Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Quartiers de Marais. Pièces favorites par François Joubert-Caillet et L’Achéron

Antoine Watteau L'enseigne de Gersaint

Antoine Watteau (Valenciennes, 1684 – Nogent sur Marne, 1721),
L’enseigne de Gersaint, 1720-21
Huile sur toile, 163 x 308 cm, Berlin, Château de Charlottenbourg

 

Il ne fait guère de doute que le rêve de réaliser l’enregistrement de la totalité des cinq livres des pièces de viole de Marin Marais hante depuis longtemps Jérôme Lejeune, le directeur de Ricercar. Ceux d’entre vous qui suivent l’actualité du disque se souviennent peut-être d’avoir vu apparaître, en 1997, un coffret documentant le Premier Livre ; le violiste « maison » était alors Philippe Pierlot et le projet s’arrêta après cette réalisation inaugurale. Vingt ans après, c’est au tour de François Joubert-Caillet et de son ensemble L’Achéron, dont les deux premiers disques ont reçu des éloges fournis et mérités, de s’engager sur ce chemin de longue étude dont la première étape est annoncée pour 2017.

Les Pièces favorites qui nous sont aujourd’hui proposées sont une sorte de tiré à part du monumental ouvrage à venir, une généreuse mise en bouche qui, grâce à un choix éclairé, donne à entendre aussi bien des pièces connues (La Rêveuse, Tombeau de Sainte Colombe, Les Voix humaines, entre autres) que d’autres plus confidentielles mais qui ne le cèdent en rien en termes de charme et d’intérêt. Fort pertinemment, la note d’intention signée par le soliste vient nous rappeler un fait passablement occulté par le succès du film Tous les matins du monde : bien que le rôle central qu’il y tenait ait contribué à attirer la lumière sur son personnage, nombre d’aspects de la personne que fut réellement Marais et de son legs musical nous échappent encore. Les changements sociétaux radicaux intervenus depuis le XVIIIe siècle font que nous mesurons probablement mal à quel point ce fils d’un cordonnier parisien connut une trajectoire hors norme, s’élevant de sa modeste extraction jusques à côtoyer Louis XIV et à en être apprécié ; sans doute l’homme était-il suffisamment humble pour savoir se mettre à bonne école et assez passionné pour toujours désirer en apprendre plus — l’anecdote rapportée par Titon du Tillet le représentant caché sous la cabane de son maître Sainte Colombe, qui l’avait congédié, afin de s’imprégner de ses secrets est célèbre. Son ambition ne fait non plus guère de doute ; elle le poussa à cultiver des relations propres à favoriser son ascension, au premier rang desquelles il faut citer celle qui l’attacha au tout-puissant Lully, sous la férule duquel il travailla au sein de l’orchestre de l’Académie royale de musique à compter de 1676 et à qui il dédia son Premier Livre de pièces de viole, publié en 1686 alors qu’il occupait depuis déjà sept ans le poste de joueur de viole de la musique de la chambre du roi. André Bouys Marin MaraisPensé et organisé de façon très classique, cet opus primum, dont on retient surtout aujourd’hui les suites pour deux violes qui ne cessent de connaître les honneurs de l’enregistrement, peut être regardé comme la carte de visite officielle d’un compositeur qui y démontre l’étendue de son savoir-faire mais aussi la conscience de s’inscrire dans une tradition, dont il se démarque cependant par l’innovation que constitue l’adjonction de la basse continue. Quinze années s’écoulèrent avant que paraisse le Deuxième Livre (1701) qui marqua une indiscutable avancée dans l’introduction de ces pièces de caractère dont la France du XVIIIe siècle fut si friande (songez à François Couperin et à ses titres tellement évocateurs) que le Troisième Livre (1711), plus inégal dans sa composition, ne confirma pas. Cette reculade ne fut qu’apparente ; elle permit à Marais de prendre son élan pour dépasser allègrement une concurrence qui se faisait alors plus âpre et le Quatrième Livre (1717) constitua ainsi une évolution décisive en bousculant les codes qui avaient prévalu dans les recueils précédents. Adoptant une organisation tripartite, son cœur est, après les coutumières suites pour une viole, l’exigeante Suite d’un goût étranger où l’on voit le musicien explorer de nouveaux territoires de la sensibilité (La Rêveuse, Le Badinage) mais aussi de l’écriture pour son instrument (Le Labyrinthe), une tendance à l’expérimentation que confirment les deux suites à trois violes proposées pour finir. Le Cinquième Livre, enfin, publié en 1725, trois ans avant la mort du compositeur, confirma la victoire définitive des pièces de caractère, omniprésentes, et du pittoresque, tout en rappelant l’attachement de l’auteur à la manière française. L’évolution du goût que l’on perçoit au travers de la succession des cinq livres me semble tout à fait pouvoir être rapprochée de celle qui se fit jour parallèlement dans le domaine de la peinture, de la solennité de Le Brun à la sensualité de Raoux en passant par la poésie de Watteau, quarante années qui virent la grandeur céder graduellement la place à l’intime ; ce jeu de correspondances sera un de mes guides pour rendre compte des différents volumes à paraître.

