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Trouvailles pour esprits curieux

Passion Parthénope. La Passione secondo Giovanni de Gaetano Veneziano par la Cappella Neapolitana

Luca Giordano Pietà

Luca Giordano (Naples, 1634 – 1705),
Pietà, sans date
Huile sur verre, 42,5 x 54 cm, avec cadre (Italie du sud, XVIIe siècle) en ébène
incrusté d’écailles de tortue et de verre églomisé, Collection particulière

 

Elle fêtera en 2017 ses trente années d’activité et c’est pourtant le premier disque de la Cappella Neapolitana que je vous propose de découvrir aujourd’hui. Cet apparent paradoxe n’est l’effet ni d’un excès de lenteur, ni d’une mirifique sagesse, car sous ce nom se cache en fait l’ensemble qui fut autrefois la Cappella della Pietà de’ Turchini et, dans un passé plus récent, tout simplement I Turchini, et qui sous la houlette de son chef, Antonio Florio, s’est imposé comme le meilleur défenseur et bien souvent le plus hardi découvreur de la musique napolitaine des XVIIe et XVIIIe siècles, contribuant à redéfinir durablement la connaissance que nous pouvions avoir de cet héritage parthénopéen à la richesse foisonnante.

Gaetano Veneziano a déjà bénéficié de l’attention de l’équipe de musiciens et de musicologues réunie autour d’Antonio Florio à qui il doit d’être autre chose que quelques lignes dans les histoires de la musique ; outre quelques extraits de ses Leçons de Ténèbres, a été enregistré, en 2013 pour Glossa, La Santissima Trinità, un oratorio fraîchement redécouvert qui a permis de mesurer avec un peu plus d’exactitude l’étendue du talent de celui dont Francesco Provenzale fit son élève d’élection puis son homme de confiance en l’associant de près à ses activités opératiques. Auprès d’un maître d’une telle envergure – la figure de Provenzale, si elle a connu une longue période d’oubli, n’en a pas moins dominé la vie musicale napolitaine durant toute la seconde moitié du XVIIe siècle –, Veneziano, originaire de Bisceglie, près de Bari, mais arrivé à Naples, qu’il ne quittera plus guère jusqu’à sa mort en 1716, à l’âge de dix ans pour y faire ses études au Conservatoire Sainte-Marie de Lorette, avait tout pour acquérir le solide savoir-faire de compositeur qui transparaît dans toutes les pages que l’on connaît de lui. Sa Passion selon saint Jean, que le manuscrit désigne plus simplement comme Passio del Venerdi santo, date des alentours de 1685, alors qu’il occupait depuis une année un poste d’enseignant au sein de l’institution où il avait été formé et que la suivante le verrait accéder à celui d’ordinaire de la chapelle royale, dûment appointé par le pouvoir espagnol qui contrôlait alors la cité. Anonyme italien XVIIe siècle La prière au JardinOn n’associe pas spontanément le genre de la Passion à l’Italie mais celle de Veneziano semble être contemporaine, avec toutes les réserves quant à l’établissement d’une chronologie des œuvres de ce compositeur, d’une autre partition sur le même texte due à une autre importante personnalité de la Naples musicale de l’époque, Alessandro Scarlatti (que l’on peut découvrir dans la version quelque peu patinée chantée et dirigée par René Jacobs en 1981, en attendant celle annoncée de Leonardo García Alarcón), ce qui démontre, entre autres exemples, que l’on a tort de considérer que ce type d’œuvre se cantonnerait aux terres germaniques. La comparaison des deux mises en musique est d’ailleurs instructive ; si toutes deux se fondent sur le principe de la narration continue assurée par un Évangéliste omniprésent dont les larges plages de récit sont entrecoupées par les interventions de Jésus, de Ponce Pilate, de quelques personnages plus « secondaires » si l’on s’en tient à la brièveté de leur apparition, et du chœur incarnant la foule (turbæ), l’optique défendue par Scarlatti est indubitablement plus intériorisée, par instants presque ténébriste, que celle de Veneziano jouant la carte d’une théâtralité qui, sans être exubérante, assume totalement son caractère solaire et dont le déploiement de couleurs et les harmonies mouvantes visent, dans un même mouvement, à saisir et à séduire l’auditeur, comme la vivacité de la touche de Luca Giordano, rentré à Naples en 1684, le fait avec le spectateur. Si l’on s’attend à une musique secouée de sanglots sur laquelle plane une atmosphère angoissante, on pourra être, de prime abord, quelque peu désarçonné par le caractère lumineux affiché d’emblée par la partition de Veneziano, qui ne s’attarde de façon tout à fait exceptionnelle dans le mode mineur qu’au moment de la mort du Christ (Scarlatti y recourt plus fréquemment), n’hésite pas à recourir à des rythmes de danse et ne perd jamais une occasion de souligner les effets dramatiques du texte, avec une vitalité et un sens de la dynamique qui s’imposent dès la marche harmonique sur laquelle s’ouvre l’œuvre et ne faiblissent jamais ensuite, comme pour signifier, peut-être, que cette mort consentie vers laquelle s’achemine le Christ n’est que le préalable indispensable à Sa résurrection et à la rédemption de l’humanité. Œuvre foncièrement optimiste, cette Passion selon saint Jean est, d’un bout à l’autre, d’une réelle puissance d’évocation, parfaitement architecturée et cohérente, et réserve de très beaux moments d’émotion.

