Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

La route des humbles. Un chemin d’étoiles par Discantus

Juan de Flandes Saint Jacques en pélerin

Juan de Flandes (fl. 1496 – Palencia, 1519),
Saint Jacques en pèlerin, c.1507
Huile sur bois, 49 x 37 cm, Madrid, Musée du Prado

 

L’histoire commence au IXe siècle et se poursuit jusqu’au nôtre en cheminant le long des routes, des viæ qui jettent sur toute l’Europe un maillage ressemblant aux nervures d’une feuille convergeant vers un unique point d’attache dont le nom a si bien fait rêver l’ensemble de la chrétienté que même lorsqu’il était employé sans plus de précision, chacun comprenait de quoi il était question ; ce Saint-Jacques était forcément celui de Compostelle, ce champ d’étoiles (campus stellæ) dont la légende avait recouvert, tel un poêle tissé de fils d’or, le mot qui désignait plus prosaïquement le tumulus (compositum tellus) préservant les reliques du saint.

Tout autant que le bâton qui lui permettait de soutenir voire de protéger son corps, le chant faisait partie du bagage du pèlerin ; bourdon de l’âme, il l’encourageait à avancer lorsque la fatigue venait le faire buter contre les pierres du chemin et entretenait le souvenir de ceux qui lui avaient transmis ces mélodies et pour le salut desquels il prierait une fois atteint le but de son voyage. Chanter, c’est alors porter la mémoire des siens ; chanter, c’est être partout chez soi. Les différents itinéraires empruntés par les hommes, des plus modestes aux plus savants, favorisaient les rencontres et les brassages et l’on a sans doute peine à imaginer la surprise qui devait saisir le voyageur arrivant des contrées du nord ou de l’est lorsqu’il découvrait les monodies et les polyphonies inventées dans les monastères aquitains durant leur pleine floraison des XIe et XIIe siècles, en particulier Saint-Martial de Limoges, importante étape du trajet vers Saint-Jacques ; la renommée de Compostelle ne cessait alors de grandir et son répertoire liturgique fut fixé dans le Codex Calixtinus, un imposant manuscrit de presque deux cents feuillets réalisé vers 1140. Si les œuvres qu’il contient offrent un vaste tour d’horizon des élaborations polyphoniques déjà fort raffinées et complexes qui avaient cours à cette époque, une s’en distingue en faisant entendre la voix des plus humbles au cœur d’un ouvrage dont la destination manifestement officielle les excluait ; seule pièce en notation aquitaine du recueil, ce chant de pèlerin porte la trace des chemins sur lesquels il est peut-être né et où il a certainement été repris avant que la notation le fige comme dans une goutte d’ambre : sa juxtaposition de latin et de dialectes germanique et romans, sa dimension pédagogique, chaque strophe illustrant la déclinaison latine du nom Iacobus, attestent indubitablement de son origine plébéienne.

Maître François Pèlerins devant une statue de saint JacquesQuelque deux cents ans plus tard, à la toute fin du XIVe siècle, un autre lieu de pèlerinage immortalisa le souvenir des hommes qui venaient s’y recueillir. Six minces folios nous permettent aujourd’hui d’imaginer ce que furent leurs veillées dans l’église de Notre Dame de Montserrat, car le copiste a pris soin d’indiquer quelques éléments du contexte dans lequel prenaient place ces « chansons honnêtes et pieuses. » Enchâssées au côté de textes religieux et administratifs dans la reliure rouge qui a valu au manuscrit son nom de Llibre Vermell, les dix pièces, quatre monodiques, six polyphoniques, dédiées, à l’exception de la danse macabre Ad mortem festinamus, à la louange, très en faveur auprès du petit peuple, de la Vierge, avouent leur nature pérégrine non seulement au travers de leurs textes où se mêlent le latin, le catalan et l’occitan, mais aussi de leurs mélodies qui témoignent de différentes strates de traditions, entre résurgence d’archaïsmes (O Virgo splendens) et raffinement à la mode de la cour papale d’Avignon. Parfois, dans ce monde tout spirituel, le corps rappelle son existence et s’il a souffert durant la longue marche vers le sanctuaire, le voici qui, revigoré et porté par l’élan de la foi, se met à vouloir danser, en rond – « a ball redon » comme l’a indiqué le scribe –, en énumérant les sept joies de la Vierge (Los set gotxs) ce qui est également, pour des hommes qui n’ont pas accès à la lecture, une façon de les mémoriser plus aisément.

