Vox Luminis aux motets des « ancêtres Bach » m’a donné et me procure toujours beaucoup de joies, j’ai ainsi hâte de découvrir le disque que La Rêveuse a consacré à de rares anthems et devotional songs de Purcell (Mirare, septembre), les Ludi Musici de Scheidt sous les archets de l’Achéron (Ricercar, octobre), le San Giovanni Crisostomo de Stradella par Mare Nostrum (Arcana, septembre) et, bien sûr, le projet un peu fou et tellement stimulant de reconstitution du Concert Royal de la Nuit par Correspondances (Harmonia Mundi, septembre). Sans l’exclure du champ de mes préoccupations – vous avez compris que j’ai mes fidélités –, il est donc assez probable que le répertoire baroque soit graduellement appelé à être un peu moins représenté dans mes publications pour faire plus de place à ceux où il se passe des choses plus excitantes, qu’il s’agisse du Moyen-Âge, de la Renaissance ou du Romantisme — je pense qu’il est temps de cesser de considérer que la musique ancienne se résume à ce qui a été produit entre environ 1600 et 1760.

Je voudrais, pour finir, exprimer ma reconnaissance toute particulière à celles et à ceux qui me sont d’une aide précieuse pour surmonter les moments de doute où, dans le travail que je conduis ici, je butte sur des obstacles qui me semblent difficilement surmontables, qu’il s’agisse, en premier lieu, de ma désespérante ignorance, mais aussi des portes qui demeurent obstinément closes, puisque il est entendu que je ne suis qu’un blogueur, un provincial, un solitaire, un Français moyen. Les petits signes – un livre, un disque, une indication bibliographique, une piste de recherche, un mot d’encouragement – que déposent ces mains amies auxquelles le titre de ce billet rend hommage sont infiniment précieux et procurent le surcroît d’énergie et parfois même la matière nécessaires pour continuer à avancer. Je ne les nomme pas, elles se reconnaîtront ; je tiens à leur exprimer une nouvelle fois ma profonde et sincère gratitude.

Je vous souhaite, à toutes et à tous, un bel été accompagné par des mains amies.

 

Accompagnement musical :

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Quatuor à cordes en sol majeur KV 387 (premier des Six quatuors dédiés à Haydn, achevé le 31 décembre 1782) :
IV. Molto allegro

Quatuor Cambini-Paris

Mozart Six quatuors dédiés à Haydn Quatuor Cambini-ParisLes Quatuors dédiés à Haydn. 3 CD Ambroisie/Naïve AM213 (chronique à paraître). Ce coffret peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

28 Comments

  1. Qui ne dit mot consent. Alors, je ne dis rien. Plutôt, je n’écris ici pas davantage… 😉
    Je t’embrasse, mon ami. Et te souhaite une Fête Nationale comme je te sais l’apprécier…

  2. Jean-Christophe,
    Je souris, car il y a peu l’un de vos lecteurs laissait un commentaire qui, en substance, revenait à dire que le hasard de sa rencontre avec votre Blog, n’en était peut-être ou certainement pas un… C’est ce que j’ai tendance à penser au quotidien et depuis fort longtemps au travers des rencontres et des découvertes que je suis amené à faire. J’imagine un peu comme Diderot dans Jacques le fataliste, que c’est écrit là-haut…
    Et je dois dire qu’au fil des pages lues, des extraits écoutés sur votre Blog, j’éprouve un plaisir grandissant et une certaine complicité avec le personnage qui se profile derrière ces écrits, ces commentaires et ces « propositions musicales »… Le bilan sur le plan humain est donc très positif, l’éclectisme dont vous faites preuve sur le plan musical est une réelle ouverture qui permet des découvertes riches.
    Un lecteur et auditeur comblé!!!
    Thomas