L’interprétation qu’Antonio Florio et ses musiciens proposent de cette partition inédite est de très grande qualité et traversée par une jubilation rapidement communicative. Le chef a trouvé en Raffaele Pe un Évangéliste qui tient parfaitement son rôle central, techniquement très maître de ses moyens, affichant une vocalité épanouie et sans une once d’affectation dans l’expression, et surtout un investissement dramatique constant ; aucune des nuances et des intentions d’un texte dont il a visiblement pris le temps nécessaire pour s’imprégner en profondeur ne semble lui échapper et il en offre une restitution à la fois précise, vivante et sensible. Le Christ plein de noblesse campé par Luca Cervoni ne manque pas d’atouts en dépit de quelques acidités du timbre, tandis que le Pilate de Marco Bussi se révèle d’un aplomb tout à fait en rapport avec son personnage. Les interventions du Ghislieri Choir sont impeccables et le petit ensemble vocal fait montre de beaucoup de discipline et de réactivité. Cappella NeapolitanaPour son premier enregistrement sous sa nouvelle identité, la Cappella Neapolitana se montre sous son meilleur jour avec une grande netteté d’articulation, ce qu’il faut de densité ainsi qu’une souplesse et des couleurs très séduisantes, ce qui est évidemment un avantage non négligeable compte tenu des exigences de Veneziano dans ce domaine. Antonio Florio mène ses troupes avec l’intelligence mais aussi l’empathie qu’on lui connaît, deux des qualités qui expliquent le plaisir toujours renouvelé que l’on prend à le retrouver. Pleinement conscient des enjeux de la partition et très au fait du contexte historique et culturel dans lequel elle s’inscrivait, il lui offre la dimension théâtrale qui est intrinsèquement la sienne en creusant les contrastes et en lui insufflant toute la tension voulue sans toutefois jamais forcer le trait. Il en résulte une lecture à la fois dynamique et raffinée qui sonne avec une grande plénitude mais également beaucoup de fraîcheur.

Je vous recommande donc de partir à la découverte de cette Passion selon saint Jean sortant des sentiers battus et superbement servie par la Cappella Neapolitana à laquelle on souhaite de pouvoir revenir à Gaetano Veneziano dont la production réserve sans doute encore bien des surprises et qui lui sied à merveille. Mais quels que soient les chemins qu’il décide d’emprunter, on suivra volontiers cet ensemble tout à la fois jeune et ancien, avec la même confiance que sous ses précédentes incarnations.

Gaetano Veneziano (1656 – 1716), Passion selon saint Jean

Raffaele Pe, contre-ténor (L’Évangéliste)
Luca Cervoni, ténor (Le Christ)
Marco Bussi, basse (Pilate)
Renato Dolcini, basse (Simon Pierre, Esclave I), Valentina Argentieri, soprano (Servante, Esclave II)
Ghislieri Choir
Cappella Neapolitana
Antonio Florio, direction

1 CD [durée totale : 56’04] Glossa GCD 922609. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien (site de l’éditeur, sans frais de port).

Extraits choisis :

1. Passio Domini nostri Jesu Christi

2. Non haberes potestatem

Illustrations complémentaires :

Anonyme, École italienne, XVIIe siècle, La Prière au Jardin, sans date. Pierre noire, plume, bistre et lavis de gris sur papier, 265 x 198 mm, Madrid, Musée du Prado

La photographie de la Cappella Neapolitana ne comporte aucun nom d’auteur.