Si les schismes au sein de l’Église et la progression du rationalisme firent lentement pâlir son étoile, le souvenir du pèlerinage vers Saint-Jacques demeura vivace dans de nombreuses régions de France comme le démontre le répertoire des chansons qui a été heureusement préservé. Qu’ils retracent les principales étapes vers Compostelle (Quand nous partîmes de France, avec un couplet contre les protestants) ou évoquent ce lieu comme un simple élément de décor (La Pernette se lève), ces airs populaires sont empreints d’une ferveur simple (Pour avoir mon Dieu propice) teintée d’inquiétude (les recommandations de Vous qui allés à Sainct Jacques) et de merveilleux (C’est de cinquante pèlerins) qui les rend particulièrement attachants ; ils nous permettent encore d’entendre des voix que la « grande » histoire, celle qui est écrite par les vainqueurs et les puissants, laisse généralement pour compte.

Si ce programme chronologiquement et stylistiquement composite est une première dans le parcours de Discantus, si l’on excepte les échappées contemporaines, au demeurant plutôt bien venues, du projet Music for a King (Æon, 2014), l’idée d’une évocation musicale des chemins vers Saint-Jacques n’est pas à proprement parler une nouveauté au disque. La réalisation de l’ensemble dirigé depuis plus de 25 ans, avec le talent que l’on sait, par Brigitte Lesne m’a fait songer à celle enregistrée en 2007 (et parue en 2011 chez Ricercar) par La Fenice qui se concentrait, elle, sur le XVIIe siècle, avec la même volonté de faire percevoir la coexistence des répertoires savants et populaires. La différence entre les deux projets est que celui de Discantus a des moyens à l’exacte mesure de son propos et qu’on ne l’écoute jamais avec le sentiment que les musiciens servent des œuvres pour lesquelles ils n’ont que des affinités réduites. Tout au contraire, l’équipe réunie dans la belle acoustique de l’abbaye de Saint-Michel en Thiérache, prend un plaisir palpable à emprunter des voies qui lui sont pour partie familières, pour partie inaccoutumées, et à nous y entraîner à sa suite. Ensemble Discantus © Anne-Marie BerthonIl y a, dans la lecture qui nous est ici proposée, un parti-pris évident de simplicité et de sobriété qui, pour peu que l’on soit sensible au répertoire, entraîne rapidement l’adhésion et même, au-delà, la participation — ne soyez pas étonné si, après l’écoute, des airs vous trottent en tête et que vous vous sentez poussé par une irrésistible envie de les chanter. On se sent chez soi avec cette proposition qui, en choisissant de se situer à hauteur d’homme tout en s’appuyant sur de solides connaissances musicologiques et une clairvoyante intuition musicale, transmet, avec une tendresse à leur égard qui n’est pas si fréquente, un sentiment très juste de ce que pouvaient être ces musiques de pèlerinage. Il y a bien, ici et là, quelques menues faiblesses vocales avec de minimes tensions et autres signes d’usure, mais l’engagement et l’intelligence dans la mise en place et le dosage très fin des interventions instrumentales, en particulier des percussions, présentes à bon escient sans jamais être intrusives, les fait considérablement relativiser.

On suit donc bien volontiers le Chemin d’étoiles qu’ouvre pour nous Discantus en prouvant au passage qu’il est possible de proposer des projets aux horizons musicaux élargis sans se livrer à des tripatouillages douteux pour flatter le goût du public. En misant sur la modestie et la spontanéité sans rien abdiquer en matière de raffinement et de pertinence de l’approche, Brigitte Lesne et ses compagnons rendent un bel hommage à ces pèlerins qui s’en allaient chercher leur salut, au mépris de tous les dangers, sur la route des humbles.

