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Trouvailles pour esprits curieux

La forge des passions. Li due Orfei par Angélique et Marc Mauillon

Diego Velázquez La Forge de Vulcain

Diego Velázquez (Séville, 1599 – Madrid, 1660),
La Forge de Vulcain, c.1630
Huile sur toile, 223 x 290 cm, Madrid, Musée du Prado

 

La période qui, en Italie, court du dernier quart du XVIe siècle aux quarante premières années du suivant, fait probablement partie des plus passionnantes dans l’histoire des arts, en particulier des deux qui nous occupent essentiellement ici, la musique et la peinture ; elle voit l’éclosion de décennies de recherches et de tâtonnements visant à exprimer les passions de l’âme humaine de façon toujours plus individualisée et efficace tout en préservant l’énergie insufflée au monde des idées par la démarche humaniste. Si les deux figures centrales de cette époque d’effervescence sont incontestablement, si l’on en juge par l’impact qu’eurent leurs œuvres, Claudio Monteverdi et Le Caravage, ces deux révolutionnaires ne sont naturellement pas tombés du ciel et il suffit d’observer d’un peu plus près ce moment du temps à la liberté fascinante pour s’apercevoir qu’il est littéralement constellé de personnalités remarquables.

Giulio Caccini et Jacopo Peri, tout autant que Monteverdi, contribuèrent à engager l’art musical dans la voie de ce que nous appelons aujourd’hui la modernité ; pourtant, le geste qui les animait était éminemment rétrospectif, puisque leur objectif avoué était de ressusciter la musique de cette Antiquité idéalisée et par là-même inaccessible qui les faisait tant rêver et dont ce qui ne s’appelait pas encore l’archéologie faisait régulièrement, à l’instar des érudits qui, durant les siècles précédents, avaient fait sortir les manuscrits des monastères, remonter des vestiges à la surface d’une terre qui en semblait toujours plus prodigue. La figure d’Orphée, qui donne son titre au récital d’Angélique et Marc Mauillon, eut très tôt la faveur des humanistes (je renvoie le lecteur curieux à la présentation du disque du Miroir de Musique sur le même sujet) à cause de sa charge symbolique ; il est, en effet, celui dont la science parvient à charmer les bêtes sauvages personnalisant les forces brutes de la barbarie, mais également celui qui ramène ce que l’on croyait mort à la lumière du jour ; au fond, tout humaniste est un Orphée auquel on aurait permis et même enjoint de se retourner pour mieux admirer les beautés du passé en éprouvant, dans le même mouvement, un intense serrement de douleur nostalgique devant la certitude que ce temps heureux ne reviendrait pas.