    • Je crois beaucoup aux rencontres, Thomas (« il n’y a pas de hasards, il n’y a que des rendez-vous » disait, je crois, Paul Éluard — Étienne Daho en a fait le point de départ d’une de ses plus jolies chansons), et j’ai tendance, tout comme vous, à penser que les événements suivent un fil qui, s’il nous échappe, n’en est pas moins limpide à un autre niveau.
      Je ne suis pas un fanatique des confidences (même « en vrai »), aussi ne trouverez-vous jamais ici quoi que ce soit de directement personnel; je suis parfois, en revanche, surpris moi-même de tout ce que les mots employés ou les musiques choisies peuvent laisser percevoir à mon insu. C’est probablement cette dimension sur laquelle je n’ai qu’une maîtrise toute relative (grosso modo, sur ce que je ne laisse consciemment pas passer) qui fait que ce blog est un minimum animé et ne se résume pas, du moins je l’espère, à des comptes rendus cliniques.
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre retour et votre fidélité que j’espère continuer à mériter.
      A bientôt,
      Jean-Christophe

  3. Bonjour,
    Je ne serai certainement pas le seul à vous témoigner, à l’occasion de cette pause, gratitude et encouragement, en dépit du manque de reconnaissance ambiante qui vous inquiète. Pourquoi ne garderiez-vous pas dans l’esprit surtout l’idée que, pour bien des gens et même pour un vieux mélomane comme moi (il est vrai plutôt sensible à ce que la musique – surtout de chambre, de piano en ce moment- porte d’expérience spirituelle par delà la simple délectation sonore), il y a dans vos billets matière à voir et à apprendre sur les jeunes interprètes, sur leur rapport avec l’art musical, toutes choses que vous mettez bien en perspective (et, si vous permettez, dans un style qui se perfectionne), en y faisant contribuer les illustrations elles-mêmes? Vous mesurez, je crois, ce qui sépare le travail des jeunes musiciens et le vôtre aussi, de l’exploit sportif du pianiste Orvath qui, collyre aidant, rejoue 24 h. durant Satie devant la maison de la radio! M. JN BENOIT

    • Cher Monsieur,
      Comme toujours, votre intervention pleine de sagesse me touche et je vous en remercie infiniment.
      Je suis très attaché à la dimension spirituelle qui s’attache à l’art, lui donne élan et substance, et c’est bien dans cette perspective que je travaille chacun des billets que je propose. Vous parlez de manque de reconnaissance mais ce n’est pas ce que je cherche ou, plus précisément, la reconnaissance ne m’intéresse pas à titre personnel : je ne me conçois ici que comme un facilitateur permettant à qui me fait l’honneur de me lire de connaître telle œuvre musicale ou picturale, ou telle nouvelle vision d’un répertoire déjà exploré. Mon propos est vraiment de tenter d’attirer l’attention sur des projets qui ont su m’intéresser et dans lesquels je crois; je ne suis jamais aussi heureux que quand un de mes lecteurs m’apprend qu’il a fait l’acquisition de tel ou tel disque et que ce dernier est devenu un bon compagnon (je suis en train d’écouter un petit bijou chambriste français dont je parlerai dans le courant de cet été et qui pourrait, ce me semble, vous intéresser).
      Je vous remercie une nouvelle fois pour vos encouragements qui ne m’ont jamais fait défaut et vous adresse mes meilleures pensées pour un bel été.

  4. martine de sclos

    13 juillet 2015 at 19:26

    Vos présentations sont toujours si ludiques, bien travaillées, avec toujours cette élégance qui n’est plus trop de mise, malheureusement, et je ne vous ferais aucun reproche quant à votre érudition. Le plaisir de vous gouter à chaque article est pour ma part le fil conducteur de votre démarche de passionné généreux.
    Marchez avec sérénité, votre gout est sûr – je vous suis souvent par l’achat d’un CD, en écoutant bien sûr mes propres passions, et n’en ai jamais aucun regret-.
    Panurge n’est pas loin ces temps-ci… toquer à votre porte est une assurance d’écoute, nos curiosités ne s’en trouvent que plus vivantes .
    « Vive felice », une courte expression de Domenico Scarlatti que je vous adresse!
    Bel été, la rentrée sera passionnante!
    Martine de Sclos

    • Vous avez raison, Martine, la petite entreprise de Panurge prospère en ce moment et il n’y a guère apparence que ceci change beaucoup dans les temps à venir, malheureusement, ceux qui tiennent les manettes ayant tout intérêt à ce que la situation n’évolue pas vers l’exigence ou le temps long, tellement nécessaires, pourtant, dès qu’il s’agit d’art.
      Je tente de faire de mon mieux pour présenter de manière, je l’espère, agréable et informée les projets qui ont su retenir mon attention et ma plus belle récompense est naturellement de savoir qu’ils peuvent également toucher d’autres personnes; quelquefois, un bon bouche à oreille se révèle plus efficace que des campagnes de publicité aussi coûteuses qu’ineptes.
      Je suivrai naturellement le conseil que Scarlatti me prodigue à travers vous et, en vous remerciant une nouvelle fois pour votre attention que je sais non feinte, je vous souhaite un bel été en vous donnant rendez-vous, si vous le souhaitez, autour des différentes publications prévues jusqu’à la rentrée.

