Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Le salon du négligé. Mélodies et Sonates pour violon et piano de Benjamin Godard

Gustave Caillebotte Jeune homme à la fenêtre

Gustave Caillebotte (Paris, 1848 – Gennevilliers, 1894),
Jeune homme à la fenêtre, 1875
Huile sur toile, 117 x 82 cm, Collection particulière

 

Porté par son projet ambitieux de donner l’image la plus exacte et donc la plus diverse possible de la musique romantique française, cet adjectif devant se comprendre dans une acception chronologique large (de 1770 à 1930 environ), le Palazzetto Bru Zane s’est fait une spécialité d’exhumer des compositeurs dont la postérité ne se résumait parfois qu’à une poignée de lignes dans des ouvrages spécialisés ; ont ainsi ressurgi des oubliettes de l’histoire Théodore Dubois ou Félicien David, et on ne doute pas que d’autres surprises sont en préparation. Le festival organisé à Venise en ce mois d’avril 2016 met à l’honneur un nouveau méconnu, Benjamin Godard, dont je n’avais personnellement jamais entendu la moindre note avant la parution, au printemps dernier chez Timpani, d’un disque malheureusement décevant (comprendra-t-on un jour que jouer ce type de musique de façon appuyée, sur-vibrée et vaguement sentimentale la dessert terriblement ?) rassemblant ses trois quatuors à cordes ; mon goût pour la musique de chambre et la mélodie a fini par avoir raison des quelques réticences provoquées par ce premier rendez-vous manqué et m’a donné l’envie de me pencher plus avant sur deux nouveautés discographiques.

Benjamin Godard est l’exact contemporain d’un des plus attachants peintres impressionnistes, Gustave Caillebotte ; tous deux étaient parisiens et fils d’un milieu suffisamment aisé pour leur permettre de cultiver leurs prédispositions artistiques en suivant l’enseignement de maîtres renommés ; tous deux moururent avant d’avoir atteint cinquante ans. L’essentiel des comparaisons s’arrête ici, et si Gustave douta toujours de ses capacités, on fit souvent le reproche à Benjamin d’accorder trop de confiance aux siennes. Il faut dire que ses dons précoces pour le violon, fortifiés entre autres auprès d’Henri Vieuxtemps, puis son beau parcours au Conservatoire dans la classe d’Henri Reber, malgré deux échecs au concours du prix de Rome, Benjamin Godard Un coin de la propriété de Vieuxtemps près de Francfortavaient de quoi lui conférer une certaine assurance. Très actif dans le domaine de la musique de chambre, ce qui n’allait pas naturellement de soi à l’époque et lui valut la bienveillance de la Société Nationale de Musique aux activités de laquelle il participa aussi bien en qualité de compositeur que d’interprète, c’est néanmoins sa symphonie dramatique Le Tasse qui lui apporta une reconnaissance officielle en lui permettant d’obtenir le Prix de la Ville de Paris en 1878. Mais à l’instar de tous ses contemporains, la gloire ne pouvait venir pour lui que de l’opéra, genre auquel il se consacra assidûment dès 1880 sans y rencontrer le succès qu’il escomptait puisque, suprême ironie, des six ouvrages lyriques qu’il composa, le seul qui le lui offrit fut La Vivandière, créée en avril 1895, quatre mois après la mort de Godard, une partition dont la résurrection montpelliéraine de 2013 n’a pas, c’est le moins que l’on puisse dire, suscité l’enthousiasme.