Un chemin d'étoiles DiscantusUn chemin d’étoiles, chansons des pèlerins de Saint-Jacques du Moyen Âge à nos jours

Discantus
Brigitte Lesne, direction

1 CD [durée totale : 57’38] Bayard musique 308 447.2 Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Dum pater familias (Codex Calixtinus)

2. C’est de cinquante pèlerins (Traditionnel, Ille-et-Vilaine)

3. Mariam Matrem Virginem (Llibre Vermell)

Illustrations complémentaires :

Maître François (fl. troisième quart du XVe siècle), Pèlerins devant une statue de saint Jacques. Miniature sur parchemin, 4,53 x 3,35 cm, Miroir historial de Vincent de Beauvais, Ms 722, fol. 216r, Chantilly, Musée Condé

La photographie de Discantus est d’Anne-Marie Berthon, utilisée avec autorisation.

20 Comments

  1. Merci Jean-Christophe de rappeler que s’il y-a d’autres « chemins », leur but est le même. Pendant la lecture et l’écoute des extraits proposés, Johann-Wolfgang von Goethe s’est imposé à mon esprit. Il y a des jours où je trouve réconfort dans ce poeme. Je laisse le texte original ici, les traductions que j’ai trouvées ne m’ont pas vraiment plu.
    En ces temps qui ne se prêtent pas vraiment à la jubilation, je vous/nous souhaite de trouver cette paix intérieure qui a trop tendance à être plus que volatile.

    Selige Sehnsucht
    Sag es niemand, nur den Weisen,
    Weil die Menge gleich verhöhnet:
    Das Lebendge will ich preisen,
    Das nach Flammentod sich sehnet.

    In der Liebesnächte Kühlung,
    Die dich zeugte, wo du zeugtest,
    Überfällt dich fremde Fühlung,
    Wenn die stille Kerze leuchtet.

    Nicht mehr bleibest du umfangen
    In der Finsternis Beschattung,
    Und dich reißet neu Verlangen
    Auf zu höherer Begattung.

    Keine Ferne macht dich schwierig,
    Kommst geflogen und gebannt,
    Und zuletzt, des Lichts begierig,
    Bist du Schmetterling verbrannt.

    Und so lang du das nicht hast,
    Dieses: Stirb und Werde!
    Bist du nur ein trüber Gast
    Auf der dunklen Erde.

    J.W. Goethe

    • Vous avez bien compris, Roland, que l’important est le chemin quelle que soit la couleur qu’il prend pour chacun d’entre nous, qu’on le parcoure à pieds ou en le méditant.
      Le « Stirb und Werde! » de Goethe appelle en moi un autre écho, celui du Solve et coagula (dissous-toi et reprends forme) des alchimistes, que l’on croise dans un ouvrage cher entre tous à mon cœur qui s’ouvre justement sur Le Grand chemin.
      Je vous remercie pour l’offrande de ce poème qui est un très beau cadeau et vous souhaite autant de paix que de joie.

  2. Merci beaucoup, joyeuses fêtes de fin d’année.

  3. Bonjour cher Jean-Christophe

    Le retour sur le chemin d’étoiles …. Un plaisir intact …

    Je t’embrasse bien fort ..

    • Un chemin qu’il fait bon parcourir, ne serait-ce qu’intérieurement, chère Tiffen, pour ne pas oublier qu’il existe d’autres voies que celles que l’on nous assène durant cette période de l’année.
      Je te remercie pour ton mot et t’embrasse bien fort.

  4. C’est bien le moment de vous remercier Jean Christophe, en vous indiquant que ce soir vers 19H, j’ouvrirai ma fenêtre Est vers les Causses du Quercy proches et sous la lumière des étoiles bien visibles et de la pleine grosse lune qui se lève en début de soirée en ce moment. Des pèlerins modernes ont du passer cet après midi sur les chemins voisins; s’ils ont traversé le Lot, ils gîtent maintenant dans le pays des truffes, à moins qu’ils ne soient encore hébergés à Cahors; la ville se signale maintenant par une lueur diffuse derrière les collines lorsque j’ouvre les volets de la fenêtre Sud.

    Merci donc au groupe Discantus et à Brigitte Lesne de nous restituer alors en Quercy, grâce à vous , Jean Christophe aidé par Internet, une partie des chants et de l’ambiance des « jacquets » venant de St Martial par Rocamadour.