16 Comments

  1. Davantage encore qu’envers la Pietà, de Giordano, je suis admiratif de La Prière au Jardin. Dans le détail, la composition révèle des traits de plume émouvants, je trouve.
    Quant aux deux extraits musicaux proposés, ils donnent envie d’en entendre plus…
    Heureux dimanche, ami J.-Ch. Je t’embrasse.

    • Je trouve également ce dessin magnifique, ami Cyrille, et je trouve qu’il complète bien la Pietà très colorée de Giordano; il me fallait ces deux œuvres, l’une assez théâtrale, l’autre un peu plus intériorisée, pour tenter de rendre compte au mieux de l’univers de cette Passion selon saint Jean de Veneziano qui recueille auprès des lecteurs du blog plus de suffrages que je l’aurais supposé.
      Je te remercie pour ton commentaire, le premier sur cette chronique, et t’embrasse en te souhaitant une bonne semaine.

  2. Bonjour cher Jean-Christophe

    Elle est bien jolie cette passion selon St Jean, et tu as raison, la passion n’a pas de saison. De très beaux moments d’émotion, c’est vrai.
    J’ai beaucoup aimé ta chronique, très agréable à lire et enrichissante. Comme toujours pourrais-je dire ..
    Merci aussi pour l’huile sur verre, je ne connaissais pas la technique du verre églomisé, mais pour le cadre, je serais tentée de dire « pauvre tortue » . ..
    Quant à l’illustration « La Prière au Jardin », elle est très belle , on peut dire que cet artiste (anonyme dommage) à beaucoup de talent, pour réussir à dessiner des visages aussi expressifs .
    Même si je m’attarde un peu plus sur les illustrations, sache que j’ai écouté les deux extraits plusieurs fois avec beaucoup de plaisir, mais je ne m’aventure jamais sur des terrains que je ne maîtrise pas. 🙂

    Un tout grand merci pour ce beau moment en ta compagnie.
    Je te souhaite un bel après-midi dominical.
    Je t’embrasse bien fort .

    • Bonsoir chère Tiffen,
      Je crois bien que c’est la première fois que je publie un tableau avec son cadre, mais il faut dire que les originaux conservés sont plutôt rares. Tout comme toi, je n’aime guère que l’on fasse de mal aux animaux, y compris pour les transformer en éléments de décoration, mais disons qu’ici, compte tenu de l’ancienneté, il y a prescription.
      J’aime beaucoup ce dessin anonyme moi aussi et me réjouis que le Musée du Prado soit si généreux avec ses fonds, ce qui m’a permis de le proposer ici, et en grand format, qui plus est.
      Je suis ravi que les deux extraits t’aient donné du plaisir; cette Passion est, je trouve, très attachante, et je ne m’en lasse pas, même après des écoutes répétées.
      Je te remercie pour ton message et te souhaite belle soirée ou journée en fonction du moment où tu me liras.
      Je t’embrasse bien fort.

  3. Michelle Didio

    12 juin 2016 at 14:18

    Une très belle surprise nous attendait une fois de plus en ce dimanche. Une belle Passion pleine de clarté et de lumière napolitaine sur laquelle on serait tenté de danser, à défaut de savoir la chanter aussi bien que les interprètes de ce disque. Vous faites très bien le parallèle entre les oeuvres allemandes et cette Passion italienne que vous qualifiez de  » dynamique et raffinée qui sonne avec une grande plénitude mais également beaucoup de fraîcheur »
    Pour l’illustrer picturalement, la Pieta de Luca Giordano est remarquable, tant – par la beauté du cadre – que par la justesse et la sobriété de la scène qui se joue autour du Christ mort, le regard plein d’espérance de Marie tourné vers le ciel tandis que sa main légère soutient celle de son fils sans vie, le rédempteur. La Prière au jardin est un beau moment d’intériorité et de spiritualité.
    Ce disque semble vraiment mériter l’éloge que vous lui faîtes. Merci, cher Jean-Christophe, de nous aider « à sortir des sentiers battus » comme vous nous y invitez.

