Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Un été à pas doux. « Piccole sonate » de Giuseppe Tartini par David Plantier

Canaletto Padoue La Porta Portello

Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto (Venise, 1697-1768),
Padoue, la Porta Portello, c.1754 ?
Huile sur toile, 62,8 x 109,2 cm, Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza

 

Lorsque, arrivant de Venise, ils parvinrent devant les portes de Padoue, les deux voyageurs marquèrent un long temps d’arrêt afin de laisser toute la force de leurs premières impressions se graver dans leur mémoire ; il serait toujours temps de revenir demain et de trouver la place idéale pour réaliser les croquis qui permettraient ensuite à l’esprit de récréer sur la toile, avec une exactitude additionnée d’un large trait de fantaisie, la physionomie et l’atmosphère du lieu. Leur bagage déposé à l’auberge, Giovanni et Bernardo, faisant fi de la fatigue du voyage, s’en allèrent par les rues de la cité dont ils comptaient sans attendre contempler les beautés. Si édifices et tableaux y étaient présents à profusion, leur hôte leur avait signalé une merveille suffisamment prisée pour faire accourir à elle, depuis toute l’Europe, une foule d’admirateurs, un prodige qu’ils découvriraient en fréquentant assidûment la Basilique.

Bien qu’aucun document ne l’atteste, il est impensable d’imaginer que Canaletto et son neveu Bellotto, qui séjournèrent à Padoue au tout début des années 1740, aient négligé d’aller écouter Giuseppe Tartini qui, revenu dans la ville dont il avait dû s’enfuir à la suite de l’abandon, sitôt son père enterré, de ses études de droit au profit de la musique et du mariage avec une femme moins bien née que lui, était attaché au service de la Basilique depuis 1721 en qualité de Premier violon et chef de concert, mais aussi fondateur, en 1727, d’une école de violon qu’il devait diriger quarante années durant et dont la renommée fut telle qu’elle attira à elle des musiciens venus de tous les horizons au point d’y gagner le surnom « d’École des Nations. » Les deux védutistes arrivèrent probablement à temps pour avoir la chance d’entendre le compositeur alors que sa virtuosité brillait encore de tous ses feux – son œuvre la plus célèbre, la Sonate en sol mineur dite « Trille du Diable », atteste des sommets qu’elle pouvait atteindre et Tartini y apporta un surcroît de raffinement après avoir eu la révélation de l’époustouflante technique d’archet de Francesco Maria Veracini –, car, en 1741, une maladie le priva d’une partie de la dextérité de son bras gauche, le poussant à se concentrer, durant la trentaine d’années qui lui restait à vivre, sur son œuvre de théoricien (on lui doit plusieurs traités) et son action de pédagogue.

Même si l’on conserve de lui quelques pièces sacrées, la production de Tartini est essentiellement instrumentale. Carlo Calcinotto Giuseppe (Joseph) TartiniDes quelque 350 œuvres qui lui sont aujourd’hui attribuées émerge un petit groupe de sonates que sa longue période de composition – on sait que certaines d’entre elles existaient déjà au début de 1750 –, son regroupement dans un même manuscrit autographe – notre compositeur en a très peu laissé – et la singularité de sa distribution – le musicien insiste sur le caractère conventionnel de la présence d’une partie de basse et précise qu’il joue ces œuvres en s’en affranchissant – désignent comme relevant d’un commerce intime avec son auteur qui ne se soucia d’ailleurs pas de faire publier ces fruits pourtant savoureux de son imagination. Il les nommait « petites sonates », piccole sonate, une appellation où entre sans doute autant de (fausse) modestie que d’affection envers des pages dont la dimension expérimentale apparaît presque à chaque mesure, qu’il s’agisse de la forme – les modèles corelliens sont connus et parfois encore appliqués, mais on assiste surtout ici à leur délitement – ou du langage. Poussé par la même logique qui le conduit à s’affranchir de la basse continue, Tartini y prend ses distances avec le langage baroque en recherchant une certaine simplicité des carrures, en privilégiant un équilibre et une décantation déjà classiques à la profusion contrapuntique (la Sonate en la majeur Brainard A2 en offre un parfait exemple), avec, ça et là, des foucades et des attendrissements qui laissent penser que l’Italien n’ignorait pas les innovations nées dans l’Allemagne du Nord de l’Empfindsamkeit (il ne fait guère de doute que ses élèves avaient pu les apporter jusqu’à lui). Dans une lettre demeurée célèbre, le compositeur établit une différence entre un jeu suonabile, d’un caractère plutôt instrumental et virtuose, et cantabile, proche du chant et plus exigeant en termes d’expressivité ; l’alternance entre les deux manières, omniprésente dans les piccole sonate, leur confère un charme diffus et intimiste qui, en donnant à l’auditeur l’impression de suivre au plus près les inspirations d’un musicien en train de forger les éléments d’un nouveau style, les rend particulièrement attachantes.