    • Je vous remercie bien sincèrement, Jean Pierre, pour votre commentaire qui fait bien plus que répondre à ma chronique : il est comme une fenêtre ouverte qui fait souffler le vent de la réalité sur mes lignes et les anime, au sens propre du terme. Me voici en train d’imaginer un paysage, des personnage et la lune par-dessus, ce qui vaut bien des discours.
      Mes pensées les meilleures et les plus reconnaissantes vous rejoignent.

  5. Oh ! ce Juan de Flandes Jean-Christophe.

    J´aime en cliquant sur votre blog trouver en premier lieu un tableau dont le choix est toujours en accord avec votre chronique.

    Voix radieuses ce matin.
    Merci pour cette découverte.

    • L’adéquation entre choix musical et pictural est le fondement de mon travail, Chantal, car je souhaite proposer des illustrations qui soient autre chose qu’un élément dé décor, à l’inverse de ce que l’on observe, entre autres, sur les réseaux sociaux.
      Je vous remercie de vous être arrêtée sur cette chronique et vous souhaite un bon dimanche.

  6. Simone Giuliani

    26 décembre 2015 at 12:07

    Quel beau cadeau que ce chemin de lumière qui, personnellement, me fait rêver depuis toujours ! Ce « parti pris de simplicité et de sobriété » est le bienvenu après les outrances du mois de décembre pour ne parler que de la gabegie de Noël.
    Je ne suis pas étonnée que Brigitte Lesne nous l’ait proposé et que vous soyez son passeur. Et c’est volontiers que je pardonne les « menues faiblesses vocales » et tout le reste pour cette fraîcheur oxygénante après l’impression de noyade et d’étouffement provoquée par les excès de préparatifs de Noël.
    Mille mercis, Jean-Christophe, pour cette belle musique, le choix du tableau de Juan de Flandes et de la miniature du musée Condé qui renferme tant de merveilles.
    Très beau Noël à vous !

    • Je suis tout à fait d’accord avec vous, Simone, ce disque est un excellent antidote à toutes les dérives que nous avons pu observer ces dernières semaines et vous au premier chef, habitant cette belle cité qui mérite tellement autre chose que son label de « capitale de Noël. » Brigitte Lesne et ses amis nous reconduisent en beauté vers un essentiel qui ne devrait jamais quitter notre esprit et guider notre action au quotidien et c’est avec joie que je leur ai fait une place ici avant que l’année ne s’achève.
      Je vous remercie pour votre mot, très apprécié, et je vous souhaite une heureuse journée encore baignée pat la lumière de Noël.

  7. Outre les extraits musicaux proposés, je retiens personnellement l’une de tes phrases qui irrigue ce parlant article : « Chanter, c’est alors porter la mémoire des siens ; chanter, c’est être partout chez soi. »
    Et je fais indubitablement mien l’écho alchimique cité en commentaire.
    En effet, quelle que soit la forme que prend le chemin que chacun d’entre nous décide d’emprunter, ce qui compte c’est ce que nous faisons sur ce chemin pour atteindre le but ou la lumière que l’on ne cesse de chercher.
    Je t’embrasse.

    • La phrase que tu as retenue, ami Cyrille, est un des ciments de cette chronique : dès qu’elle m’a été donnée, le reste du travail de réflexion et d’écriture n’a plus été le même. Quant à la citation alchimique, elle fait partie de ces phrases qui guident mon action, le cheminement étant, à mes yeux, tout ce au travers de quoi nous devons passer pour tenter de transmuer un peu du plomb dont nous sommes faits en or.
      Je te remercie pour ton écoute et ta lecture également attentives et t’embrasse en te souhaitant un heureux dimanche.

