Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Love is in the Éire. The high road to Kilkenny par Les Musiciens de Saint-Julien

Thomas Roberts Lucan House and Demesne County Dublin

Thomas Roberts (Waterford, 1748 – Lisbonne, 1777),
Lucan House et Desmene, comté de Dublin, c.1773-75
Huile sur toile, 60,6 x 99,8 cm, Dublin, National Gallery of Art

 

Cher Ian,

Te souviens-tu de nos sourires sur Merrion Square ? La délicieuse tiédeur de cet après-midi de mai est encore si vivace dans mon esprit que j’aime venir m’y abreuver de temps en temps, à petites lampées pour ne pas l’épuiser trop vite. Je lisais dans ton regard la fierté de me faire découvrir la ville et d’évoquer ce pays auquel tu es si viscéralement attaché ; t’ai-je assez répété à quel point visiter « ta » National Gallery à tes côtés a été un moment privilégié ? « Pas mal, non ? » m’avais-tu glissé à l’oreille en me voyant tomber à l’arrêt devant les toiles de Thomas Roberts, ce peintre de paysages mort à Lisbonne, où il s’était rendu pour soigner sa santé fragile, avant d’avoir atteint trente ans — sans doute est-ce le bref séjour que je viens d’effectuer dans la capitale portugaise qui a fait ressurgir tout ceci. J’imaginais qu’en fils de la terre un peu rude n’ayant pas fait de très longues études parce qu’il lui fallait gagner sa vie, tu me parlerais surtout du rugby que, j’imagine, tu pratiques toujours dès que tu trouves un peu de temps, et voici que tu m’entraînais sur le terrain de l’histoire et des arts. « On va au O’Donoghue’s ? Il y a de la bière et de la musique. » Comment résister à pareille proposition ?

Assis devant ma pinte, je t’ai écouté évoquer ce terreau de traditions dans lequel s’enracine toujours aujourd’hui l’âme irlandaise. J’ai à nouveau croisé depuis, au fil de certaines de mes lectures, la figure de Turlough O’Carolan qui semblait tant te toucher. Il faut dire que la destinée de ce musicien qui eut la chance de susciter, adolescent, l’intérêt de l’épouse de l’employeur de son forgeron de père, et de se voir offrir par elle une éducation puis, lorsqu’il devint aveugle à l’âge de 18 ans, des cours pour lui permettre de savoir jouer de la harpe et assurer ainsi, s’il plaisait à Dieu, sa subsistance, possède la force des symboles. Il faut imaginer ce jeune homme âgé de 21 ans au début de la dernière décennie du XVIIe siècle s’engager avec son instrument, un cheval, un guide et un peu d’argent donné par sa protectrice sur les routes d’une Irlande qu’il allait parcourir en tout sens durant une large partie de son existence, y compris après s’être marié, à la cinquantaine, avec Mary Maguire qui allait lui donner six filles et un fils. Très rapidement, on incita celui qui n’était qu’un interprète auquel son apprentissage tardif ne permettait pas de rivaliser avec les meilleurs de ses pairs, à composer ses propres airs ; il s’y risqua, y réussit, et ce sont environ 200 pièces de sa plume qui nous sont parvenues. Sa renommée était en chemin et rien ne l’arrêterait plus, ce qui lui permit de fréquenter la meilleure société, notamment celle que réunissait Jonathan Swift à Dublin. Devenu veuf, il revint passer les dernières années de sa vie auprès de la famille McDermott Roe dont l’action avait été déterminante pour la construction de sa carrière.

Les œuvres de Carolan sont à l’image de l’insularité ouverte de l’Irlande ; elles se nourrissent des éléments traditionnels et populaires qui constituent leur milieu naturel tout en révélant, au détour d’un élément de style, des contacts avec la musique savante, surtout italienne et en particulier celle de Corelli, dont la propagation ne s’était pas arrêtée à Londres où elle faisait fureur en ce début de XVIIIe siècle. Elles sont en réalité comme la palette de Roberts qui s’attache à immortaliser les paysages locaux mais se souvient de la leçon du Lorrain et de Hollandais comme, entre autres, Hobbema. Bien sûr, la tonalité dominante qui se dégage des airs du barde est l’enjouement et la danse que l’on associe spontanément à l’esprit irlandais, mais qui sait être vraiment attentif sentira également qu’y passe quelque chose de plus mélancolique, la nostalgie de cette époque plus prospère et surtout plus libre que décrit Sir Uillioc de Búrca (Ulick Burke), hommage à la fois à un patron et à un patriote.