  5. Signe musical correspondant à un silence dont la durée équivaut à celle d’une ronde. Celle-ci est la poursuite des nymphes au soleil et je te souhaite ce signe. Bel été pour toi aussi.

  6. Bonsoir Jean-Christophe,
    C’est un véritable plaisir que de faire de la bascule avec vous ! C’est et ce sera toujours oui quand vous le voudrez
    De l’humour facile, celui d’une « petite-fille » aimant jouer masquant ainsi quelque peu l’émotion qui l’a submergée en vous lisant 1 seule et unique fois exceptionnellement car cela fausserai ressenti et écriture.
    Malgré les 30° ici, je frissonnais de plus en plus au fur et à mesure que j’avançais dans ma lecture et ce n’est pas dû à Mozart car je vous ai lu d’abord (eh oui, tout arrive !) avant que d’écouter. Il m’accompagne actuellement…
    Je ne me considère pas comme étant une main amie, loin s’en faut, mais vous avez été une main amie pour moi, plus encore après les pertes qui furent miennes en un court laps de temps lors des mois de juin et juillet l’an dernier. J’ai eu beaucoup de mal à digérer le mal qui m’avait été fait, au point de quitter le réseau et de vouloir que cela soit définitif. Néanmoins, vous avez toujours été présent plus encore lorsque je restais silencieuse.
    Je vais vous faire un aveu : j’étais si blessée, la douleur et le doute si bien ancrés profondément en moi à tous niveaux que quelques unes de vos chroniques de décembre sont restées bien au chaud sans que j’en prenne connaissance tant j’avais perdu le goût de tout. Je suis revenue sur le réseau pour un ami commun et pour vous début janvier. C’est fort heureux pour moi : j’aurai raté la bascule de Passée des Arts à Wunderkammern et je m’en serais voulu comme cela a été le cas concernant 2 heures inestimables et irrécupérables, hélas, d’un certain 25 décembre…
    Mozart est une de mes mains amies et c’est lui que vous avez choisi pour accompagner cette chronique. Que nenni, le hasard n’existe pas ! Je n’y crois pas et n’y ai jamais cru : il advient ce qui doit advenir au moment opportun qui plus est. J’en suis convaincue depuis toujours. Ma rencontre avec lui devait être, tout comme celle avec vous par l’intermédiaire des ondes radio, dans un premier temps, en vous lisant toujours lorsque vous laissiez des commentaires : le pli était pris. Logique que je cherche sur internet pour savoir qui était ce J.C. « Passée des Arts » qui m’intriguait tant. Abonnée avant même de débarquer, courant juin 2013, sur ce cruel réseau social en lequel je n’ai aucune confiance et qui est constitué en grande majorité de personnes qui ne vous font pas de cadeau (bien au contraire) ou alors de façon extrêmement parcimonieuse. J’ai encaissé beaucoup de choses tout comme vous, mais au final, n’est-ce pas mieux ainsi ? Nous savons qui sont les personnes fiables et celles qui le sont moins ou pas du tout. Quoique, vous êtes et avez toujours été plus lucide que moi quant aux personnes que vous avez considérées à leur juste valeur très rapidement…
    Vous le savez, j’aime élargir mes propres horizons en maints domaines et vous y avez nettement contribué. Je partage votre éclectisme avec grand bonheur et je me moque de ce que disent ceux qui sont bien moins ouverts que vous : ce sont eux qui sont petits et ignorants contrairement à vous.
    Restez tel que vous êtes, homme honnête, droit, curieux qui arrive encore à être étonné par telle ou telle nouveauté que vous partagez avec nous car c’est ainsi que vous nous avez fidélisés. Une autre personne l’a fait aussi via les ondes, dans un passé pas si lointain que cela, et il a réunis beaucoup d’entre nous.
    Haydn a appris à Mozart comment composer de la musique de chambre et ce dernier l’appelait « papa Haydn » sauf erreur de ma part… Merci « Papa M. » et grand Merci aussi « Papa Jean-Christophe ». Non, non, vous dis-je : je n’ai pas de problème, je ne suis pas à la recherche d’un père le mien m’ayant largement suffit.
    Bonne fête du 14 juillet, Jean-Christophe et très bel été à vous bien que cela soit la saison qui vous enchante le moins.
    Cheminez à votre rythme, selon vos envies en nous emmenant toujours avec vous, nous les « pots de colle » dont vous ne pourriez pas vous défaire tant nous sommes accros à vos chroniques et à vos suggestions.

