Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Dans les pas de ses maîtres. Marin Marais par Mieneke van der Velden et Wieland Kuijken

Nicolas de Largillierre, Portrait of a Young Man and His Tutor, French, 1656 - 1746, 1685, oil on canvas, Samuel H. Kress Collection

Nicolas de Largillierre (Paris, 1656 – 1746),
Un précepteur et son élève, 1685
Huile sur toile, 146 x 114,8 cm, Washington, National Gallery of Art

 

Paris, 1686. Marin Marais, âgé de trente ans, élève surdoué du peu disert et peu commode Sainte-Colombe, publie son Premier Livre de Pièces de viole. Tout naturellement, il offre ces prémices de son art au musicien qui, depuis plus de dix ans, l’a pris sous son aile et a favorisé son ascension, Jean-Baptiste Lully, qui est son supérieur au sein de l’Académie Royale de Musique et représente, si l’on excepte un caractère peu enclin aux concessions, l’exacte antithèse de ce que l’on sait du violiste au mûrier. L’épître dédicatoire de Marais ne se contente pas d’être l’amoncellement d’obséquiosités auquel se résume généralement ce genre d’écrit de circonstance ; elle démontre au contraire toute la subtilité du jeune compositeur qui y tisse un habile jeu de résonances entre la protection dont il jouit de la part du Surintendant et celle que Louis XIV accorde à ce dernier, préfigurant la faveur qui sera la sienne auprès d’un monarque qu’il servira avec constance jusqu’à sa mort en 1715.

Évoquer l’ombre de Lully en préambule de quelques lignes consacrées aux suites pour deux violes, qui n’y sont jamais désignées comme telles, du Premier Livre de Marais ne tient pas uniquement à la dédicace de ce recueil publié en deux temps, les parties de viole en 1686 – on y trouve la Suite en ré mineur (sept pièces numérotées 66 à 72) – et celles de basse continue en 1689, augmentées de quelques compositions nouvelles dont les dix qui forment la Suite en sol majeur (73 à 82), immédiatement suivies par le Tombeau de M. Meliton, hommage aussi émouvant que pudique à l’organiste qui tint la tribune de Saint-Jean en Grêve de 1670 à 1682. Cet opus primum constitue en effet un acte d’allégeance du cadet vis-à-vis de son aîné tout autant que l’esquisse, par petites touches, d’une voix personnelle que les quatre livres à venir préciseront et amplifieront au point de la faire résonner dans toute l’Europe. Pour l’heure, Marais s’ancre très ostensiblement dans la tradition en organisant ses suites à deux violes, une distribution dans laquelle on peut naturellement voir un hommage à Sainte-Colombe, Marin Marais Premier Livre des Pièces de Viole Frontispiced’autant que la seconde viole s’émancipe assez fréquemment de son rôle d’accompagnement pour dialoguer avec la première, en respectant la stricte orthodoxie du plan de la suite de danses ; chacune d’entre elles possède son humeur propre, nostalgique et sérieuse pour celle en ré mineur, fluide et lumineuse pour celle en sol majeur, ce qui n’exclut ni les éclaircies dans la première, ni les assombrissements dans la seconde. Tout est ici démonstration de l’étendue du savoir-faire formel du compositeur qui jamais n’oublie de faire admirer sa maîtrise du contrepoint, pas plus qu’il n’omet de flatter le goût de ses contemporains, et en particulier du premier d’entre eux, pour la danse et l’opéra ; ainsi, après que la Fantaisie en écho a apporté un peu d’originalité dans son déroulement, la Suite en sol majeur se referme-t-elle sur une imposante Chaconne dont les souples volutes font oublier avec quelle rigueur elle est construite. Le mélange d’héritage et d’innovation qui signe le Premier Livre est également pleinement illustré par le Tombeau de M. Meliton qui reprend à son compte un genre courant chez les luthistes et les clavecinistes en l’adaptant à son instrument, ce qui lui ouvre encore plus largement les horizons magnifiquement ébauchés par Sainte-Colombe dans son fameux Tombeau Les Regrets.