Josias Murer II Orphée charmant les animauxSi leur extraction comme leur parcours opposaient Caccini, fils de charpentier, et Peri, prompt à revendiquer une noble ascendance florentine, tous deux se firent remarquer par leur capacité toute orphique à chanter en s’accompagnant avec un instrument à cordes pincées, luth ou chitarrone, les qualités vocales du premier ayant, si l’on en croit les témoignages contemporains, dépassé en sensibilité celles du second, qui se distinguait plutôt par le caractère savant de ses exécutions ainsi que par sa virtuosité aux claviers. Dans leur volonté de restaurer la puissance expressive de la parole telle qu’elle irriguait la tragédie antique, en particulier grecque, les deux hommes qui se côtoyèrent très probablement au sein de la progressiste Camerata florentine qui se réunissait chez Giovanni Bardi depuis 1573, cercle de réflexion autant que musical, en arrivèrent à la conclusion que la polyphonie qui constituait alors la norme était impropre à servir leur dessein, car elle ne favorisait pas assez l’intelligibilité du texte ; le recitar cantando, ou monodie accompagnée, pouvait alors prendre son envol. Ces Nuove Musiche, pour reprendre le titre des deux ouvrages à la fois anthologiques et théoriques, car assortis de préfaces visant à expliquer sa démarche, publiés par Caccini en 1602 et 1614, qui libèrent la voix en lui permettant une plus grande variété d’ornements et font glisser la polyphonie vers la basse continue, constituent une véritable révolution dont les ferments vont donner naissance à l’opéra, un genre dans lequel Peri va brillamment s’illustrer quand son rival sera plus constamment préoccupé de la monodie, puisqu’on lui doit Euridice (octobre 1600), le premier essai intégralement conservé dans un genre promis à un bel avenir. Il est particulièrement intéressant de noter que l’unique recueil de monodies conservé de Peri, les Varie Musiche (1609, augmenté en 1619), ne comporte pas de préface, comme si le compositeur souhaitait laisser à son aîné la tâche de formaliser une invention qui était peut-être regardée comme la sienne. Traversés par le souci constant de cacher l’art sous un air de décontraction soigneusement étudié afin de donner l’illusion du naturel, cette fameuse et intraduisible notion de sprezzatura créée par Baldassare Castiglione, ces airs ouvrent une nouvelle ère dans la traduction des passions en musique, centrée sur le pouvoir qu’ont les mots, lorsqu’ils sont efficacement mis en valeur, de toucher l’auditeur au cœur. Parlait-on encore des deux Orphée rivaux lorsque Diego Velázquez arriva à Rome, sans doute à l’automne de 1629 ? Caccini était mort depuis plus de dix ans et il restait à Peri à peine trois années à vivre. La Forge de Vulcain, qui date du premier séjour dans la ville éternelle du peintre de Philippe IV, nous parle pourtant également du pouvoir de la parole, celle d’Apollon venu apprendre son infortune au divin forgeron, l’artiste ayant justement choisi d’immortaliser l’instant où la profération de la nouvelle déclenche chez les personnages présents une palette d’émotions variées, rendues avec une acuité saisissante par le maître espagnol.

Le récital que nous offrent Angélique et Marc Mauillon, sœur harpiste et frère chanteur au talent reconnu dans le monde de la musique ancienne, est de très grande qualité. On y goûte aux charmes d’une voix d’une grande souplesse, à l’articulation nette et au phrasé précis, qui connaît les exigences techniques propres à ce répertoire et les affronte avec vaillance, trouvant un soutien sans faille chez une partenaire qui sait utiliser toutes les ressources de son instrument pour varier les atmosphères, soulignant ici une dissonance, inventant là une couleur afin de mieux illustrer le discours, et dont les trois interventions en soliste ne sacrifient jamais les dynamiques au raffinement pourtant bien réel qu’elles donnent à entendre. La complicité entre les deux interprètes est évidente et leur prestation dégage un fort sentiment d’unité ; ils ont choisi d’aborder ces pièces avec une noblesse de ton et une élégance totalement cohérentes avec la distinction du milieu humaniste qui les a vu éclore, Angélique et Marc Mauillon © Jean-Baptiste Millotune optique parfaitement justifiée même si l’on aurait pu souhaiter ponctuellement un soupçon de théâtralité supplémentaire — comment ne pas avoir à l’esprit les effets de clair-obscur parfois accusés qui naissaient du pinceau du Caravage au moment où ces œuvres étaient composées ? Ce qui, à mes yeux, demeure particulièrement frappant et attachant dans cette lecture est son ton très personnel qui signe une véritable volonté d’appropriation de la musique, dont les enjeux ont visiblement été, au-delà de l’étude, intériorisés jusqu’à ce que le rendu semble aussi naturel que possible s’agissant de musiques qui ont plus de quatre cents ans d’âge. Il y a du « grain » et de la densité dans cette réalisation, de la sensualité et parfois une indicible mélancolie qui la font s’évader loin des conventions du genre vers un ressenti plus proche, plus simple, plus humain.

Voici donc une anthologie de fort belle facture qui donne à entendre un répertoire aux implications historiques passionnantes dont on peut dire qu’il n’est pas sur-représenté au disque comme au concert en dépit des nombreuses beautés qu’il recèle. N’est-ce pas une excellente raison supplémentaire de succomber à l’enchantement que nous proposent les deux Orphée d’hier et d’aujourd’hui ?