Même sans le connaître, il est difficile de ne pas trouver François Joubert-Caillet attachant ; là où certains de ses confrères de la « jeune génération » ont décidé de saturer l’espace médiatique tout en ne proposant en parallèle aucun projet ambitieux, lui a choisi, au contraire, la discrétion et la concentration sur l’essentiel, la musique. Sans doute est-ce en partie pour cette raison que son récital Marais, qui aurait pu n’être qu’une carte de visite comme une autre, happe immédiatement et retient durablement l’attention. Outre une indiscutable solidité de ses moyens techniques, ce jeune musicien possède une large palette expressive dont il use avec une finesse et une maturité assez impressionnantes, avec un penchant affirmé pour les pièces méditatives, toutes très réussies dans cette anthologie. Le caractère parfois presque murmuré de La Rêveuse et des Voix humaines se révèle ainsi une fort belle intuition, le Tombeau de Mr de Sainte Colombe est à la fois digne jusqu’à une certaine hauteur que l’on imagine conforme au caractère du personnage et poignant, Le Badinage trouve ici une profondeur inédite. François Joubert-Caillet & L'Acheron Pièces favorites Marais © Maïlis SnoeckL’énergie n’est, pour autant, pas absente, comme le démontrent des Couplets de folies brillamment enlevés, un Tourbillon impétueux ou la ferme pulsation qui parcourt la Chaconne en sol majeur, mais il me semble qu’un des plus indéniables atouts de la lecture de François Joubert-Caillet est la constante beauté de son chant qui nous rappelle opportunément pourquoi la viole de gambe était considérée comme l’instrument le plus proche de la voix humaine. L’Achéron, ici en formation réduite, est un parfait compagnon, qu’il s’agisse des parties supplémentaires de viole quand elles sont requises ou de la basse continue, réalisée avec un goût très sûr, toujours inventive, jamais intrusive, et dont les nuances parfaitement installées et explorées répondent à celles dispensées par le soliste. Si la nature même du projet mettra nécessairement ce dernier en vedette, cette première étape prouve indiscutablement que nous sommes face à l’aventure d’une équipe qui avance soudée, sans se préoccuper de questions d’ego, avec pour seul souci de servir un compositeur sur lequel, malgré l’autorité que peuvent posséder certains enregistrements du passé, et en premier lieu ceux de Jordi Savall, tout est loin d’avoir été dit.

Désirez-vous faire découvrir et aimer Marin Marais à qui vous est cher ? Offrez-lui ce disque. Souhaitez-vous avoir auprès de vous un épitomé de son art dont vous pourrez à loisir feuilleter les pages chères ? Offrez-vous le et placez-le à côté du magnifique récital enregistré par Sophie Watillon pour Alpha en 2002, qu’il faut absolument connaître et chérir. Et attendons maintenant ensemble la suite des aventures de François Joubert-Caillet et de ses amis, en pariant qu’elle sera aussi instructive que belle.

Marin Marais Pièces favorites François Joubert-Caillet L'AchéronMarin Marais (1656-1728), Pièces favorites extraites des cinq livres des pièces de viole

François Joubert-Caillet, basse de viole
L’Achéron :
Andreas Linos & Sarah van Oudenhove (3 pièces), basse de viole
Miguel Henry, théorbe
Vincent Flückiger, guitare & archiluth
Philippe Grisvard, clavecin

Wunder de Wunderkammern1 CD [durée totale : 76’30] Ricercar RIC 364. Wunder de Wunderkammern. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Prélude en la mineur (IIIe Livre)

2. Feste champêtre (IVe Livre)

3. Couplets de folies (Manuscrit d’Édimbourg)

Illustrations complémentaires :

André Bouys (Hyères, 1656 – Paris, 1740), Marin Marais, sans date. Huile sur toile, Paris, Bibliothèque-musée de l’Opéra Garnier

La photographie de François Joubert-Caillet et de L’Achéron, tel que constitué pour ce projet des Pièces favorites de Marin Marais, est de Maïlis Snoeck.