Mieneke van der Velden, Wieland Kuijken et Fred Jacobs ne sont naturellement pas les premiers à se pencher sur les suites à deux violes du Premier Livre de Marin Marais et les amateurs de ce répertoire auront sans doute à l’esprit, outre les réalisations méritoires de Philippe Pierlot (Ricercar, 1997) et de Jean-Louis Charbonnier (Ligia, 2007) ou celle, toute récente, d’A 2 Violes Esgales que je n’ai pas écoutée (Musica Ficta, 2015), le disque mythique enregistré en avril 1978 par Jordi Savall et Christophe Coin aux violes, Ton Koopman et Hopkinson Smith assurant au clavecin et au théorbe une luxueuse basse continue (Astrée AS 39/E 7769). Comparé à cet étalon gravé il y a presque quarante ans, cette nouvelle version fait mieux que jouer les seconds couteaux ; elle s’impose sur bien des points comme une alternative parfaitement crédible à sa glorieuse prédécessrice, qu’elle surpasse même dans le domaine de la propreté technique Wieland Kuijken Mieneke van der Velden Fred Jacobs(un des cas les plus représentatifs étant la Fantaisie en écho) et surtout des contrastes qu’elle ménage d’une pièce à l’autre avec beaucoup d’intelligence. Là où Savall et Coin jouaient de façon assez constante la carte d’une poésie volontiers rêveuse et d’une grande homogénéité, Mieneke van der Velden et son maître Wieland Kuijken n’hésitent pas à attaquer la corde plutôt que la caresser uniment et à accentuer les rythmes de danse, produisant une lecture où la tendresse est sans cesse relevée d’un rien d’âpreté, pleine de rebond, de surprises, au port altier, aux architectures impeccablement dessinées (la Chaconne en sol majeur a fière allure), mais qui pourtant n’oublie jamais ni de respirer, ni de chanter, comme le démontre un Tombeau de M. Meliton sans doute moins intensément tragique que celui qui clôt le disque Astrée et pourtant émouvant dans la pudeur des larmes qu’il verse. Mis en valeur par la captation parfaitement équilibrée de Rainer Arndt, le grain des instruments est superbe et les dialogues entre les trois pupitres – saluons ici la prestation de Fred Jacobs au théorbe français qui tient sa partie avec discrétion et inventivité – restitués avec une grande finesse, jusque dans les moments où la confidence frôle le silence.

Voici donc un enregistrement tout à fait séduisant qui se distingue par la belle complicité unissant ses interprètes mais aussi par une franchise d’approche que l’on ne rencontre pas toujours dans ce répertoire et qui n’exclut ni l’élégance, ni la concentration. Il clôt en beauté le triptyque consacré à l’univers de Marin Marais par la discrète Mieneke van der Velden (Hommages, 2012, et Images, 2013 tous deux également chez Ramée) que l’on espère voir continuer à nous offrir des réalisations de ce niveau.

Marin Marais Pièces à deux violes du Premier Livre Van der Velden & KuijkenMarin Marais (1656-1728), Dialogues, suites à deux violes et basse continue du Premier Livre

Mieneke van der Velden, viole de gambe Antoine Despont, Paris, 1617
Wieland Kuijken, viole de gambe Nicolas Bertrand, Paris, 1705
Fred Jacobs, théorbe français Michael Lowe, Wooton, 2004

1 CD [durée totale : 57’55] Ramée RAM 1407. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Prélude (Pièces en ré mineur)

2. Sarabande (Pièces en ré mineur)

3. Gigue (Pièces en sol majeur)

4. Fantaisie en écho (Pièces en sol majeur)

Illustrations complémentaires :

Antoine Pezey (fl. 1686 – 1710) et Antoine Trouvain (Montdidier, 1652 – Paris, 1708), Frontispice du Premier Livre des Pièces de Viole de Marin Marais, retirage de 1689. Paris, Bibliothèque nationale de France

La photographie de Wieland Kuijken, Mieneke van der Velden et Fred Jacobs est de Rainer Arndt.