Li due Orfei Marc Mauillon Angélique MauillonLi due Orfei, œuvres vocales de Giulio Caccini (1551-1618) et Jacopo Peri (1561-1633), instrumentales de Luzzasco Luzzaschi (c.1545-1607) et Alessandro Piccinini (1566-1638)

Marc Mauillon, chant
Angélique Mauillon, harpe double

1 CD [durée totale : 57’11] Arcana A 393. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Giulio Caccini : Odi, Euterpe

2. Jacopo Peri : Al fonte, al prato

3. Giulio Caccini : Mentre che fra doglie e pene

4. Jacopo Peri : Tu dormi, e ‘l dolce sonno

Illustrations complémentaires :

Josias Murer II (Zurich, 1564 – 1630), Orphée charmant les animaux, c.1600. Encre noire et lavis brun sur papier, 22,9 x 19,6 cm, Los Angeles, The J. Paul Getty Museum

La photographie d’Angélique et Marc Mauillon est de Jean-Baptiste Millot.

22 Comments

  1. Fermer les yeux et se laisser envahir par cette musique et par cette voix toutes deux magnifiques. 
    Une rubrique toujours aussi riche et agréable à lire. 
    Le tableau est une merveille.
    L’illustration à l’encre noire est très belle.
    Voici tous les ingrédients pour embellir notre dimanche  !! 
    Un bien sincère merci cher Jean-Christophe…
    Je t’embrasse très fort. 
    Ps : un rhume qui embrume mon cerveau m’empêche de faire plus long. Mais je t’assure que le plaisir que j’ai pris à lire et à écouter est immense.

    • Chère Tiffen,
      En lisant ton commentaire, je me suis pris à penser que tu aurais presque pu l’intituler « la recette du dimanche » et j’en ai souri. Tu vois, même enrhumée, tu parviens à faire souffler ici un vent de fraîcheur bien agréable.
      Je t’en remercie, te souhaite une prompte guérison, et t’embrasse bien fort.

  2. Michelle Didio

    6 mars 2016 at 12:02

    Vous savez donner de la chair à vos publications et celle-ci n’en manque pas, que ce soit par le choix des forges de Vulcain ou l’allusion au Caravage que celui de ces deux voix qui sont bien incarnées. De plus, vous nous offrez deux chroniques en une et j’ai eu autant de plaisir à lire la seconde, à laquelle vous faites référence dans la presentation du chant orphique, que la première. Le parallèle que vous faites entre les deux musiciens, Caccini et Pieri, est très instructif et bien vivant. Ce sont ici, mes premières impressions, « à chaud » . Je vais prendre le temps nécessaire pour tirer  » la substantifique « moëlle » de vos écrits qui le méritent grandement. Merci pour ce voyage en Italie, pays que je connais trop peu et pour lequel j’ai une tendresse particulière.

    • Il est très important pour moi, Michelle, de ne pas limiter mes chroniques à des exercices scolaires qui, je crois, rebuteraient les lecteurs; je tente de raconter une histoire et la rivalité entre Caccini et Peri sur fond d’Italie en plaine ébullition artistique m’en a fourni une si belle occasion que je m’en serais voulu de la laisser passer — et, entre nous, c’est une période de l’histoire des arts qui m’est particulièrement chère.
      Je suis heureux que cette chronique florentine vous ait permis de voyager un peu dans l’espace et dans le temps et j’espère que les découvertes qu’elle vous fera encore faire vous intéresseront.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous souhaite une bonne fin de soirée.

      • Michelle Didio

        7 mars 2016 at 11:59

        Merci pour votre réponse. J’attends avec impatience la prochaine histoire et vous souhaite une très agréable semaine. Amitiés.

        • Je suis d’ores et déjà en train d’y travailler et aussi d’y rêver un peu, Michelle.
          Je vous remercie pour vos encouragements et vous souhaite une belle semaine.
          Amicales pensées.

  3. Voilà un article qui parle à tous, et parlera plus particulièrement encore à un certain nombre de par sa symbolique orphique.
    Les deux musiciens en présence, aux liens fraternels, proposent un voyage lumineux. Belle voie qu’on aurait tort de ne pas emprunter en ces temps si tourmentés…
    Par ailleurs, je retrouve avec plaisir cette Forge de Vulcain : écho d’une tienne carte reçue un jour de mai 2015, à l’issue d’un séjour parisien que tu fis rendant visite à Velázquez 😉
    Heureux après-midi dominical, mon ami. Je t’embrasse.