    • Cet enregistrement a été une très belle surprise pour moi aussi, chère Michelle, et je pense que ceux qui auront accordé un peu de leur temps à l’écoute des extraits auront été étonnés par cette Passion qui semble s’inscrire tellement en marge de ce que l’on s’attend à entendre dans ce genre. Dès la première écoute, j’ai été sous le charme de cette partition qui est assurément celle d’un maître en pleine possession de ses moyens et dont le langage regarde clairement vers l’avenir. Je pense que l’implication des interprètes doit beaucoup au sentiment qu’ils ont eu de servir une œuvre singulière et comme ils sont talentueux, le résultat ne pouvait qu’être excellent.
      Je trouve que la Pietà de Giordano à la fois émouvante et ouvragée avec art correspond bien à l’univers de Veneziano; on s’afflige certes, mais sans excès et avec un grand sens du théâtre et de la couleur; le dessin trace une ligne plus intériorisée que je souhaitais offrir en contrepoint.
      Je vous remercie pour l’attention que vous avez accordée à cette chronique et vous souhaite bonne journée et belle semaine.
      Bien amicalement.

  4. jean pierre jacob

    12 juin 2016 at 16:54

    J’avais apprécié déjà le travail remarquable de révision des manuscrits d’Antonio Florio qui petit à petit, d’année en année, avec la Cappella de Turchini nous a fait découvrir des compositeurs napolitains de la seconde moitié du 17° siècle: votre mise en évidence de ce récent CD me fait renouer avec des oeuvres religieuses attachantes et bien différentes par leur rythme inhabituel et la présentation inattendue des personnages de la Passion. Antonio Florio m’avait fait connaître Francesco Provenzale et Cristofaro Caresana dans un CD Naïve de 2004 d’occasion,  » la bella devozione » . Merci, Jean Christophe, de m’avoir maintenant signalé qu’à Provenzale il fallait ajouter la génération suivante Gaetano Veneziano; après avoir écouté ces enregistrements , l’influence du plus ancien semble évidente. Bonne fin d’après midi avec un ciel un peu tristounet , peu  » napolitain » semble t’il.

    • Antonio Florio fait partie des musiciens qui m’accompagnent depuis plus de vingt ans (j’ai pris le train en marche à son arrivée chez Opus 111) et dont les propositions m’ont rarement déçu, Jean-Pierre, et toujours ouvert de beaux chemins de découverte; je pense qu’on ne mesure pas toujours à quel point le travail de tels musiciens non seulement nous donne du plaisir mais nous instruit et j’en éprouve, pour ma part, une infinie reconnaissance.
      Vous avez raison de souligner la filiation évidente entre Provenzale et Veneziano; le second prolonge l’héritage du premier en le conduisant vers des terres nouvelles où se dessinent déjà les tournures du style galant dont la génération suivante fera ses délices.
      Grand merci pour votre commentaire auquel je réponds sous un ciel à la bruine également bien peu napolitaine.
      Bonne semaine en votre havre.

  5. Encore un trésor que je découvre et presque en écho avec les lettres de Madame de Sévigné que je suis en train de relire en partie, pour le plaisir de toucher au Grand Siècle, dont je me délecte. Merci encore pour ce joyau.
    Cordialement,

    • Nous partageons, Francis Étienne, le même penchant pour le Grand Siècle, et je vous avoue prendre toujours beaucoup de plaisir à retrouver tant la musique que la littérature ou la peinture du XVIIe siècle. Ici, nous sommes à un point de bascule entre deux esthétiques et c’est une des raisons pour lesquelles je recommande l’écoute de ce fort beau disque.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous souhaite une bonne semaine.
      Cordialement.

  6. Bonjour Jean-Christophe,

    Une fois n’est pas coutume, j’écris par ici afin d’être au plus près de ton travail. Pour qui a la Passion selon Saint Jean de A. Scarlatti en tête, la comparaison s’avère bouleversante. Quel contrepied ! C’est assez intéressant et je me réjouis de voir ce que tu penseras de celle de Scarlatti par L.G. Alarcon (déjà en ligne sur YT d’ailleurs).
    Ta chronique fut l’occasion d’ouvrir l’exemplaire boudé sur mon bureau et je ne fus pas déçu.

    Beau début de semaine à toi.