Rappel discographique :

Marin Marais La Rêveuse Sophie WatillonMarin Marais, La Rêveuse et autres pièces de viole. Sophie Watillon u.a. Alpha 036. Wunder de Wunderkammern. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

30 Comments

  1. Bonjour cher Jean-Christophe
    Ah comme j’aime ces dimanches matin où je trouve ta chronique , car je sais que je vais passer un bon moment « chez toi » …………..
    J’ai choisi de ne pas aller sur Facebook avant de te lire, afin de te livrer mon émotion sans que personne ne me la souffle . Car il s’agit bien là d’émotion quand on écoute cette musique . C’est vraiment beau, j’ai écouté plusieurs fois les extraits, c’est difficile de s’en détacher …
    Les toiles sont magnifiques, j’aime beaucoup.
    Je te dis un sincère merci pour avoir illuminé un peu plus mon dimanche .
    Je t’embrasse très fort !

    • Bonsoir chère Tiffen,
      Je ne vais plus guère pouvoir me cacher d’être un chroniqueur du dimanche 😉 et je te confirme que je me sens plus chez moi sur ce blog que partout ailleurs. C’est une des raisons pour lesquelles je privilégie et privilégierai toujours ce lieu plutôt que les réseaux où tout passe si vite (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas d’efficaces outils de communication).
      Je suis heureux de savoir que ces pièces de Marin Marais t’ont touchée et que les tableaux ont bien joué leur rôle d’accompagnement et de prolongation — comme tu le sais, mes chroniques sont un tout.
      Je te remercie pour ton commentaire et t’embrasse bien fort.

  2. Quitter Charmes sur ce que tu donnes ici à entendre vaut bien la reprise de cette expression qui a si souvent jalonné nos discussions « quitter le bal sur un air favori ».
    Te dire mon goût qui remonte à bien loin pour ce musicien, et au delà, pour cette époque où les derniers feux de la Renaissance s’ouvraient sur des suites de baroque et de classicisme, avec ce ton si particulier que d’aucuns nomment austérité mais auquel je préfère concentration, ne t’apprendrait rien.
    Merci en tout cas pour ce prélude à un dimanche qui de ce fait sera moins gris et aussi pour ce parcours du musicien qui en peu de phrases le rétablit dans sa vérité.
    Je ne te remercie pas en revanche, pas plus que mon intendance (tu connais), de la dépense qui en découlera 😀 .
    Beau dimanche à toi, je t’embrasse cher Jean-X

    • Je connais bien, cher Henri-Pierre, cette intendance grondeuse qui s’alarme de ce que l’on dépense pour la musique, quand bien même on le fait de façon raisonnable.
      A toi qui aimes l’élégance et la concentration, ce Marais-ci devrait beaucoup parler, car ce sont des qualités qu’il possède au plus haut point, et je gage que certaines des pièces que je n’ai volontairement pas présentées ici pour les laisser découvrir aux acquéreurs du disque t’émouvront beaucoup (je pense, en particulier, au magnifique Tombeau de Mr de Sainte Colombe).
      Je suis heureux que ces musiques aient accompagné tes ultimes révérences d’avant-départ de Charmes vers des cieux sans doute plus cléments et je te remercie d’avoir pris le temps de m’adresser ce petit signe du bord du quai.
      Je t’embrasse et te dis à bientôt.

  3. PS. Bien sûr, nous attendons les autres accostages…

  4. Je lis ton beau billet, JC, alors que mon cher papa vient de nous quitter brutalement.
    Si je me permets de le mentionner ici – en toute discrétion, j’y tiens – c’est que tu sais le bonheur qu’il a toujours éprouvé à te lire et le profond respect qu’il avait pour ton travail. Il était resté, en silence et avec toute la modestie dont il savait faire preuve, l’un de tes fidèles lecteurs.
    Je te prie de bien vouloir pardonner ce commentaire tout à fait hors sujet. Peut-être vaut-il mieux ne pas le publier compte tenu de sa teneur trop personnelle ? Il n’apporte certes rien à ton billet ; je m’en remets donc à toi.
    J’ai toujours trouvé un infini réconfort ici. C’est le cas aujourd’hui encore et je tenais à te le dire ; ceci explique ces quelques mots.
    Merci JC. Avec ma sincère affection, je t’embrasse. Que cette fin de dimanche te soit douce.