Les quatre sonates pour violon et piano pourraient presque être regardées comme des juvenilia, puisque datant respectivement de 1866 (n°1 en ut mineur op. 1), 1867 (n°2 en la mineur op. 2), 1869 (n°3 en sol mineur op. 9) et 1872 (n°4 en la bémol majeur op. 12), elles sont l’œuvre d’un musicien quittant tout juste l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte ; notons au passage qu’il fallait un certain panache, compte tenu du contexte de l’époque qui n’accordait pas une place d’honneur à ce genre, pour entamer une carrière de cette façon. Il ne fait guère de doute que les premiers maîtres de Godard, l’Allemand Richard Hammer et le Belge Henri Vieuxtemps, lui firent découvrir et apprécier le répertoire chambriste si prisé dans les pays germaniques, puis que Reber, qui en était également un ardent défenseur, prolongea leur action auprès de celui qui était, au moment de la genèse des opus 1 et 2, son élève au Conservatoire. Que nous apprennent ces partitions ? Si elles attestent incontestablement de l’influence de Beethoven, Mendelssohn et surtout Schumann, les deux premières ne sentent néanmoins jamais l’exercice d’école et se placent sous le signe d’une fougue toute romantique qui s’exprime parfois de façon péremptoire, Benjamin Godard 1882ut mineur oblige, dans la concise Sonate op. 1 dont on retiendra particulièrement l’Andante à la fois ombreux et ardent qui n’oublie cependant pas de s’éclairer d’un sourire, tandis que sa cadette en la mineur op. 2, sans renoncer aux élans fiévreux, joue plus volontiers la carte d’un lyrisme qui ponctue le mouvement liminaire justement noté appassionato et imprègne le fervent Andante quasi adagio hésitant entre espoir et abattement, la détente l’emportant dans un Allegro final quelque peu anodin. Les deux autres sonates affichent des ambitions plus élevées. L’opus 9 en sol mineur, qui s’émancipe de la forme traditionnelle en adoptant une coupe en cinq mouvements avec l’adjonction d’un Intermezzo avant le Finale, s’ouvre dans un climat fauréen qu’il va conserver tout au long d’un premier mouvement qui oscille en permanence entre mystère et affirmation sur un fond d’inquiétude (c’est, à mon sens, une des très belles réussites de Godard) que tente de dissiper le Scherzo sans y parvenir totalement avant que se déploie la poésie parfois éperdue et souvent rêveuse de l’Andante ; l’Intermezzo, tout en demi-teintes, a tendance à faire ressurgir un trouble qui ne trouve sa résolution que dans l’Allegro conclusif qui essaie de s’étourdir dans la danse. Seul à adopter le mode majeur, l’opus 12 en la bémol affiche dans son Vivace ma non troppo liminaire une volonté d’ampleur parfois presque orchestrale ; son Scherzo souvent menaçant conduit à un Andante d’une belle inspiration, à la fois tendre et pudique, dans lequel quelques harmonies suspendues peuvent, là encore, faire songer à Fauré sans toutefois son caractère insaisissable, qui s’enchaîne à un Allegro molto dont l’énergie vitale, à force d’exhortations au courage, finit par disperser les lambeaux d’ombre qui s’attardaient encore en son début.

Benjamin Godard n’aimait pas beaucoup le terme de mélodie qu’il évita d’ailleurs soigneusement d’employer pour désigner les siennes, ce qui ne l’empêcha pas d’en laisser un imposant catalogue riche de plus de 160 pièces. Cet ensemble nous offre de son auteur une image plus kaléidoscopique que celle que laissait deviner les sonates pour violon et piano. Tout à fait intéressante est, par exemple, la façon dont il mit en musique, en 1872, un choix de Fables de La Fontaine, en insistant sur leur pittoresque qu’il sut mettre en valeur avec un vrai sens du théâtre et un humour absolument délicieux (le début de Le Coche et la mouche est tout à fait révélateur de cette manière). Ce regard vers le passé, très à la mode en ce dernier quart du XIXe siècle, le conduisit également à produire les Nouvelles Chansons du vieux temps (1874) en s’efforçant à demeurer le plus sobre possible ; Hôtel où séjournait Benjamin Godard à Cannesle résultat est plein de fraîcheur mais parfois un peu pâle et l’on se demande si ces aimables vignettes parvenaient réellement à retenir durablement l’attention du compositeur. Cette question ne se posa visiblement pas lorsqu’il se trouva face aux textes de Théophile Gautier (Le Banc de pierre) ou de Victor Hugo (Je ne veux pas d’autre chose, Dieu, qui sourit et qui donne, Guitare, Chanson, Message) qui lui inspirèrent des mélodies dans lesquelles il dévoila un vrai instinct de coloriste capable de varier son nuancier de façon extrêmement subtile afin de souligner un mot ou de suggérer une atmosphère. Soulignons enfin que sa recherche de l’expression le conduisit à porter une attention particulière aux textes, soit en en écrivant certains lui-même (le beau Te souviens-tu), soit en intervenant sur ceux qu’il avait retenus, comme L’Invitation au voyage de Charles Baudelaire qu’il aménagea pour mieux servir une vision bercée et fluide exempte de toute lueur tragique, loin de l’élaboration de Duparc sur le même poème.