    • Ce répertoire passe souvent pour difficile, ami Cyrille, et je suis donc ravi de lire que tu trouves que cette chronique lui rend justice à peu près correctement; j’espère qu’elle incitera quelques lecteurs à aller y écouter de plus près, car il en vaut vraiment la peine.
      Cette Forge de Vulcain m’a tellement impressionné lors de ma visite de l’exposition consacrée à Velázquez au Grand Palais que je m’étais juré de la mettre à l’honneur dans une chronique; le moment m’a semblé idéal avec ces œuvres dont le verbe est le cœur.
      Je te remercie pour ton commentaire et t’embrasse en te souhaitant une belle semaine.

  4. Nathalie Pineau-Farge

    6 mars 2016 at 21:36

    Bonsoir Jean-Christophe,
    J’ai beaucoup apprécié votre chronique : je me retrouve vraiment dans cette période musicale – alors que le XIXe siècle, ma période de spécialisation en histoire de l’art, finalement, me plaît assez peu sur le plan de la composition et de l’interprétation…
    Et puis, une nouvelle fois, l’iconographie que vous avez choisie a « fait écho » en ce qui me concerne : j’ai parlé en cours, vendredi dernier, de Velázquez et de son voyage de 1629 !! Quant au portrait de Cosme Ier en Orphée, qui sert de jaquette au CD, je l’ai évoqué il y a quelques semaines (et j’avoue qu’il me fait plutôt sourire…). Merci encore, et bonne fin de week-end.

    • Bonjour Nathalie,
      L’époque à laquelle ces œuvres ont été composées est proche de celle dans laquelle je me suis spécialisé et je vous avoue que je prends toujours énormément de plaisir à écrire sur elle. Je vous trouve un peu sévère avec « votre » XIXe siècle qui recèle tant de belles choses dans le domaine de la musique, mais qui sont hélas souvent interprétées avec trop de sentimentalisme pour convaincre.
      Je suis évidemment ravi des croisements iconographiques entre cette chronique et votre travail; il y aurait beaucoup à dire sur la Forge de Vulcain, mais je me suis volontairement contenté d’effleurer une des pistes de lecture possibles afin de ne pas alourdir mon propos. Il s’agit, en tout cas, d’une composition magistrale.
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre commentaire et vous souhaite une belle semaine.

  5. Milena Hernandez

    8 mars 2016 at 00:53

    Cher Jean-Christophe,
    j’avais moi aussi admiré la Forge de Vulcain au Grand Palais l’an dernier mais j’y avais ressenti plus de violence que dans les généreux extraits que nous pouvons entendre tout en lisant votre chronique. J’aime beaucoup le timbre de Marc Mauillon dans ce disque, un timbre qui correspond tout à fait, selon mon goût, à ces airs et à la langue italienne dans un dialogue raffiné avec la harpe. Ne connaissant ni Caccini ni Peri j’ai particulièrement apprécié vos savants et nécessaires commentaires pour ressentir pleinement la beauté de cette musique.
    C’est donc à une agréable découverte que vous avez convié une lectrice assidue et reconnaissante. Bonne semaine, amitié, Milena.

    • Chère Milena,
      Il est certain qu’il y a de la violence dans cette Forge de Vulcain, car la situation qu’immortalise le tableau l’est quand on l’allège de son vernis mythologique; ce sentiment est également présent dans les airs de Caccini et Peri, quand bien même il est vu au travers d’une élaboration artistique qui contribue à le distancier (le peintre procède de même, notamment en ne donnant à aucun personnage des traits trop outrés). Marc Mauillon abonde dans ce sens avec une lecture pleine de noblesse que j’ai beaucoup goûtée en dépit de la minime réserve exprimée quant à son léger manque de dramatisme; ce répertoire « de transition » (j’emploie des guillemets car cette expression certes pratique ne signifie pas grand chose) m’intéresse depuis longtemps, tout comme l’univers du madrigal que je retrouve toujours avec plaisir (et tant pis pour ceux qui me croient encore ennemi des arts italiens).
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous prie de bien vouloir excuser le retard avec lequel je vous réponds.
      Amitiés.