    • Ton commentaire a tout à fait sa place ici, Ghislaine, et je le publie comme un hommage à la mémoire de ton papa. La nouvelle que tu me livres m’attriste profondément, car je sais qu’il était, au sens que cette expression avait au temps de Marin Marais, un honnête homme. J’ignorais le compter au nombre de mes lecteurs, mais ne doute pas que je penserai souvent à lui au fil des chroniques à venir.
      Je t’adresse, à toi et aux tiens, tous mes sincères sentiments de sympathie. Puisse la musique vous consoler autant que faire se peut de cette terrible perte.
      Je pense bien à toi et t’embrasse très affectueusement.

  5. Là, encore une heureuse fois, on se tait. On ne tend pas uniquement l’oreille — l’on écoute pleinement, happés aux entrailles. On écoute ces tendres quartiers à la saveur qui l’âme désaltère.
    Voilà « une généreuse mise en bouche » que nous offre effectivement ces musiciens engagés « sur ce chemin de longue étude »…
    Belle fin d’après-midi, ami J.-Ch.
    Je t’embrasse, ici aussi.

    • J’ai failli citer, dans le cours de mon billet, le titre d’une pièce de Tobias Hume qui invite justement l’auditeur à tendre l’oreille — Harke ! Harke ! – pour souligner combien l’art de François Joubert-Caillet ne se payait pas d’histrionisme mais exigeait, au contraire, de l’attention — sans doute aurai-je l’occasion d’y revenir dans le futur.
      Je te remercie pour ton retour, ami Cyrille, et je note avec un brin de malice que tu as été tellement happé que tu ne m’as pas fait la remarque de la tonalité de la pièce sur laquelle s’ouvre cette chronique 😉
      Je t’embrasse et te souhaite belle soirée.

  6. Bonsoir,
    J’ai acheté cette enregistrement il y a quelques mois et c’est vrai que c’est un magnifique disque de viole avec celui de Sophie Watillon. Je citerai aussi celui de Nima Ben David dans Couperin & Forqueray chez Alpha également qui une merveille. Et Vendredi, j’ai entendu en concert Vendredi Christophe Rousset, Atsushi Sakai & Marion Martineau qui viennent de sortir un disque Forqueray chez Aparté, c’était un moment d’émotion qui a emporté tout le public des Billetes présent, les violes ont chantés incroyablement pendant 1h30, c’était un concert unique comme je n’en ai rarement entendu malgré mes concerts fréquents.
    Merci pour votre blog
    Amicalement
    Pascal

    • Bonjour Pascal,
      J’ai entendu dire beaucoup de bien du concert Forqueray dont vous me parlez et j’espère que le disque, que j’attends pour les jours à venir, sera à la hauteur — je ne minimise naturellement pas l’importance des concerts, mais ils ne concernent hélas que les chanceux qui ont eu la chance d’y assister.
      J’aime beaucoup également le disque de Nima Ben David que vous mentionnez, mais il ne cadrait pas avec cette chronique et je ne l’ai donc pas cité. Je suis, de toutes façons, très amateur de viole de gambe et ce depuis un bon moment — merci à Jordi Savall.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous souhaite une belle journée.
      Bien amicalement.

  7. Pineau-Farge Nathalie

    14 février 2016 at 22:04

    Bonsoir Jean-Christophe,
    Voici un répertoire qui m’est plus familier que celui que vous me permettiez de découvrir dans l’une de vos précédentes chroniques ; néanmoins, c’est un interprète que je ne connaissais pas que vous mettez ainsi en lumière – à juste titre… On perçoit dans ces morceaux une belle maîtrise associée à l’émotion, et je suis toujours touchée par la « respiration » que l’on entend parfois dans les enregistrements, qui donne à ces derniers un tel sentiment de proximité à l’auditeur.
    Et puis, je me permets de vous dire ma belle surprise à la lecture du nom de ce musicien, dont je suppose, à son patronyme composé, qu’il est le fils de deux grands médiévistes qui jouèrent un rôle important pour moi ; l’un d’entre eux fut notamment le Professeur qui détermina le choix de mes études et me conforta dans l’affirmation de mes sensibilités esthétiques…
    Bien à vous, Nathalie