    • Bonjour Évelyne,
      Je choisis de publier votre long commentaire en le glosant le moins possible, parce qu’il me semble relever d’un parcours qui pourrait être celui d’autres lecteurs qui ont peut-être pu trouver sur ce blog ce qu’ils avaient perdu ailleurs, sous réserve, bien entendu, qu’ils ne se soient pas contenté de survoler les chroniques comme trop le font aujourd’hui, déformés qu’ils sont par la pratique des réseaux sociaux.
      Ces derniers, s’ils sont très efficaces comme outils de diffusion, sont de redoutables miroirs aux alouettes et vous en avez fait la douloureuse expérience : la majorité des choses s’y passe en surface et les mouvements qui y naissent, pour sincères qu’ils soient parfois, ne durent jamais bien longtemps; c’est pour cette raison que j’ai cessé de m’y attarder trop longtemps, privilégiant les échanges sur le blog ou à l’extérieur, tellement plus nourrissants et vrais.
      Je regrette, tout comme vous (mais vous le savez), la disparition de certains rendez-vous privilégiés sur France Musique et, en tout premier lieu, de la parenthèse d’intelligence de d’évasion que nous proposait l’ami Marc Dumont; il faut nous rendre à l’évidence, comme je vous le disais déjà l’an passé, les beaux jours sont derrière nous et ne reviendront pas. Il appartient aujourd’hui à chacun de trouver ailleurs de quoi se nourrir, sachant que la dimension de convivialité chaleureuse ne se rencontre hélas pas si souvent.
      Je vous remercie pour ce long texte et pour votre constance.
      Bel après-midi à vous et rendez-vous, si vous le souhaitez, lors des rendez-vous estivaux dont j’ai dressé la liste hier et que je souhaite aussi divers que possible.
      A très bientôt.

  7. Il est difficile de dire mieux que ce qui a déjà été écrit et si bien ! Je like like like.

    Les différentes rubriques sont bien nommées : « bonheurs … », « éclats … » et il y a plaisir de temps à autre à les parcourir de nouveau, à revoir aussi le petit musée qui se constitue au fil des jours … Pour moi, c’est un bon hameçon !
    Il me semble (bémol!) que jadis la littérature arrivait à se faire une petite place dans la « Passée des Arts » et qu’elle n’est pas encore parmi les trouvailles de ce nouveau cabinet. Une septième rubrique, peut-être ?

    En tout cas à la variété des propositions et des présentations aussi bien qu’à la fidélité à certains artistes ou compositeurs, à tout j’applaudis et dis « bis » …

    • J’aimerais bien, Michèle, faire de la place à la littérature sur Wunderkammern mais j’ai déjà tant de mal à chroniquer tous les disques et les expositions qui m’intéressent – rendez-vous compte que je n’ai pu parler ni de Velázquez, ni de Poussin – que je doute d’en avoir le temps; en outre, si je lis quotidiennement, ce n’est presque jamais des ouvrages de fiction mais des publications sur la musique, la peinture ou l’histoire, et je ne suis pas certain que des comptes rendus de ce genre de livres seraient bien passionnants pour les lecteurs. Quand je serai à la retraite, peut-être, mais ce n’est pas pour tout de suite 😉
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre fidélité jamais démentie et vos encouragements.
      Bel après-midi à vous et à bientôt.