    • Bonsoir Frédéric,
      Quelle heureuse surprise de te lire ici; je t’avoue que je ne m’attendais pas du tout à ce que tu trouves du temps pour cette chronique.
      En réécoutant la Passion selon saint Jean de Scarlatti pour alimenter ce que j’avais à écrire, j’ai à maintes fois pensé : « c’est le jour et la nuit », tant les deux partitions, malgré des points de ressemblance, semblent s’opposer. J’ai hâte de découvrir la version que Leonardo García Alarcón livrera au disque, parce que Jacobs, malgré ses qualités évidentes, a vieilli; je suis certain que ce sera une très belle réalisation.
      Je suis ravi que ces quelques lignes t’aient donné l’envie d’aller écouter ce disque et je te remercie bien sincèrement de m’en avoir fait retour ici.
      Bon début de semaine également, courage pour tes travaux et à très bientôt.

  7. Bénédicte Gaulard

    18 juin 2016 at 10:09

    Cher Jean-Christophe, la lecture et l’écoute m’ont fait découvrir et apprécier cet artiste et cette Passion. Les Passions, comme les requiems (excepté Mozart), me sont un peu étrangères…en peinture aussi d’ailleurs. J’apprécie davantage les Nativités que les Pietas, peut être en raison de la douleur qu’elles véhiculent. Mais là. .je dois avouer que cette Passion n’est pas « lugubre » (ce que je pensais…ah les préjugés ) et la Pieta de Giordano, avec son cadre, est superbe…je vais donc partir à la découverte de ce répertoire musical, que j’avoue avoir volontairement ignoré, et je vous remercie d’avoir fait partager cette richesse. Et finalement, l’époque baroque, que je connais davantage en peinture et architecture, est une mise en scène pleine de joie…la preuve en musique. Je vous souhaite une agréable journée.

    • Chère Bénédicte,
      Je vous avoue que, pour ma part, j’ai toujours été très Passions, la faute à un certain Johann Sebastian qui travaillait à Leipzig au XVIIIe siècle, et un peu Requiem, mais pas spécialement celui de Mozart auquel je préfère ceux de Richafort (un bijou), de Gilles, de Brahms ou de Fauré. Pour ce qui est de la peinture, en revanche, je prends tout même quand la scène est pleine de douleur; impossible, par exemple, d’imaginer me passer du Polyptyque d’Issenheim de mon cher Grünewald dont la découverte m’a profondément marqué.
      Avec ces œuvres napolitaines, j’oserais presque dire que nous sommes du « beau » côté de cette tragédie qu’est la mort du Christ (et, à travers elle, celle de tout Homme), avec cette volonté clairement affichée de ne pas laisser le drame occuper le devant de la scène. Est-ce parce que la résurrection doit arriver ensuite et que c’est cette espérance que les pauvres humains ne doivent pas perdre de vue ? Mystère, mais pourquoi pas, après tout ?
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous souhaite bonnes découvertes à venir et belle soirée.

  8. Jean-François Duchamp

    17 juillet 2016 at 19:05

    Un immense merci pour votre blog passionnant tant pour le choix des oeuvres musicales, des peintures, des textes. MERCI MILLE FOIS. il y a tant de choses inutiles sur internet. Quel beau travail vous faites, je suis admiratif. Il y a quelques années avec le Choeur Mixte de la Primatiale de Lyon, nous avons donné deux concerts à Naples à l’invitation du directeur du Conservatoire Maestro Vincenzo de Gregorio. Et lors de la visite du musée d’instruments du Conservatoire, j’avais eu la joie de rencontrer Antonio Florio. Un immense musicien discret. En écoutant cette oeuvre de Veneziano, cela me rappelle ce bon moment.
    Bien à vous.
    Jean-François Duchamp
    Maître de chapelle honoraire de la Primatiale de Lyon

    • Cher monsieur,
      Vous me faites un bien joli cadeau avec votre commentaire et l’appréciation que vous portez sur mes petites chroniques; croyez bien que je vous en suis sincèrement reconnaissant.
      Je suis le travail d’Antonio Florio depuis les années 1990, lorsque sa signature chez Opus 111, label alors florissant, avait coïncidé avec le lancement de l’ambitieuse série « Tesori di Napoli », hélas interrompue par la crise du disque; je n’ai jamais eu la chance de le rencontrer, mais je ne suis pas étonné qu’il soit un homme aussi sensible que discret, deux qualités aisément perceptibles lorsque l’on écoute ses enregistrements. Je suis ravi que cette promenade napolitaine virtuelle vous en ait rappelé une bien réelle et heureuse de votre parcours personnel.
      Merci encore pour vos mots.
      Bien à vous.

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