    • Bonjour Nathalie,
      Nous entendons la même chose dans cette interprétation et j’ai été, tout comme vous, touché par le sentiment de proximité qui s’en dégage. François Joubert-Caillet est indiscutablement un musicien à suivre et je demeure convaincu que sa concentration et son humilité lui permettront de durer dans ce milieu musical où tout est si compliqué.
      Je suis ravi que cette chronique vous ait reconduite vers votre propre histoire et vous suis reconnaissant d’avoir terminé votre commentaire sur une note personnelle que je trouve émouvante.
      Je vous remercie pour l’attention que vous accordez à mes publications et vous souhaite une bonne journée.
      Bien à vous.

  8. Voyons, ami J.-Ch, s’il est un fait que ton brin d’espièglerie n’est pas sans m’égayer souvent ; il en est un autre qui te contredira, je dois bien ici te le confesser. La tonalité du prélude du Troisième Livre avait été relevée. Si je n’ai rien indiqué sur ce sujet, c’est tout simplement parce que, avec le temps, je m’efforce de plus en plus à éviter de répétailler. Serait-ce que, les ans s’accumulant, je gagne en sagesse ? C’est, en tous les cas, à l’espérer 🙂
    Des bises pour accompagner ta semaine qui débute à peine…

    • Que veux-tu, ami Cyrille, je ne peux m’empêcher de faire ce genre de clin d’œil et je crois bien que le temps qui passe ne me rend pas plus sage sur ce point 😉
      Bon lundi à toi que j’embrasse.

  9. Ces pièces méditatives me charment et ce Watteau… Oh combien…

    La viole de gambe m´accompagne souvent dans mes écoutes à des moments précis de ma vie et ce disque va certainement occcuper une place importante dans ma bibliothèque, je le sens.

    Bien à vous. Chantal

    • Parmi mes instruments préférés, la viole de gambe occupe, comme les claviers anciens, une place privilégiée et je suis toujours sensible aux projets qui la mettent en valeur. Inutile de vous dire à quel point celui-ci m’a intéressé et combien je vais suivre, si je n’en suis pas empêché par tel ou tel accident, l’aventure de cette intégrale Marin Marais qui se profile.
      Merci pour votre mot, Chantal.
      Bien à vous.

  10. j’aime ce nom de Wunderkammern 😉

  11. Milena Hernandez

    15 février 2016 at 15:01

    Cher Jean-Christophe,
    Tous les commentaires que je viens de lire, à la suite de votre chronique, vous ont déjà persuadé de l’intérêt de votre choix. Ces extraits sont très beaux et je viens de les réécouter après avoir fait un petit tour de diverses interprétations des folias. Il y a un adjectif qui me vient, à propos de l’interprétation de François Joubert-Caillet, c’est « grave », peut-être est-ce ce que vous nommez « pur » et « concentré ». Je me garderai bien d’établir une hiérarchie entre les gambistes que j’ai entendus, tous me touchent mais diversement, c’est vrai. Le tableau de Watteau, dans lequel on « remise » un Louis XIV, mort cinq ans plus tôt mais sous le règne duquel Marin Marais avait publié ses trois premiers livres, est particulièrement bien choisi. Belle semaine musicale et personnelle, amitiés, Milena.

    • Chère Milena,
      L’adjectif « grave » que vous employez définit fort bien l’impression qui se dégage de l’interprétation de François Joubert-Caillet et je subodore que c’est pour cette raison que je m’y suis immédiatement attaché — je crois que je ne me referai définitivement pas sur ce point –; d’autres approches, plus extraverties, sont tout aussi recevables et je ne saurais, par exemple, me passer de la version enflammée des Folies par Sophie Watillon (qui suit le texte définitif du Livre II) qui me laisse pantois d’admiration à chaque écoute — et il y en a eu beaucoup. Aussi, tout comme vous, me refusé-je à hiérarchiser et suis-je accueillant pour toutes les lectures qui ont quelque chose à nous dire sur cette merveilleuse musique.
      Votre remarque sur le tableau de Watteau (je regrette qu’il n’en existe aucune bonne reproduction en grand format sur Internet) m’a grandement réjoui, car vous avez deviné une des raisons principales de mon choix; je mets toujours un point d’honneur à proposer des tableaux qui « cadrent » (si j’ose dire) avec les musiques et ne suis jamais aussi content que lorsque les correspondances que je me suis évertué à tisser sont perçues.
      Pour ceci et pour l’attention que vous portez à mes chroniques, je vous adresse un bien sincère merci.
      Que cette semaine soit belle pour vous sur tous les plans.
      Bien amicalement.