      • Que notre chroniqueur n’envisage pas de se retirer avant longtemps est une excellente chose et bien confortable pour qui compte sur son travail de veille musicale et d’analyse principalement et apprécie ces livraisons régulières à la maison !
        Nous garderons notre curiosité concernant la petite fabrique des chroniques, l’atelier de lecture et de confection bref les mille et une pages, avec ou sans littérature, lues et écrites au petit point qui précèdent le grand défilé à l’écran 🙂

        • « Jusqu’au moment où la plume me tombera des mains, on verra bien » se plaisait à dire Marguerite Yourcenar, qui est une de mes grandes références, Michèle; je suis un peu le même principe, l’instant où l’on pose la plume pouvant être symbolique (je conçois parfaitement n’avoir un jour plus rien à dire).
          La fabrique des chroniques est parfois un drôle de laboratoire, avec des phrases notées à la va-vite de peur qu’elles ne s’envolent et des projets commencés sur lesquels on ne revient finalement que bien des semaines plus tard, et je vous fais grâce des recherches picturales qui s’y ajoutent.
          Merci encore pour votre attention et votre fidélité.

  8. Bonjour cher Jean- Christophe
    Tes mots sont touchants et je suis peinée de te savoir malmené par certains, mais bien plus heureuse de te savoir aimé par d’autres bien plus nombreux.
    Tu as pris un sacré risque en changeant ton blog et ton nom, mais tu as comme à ton habitude écouté ton cœur. Et beaucoup ont adhéré à ce projet, tu as su nous captiver, nous instruire, nous apporter du plaisir, de l’évasion.
    Alors c’est nous tous , (les vrais lecteurs, ceux qui lisent, écoutent et commentent ici) Oui nous qui devrions te remercier. Alors oui merci

    Tu sais l’amitié que j’ai pour toi , comme tu sauras quand tu liras ces mots, qu’ils sont sincères.

    Ta gentillesse, ta tendresse (bien cachée) , ta générosité, je t’en remercie plus particulièrement.
    Je t’embrasse bien fort.
    Tiffen

    • Chère Tiffen,
      Tu as raison : arrêter Passée des arts au bout de cinq années d’activité alors que ce blog avait trouvé sa place était un gros pari, mais je ne le regrette pas, car les services que propose mon ancien hébergeur sont très éloignées de ce dont j’ai besoin — il a tout misé sur l’intégration aux réseaux sociaux, comme si ces derniers étaient une fin en soi.
      Je ne ferai jamais l’unanimité, mais je ne la cherche pas : je n’écris pas pour faire de l’auto-promotion ou pour me faire valoir, et je n’ai rien à vendre. Je me réjouis, en revanche, de sentir la fidélité de certains lecteurs, dont tu es, et leur réelle attention pour mes propositions; pour reprendre une expression qui m’est chère : « on n’est pas sur facebook. »
      Je te remercie pour la gentillesse et la sincérité de ton commentaire et te souhaite une belle journée.
      Je t’embrasse bien fort.

  9. Moi qui me sens si petite lorsque je lis vos articles nourris et passionnants ; moi, qui écoute avec bonheur la musique que vous me proposez, je vous affirme du haut de ma petitesse, n’écoutez pas ceux qui vous blessent, passez votre chemin, la passerelle sera plus loin, grande ouverte vers le meilleur. Je vous remercie pour ces jolis mots, ces notes enchanteresses qui illuminent les quelques instants passés chez vous. Amitié. Frédérique

    • Moi, je ne trouve pas que vous soyez si petite, Frédérique, et votre commentaire démontre au contraire que vous avez très grand cœur, une vertu supérieure à beaucoup d’autres, du moins de mon point de vue.
      Les obstacles ne manquent pas sur le chemin qui est le mien, mais des encouragements comme les vôtres aident à les dépasser. Soyez-en donc sincèrement remerciée.
      Tous mes vœux de bel été et mon amitié vous accompagnent.