Parmi les quelques disques que j’ai choisis pour m’accompagner durant mes pérégrinations estivales se trouve The high road to Kilkenny des Musiciens de Saint-Julien que je ne peux écouter, et je le fais souvent, sans penser à toi et à ces trop courts moments passés à tes côtés. L’ensemble dirigé par François Lazarevitch, qui y tient les parties de flûtes et de cornemuse, s’était déjà distingué, en 2012, avec un formidable For ever Fortune dédié à la musique écossaise dont cet enregistrement consacré à l’Irlande égale la réussite. Tout y est jubilatoire, qu’il s’agisse des chansons interprétées avec autant d’autorité que de sentiment par un Robert Getchell qui a consenti tous les efforts nécessaires pour s’immerger dans l’univers linguistique et spirituel gaélique, que des instrumentistes, tous excellents, très investis, réactifs et enthousiastes qui savent insuffler aux danses et aux pièces de caractère une fantastique et communicative énergie, sans jamais se départir d’un raffinement rappelant que nous sommes ici face à des œuvres qui, bien qu’elles se fondent souvent sur des motifs populaires, n’en demeurent pas moins des élaborations subtilement pensées s’adressant aussi bien à un public de connaisseurs qu’à de plus humbles auditoires, mais qui parviennent également à atteindre une vraie dimension poétique dans les pièces plus introspectives, comme ce Soggarth shamus O’Finn tout de flamme retenue et de pudeur magnifiées par la viole souveraine de Lucile Boulanger. Alors qu’il eut été si facile de forcer le trait, François Lazarevitch fait une nouvelle fois montre de toute son intelligence en ne s’embourbant pas avec ses musiciens dans un folklore de pacotille mais en jouant au contraire la carte de la finesse et de l’évocation sensible sans jamais rien céder sur le terrain de la maîtrise du discours et de la tenue de l’ensemble, y compris lorsque le rythme devient endiablé. J’espère sincèrement que cette aventure aura une suite car ces répertoires méritent assurément des serviteurs aussi convaincants et passionnés que Les Musiciens de Saint-Julien.

Le train qui me ramène en France file dans la nuit et les dernières notes de Money musk viennent de se dissiper. Demain, j’irai acheter un exemplaire de ce disque pour le joindre à ces quelques mots sans doute un peu maladroits mais qui te diront que je pense à toi, que tu me manques, que j’espère, dans un temps pas trop lointain, que tu me prendras dans tes bras, là-bas, sur ton île, et que nous prendrons ensemble la grand route vers Kilkenny.

Je t’embrasse.

Du Lisbonne-Paris, août 2016

The high road to Kilkenny Les Musiciens de Saint-JulienThe high road to Kilkenny, chansons et danses gaéliques des XVIIe et XVIIIe siècles de Turlough O’Carolan (1670-1738), John Peacock (1756-1817), Thomas Connellan (c.1640/45-1668), David Murphy (début du XVIIe siècle), James Oswald (1711-1769), William Connellan (milieu du XVIIe siècle) et anonymes

Les Musiciens de Saint-Julien
Robert Getchell, ténor
François Lazarevitch, flûtes, cornemuse & direction

Wunder de Wunderkammern1 CD [durée totale : 69’25] Alpha Classics 234. Wunder de Wunderkammern. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Anonyme, An Drumadóir (Le tambour)

2. Turlough O’Carolan, James BetaghLady Wrixon

3. Anonyme, Soggarth shamus O’Finn

4. Anonyme, The high road to KilkennyToss the feathersThe mill streamMoney musk

Rappel discographique :

For ever Fortune Les Musiciens de Saint-JulienFor ever Fortune, musique écossaise du XVIIIe siècle. 1 CD Alpha 531. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

20 Comments

  1. L’Amour est dans l’air …. maintenant qu’il a fini d’animer la musique et les doigts. Tant de signes avec la musique écossaise . L’ensemble de cette correspondance me fait penser à un Grand Tour, comme au 17ème, musical celui-ci

    • Une des choses qui me surprennent le plus dans ces chroniques, chère Marie, est sans doute les liens qui se tissent de l’une à l’autre presque à mon insu, comme si elles vivaient une partie de leur vie hors du cadre que je leur ai fixé, lequel est pourtant assez clair dans mon esprit. L’image du Grand Tour me convient tout à fait, tant dans ce qu’elle véhicule d’ouverture sur le monde que de processus d’apprentissage en chemin.
      Grand merci pour ton commentaire.