David Plantier est un violoniste discret dont je suis le travail depuis déjà un certain nombre d’années, tant au sein d’orchestres comme l’Ensemble 415 de Chiara Banchini, qui fut son professeur, qu’à la tête de ses Plaisirs du Parnasse avec lesquels il a enregistré d’excellents disques consacrés à Westhoff, Walther et Biber. Homme de projets longuement mûris plus qu’apôtre d’un fa presto tapageur, il trouve avec les sonates pour violon seul de Tartini un terrain idéal pour laisser s’épanouir ses plus belles qualités. Sa technique est impeccable, avec un parfait contrôle de l’intonation, une grande précision dans l’articulation, un archet qui sait allier souplesse, variété des attaques et subtilité des nuances, et toutes les capacités de maîtrise et d’agilité nécessaires pour se jouer des chausse-trappes que le compositeur, qui écrivit en premier lieu ces pièces pour lui-même, a abondamment semées de mesure en mesure. David Plantier et Annabelle LuisMais le savoir-faire, aussi accompli soit-il, n’est rien sans l’intelligence et la sensibilité, et David Plantier ne manque ni de l’une, ni de l’autre. On le croit ainsi sans mal lorsqu’il écrit, dans son texte de présentation, qu’il fréquente Tartini avec assiduité et depuis longtemps, tant il semble avoir trouvé le juste équilibre entre brillant et profondeur qui sert au mieux sa musique, tant la respiration qu’il apporte à celle-ci paraît naturelle, jamais précipitée ou forcée, tant, sans jamais s’alanguir, il sait donner à la musique l’ampleur qu’elle requiert pour déployer ses lignes, tant, sans rien abdiquer de son contrôle, il la laisse libre de caresser, de danser, de mordre, de chanter surtout, car le lyrisme qu’il en fait sourdre est partout perceptible, frémissant mais retenu, sensuel mais raffiné, dense sans lourdeur. Le choix d’interpréter deux des sonates du programme avec une basse réalisée au violoncelle s’avère pertinente en termes de couleur, et le soutien d’Annabelle Luis s’y révèle d’une présence discrète mais efficace, animé par un réel souci de cohérence avec le jeu du violoniste. Soulignons, pour finir, que les qualités insignes de cette interprétation sont magnifiées par la prise de son équilibrée et chaleureuse d’Alessandra Galleron.

Canaletto, en son atelier bruissant, rassemblait ses esquisses pour réinventer de larges panoramas ; Tartini, dans le secret de son cabinet, composait de petites sonates qui regardaient loin vers l’avenir ; dans ce disque, l’art du védutiste rejoint celui du miniaturiste en un dialogue fascinant que tisse l’archet à la fois pudique et solaire de David Plantier. Tendez l’oreille, les paysages qu’il vous offre valent largement qu’on leur accorde une longue halte pour les contempler.