Tassis Christoyannis © Chryssa NikoleriLes deux disques publiés par le label Aparté en collaboration avec le Palazzetto Bru Zane éclairent de façon passionnante cette figure longtemps ignorée de la seconde moitié du XIXe siècle. Habitué des projets documentant la mélodie, puisqu’il a déjà gravé un choix de celles de Félicien David ainsi que la totalité de la production d’Édouard Lalo dans ce domaine et qu’il se murmure qu’il honorera bientôt Camille Saint-Saëns, le baryton Tassis Christoyannis offre une nouvelle démonstration des affinités qu’il entretient avec un genre dans lequel il est toujours difficile de réussir pleinement tant il est délicat de parvenir à atteindre un équilibre satisfaisant entre le raffinement d’une forme pensée pour le public sinon connaisseur, du moins toujours exigeant, des salons et l’investissement dramatique indispensable pour que ces miniatures prennent pleinement vie et ne sombrent pas dans le piège du convenu ou du mièvre. Soutenu par un fin connaisseur des exigences de ce répertoire, le pianiste Jeff Cohen, partenaire à part entière par son jeu à la fois subtil et dynamique, la qualité de son écoute et son inné de la relance, et non simple accompagnateur au sens restrictif que ce terme pourrait revêtir, le chanteur trouve le ton juste pour rendre justice aussi bien à l’humour et aux effets théâtraux des Six Fables de La Fontaine (un des temps forts de cette anthologie) qu’aux atmosphères élégiaques ou tendres du Banc du pierre ou de L’Invitation au voyage, à la sensualité de Je ne veux pas d’autre chose ou d’Elle, à la légèreté de Printemps ou de l’espiègle Jacotte. On pourra certes être parfois gêné par des syllabes un peu trop colorées (« le bois » devient ainsi « les bois ») ou quelques menues scories de lisibilité, Jeff Cohenmais l’investissement de Tassis Christoyannis, même s’il ne parvient pas à masquer les inégalités d’un cycle comme les Nouvelles chansons du vieux temps, est tout de même nettement préférable à des approches peut-être plus irréprochables linguistiquement mais plus artificielles et précieuses, deux écueils qui nous sont heureusement épargnés ici.