  12. Michelle DIDIO

    15 février 2016 at 17:06

    Merci, Jean-Christophe pour cette merveille qui est le début d’une aventure musicale consistante. J’apprécie cette première escale avec ses extraits musicaux qui donnent une idée de la qualité de l’oeuvre de Marais, ici analysée, ce chant profond « proche de la voix humaine » comme vous l’écrivez, ainsi que celui des musiciens que vous nous présentez.
    Je vous souhaite un dimanche harmonieux.

    • Une aventure qui va sans doute se prolonger durant cinq années, Michelle, et qui n’a pas probablement pas fini de nous tenir en haleine compte tenu du talent des musiciens qui y sont impliqués. Il y a encore beaucoup à entendre, dans toutes les acceptions de ce verbe, chez Marin Marais, que nous croyons bien connaître et qui nous échappe sans doute en partie; ce travail presque encyclopédique est donc particulièrement bienvenu.
      Merci pour votre retour et belle suite de semaine à vous.

  13. Pour le moment je reste à quai et attends le prochain débarquement. Je pouvais espérer trouver un accent circonstancié, un chapeau pointu et devant ta perplexité je n’ose pas dire que j’ai touché le pompon …. et pourtant, c’est aussi toute la musique que j’aime 😉

    • Avec ou sans filet, chère Vigie, voici une traversée pour laquelle on embarque bien volontiers en espérant qu’elle nous conduira à bon port. Avoue que l’équipage à fière allure et qu’en dépit de son jeune âge, il navigue au large avec l’assurance d’un vieux loup de mer. Souhaitons-lui bon vent 😉

  14. Gaulard Bénédicte

    4 mars 2016 at 15:18

    Cher Jean-Christophe,
    Marin Marais a longtemps été pour moi, comme Charpentier par ailleurs, synonyme des fastes de Versailles…puis, Pascal Quignard m’a fait découvrir Sainte-Colombe et ce beau contexte souvent galvaudé au profit des fastes royaux…Aussi, je suis ravie de pouvoir aller plus loin dans ma découverte de Marin Marais et surtout, de lire et d’écouter…merci pour ces espaces de beauté et de sérénité, cher Jean-Christophe !

    • Chère Bénédicte,
      Pour moi, Marais représente plutôt le Versailles intime, secret, loin des fastes imposés par l’étiquette et c’est sans doute pour cette raison que je me suis plus attaché à sa musique qu’à celle de certains autres, comme Lully, que je trouve plus « extérieure. » Je suis, tout comme vous, un enfant de Tous les matins du monde, le livre (Quignard reste un de mes auteurs contemporains de prédilection) puis le film qui m’a donné l’envie d’en entendre plus. J’attends beaucoup de cette intégrale à venir et je suis certain que François Joubert-Caillet ne me décevra pas.
      Je vous souhaite un bon dimanche et vous adresse de bien amicales pensées.

  15. Je m’aperçois que je n’avais pas laissé de commentaire sur cette chronique qui ne m’avait pas échappée à sa parution. Fan de François Joubert-Caillet, dont j’ai déjà plusieurs cds, j’ai acquis celui-ci depuis peu et je me régale en l’écoutant. Et me voilà revenue ici pour relire avec plaisir ton billet.

    • Avec quelques autres, François Joubert-Caillet fait partie de ces musiciens qui me font espérer que l’on peut se faire remarquer aujourd’hui juste pour son talent et non pour son aptitude à communiquer de façon tapageuse. Cette anthologie consacrée à Marin Marais est une jolie réussite, gageons qu’elle augure bien de l’intégrale à venir (je te laisse imaginer mon impatience).
      Merci pour ton mot, Clairette, et beau dimanche au soleil.

Comments are closed.

© 2018 Wunderkammern

Theme by Anders NorenUp ↑