 

Giuseppe Tartini Cantabile e suonabile Piccole sonate David PlantierGiuseppe Tartini (1692-1770), Piccole sonate, sonates pour violon seul et pour violon avec basse

David Plantier, violon Giovanni Battista Guadagnini, Parme, 1766
Annabelle Luis, violoncelle Nicolas Augustin Chappuy, Paris, 1777

Wunder de Wunderkammern1 CD [durée totale : 68’15] agOgique AGO020. Wunder de Wunderkammern. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Sonate en mi mineur, Brainard e3 : Aria cantabile

2. Sonate en sol mineur, Brainard g1 : Allegro

3. Sonate en ré mineur, Brainard d1 : Allegro affettuoso

4. Sonate en la majeur, Brainard A2 : Giga

Illustrations complémentaires :

Carlo Calcinotto (actif à Padoue au milieu du XVIIIe siècle), Portrait de Joseph Tartini, sans date. Eau-forte sur papier, 22 x 14 cm, Paris, Bibliothèque nationale de France

La photographie de David Plantier et Annabelle Luis est d’Alessandra Galleron, utilisée avec autorisation.

24 Comments

  1. Merci! j’écoute…
    Sais-tu que Jordi Savall passe à Amboise, au Clos Lucé fin septembre, le vendredi 25…
    Bonne journée !

    • Merci d’être venue jusqu’ici, Catherine. J’ignorais que Jordi Savall venait à Amboise, je te remercie pour cette information qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd.
      Bel après-midi à toi — tu as vu, il pleut !

  2. Bonjour cher Jean-Christophe
    C’est exactement ce que je fais lorsque j’arrive devant quelque chose de beau, je marque un temps d’arrêt, car ce moment est unique, même si les autres qui suivent sont beaux, celui-ci se grave dans la mémoire. Alors je comprends ce que tu dis de Giovanni et Bernardo , de ce qu’ils ont ressenti . (enfin je crois je n’y étais pas 😉 )
    Je découvre.. et tu as raison la basse est présente mais sans trop, juste ce qu’il faut pour accompagner délicatement le violon .
    Je ne suis pas assez douée pour savoir si la technique de David Plantier est impeccable, en revanche c’est très joli à « écouter » 😉
    La tableau est magnifique, énormément de détails , c’est étonnant tous ces clochers à si peu de distance et les personnages sont tellement bien peints que l’on devine leurs activités du moment ; je suis toujours émerveillée devant autant de talent .
    En novice que je suis, je ne t’en dirai pas plus, juste que j’ai beaucoup aimé les extraits, que j’ai écouté plusieurs fois 🙂
    Un sincère et GRAND merci cher Jean-Christophe 🙂
    Je t’embrasse 🙂
    Tiffen

    • Bonjour chère Tiffen,
      Je ne sais pas plus que toi ce qu’ont pu ressentir Giovanni et Bernardo, mais je me suis plu à l’imaginer pour tenter de faire voyager le lecteur dans le contexte de ces sonates de Tartini, contemporaines de lieu et d’époque; si j’en juge par le nombre de croquis que l’on possède, sans parler des tableaux achevés, la première impression a dû être intense. J’aime beaucoup ce tableau de Canaletto – la moisson effectuée à l’occasion des recherches nécessaires à cette chronique a été abondante – et même si je suis plus familier que toi de ses tableaux (historien de l’art oblige), je demeure tout aussi ébahi que toi devant l’invention du peintre — car tu te doutes bien que nombre des figures de ce tableau sont de pure fantaisie. Cette capacité de créer des mondes rejoint celle du musicien qui fait surgir des univers avec des portées et des notes, comme autant de lignes et de touches de couleur, tu comprendras mieux ainsi les raisons de mon choix d’illustration 🙂
      Je te remercie pour ton écoute et ton commentaire et t’embrasse bien fort.