  2. « Te souviens-tu de nos sourires sur Merrion Square ?
    — Oui, et je t’attends … Pour que de nouveau résonnent nos pas sur la grand route vers Kilkenny … »

    Réponse imaginée pour un commentaire qui, ma foi, se passe de mots. Tant cette lettre est une merveille de prose où affleurent des sentiments et des sensations qui n’ont d’égale que la pudeur avec laquelle ils sont couchés sur le papier. Une prose heureuse que vivifie avec bonheur cette musique qui parle au coeur.
    Une nouvelle fois, merci pour ce beau moment passé ici, ami J.-Ch.
    Je t’embrasse et te souhaite une agréable journée dominicale.

    • Je ne sais pas quelle pourrait être la réponse de Ian, ami Cyrille, et je veux croire que j’ai laissé suffisamment d’espace dans cette chronique pour que chacun puisse s’y glisser avec sa propre imagination si tel est naturellement son souhait.
      Écrire un texte comme celui-ci et le publier représente pour moi un gros défi, pour un certain nombre de raisons qu’il serait vain d’exposer ici; je suis heureux que le résultat ne soit ni impudique, ni baveux, deux des écueils que je tiens à éviter absolument. J’espère que, comme tu as la gentillesse de me le dire, ces lignes rendent un bon service au disque dont elles rendent compte – je ne perds pas de vue qu’il s’agit avant tout de s’exprimer sur un enregistrement – et qu’elles donneront l’envie à quelques lecteurs d’en écouter plus.
      Je te remercie pour ton commentaire et t’embrasse en te souhaitant une belle semaine.

  3. Un pas de plus avec ce petit bijou musical !!
    Merci.

  4. Michelle Didio

    7 août 2016 at 13:58

    Cher Jean-Christophe, votre troisième lettre estivale ne manque pas de relief, de finesse et d’humour.

    En prenant Ian Madigan, joueur de rugby, comme interlocuteur, vous avez fait preuve d’originalité. De prime abord cela paraît surprenant. Imagine-t-on Ian Madigan s’intéresser à la musique et à la culture du XVIIème. Vous osez un dialogue avec lui à la National Gallery de Dublin, « Pas mal, non » et attablé il vous entraîne dans le domaine de l’histoire et des arts. dans le cadre du célèbre « pub » irlandais de Dublin « Musique et bière » typiques de la culture irlandaise.
    Cela donne de la légèreté à vos propos qui ne manquent pas aussi de précision et de sensibilité pour nous présenter la courte vie mouvementée de Turlough O’ Carolan, harpiste et compositeur qui aimait la plaisanterie (d’où j’en ai déduit le titre humoristique de votre chronique)
    Après avoir écouté les différents extraits proposés, l’envie est grande de me procurer les deux disques des musiciens de Saint Julien pour apprécier toutes les nuances, la joie jouxtant la mélancolie, typiques de l’âme irlandaise que j’apprécie particulièrement.

    • Chère Michelle,
      Ce n’est pas à ce Ian-ci que je pensais, je vous l’avoue, mais certains traits du personnage pourraient assez bien correspondre à ceux de l’interlocuteur que j’ai imaginé pour cette lettre, et je trouverais particulièrement savoureux qu’un joueur professionnel de rugby s’intéressât à ce point à la culture (ce qui ne me paraît d’ailleurs pas totalement improbable, moins que dans d’autres sports en tout cas). L’essentiel, à mes yeux, est de laisser assez de place dans mes textes pour que chacun puisse s’en emparer à sa guise, comme vous l’avez parfaitement fait, et qu’ils puissent apporter un petit éclairage supplémentaire sur les disques à propos desquels je m’exprime. Je suis évidemment ravi que vous ayez l’envie de découvrir plus avant le travail des Musiciens de Saint-Julien et je gage qu’il ne vous décevra pas.
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre commentaire et vous adresse de bien amicales pensées ainsi que tous mes souhaits de bonne semaine.

      • Michelle Didio

        8 août 2016 at 14:09

        Cher Jean-Christophe,
        Merci pour votre indulgence concernant mon imagination parfois trop fertile.
        Ian me reste mystérieux.
        Je vous souhaite aussi une bonne semaine.
        Bien amicales pensées

        • Chère Michelle,
          J’ai moi-même suffisamment d’imagination pour me dire que je ne suis pas le seul dans ce cas et, comme je vous l’écrivais dans ma précédente réponse, je suis ravi que mes lecteurs s’emparent de ce que je propose.
          Encore tous mes souhaits de belle semaine et de bien amicales pensées pour l’accompagner.