Nicolas Dautricourt © NanogirlLe disque consacré aux sonates pour violon et piano est une très belle réussite. J’avais déjà eu l’occasion d’apprécier les mérites du violoniste Nicolas Dautricourt dans un enregistrement consacré à Joseph-Guy Ropartz (Timpani) mais je ne connaissais pas la pianiste Dana Ciocarlie ; leur duo fonctionne parfaitement, porté par une même énergie, une flamme toute romantique au sens véritable – loin, donc, de toute afféterie dégoulinante – que devrait toujours avoir cet adjectif. Le jeu du violoniste m’a fait maintes fois songer à celui d’Elsa Grether dont je saluais il y a quelques semaines l’anthologie French resonance : même netteté de l’articulation, même sens de la construction, même générosité sonore, même contrôle du vibrato utilisé comme un moyen expressif et non comme un liant épais et rapidement indigeste. Nicolas Dautricourt a parfaitement saisi le caractère passionné de ces partitions ; il prend un plaisir visible et pourtant jamais outrancier à souffler sur leurs braises, tout comme il sait également jouer la carte de la pudeur, de la tendresse et du clair-obscur (les mouvements lents sont magnifiquement restitués, sans une once de sentimentalisme) avec une délicatesse de touche qui en dit long sur la maturité de son approche. Dana CiocarlieDana Ciocarlie lui donne une réplique parfaite par sa capacité à prendre sa partie à bras-le-corps sans pour autant l’alourdir un instant, mais aussi par la subtilité avec laquelle elle parvient, lorsque le moment l’exige, à suggérer des atmosphères rêveuses voire mélancoliques, ou à glisser ailleurs un rayon de gaîté ou un zeste d’ironie. Soulignons pour finir que ce tandem qui semble s’entendre à merveille et que l’on espère retrouver dans le cadre d’autres projets autour du répertoire français pour lequel il semble posséder d’indiscutables affinités est animé par une remarquable attention commune à la couleur et par une appréciable humilité qui lui fait prendre ces œuvres oubliées au sérieux et leur rendre justice avec le même soin que s’il s’agissait des chefs-d’œuvre les plus célébrés.

Ces deux réalisations sont donc aussi méritoires qu’utiles, en ce qu’elles nous permettent, au-delà de la sévérité de certains jugements qui ont dépeint Benjamin Godard comme un compositeur paresseux et à la remorque de ce qui représentait alors la modernité (il détestait Wagner et ne s’en cachait pas), de nous faire une plus juste idée d’une partie de sa production. En attendant les nouvelles exhumations que ne manquera sans doute pas de diligenter le Palazzetto Bru Zane, il me semble pour l’heure assez évident que si ce musicien négligé a pu naturellement aspirer à se faire un nom en s’affrontant à l’orchestre et à l’opéra, la musique de chambre est peut-être le lieu où l’on entend le mieux aujourd’hui ce qui fait l’originalité et l’intérêt de son art.

Benjamin Godard Sonates pour violon & piano Nicolas Dautricourt Dana CiocarlieBenjamin Godard (1849 – 1895), Sonates pour violon et piano n°1 en ut mineur op. 1, n°2 en la mineur op. 2, n°3 en sol mineur op. 9, n°4 en la bémol majeur op. 12

Nicolas Dautricourt, violon
Dana Ciorcarlie, piano

2 CD [durée : 44’28 & 43’42] Aparté AP124. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Benjamin Godard Mélodies Tassis Christoyannis Jeff CohenBenjamin Godard (1849 – 1895), Mélodies

Tassis Christoyannis, baryton
Jeff Cohen, piano

1 CD [durée : 71’20] Aparté AP123. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Sonate pour violon et piano en sol mineur op. 9 : [I] Allegro moderato

2. Le Banc de pierre op. 19 n°7
Poésie : Théophile Gautier

3. Le Coche et la mouche
Six Fables de La Fontaine, op. 17

4. Sonate pour violon et piano en ut mineur op. 1 : [III] Andante

5. L’Invitation au voyage, op. 114
Poésie de Charles Baudelaire

Illustrations complémentaires :

Benjamin Godard (Paris, 1849 – Cannes, 1895), Un coin de la propriété du violoniste Vieuxtemps à Dreieichenhain près de Francfort, sans date. Crayon sur papier, 15,5 x 21 cm, Paris, Bibliothèque nationale de France

Anonyme, Benjamin Godard au piano, 1882. Photographie, 30,5 x 17 cm, Paris, Bibliothèque nationale de France

Anonyme, Hôtel où séjournait Benjamin Godard à Cannes, sans date. Photographie, 12 x 17 cm, Paris, Bibliothèque nationale de France

La photographie de Tassis Chrystoyannis est de Chryssa Nikoleri.

La photographie de Nicolas Dautricourt est de Nanogirl.

Aucun nom d’auteur n’est mentionné pour les photographies de Jeff Cohen et Dana Ciocarlie.