  3. Cet été à pas doux – ton jeu de mot, une nouvelle fois, est jubilatoire – s’ouvrant magnifiquement sur cette toile exceptionnelle du Canaletto, augurait avant même que j’écoute les extraits musicaux proposés un moment d’émotions.
    L’Aria cantabile de la sonate en mi mineur, d’entrée, nous élève vers des cieux desquels l’on ne souhaiterait plus descendre. L’Allegro de celle en sol mineur, avec sa basse continue au violoncelle, prolonge l’extase avec douceur. Puis arrive l’éblouissant Allegro affettuoso de la sonate en ré mineur qui bouleverse totalement. Tartini aurait-il approché les anges…
    Enfin, la Giga de la La majeur nous fait comprendre (et là je salue l’agencement des extraits que tu as souhaité réaliser) que le voyage ici se termine, tout en laissant d’autres fenêtres ouvertes…
    Les interprètes, et David Plantier en tête bien sûr, comme la superbe prise de son (autre savant savoir faire d’un Label agOgique décidément essentiel dans toute CDthèque de mélomane qui respecte la Musique), sont effectivement irréprochables.
    Merci de t’être fait l’écho, mon ami, de cet enregistrement. Et pour les émotions éprouvées à l’écoute de ce quatuor d’extraits.
    Heureux dimanche à toi. Je t’embrasse.

    • Je me suis demandé, ami Cyrille, s’il fallait oser ce titre au risque de se voir reprocher de donner dans le jeu de mots facile; j’ai finalement choisi de le faire parce que ce « pas doux » me semblait parfaitement correspondre au caractère plutôt intimiste des sonates de Tartini contenues dans cette anthologie.
      Je ne reviens pas sur ce que tu dis des extraits choisis, si ce n’est pour souligner que tu as parfaitement saisi la progression que j’ai souhaité instaurer afin que la musique, comme le tableau et, je l’espère, la partie narrative du texte soient aussi un voyage.
      Je te conseille, si tu le peux, l’acquisition de ce disque, car tu verras que le reste est du même niveau que ce que tu as pu écouter dans cette chronique; il y a beaucoup de belles émotions à puiser dans cette musique que le jeu de David Plantier et le courage d’agOgique nous révèlent.
      Je te remercie pour ton enthousiasme et te souhaite une belle soirée.
      Je t’embrasse.

  4. Une introduction qui force l’admiration (personne n’est forcé me diras-tu) et donne envie de s’arrêter dans l’été, regarder, voir, écouter, prendre le temps.
    Une interrogation : Giovanni et Bernardo avaient-ils la curiosité d’en apprendre davantage à propos de St Antoine ?

    • Je crois que les deux compères en savaient bien plus que nous à propos de ce saint, bien chère Marie; l’empreinte de la religion était plus forte qu’aujourd’hui et les connaissances en la matière aidaient à honorer correctement les commandes.
      Un sincère merci pour ton mot (et pour ton appréciation sur l’introduction) qui me touche.

  5. Gaulard Bénédicte

    26 juillet 2015 at 23:00

    Merci, cher Jean-Christophe, pour ce doux moment : le titre d’abord, léger et en forme de clin d’oeil, le violon doux et joyeux, et Canaletto. Le redécouvrir par la musique est un grand bonheur, bien loin de ces vedute si célèbres qu’elle en deviennent banales…là, c’est un enchantement. Chiara Bianchini a été quelques années en résidence à Dole avec son ensemble…l’écouter avec ses collègues était un bonheur…

    • Chère Bénédicte,
      Je suis d’accord avec vous : les vedute de Canaletto ont été tellement reprises partout et pour tout et n’importe quoi que leur pouvoir d’évocation s’en trouve aujourd’hui un peu émoussé; cette vue de Padoue se place un peu à part et avoir pu la mettre en résonance avec la musique de Tartini a été une aubaine.
      J’ai eu la chance d’entendre une fois Chiara Banchini en concert au festival de Froville (avec David Plantier, d’ailleurs), j’en garde un très beau souvenir; elle est une musicienne qui, tant par ses qualités propres que par son rôle de pédagogue, aura profondément marqué le monde du violon baroque.
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre commentaire et vous souhaite une belle journée.