16 Comments

  1. mireille batut d'haussy

    15 octobre 2015 at 13:19

    Concentration, intensité, servent une lecture et une interprétation conjuguées avec bonheur.
    Le portrait « dit »de la vraie liberté induite par un dialogue authentique ce qui ne saurait mieux en être exprimé.
    Merci.
    Mireille

    • Ce disque oscille en permanence entre le dense et la danse, Mireille, mais toujours avec cette concentration que vous soulignez dès votre premier mot. Je crois que ce qui m’a emporté lors de mes écoutes successives tient beaucoup à ce fil de connivence que l’on sent tendu entre des interprètes qui se connaissent bien et qu’ils parviennent à tisser à la fois avec le compositeur et l’auditeur; ceci explique sans doute que tout semble ici aller de soi, sans jamais forcer, avec une fluidité étonnamment éloquente.
      Je vous remercie pour votre mot ici qui me réjouit autant qu’il m’honore.

  2. De ce quatuor d’extraits proposés, la sarabande tient à mes oreilles le haut du pavé. L’on savoure, encore ébranlé, le silence combien parlant qui se déploie la pièce matériellement achevée… Elle écume bien des scories de la vie.
    Amis J.-Ch, tu l’as compris. Cette pièce avec son silence, intérieurement étourdissant au mélomane qui écoute vraiment, m’a marquée.
    Je t’embrasse, ici aussi, tout en te souhaitant un bel après-midi.

    • Je t’avoue que je serais bien en peine de choisir entre ces quatre pièces, ami Cyrille, qui toutes m’arrêtent pour différentes raisons; j’ai cependant laissé aux acquéreurs du disque deux morceaux de choix à découvrir : la Chaconne et le Tombeau de M. Meliton, qui sont des sommets, pas moins.
      J’ai une tendresse particulière pour la musique pour viole(s) qui finit toujours, à un moment ou à un autre, par frôler le silence et sans doute, ce faisant, quelque chose d’essentiel — on a ceci aussi avec le luth qui n’a cependant pas les qualités vocales de la viole (mais en possède bien d’autres).
      Je te remercie pour ta lecture et ton écoute également attentives et t’embrasse en te souhaitant belle soirée.

  3. Bonsoir cher Jean-Christophe
    Je suis toujours étonnée d’aimer cette musique qui n’appartient pas à la période que j’affectionne, et pourtant c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai écouté ces extraits . Et puis j’aime découvrir ce que je ne connais pas, et ta chronique aide à mieux comprendre.
    Le tableau est magnifique, j’aime beaucoup.
    Merci infiniment, je suis heureuse que tu aies publié cette chronique aujourd’hui, j’ai pu en profiter pleinement avant le dîner.
    Je te souhaite une belle et douce soirée. Merci pour ce moment (et j’ai pris mon temps) , je lis toujours plusieurs fois tes chroniques pour en saisir tout le sens . Je te l’ai dit il y a peu, j’ai le cerveau lent 😉 .
    Je t’embrasse très fort bien 🙂
    Et maintenant à la soupe !!! 🙂 🙂

    • Bonsoir chère Tiffen,
      Je suis tenté de te poser une question d’emblée : as-tu vu le film d’Alain Corneau Tous les matins du monde ? Même s’il n’est pas exempt de reproches, il me semble que c’est une excellente porte d’entrée dans l’univers de la viole de gambe et comme les longs soirs d’hiver arrivent…
      J’ai tenté, au fil de ces quelques lignes, de donner des éléments de contexte afin de permettre de mieux saisir certains des enjeux de ces musiques à la fois dansantes et intimes; je suis heureux qu’elles t’aient plu.
      Je te souhaite une chaleureuse soirée (la soupe aidant, ça devrait aller) et t’embrasse bien fort en te remerciant pour la spontanéité de ton commentaire 🙂