12 Comments

  1. Cette musique me parle, me touche. Les musiciens en présence excellent à l’interpréter bien sûr, à donner chair à ses nuances, à faire frissonner ses couleurs veloutées. C’est indéniable.
    Et c’est bien l’ambiance feutrée parsemée de rais de soleil, au discours simple et directe, qui ressort des extraits que tu proposes ici qui m’a de suite pénétré.
    Il y a une résonance particulière qui me fait frissonner d’une heureuse mélancolie. Elle ne s’explique pas, je m’en imprègne tout naturellement.
    Un grand merci, mon ami, de t’être fait l’écho de ces deux parutions discographiques qui viendront, en leur temps, rejoindre ma CDthèque.
    Je t’embrasse.

    • Je trouve également que ces musiques de Benjamin Godard sont une très belle découverte, ami Cyrille, et je suis reconnaissant au Palazzetto Bru Zane de l’avoir rendue possible. Tu ne seras pas surpris d’apprendre que ce qui a retenu en premier mon attention dans les Sonates pour violon et piano sont les touches de couleur fauréennes qui les traversent; mais, en dehors de ça, cette musique possède un cachet indéniable que tu as fort bien décrit et qui me fait songer à ce mot de Victor Hugo qui définissait la nostalgie comme « le bonheur d’être triste. »
      Je te remercie pour ton commentaire et suis certain que ces disques, s’ils te rejoignent, feront ton bonheur.
      Je t’embrasse et te souhaite une belle journée.

  2. Michelle Didio

    17 avril 2016 at 14:44

    Benjamin Godard est la surprise musicale de mon dimanche. Merci, Jean-Christophe. Je peux déjà vous dire qu’une première écoute et lecture de votre chronique m’ont réellement séduite. Après cette approche, j’ai effectué ma commande et attends avec impatience de pouvoir savourer ces oeuvres sans limitation de durée. Votre choix de Caillebotte que j’apprécie depuis longtemps, est judicieux. Lui cet oublié, est aujourd’hui reconnu puisque le Musée des Impressionnistes de Giverny lui consacre une exposition qui se déroulera du 25 mars au 3 juillet 2016. J’ai partagé votre publication avec un grand plaisir en espérant qu’elle aura le juste retour qu’elle mérite.
    Amicales pensées.

    • Je vous réponds bien tard, Michelle, et je vous prie de bien vouloir m’en excuser; les emplois du temps ont parfois des sautes d’humeur assez imprévisibles.
      A présent que Benjamin Godard est auprès de vous, j’espère qu’il n’est pas avare à vous dispenser pleinement les plaisirs qu’il vous laissait entrevoir au travers de ces extraits. Je suis moi-même revenu vers ces disques entre-temps et ai éprouvé une vraie satisfaction en les retrouvant.
      Quant à mon cher Caillebotte, il devrait bientôt en être à nouveau question au fil de ces pages dans les semaines à venir.
      Je vous remercie pour votre commentaire.
      Bien amicalement.

  3. Cher Jean-Christophe, quel beau cadeau tu nous offres là !
    Je n’avais jamais eu l’opportunité d’écouter de la poésie ou des fables jouées ainsi . Le coche et la mouche m’ont bien fait sourire. J’ai apprécié l’excellente prononciation qui rend l’ensemble très agréable .
    Quant à l’invitation au voyage, je connais bien cette poésie, c’est un plaisir de la découvrir en musique .
    Les deux sonates pour violon et piano , m’ont beaucoup touchée. Je les ai écoutées plusieurs fois, quel plaisir !!!! Je me suis laissée complètement « absorber » …

    Un grand et sincère merci !!!
    Je te souhaite une belle fin d’après-midi.
    Je t’embrasse bien fort cher Jean-Christophe