  10. Dans ce monde qui court vers on ne sait où, où la fuite d’on ne sait quoi, à moins que ce ne soit de soi, sont devenus le flux incompréhensible d’un perpétuel mouvement qui culbute les cadres de la pensée comme si de penser était devenu une perte de temps, on parle étourdiment de « tuer le temps » qui lui, à coup sûr nous tue.
    De ce monde où l’immédiat, le « sensationnel » (j’ai failli parler de culte du scoop ) impriment au cerveau des images fugitives et sans cesse renouvelées, ne surnage qu’un seul but, une seule valeur, un seul dieu : l’argent pour l’argent ; et comble de l’efficacité de cette décérébration entretenue, les laissés pour compte, de plus en plus nombreux sont les premiers à se prosterner devant un veau dont l’or ne sera jamais entre leurs mains.
    Désespérer ? Non ! Continuer à croire ; chacun à sa mesure qu’on peut semer son petit caillou, apporter sa contribution, aussi modeste soit-elle, à la certitude que sous le flux haletant de l’événement, restent encore des Petits Poucets opiniâtres comme toi, cher Jean-X, et que toutes ces mains tendues passeront le relais de ce qui ne saurait s’éteindre.
    Je me répète, une pincée de levain fait lever l’inertie de la pâte. Hmmm, je crois que Quelqu’un a déjà dit ça…
    Bel été à toi, à nous.

    • Comme tu le sais, mon ami, désespérer n’est pas particulièrement dans les habitudes de la maison et si les périodes de découragement existent, il vient toujours un moment où jaillit l’étincelle qui fait repartir la machine. A l’heure où les réseaux sociaux font l’apologie du « vite consommé, vite oublié », s’inscrire dans le temps long et « obliger » le lecteur – les guillemets ont leur importance, car on n’oblige jamais vraiment qui que ce soit à quoi que ce soit, au-delà de l’obligation que le lecteur consent, par bonté, à se faire de nous lire – à se poser devant ce que nous lui proposons alors que mille sollicitations se seront présentées à lui dans le même temps, est une gageure. Je crois cependant nécessaire de cultiver cette différence pour résister, même à un niveau infime, à l’uniformisation galopante des comportements qui est de plus en plus patente pour qui prend la peine d’observer ne serait-ce que son entourage le plus immédiat.
      Je te remercie pour ce beau commentaire et te souhaite une belle suite d’été.

  11. Il me semble bien que cela fait juste 3 ans que je vous suis depuis notre rencontre facebook du festival de Musique de Richelieu, ville qui m´est très attachée comme vous le savez.
    Et voilà, je suis toujours là, attendant vos billets qui me remplissent d´intérêt, de connaissances et de musique que j´affectionne.
    Bien à vous Jean-Christophe.

    • Je ne tiens pas de comptes précis, Chantal, mais il me semble que vous avez raison; pour mémoire, ma première visite au festival de Richelieu remonte à l’édition 2011, la seconde à 2013.
      Je vous remercie pour votre fidélité à mes publications, croyez bien que j’en suis sincèrement honoré.
      Je vous adresse mes plus cordiales pensées en ce dimanche.

  12. Jeanne Orient

    30 juillet 2015 at 16:53

    Cher Jean-Christophe,

    Je viens avec retard vous dire ici, comme d’autres l’ont fait, ma gratitude pour ce que vous êtes, ce que vous faites. Cette façon bien à vous d’être droit dans la ligne de sobriété et aussi de « fidélité » qui est vôtre.Le tout avec cet amour d’une certaine musique que vous savez si bien nous faire partager. Merci pour le temps aussi qui vous est rare…

    Pour ma part, j’ai tant appris ici. Depuis votre « Passée » (sourire).

    Merci encore de tout, pour tout. Je vous embrasse très affectueusement

    Jeanne

    • Chère Jeanne,

      Il n’est pas de retard en ce lieu que je souhaite ouvert à tous quand et comme bon leur semble, sans la contrainte de la montre ou du commentaire, et si vos obligations vous font différer la lecture, vous êtes toujours ponctuelle au rendez-vous de l’amitié.

      Je suis touché que vous me donniez acte de sobriété et de fidélité, deux vertus essentielles à mes yeux et que je m’efforce de cultiver, tout comme la rectitude; il me semble que dès que l’on tente de tirer à soi la couverture et de trop en faire, on cesse de servir correctement les matières que l’on prétend défendre pour se servir soi-même.

      Je vous remercie bien sincèrement pour votre attention et votre fidélité qui jamais ne font défaut et vous embrasse très affectueusement.

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