  5. Meunier Emile

    7 août 2016 at 14:56

    Bonjour Jean Christophe,
    C’est avec un grand plaisir que j’ai lu ton commentaire sur ce cd des Musiciens de St Julien et de François Lazarevitch chez qui je conduisais, il y a déjà une petite quinzaine d’années, Lionel rue Berthe près de Montmartre, pour y prendre des cours de traverso baroque… ils s’étaient rencontrés lors de stages estivaux animés par Daniel Brebbia alors professeur de flute au CNR de Versailles… et je suis toujours ému de voir le chemin que l’un comme l’autre ont accompli depuis, avec toujours cette soif d’excellence et de recherche d’authenticité toute empreinte de sobriété cependant. Tu évoques par ailleurs le beau « For ever fortune » ou déjà Robert Getchell prêtait sa voix; j’aime aussi beaucoup pour ma part « A l’ombre d’un ormeau » qui a été ma première rencontre avec ces musiciens, mais peut être avais tu écrit quelque chose au sujet de cet album en son temps… J’attends avec impatience tes impressions sur ce Magnificat donné à Saintes cet été et que je réécouterai avec bonheur à Arques la Bataille dans quelques jours. Avec mon amitié. Emile Meunier

    • Bonjour Émile,
      Eh bien, je ne m’attendais pas du tout à un commentaire de votre part sur cette chronique, même si je me souvenais que Lionel a étudié auprès de François Lazarevitch. Il y a effectivement une parenté entre le parcours des deux musiciens qui ne se contentent pas de se reposer sur leurs acquis et interrogent les œuvres sans se contenter d’une tradition acceptée comme valable alors qu’elle est quelquefois considérablement faussée. Je n’avais pas écrit à propos d’À l’ombre d’un ormeau, disque que j’apprécie beaucoup également, mais avais chroniqué Et la fleur vole ainsi que For ever Fortune sur mon ancien blog; je suis d’assez près, en règle générale, le travail des Musiciens de Saint-Julien.
      Le compte rendu du concert Bach de Saintes est en cours d’écriture; il sera sous forme de lettre également, puisque c’est la règle que je me suis fixée pour les chroniques de cet été. Elle ne devrait pas trop tarder à apparaître, avant le Magnificat d’Arques-la-Bataille qui va sans doute être un superbe moment compte tenu de la présence du grand orgue.
      Encore merci pour vos mots ici et d’avant-concert saintais et, je l’espère, à bientôt.
      Amitiés.

  6. Marie-Reine

    9 août 2016 at 18:23

    Cher Jean-Christophe,

    Vous avez l’été fort vagabond, tout comme moi qui, après des contrées toutes septentrionales, ai retrouvé « les grands chemins de France pour m’aller promener » avant de les quitter bientôt pour une destination chantante plus méridionale d’où je vous écrirai.
    Le disque du jour, grâce à vous, rejoindra d’ici peu en la maison du quai l’épatant et très aimé « For ever Fortune », qui a fait récemment, vous le savez, les délices d’amis voyageurs sur les routes écossaises. Peut-être aurais-je l’occasion de partager avec eux ce nouvel opus : si notre prochain voyage devrait nous conduire plutôt vers la cité de mon cher Alcuin et sa région, il n’est pas exclu que nous visitions un jour la Petite Île.
    L’Écosse n’est d’ailleurs pas absente de ce florilège irlandais. Les répertoires traditionnels des deux îles sont frères ou du moins cousins. Les Musiciens de Saint-Julien y excellent et je fais totalement miens les éloges que vous leur adressez. Juste une petite remarque : peut-être qu’un timbre féminin aurait apporté une touche de « varietas » vocale bienvenue, par exemple dans la berceuse « Do Chuirfinnse Féin » ou la chanson satirique « Óró ‘ Mhór, a Mhóirín » ou encore à la réplique de la jeune fille au « Drumadóir ». C’est que j’ai dans les oreilles le timbre prenant des sœurs Effie et Murdina MacDonald, chanteuses traditionnelles que j’affectionne particulièrement dans le répertoire sacré gaélique.
    Un grand merci pour cette escale d’été, lumineuse et touchante, en votre compagnie. Voici l’heure de la promenade vespérale le long de la Liffey. J’emporte mes soft shoes. Il y a bal ce soir à Lucan House.
    Je vous embrasse très affectueusement.