    • Chère Tiffen,
      Ces Fables de La Fontaine mises en musique par Benjamin Godard sont toutes plus savoureuses les unes que les autres et je t’avoue avoir eu bien du mal à n’en choisir qu’une, me décidant finalement pour celle qui me semblait la plus représentative. L’Invitation au voyage est un poème qui a souvent été mis en musique et je te conseille de découvrir, si tu ne la connais pas, la mélodie qu’en a tiré Henri Duparc, je t’assure qu’elle vaut le détour.
      Pour ce qui est des sonates pour violon et piano, l’amateur de musique de chambre que je suis a bien vite rendu les armes devant leurs multiples beautés.
      Merci pour ton commentaire et pardon pour mon retard conséquent à la réponse.
      Je t’embrasse bien fort.

  4. Et si tu avais remplacé « le jeune homme à la fenêtre » par le « jeune homme au piano », cela ne serait pas sorti de la famille ….
    Je n’avais jamais entendu parler de ce Godard-ci et encore moins de sa musique ! j’ai savouré les sonates et Nicolas Dautricourt m’a séduite (mais ne vas pas lui répéter …)

    • Tu as tout à fait raison, bien chère Marie, mais je ne voulais pas que cette chronique demeurât confinée au cercle des Caillebotte, aussi ai-je laissé le jeune homme à ses Études.
      Je ne connais pas Nicolas Dautricourt mais il est effectivement un bien beau violoniste et n’ayant pas l’honneur de le connaître, je ne risque pas de lui répéter quoi que ce soit 😉
      Merci pour ton commentaire.

  5. Cher Jean-Christophe,
    trop peu spécialiste pour juger de ces compositions, je me contente de signaler une bien belle exposition de Caillebotte au Musée des Impressionnismes à Giverny.
    Bien amicalement,
    Michèle

    • Chère Michèle,
      Point n’est besoin d’être spécialiste pour apprécier ces musiques, il suffit simplement, je crois, de les laisser venir à nous. J’ai fait récemment, pour la première fois de ma vie, le voyage de Giverny et j’avais forcément quelques-unes de ces mélodies (surtout instrumentales) à l’esprit en visitant l’exposition Caillebotte mais aussi la maison de Monet. De la première, je ne tarderai pas à reparler 🙂
      Merci pour votre commentaire et bien amicalement.

  6. Alors dans cette future chronique vous mentionnerez peut-être à Vernon l’exposition de tableaux de « peintresses », très intéressante aussi, et agrémentée d’une collection de citations misogynes d’époque d’une cruauté inouïe.
    D’ailleurs les villes normandes proposent en ce moment et pour l’été des expositions, autour de l’impressionnisme, qui sortent des sentiers habituels, c’est-à-dire de la peinture de paysages.
    Le roman « Gustave », de Xavier Bezard, en vente à l’exposition Caillebotte, propose une fiction intelligente et une lecture des tableaux de Caillebotte, en faisant du personnage d’un tableau le narrateur d’une tranche de vie crédible du peintre et de son époque. C’est bien écrit, pourvu qu’on supporte le retour de scènes érotiques qui semblent la marque de la collection qui publie ce texte.

    • Zut, je n’ai pas vu cette exposition de Vernon (pourtant ma gare d’arrivée) et je ne savais même pas qu’elle existait — le site du Musée des Impressionnismes aurait été bien inspiré de s’en faire l’écho. Je sais que la Normandie promeut très activement les Impressionnistes et je serais d’ailleurs curieux de savoir si cette action a une réelle influence sur les visites et le tourisme (j’espère que oui).
      J’ignorais que l’on avait écrit un roman sur Caillebotte, mais il est vrai que l’extrême discrétion de ce dernier sur sa vie privée se prête à bien des hypothèses quelquefois bien hasardeuses qui ne sont pas sans me rappeler ce que j’ai pu lire au sujet de Dürer, lui aussi très discret sur son intimité (ce qui ne l’a pas empêché de s’exhiber entièrement nu dans un célèbre dessin). Il faudra que je jette un œil là dessus.
      Je vous remercie pour toutes ces pistes et vous adresse d’amicales pensées.

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