  6. Je ne me doute pas , je sais que nombre des figures de ce tableau sont de pure fantaisie, mais c’est bien de s’imaginer que ça pourrait-être une scène de vie,
    Créer des mondes, faire surgir des notes, J’aime ta façon de lier les choses, et avec ton explication tout devient limpide 🙂 Merci !
    Comme tu verras ce mot demain, je te souhaite un bon lundi et une belle semaine !
    Je t’embrasse bien fort 🙂

    • Ces figures sont là pour ça, chère Tiffen : apporter de la vie au tableau tout en lui donnant aussi une notion d’échelle. Je demeure convaincu que peinture et musique s’éclairent mutuellement et c’est d’ailleurs une des lignes directrices fortes de ce que je propose depuis que je tiens un blog. Pour reprendre une de mes expressions favorites, on n’est pas sur facebook où l’on mélange sans se poser de questions des images et des musiques qui n’ont rien à voir ensemble juste pour faire joli 😉
      Je te souhaite une belle journée et t’embrasse bien fort.

  7. Bonjour,
    Encore une très belle découverte que ce disque, merci.
    Pascal

    • Bonjour Pascal,
      Si j’en crois les réactions à cette chronique, il semble bien que ces « petites sonates » soient en train de faire leur chemin jusqu’aux auditeurs et je suis sincèrement heureux d’y avoir contribué.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous souhaite bon après-midi.

  8. Cher Jean-Christophe,
    Je suis bien heureux qu’il pleuve aujourd’hui…
    Non pas que mon jardin manquât d’eau ces derniers temps, mais parce que cette petite bruine tenace m’a octroyé un jour de vacance et ainsi permis de regarder sans remords et « sans précipitation » cette récente page de votre blog.
    Je ne sais pas ce qui me comble le plus, votre texte ou cette divine musique ? Comme bien souvent, sûrement le mélange des deux. Quel plaisir de lire pareil texte en étant immergé dans ce divin chapelet de notes.
    J’aurais aimé les entendre lors de ma « lointaine » visite de Padoue, tout spécialement dans la Basilique. Je n’avais à l’époque aucune connaissance de la musique italienne, si ce n’est les « fameuses » saisons de Vivaldi. On est dans un tout autre univers ici, un univers que je découvre grâce à vous et qui va pour sûr bientôt entrer dans ma discothèque à pas feutrés et s’y faire une place de choix.
    Grand merci à vous pour cette nouvelle découverte.
    Bien amicalement,
    Jean-Marc

    • Cher Jean-Marc,

      La pluie est bonne fille, qui vous a permis de vous attarder ici où votre présence manquait. Je sais qu’un jardin est très exigeant en temps comme en attention, et je comprends parfaitement qu’après avoir côtoyé la beauté sous sa forme bien réelle, on peut ne pas avoir envie de se colleter à son expression plus virtuelle.

      Je ne connais pas Padoue, aussi ai-je dû faire un vrai effort d’imagination pour tenter d’y entraîner le lecteur à ma suite; l’anecdote du séjour de Canaletto et Bellotto m’a fourni une porte d’entrée (c’est le cas de le dire) idéale et ce fil trouvé (ainsi que le tableau qui allait avec), je n’ai plus eu qu’à suivre le chemin qu’il me proposait.

      J’espère que vous prendrez beaucoup de plaisir à la découverte de ce disque que j’ai, pour ma part, déjà écouté une bonne quinzaine de fois sans jamais m’en lasser. La musique de Tartini acquiert, sous l’archet de David Plantier, une dimension spirituelle que je n’avais guère trouvé, jusqu’ici, que chez Enrico Gatti dans un enregistrement déjà un peu ancien paru chez Arcana.

      Je vous remercie pour votre commentaire, très apprécié, et vous souhaite une belle journée.