  4. Je te retrouve en terre d’élection, JC, tes mots ne trompent pas. Ta chronique, vibrante autant que le sont ces Dialogues. m’a permis non seulement d’écouter et réécouter au mieux les extraits que tu proposes mais aussi de les entendre, c’est à dire d’en saisir chaque phrase, chaque teinte, chaque nuance subtile restituée par trois remarquables musiciens que je suis heureuse de retrouver dans un répertoire exploré par Jordi Savall (que tu as su me faire aimer en me faisant dépasser l’image que j’avais du Maître de prime abord), Christophe Coin, Pierlot, Charbonnier, le Capriccio Stravagante (dont ce n’est pas, à mon sens, la meilleure production, toutefois cela n’engage que moi) et d’autres encore que j’oublie à coup sûr.
    Moi qui avais détesté « Tous les matins du monde » (j’ai toujours un peu honte de l’avouer parce que va savoir pourquoi un tel rejet, c’est d’autant plus idiot que je ne me l’explique pas moi-même, c’est quasi épidermique, c’est à la fois étrange et parfaitement stupide) j’ai mis du temps à me réconcilier avec l’écoute de la viole de gambe. Je ne boude pas mon plaisir aujourd’hui !
    Pour achever ma réconciliation 😉 j’ai acquis il y a peu auprès de Musica Ficta l’enregistrement de la famille Dunford. J’écoute, je réécoute, je m’approprie encore un peu plus la beauté des instruments et des sons ; si toutefois tu prévois une chronique, je serai ravie de connaître ton sentiment sur l’interprétation que donne A 2 violes esgales de ces suites (je préfère, au demeurant, le mot de « dialogues »).
    En te redisant merci pour l’excellence du travail que tu partages ici pour le bonheur de tes lecteurs, je t’embrasse, JC, avec toute mon affection.
    Passe un beau dimanche, à bientôt.

    • Tu as tout à fait raison, Ghislaine, et je t’avoue que j’ai pris beaucoup de plaisir à m’attarder sur ces terres pour lesquelles tu connais mon affection depuis que Tous les matins du monde me les a fait découvrir; allons, je te vois faire la grimace d’ici et je ne vais pas te cacher que si je ne dirai jamais assez quelle est ma dette envers ce film, je sais également à quel point sa vision du XVIIe siècles est foncièrement romantique et donc faussée, et je vois mieux aujourd’hui certaines coutures et ficelles un peu épaisses. Mais, malgré tout, il reste un moment auréolé d’une magie dont sont conscients ceux qui ont participé à cette aventure — j’évoquerai peut-être un jour de l’échange que j’ai eu à ce propos avec Jordi Savall.
      Je ne connais pas la version de ces Suites de Marais par la famille Dunford – c’est toujours la même chose, il faut faire des choix dans l’ensemble des parutions, pour des questions de temps d’écoute disponible comme pour d’autres bêtement plus matérielles – mais je ne doute pas qu’elle soit intéressante et émouvante, non seulement parce que c’est une musique que Jonathan a étudié de très près, mais aussi justement de par son caractère familial. Si un exemplaire de cette réalisation passe à ma portée, je ne manquerai pas de lui accorder une oreille très attentive.
      Je te remercie bien sincèrement pour ta lecture et ton écoute que je sais toujours vraies et, en te priant une nouvelle fois de m’excuser pour mon retard à la réponse, je t’embrasse très affectueusement.
      A très vite.

      • Je t’en prie JC, tu n’as strictement aucune excuse à présenter. Non seulement les partages que tu nous offres ici sont remarquables, mais tu mets aussi un point d’honneur, je le sais, à répondre scrupuleusement à chaque intervention – ceci quelles que soient tes contraintes d’emploi du temps – et je sais aussi avec quelle conscience et quel coeur tu le fais. Je lis très peu de blogs mais je suis néanmoins consciente que ceci est une attitude rare et une très délicate marque de respect pour tes lecteurs. Pour ceci, permets-moi donc de te dire tout simplement merci.
        Je te souhaite une belle et paisible fin de semaine et, te disant à très bientôt, je t’embrasse, JC, avec toute ma profonde affection.
        * Et je te rassure, j’ai appris avec le temps à apprécier « Tous les matins du monde » (le film) à sa juste valeur 😉 😛