  8. mireille batut d'haussy

    26 décembre 2015 at 18:39

    Parole de papillon brûlé ? Après Le retour de Tobie, et sous le signe de Raphaël dont le nom… et protège le voyageur. La Coquille comme sceau du retour, de mort inversée.
    Sol invictus dans les pas de Déméter et jusqu’au nouveau monde en écho.
    Pourquoi faire des phrases quand tant d’univers symboliques s’allient pour dire ici ce qui nous a été transmis depuis Ur ? Et qui doutera qu’il s’inscrive au coeur du Sujet ?
    Chanter, oui, c’est une alliance assumée qui fait que l’on porte en soi ce qui nous dépasse, nous submerge, nous aveugle… souvent, sans que l’on sache si la lumière est à ce prix.
    Porter plus avant ceux qui nous ont donné la vie, tous et toutes les formes de vie, c’est la vocation de chaque pas, qu’on le franchisse ou le profère ; ça n’empêche ni d’être seul ni toujours « étrangéré » en même « tant » que tout le contraire.
    Entre Raphaël et Lucifer, entre Ahura et Mazda, nous devons maintenir l’espace-temps d’un écart et d’un dialogue, comme on dit -tenir- ? Sans doute, mais tenir bon ; et c’est dur.
    Pourquoi… pourquoi j’habite une étape de pèlerinage entre Le Mont Saint-Michel et Santiago de Compostela… pourquoi la partie basse de ma maison, celle qui s’appelle « le Pilier blanc » a-t-elle été vouée depuis toujours à ces passants-là ? Y-a-t-il seulement une chanson pour le faire entendre… alors que j’appartiens à tant et tant d’ailleurs encore ?
    Jean-Christophe, je veux échanger avec vous les formules consacrées des pèlerins quand… mais justement, je ne sais pas « quand ». M.

    • Lorsque ce disque m’est parvenu il y a quelques semaines, Mireille, j’ai été instantanément confronté à un dilemme : comment parvenir à parler d’un projet se trouvant à la croisée de tant de chemins importants pour moi sans le vampiriser ? J’ai suivi le fil que me tendait la voix, celle du chantre, celle du pèlerin, celle de l’humble anonyme. Pourquoi chanter sur le chemin quand on pourrait tout aussi bien avancer en silence ? J’ai tenté de répondre à cette question et tout le reste de mon propos s’est organisé autour de cette simple phrase.
      Je demeure convaincu qu’il nous faut accepter, même si cela prend notre volonté de contrôle et notre ego à rebrousse-poil, de nous laisser dépasser et de ne pas immédiatement saisir ce que nous avons porté avec nous, et je suis certain que vous avez vécu cet instant où vous rejoignez le point que votre esprit avait lancé au-devant de vous sans même que vous vous en aperceviez.
      Le chemin, quel qu’il soit, nous façonne autant, sinon plus, que nous le faisons, et je trouve assez saisissant que votre maison se trouve sur un de ces lieux de passage — les choses s’organisent souvent selon une cohérence que nous ne constatons qu’après coup mais dont l’harmonie nous frappe autant qu’elle nous a échappé. Qui sait vraiment où le portent ses pas ? Je veux croire qu’il existe une route où finissent par se reconnaître ceux qui le doivent.

  9. mireille batut d'haussy

    26 décembre 2015 at 22:39

    NB. C’est à dessein que j’ai ouvert « la brèche » (entre) Ahura/Mazda et refusé d’opposer Ormazd et Ahriman, sur horizon platoniciens de Perse et retentissements jusqu’à la Renaissance, puisque « humble » et « pèlerinage » y ont pris un sens inépuisé.

  10. Anne Le Maître

    21 février 2016 at 17:34

    Longtemps familière du travail de Discantus, j’avais pris d’autres chemins… Votre très convaincant article m’a ramené à ce disque que j’ai donc ajouté à ma discothèque : je l’écoute en boucle depuis quelques semaines, pour son mélange équilibré et rafraichissant de mélodies populaires ou plus savantes, toujours interprétées avec l’excellence stylistique que l’on connaît à Brigitte Lesne et à ses chanteuses. Merci.

    • Je suis également le travail de Discantus depuis des années, Anne, et si je m’en suis parfois éloigné moi aussi, je l’ai toujours retrouvé avec beaucoup de plaisir. Ce disque quelque peu atypique dans le parcours de l’ensemble démontre avec quelle intelligence il conçoit ses programmes et sa capacité à se renouveler tout en demeurant fidèle à ce qui fait son identité.
      Je suis heureux que cette petite chronique ait permis vos retrouvailles avec ces musiciennes de talent et je vous remercie d’avoir pris de votre temps pour me l’écrire ici.

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