  6. Tout est dit. Il me reste le cœur battant comme un soufflet de forge et quelques gouttes d’eau pour refroidir la lame.

  7. Gaulard Bénédicte

    13 mars 2016 at 14:38

    Cher Jean-Christophe, votre contribution m’a comblée, et j’ai lu et écouté à plusieurs reprises cette semaine. J’ai pris l’habitude, dans la solitude du soir, de terminer la journée avec quelques extraits choisis par vous et/ou d’autres amis, et c’est devenu un petit rituel, en quelque sorte…Oui, j’aime l’Italie que vous avez présentée, et ces voix joyeuses et vivifiantes. Et…j’ai regardé d’un oeil neuf cette Forge de Vulcain, que j’ai toujours trouvée « masculine »…mais, grâce au croisement entre le texte et la musique, Apollon finalement se révèle tout autre au milieu des forgerons ! Merci, cher Jean-Christophe, et j’espère que tout va bien de votre côté.

    • Chère Bénédicte,
      Votre commentaire me fait doublement plaisir, car non seulement il m’apprend que votre regard sur la Forge de Vulcain a évolué – et je suis toujours si heureux, pour ma part, lorsque des perspectives nouvelles se dessinent au sujet d’œuvres que je croyais bien connaître que je suppose qu’il en va de même pour autrui –, mais il lève un coin du voile sur la façon dont vous lisez les chroniques que je propose; on ignore généralement tout à ce propos et je trouve que c’est un beau cadeau d’en savoir un peu plus. Je vous remercie donc bien sincèrement pour votre commentaire et vous dis à bientôt.

  8. J´aime cette relation musique-peinture que vous nous présentez.
    Le choix de la « Forge de Vulcain » pour présenter ce CD est des plus approprié.
    Je sens que vous aimez Velázquez.
    C´est un de mes tableaux phare.
    Comme Velázquez sait nous faire partager surprise, interrogation, émotion dans leur attitude même.
    Je retourne toujours à Velázquez.
    Eloge à votre magnifique chronique.
    Somptueuse voix aux accents chauds.
    Merci Jean-Christophe.

    • La relation entre peinture et musique est au cœur de ce que je propose, Chantal, et je passe toujours beaucoup de temps à choisir les illustrations de chacune de mes chroniques; à l’écoute de ce disque, l’idée de la Forge de Vulcain s’est néanmoins imposée assez rapidement, tant ce tableau était présent à mon esprit depuis que je m’étais longuement arrêté devant lui lors de l’exposition consacrée à Velázquez au Grand Palais en 2015. Vous avez deviné juste : j’aime beaucoup ce peintre et je dirais même que plus je l’interroge et plus il me retient, comme le font Grünewald, Dürer, Ruisdael, Valentin, Corot ou Caillebotte, pour ne citer que quelques noms qui me sont chers.
      Je vous remercie pour votre attention et votre commentaire.

  9. Très intéressante et pertinente « conversation » d’art, d’un moment de l’art.
    Un moment oui, symbolisé comme tu le dis par la détresse des retours en arrière qui dans nos avancées nous disent l’impermanence de tout.
    J’aime chez ce Velàzquez les tensions très humaines exprimées par, chacun à sa manière, les protagonistes d’un univers pourtant hors de la sphère humaine.
    Comme ces musiques que tu nous proposes qui bien que savantes ont des échos, à mon sens, populaires au bon sens du terme. Élévation sans élitisme.

    • Je trouve que l’alliance de la Forge de Vulcain et de ces airs fonctionne assez bien, sans doute parce que leur propos est le même : illustrer la puissance de la parole, une idée qui se trouve aussi bien dans les idéaux de l’humanisme que dans les préoccupations de la Contre-Réforme, donc au cœur de la période historique évoquée dans cette chronique.
      Je m’étais juré de mettre un jour à l’honneur ce tableau de Velázquez, je suis heureux que ce disque m’ait permis de le faire.
      Merci pour ton commentaire.

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