        • Il est primordial, à mes yeux, de prendre ce que je nomme du « vrai temps » pour répondre à ceux qui ne se dédouanent pas à coups de ce que tu nommais, avec autant de pertinence que de drôlerie, le like furtif™, Ghislaine. Ma durée de réaction est très variable, plus d’une semaine voire deux parfois, le soir-même aujourd’hui, parce que je ne m’attellerai au travail d’écriture de ma prochaine chronique qu’un peu plus tard, mais il y en a toujours une. Comment, en effet, ne pas être touché de voir que les lecteurs qui ont leur vie et leurs priorités prennent de leur temps non seulement pour venir jusqu’ici lire et écouter, mais aussi déposer un mot ? Je t’avoue que j’ai du mal à trouver des excuses aux auteurs qui ne répondent pas, même brièvement.
          Je te remercie une fois encore pour ta présence ici et je t’embrasse bien affectueusement.

  5. Gaulard Bénédicte

    17 octobre 2015 at 21:22

    Cher Jean-Christophe, j’ai découvert Marin Marais et la viole de gambe grâce à Tous les matins du monde…une belle révélation d’un musicien que j’associais à Louis XIV sans aller au-delà du cliché. Votre billet me ravit et l’écoute est savoureuse. Je retrouve cet intérêt d’enfant qui m’a ensuite conduit vers le goût du « Grand Siècle ». Outre le disque que je vais commander, je vais relire Pascal Quignard et regarder encore une fois le dvd…merci, cher Jean-Christophe !

    • Je suis également un enfant de Tous les matins du monde, chère Bénédicte, et si je comprends qu’on ait pu ne pas le goûter, il a été le marchepied permettant à nombre de personnes, dont votre serviteur, d’accéder à un univers auquel elles n’auraient sans doute pas eu accès sans lui.
      Je crois sincèrement que vous ne regretterez pas d’avoir fait l’acquisition de ce disque (votre avis m’intéresse) et je gage que vous y reviendrez souvent.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite une belle soirée.

  6. Nicolas de Largillierre nous peint sublimement cette relation intime qui existe entre eux.
    La main sur l´ épaule de son élève au regard décidé nous le confirme, et le regard interrogatif du maître qui semble satisfait de la présentation.
    Accompagné de cette musique de Marin Marais qui m´émeut tant.

    Merci Jean-Christophe.

    • J’aime beaucoup ce tableau également, Chantal, en ce qu’il laisse percevoir une vraie relation entre ces deux personnages que tout, de leur vêtement à leur attitude, semble opposer, sans doute autant que les chemins suivis par Sainte-Colombe et Marin Marais pourtant intimement liés.
      Merci à vous.

  7. Marin Marais, Sainte Colombe.
    Tous les matins du Monde.
    Un trait de vin et une gauffrette de Lubin Baugin.
    Je n’ai que ces mots pour te dire le bonheur de ce billet dont l’écoute du prélude fut le prélude à l’évocation de ce monde de suprême harmonie décantée qui renvoie au rang d’accessoires futiles toutes nos petites tribulations.
    De maître à élève… Les deux protagonistes ne se regardent pas, seuls une main et un chien établissent le visible de leur lien, pour l’essentiel l’harmonie, la « complétude » j’ose le néologisme, se joue au-dela du palpable. On sait sans voir.
    Quel beau billet. Merci Jean-X

    • Malgré toutes les libertés qu’il prend avec l’histoire – et la présence de Lubin Baugin n’est pas la moindre – Tous les matins du monde s’impose toujours lorsqu’on évoque Marin Marais et ce film m’a suffisamment marqué pour que je lui fasse aujourd’hui encore révérence. Je retrouve quelque chose de ce que j’imagine du dialogue entre Sainte-Colombe et son élève dans ce disque à la fois décanté et ardent où, comme dans le tableau de Largillierre, tout se joue au niveau de la confidence, que je prends ici à la fois dans son sens en français et dans celui qu’y ajoute l’anglais.
      Merci pour l’attention que tu as accordé à cette chronique.

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