    • Chère Marie-Reine,
      Contrairement à vous, je suis un voyageur immobile qui ne se déplace guère que grâce à ses doigts qui vont et viennent sur le clavier, et beaucoup plus occasionnellement « pour de vrai », même si je vous avoue que l’idée d’aller fouler le sol d’Écosse me titille assez méchamment depuis quelque temps. Inutile de vous dire que j’ai eu une grosse pensée pour vous en découvrant puis en réécoutant ce disque des Musiciens de Saint-Julien, car je sais à quel point For ever Fortune vous est cher et trouve, tout comme vous, qu’il existe de fortes connexions entre lui et cette High road to Kilkenny qui s’inscrit dans son sillage d’une manière que trouve absolument évidente.
      Je souscris complètement à votre remarque concernant le plus qu’aurait constitué la présence d’une voix féminine dans certaines pièces de ce programme et j’irai chercher sur la vaste mer d’Internet s’il est possible d’écouter les deux sœurs dont vous m’apprenez l’existence; à partir du moment où leur travail est recommandé par vous, je sais qu’il est forcément de qualité.
      Je vous remercie bien sincèrement pour ce commentaire (sans oublier que j’en ai toujours deux en soute) et vous souhaite encore de beaux vagabondages estivaux, quels que soient les lieux où ils vous mènent.
      Je vous embrasse très affectueusement.

  7. Excellente découverte Jean-Christophe. Merci

  8. lenormand rémi et monique

    1 septembre 2016 at 21:01

    Cher Jean- Christophe

    Les Musiciens de St Julien ont donné un très beau concert à Arques-la-Bataille dans un programme dédié à Yvette Guilbert. Absolument magnifique; j’avoue cependant être bien loin de connaître tout leur riche répertoire quand je vous lis, je ne possède que le seul CD  » à l’ombre d’un ormeau ». Je m’aperçois qu’à force de les entendre en concert , je finis par m » ouvrir » à leur musique. Au début même, je les aimais bien mais pensais que leurs musiques étaient assez simples et distrayantes, c’est tout. Je réalise ma profonde bévue, la réalité est que la musique demande beaucoup d’écoute assidue et de réflexion, c’est aussi malheureusement la raison pour laquelle elle est par nature à mon avis antidémocratique.
    Grâce à vous je vais approfondir mes connaissances de St Julien et aussi des « cris de Paris  » avec ce merveilleux musicien qu’est Bertrand Cuiller.
    Merci mille fois;

    Amitiés.

    Rémi et Monique Lenormand.

    • Chers Rémi et Monique,
      Je suis le parcours des Musiciens de Saint-Julien depuis déjà un moment et si tout, dans leur discographie, ne me convainc pas (leur échappée médiévale m’a laissé perplexe), je trouve leur approche souvent très intéressante avec une absence de systématisme qui montre à quel point ils sont un ensemble qui cherche, se remet en question et ne se contente pas de ronronner sur ses acquis. Je vous recommande, outre les deux disques dont il est question dans cette chronique, Et la fleur vole (la dernière production de Jean-Paul Combet pour Alpha) qui est également une vraie belle réussite.
      Je considère Bertrand Cuiller comme un des meilleurs clavecinistes de sa génération – j’ai vu que vous auriez la chance de pouvoir l’écouter, tout comme ces deux autres grands que sont Pierre Hantaï et Hopkinson Smith, durant la saison de l’Académie Bach – et je ne peux que vous recommander l’intégralité de ses enregistrements, trop rares hélas à mon goût.
      Grand merci pour votre commentaire et amitiés.

  9. Gaulard Benedicte

    3 septembre 2016 at 18:40

    Cher Jean-Christophe,
    Ce nouveau voyage est un régal. Paysages enchanteurs de l ‘ Ecosse et de l’Irlande, chants et ballades…point de gravité dans cette musique toute en légèreté, qui fait songer aux légendes, aux châteaux nimbés de brume, aux traditions, aux danses…et, savez – vous, en lisant (et relisant, vous savez que je prends le temps d’apprécier !), votre lettre, j’ai pensé à ces Anglais et Écossais qui effectuaient le « grand tour », animés sans doute, par les mêmes idées de vagabondage littéraire, musical et pictural…A très bientôt, à la découverte d’une autre contrée ! Je vous remercie pour cette passion que vous partagez et vous souhaite un très beau week-end.

    • Chère Bénédicte,
      Cette petite série estivale, qui aurait dû être plus étendue si je m’y étais moins mal pris en termes d’organisation (pour rester poli), est effectivement parcourue par l’idée du Grand Tour et je ne suis pas surpris qu’avec votre finesse coutumière vous l’ayez deviné.
      Cette chronique irlandaise est traversée par un certain nombre de notations assez personnelles évidemment diluées au fil des lignes, mais qui font que je la regarde sans doute avec un œil légèrement différent des autres; j’espère, en tout cas, qu’elle rend justice à ce fort beau disque des Musiciens de Saint-Julien que je trouve assez idéal pour accompagner la belle saison.
      Je vous remercie de vous y être arrêtée et vous dis à très bientôt.

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