      Bien amicalement,
      Jean-Christophe

  9. Merci Jean-Christophe pour ces découvertes et ce « voyage progressif ».
    Profane en la matière, je marche sur du velours et me contenterai de vous faire savoir ceci : ce second volet de l’été m’a été fort agréable, tant à l’écoute qu’à la lecture. Une préférence pour les 2 extraits centraux ce qui ne vous étonnera pas outre mesure.
    Entrée à pas doux, je repars le pas léger et joyeux en vous souhaitant de passer une fort belle semaine.

    • Rien que le fait que vous soyez entrée à pas doux et repartie à pas joyeux d’ici me ravit, Évelyne, car ça veut dire que le compositeur et ses interprètes ont réussi leur coup qui est de procurer de l’émotion à qui prend le temps de les écouter. Je ne suis, bien sûr, pas surpris que les deux extraits où votre instrument fétiche se fait entendre (même discrètement) emportent votre préférence.
      Je vous remercie pour votre commentaire et, en vous souhaitant belle journée, vous donne rendez-vous, si vous le souhaitez, pour la prochaine escale estivale.

  10. Merci Jean-Christophe pour découvrir Tartini et David Plantier.

  11. Sébastien Mouton

    2 août 2015 at 09:47

    Encore une belle découverte! Un grand merci à toi, pour les nouveaux horizons musicaux que je découvre en ce dimanche. Très belle journée

    • Je suis heureux d’avoir porté cette musique jusqu’à toi, Sébastien. J’ai réécouté cette semaine The Dream of the blue turtles, avec forcément une pensée pour toi qui m’a remis sur ma route.
      Heureux après-midi dominical et merci pour ton mot.

  12. Le nom de Canaletto est tellement associé à Venise qu’on en oublie qu’il a fait autre chose que les « cartes postales » de l’époque. Cette scène est magnifique, avec juste ce qu’il faut de personnages pour l’animer, et quelle lumière perce à travers les nuages ! Cela sent l’orage sans être menaçant, il y a juste comme une moiteur dans l’air, qui ne gêne en rien d’ailleurs les paisibles activités du moment. Aux mille petites touches de pinceau correspond les mille nuances de l’archet de David Plantier, si épuré dans ce répertoire solo (dirais-je solitaire ?). « Piccole sonate » ; un nom qui nous prépare déjà à ce mélange de tendresse, de rêverie, de fantaisie. L’aria cantabile me charme comme un chant d’oiseau quant à la gigue, elle a toute la légèreté d’un printemps primesautier.
    Sur la pochette, dans ces sobres harmonies de gris, cette lune est aussi judicieuse que l’Angleterre verte sur le dernier CD d’Onslow.
    Merci, Jean-Christophe, de cette découverte que je n’aurai peut-être pas tentée sans votre éclairage.

    • Je vais vous faire un aveu, Danièle, j’ai été tellement abreuvé par ce que vous nommez si justement les « cartes postales » vénitiennes de Canaletto qu’elles me sont devenues quelque peu indifférentes, non que je ne les trouve pas bien peintes, mais elles me semblent un rien convenues. Lorsque j’ai trouvé cette vue de Padoue, je suis, en revanche, resté longuement à la contempler, le site du musée autorisant à la voir en détail; vous avez parfaitement décrit l’atmosphère qui s’en dégage et qui est, à mon avis, très prenante. C’est d’ailleurs du tableau qu’est parti tout le reste de la chronique, dont les éléments se sont agrégés autour de lui — il est extrêmement rare que ça se produise de façon aussi nette.
      Je ne peux que vous conseiller d’écouter, si vous le pouvez, ce disque dans son intégralité; il s’en dégage une spiritualité qui vous suit longtemps après que la dernière note s’est évaporée et qui fait de cette anthologie autre chose qu’une suite de sonates, aussi séduisante soit-elle par ailleurs. David Plantier confirme une nouvelle fois ici l’étendue de son talent et la profondeur de sa sensibilité.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous prie d’excuser le retard avec lequel j’y réponds.

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