Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Touche française. Ouvertures de Johann Sebastian Bach par Zefiro

jean-francois-de-troy-le-dejeuner-dhuitres

Jean-François de Troy (Paris, 1679 – 1752),
Le déjeuner d’huîtres, 1735
Huile sur toile, 180 x 126 cm, Chantilly, Musée Condé

 

Même si on n’épuise jamais totalement les beautés de la musique de Johann Sebastian Bach, il est permis de se demander si un nouvel enregistrement de ses Ouvertures, qui plus est incomplet et fort probablement destiné à le demeurer, s’imposait réellement dans une discographie qui, de Musica Antiqua Köln à l’Akademie für Alte Musik Berlin en passant par Café Zimmermann ou même, pour les amateurs d’une esthétique plus tempérée, The English Concert, n’est pas avare de réussites. Il faut dire que cet ensemble de quatre partitions, non conçu comme tel au départ, visant à faire resplendir les couleurs d’un orchestre fourni – l’Ouverture en si mineur BWV 1067 se situe un peu en marge par sa tonalité plus « assourdie » que les trois autres et son absence de hautbois, de basson, voire de trompettes et de timbales – a de quoi opérer sur les interprètes d’hier comme d’aujourd’hui une irrésistible attraction.

Bach les composa très probablement – certains musicologues ont émis d’autres hypothèses sans réellement convaincre – alors qu’il se trouvait à Cöthen, au service de Léopold, un prince qui pour être calviniste n’en était pas moins mélomane (il avait étudié, entre autres, auprès de Johann David Heinichen à Rome) et avait réuni au sein de sa cour une phalange de musiciens aguerris (dix-huit en 1716) auxquels il donna en 1717 un Kapellmeister à leur mesure. La religion de son jeune employeur ne les requérant pas pour le culte, il put exercer pleinement ses talents dans le domaine séculier où il développa une intense activité ; outre les Ouvertures, les Concertos brandebourgeois, les Sonates pour violon et clavecin, les Suites pour violoncelle seul, le Premier livre du Clavier bien tempéré figurent, entre autres, parmi les œuvres que l’on peut rattacher à cette période. Porté par le rayonnement qui s’attachait alors à la culture française, le genre typiquement germanique de l’Ouverture connaissait une importante vogue en ce premier quart du XVIIIe siècle ; il se compose canoniquement de l’ouverture tripartite calquée sur le modèle lulliste qui lui donne son nom et voit se succéder un mouvement solennel marqué par des rythmes pointés, un plus rapide généralement fugué et, pour finir, le retour abrégé du premier épisode, puis d’une suite de mouvements inspirés par les danses dont ils portent le titre à moins qu’ils ne reçoivent des appellations imagées – grande spécialité de Telemann – telle la Réjouissance sur laquelle se referme l’Ouverture en ré majeur BWV 1069. À l’opposé de BWV 1067 que sa distribution pour flûte, cordes et basse continue semble destiner à un cadre intimiste, les trois autres Ouvertures sont clairement des œuvres d’apparat que l’on imagine sans trop de difficulté avoir été jouées lors de festivités officielles ; cette dimension explique sans doute que Bach n’hésita pas à les reprendre au besoin lors de son cantorat à Leipzig. Si l’on excepte le lyrisme retenu et légèrement mélancolique de l’Air de BWV 1068, aujourd’hui un des plus célèbres morceaux de son auteur au-delà même de la sphère du « classique », il ne faut pas demander à ces pages une profondeur qui n’est pas leur propos ; elles n’en demeurent pas moins exigeantes, en termes de virtuosité et d’alacrité rythmique, pour les interprètes (Passepied de BWV 1066, Bourrée de BWV 1069) qu’elles poussent parfois dans leurs derniers retranchements, offrant à l’auditeur un véritable festival de couleurs mais également, pour qui sait les entendre, de subtiles variations d’atmosphère qui dépassent les limites du genre. Il est assez évident que Bach avait conscience de la valeur de ces pièces ; ne choisit-il pas, en effet, de réemployer l’ouverture de BWV 1069 pour le chœur d’entrée de sa cantate Unser Mund sei voll Lachens BWV 110 ? Suivant cette logique, Alfredo Bernardini propose la reconstitution de deux ouvertures « perdues » – il semble, en effet, assez évident que les quatre survivantes ne sont qu’une petite partie d’une plus vaste production – à partir des chœurs initiaux des cantates BWV 119 et 194 qui adoptent une coupe à la française ; si l’on peut se perdre en arguties musicologiques quant à la validité de la démarche, le résultat est tout à fait séduisant d’un strict point de vue musical.

Réussir l’interprétation de ces pages festives et théâtrales pourrait, de prime abord, paraître facile ; il suffirait de jouer fort, de multiplier les effets de manche et de beaucoup s’agiter pour que ça fonctionne, ce que font un certain nombre de versions creuses qui encombrent la discographie. De Zefiro, du moins pour qui suit, comme c’est mon cas, son travail depuis ses premiers disques chez Astrée (profitons-en pour saluer la réédition récente de ses Zelenka qui l’ont fait connaître et n’ont pas pris une ride), il est évidemment permis d’attendre tout autre chose et l’écoute de cet enregistrement est à la hauteur de cette espérance. Il réunit, en effet, toutes les qualités exigibles, à commencer par une irréprochable propreté technique tant du point de vue de la mise en place – le continuo, à la tête duquel on retrouve avec plaisir le claveciniste Francesco Corti, est impeccablement tenu – que de la justesse (et l’on mesure pleinement, à cette aune, les progrès accomplis au fil des décennies en termes de jeu sur instruments « d’époque »), cette maîtrise permettant aux musiciens de se libérer complètement et de déployer une virtuosité parfois explosive et pourtant sans aucune brutalité qui se manifeste aussi bien au niveau des pupitres des bois et des cuivres que de ceux des cordes (l’ouverture de BWV 1068 est éloquente sur ce point, bravo à Nicholas Robinson). Chaque mouvement est caractérisé avec soin et l’on note l’attention particulière apportée à la respiration de l’ensemble ainsi qu’à la fluidité mélodique, avec une recherche de sensualité sonore d’autant plus appréciable qu’elle n’émousse en rien les angles et n’affaiblit pas les carrures rythmiques. Mise en valeur par une prise de son précise et chaleureuse, la lecture débordante de vitalité, parfaitement architecturée et procurant un grand sentiment de naturel que proposent Alfredo Bernardini et Zefiro des Ouvertures de Bach est un enchantement permanent et renouvelé au fil des écoutes, et l’on ne pouvait imaginer meilleure illustration que le capitule d’alium qui orne sa pochette de corolles étoilées semblant fuser du cœur comme un feu d’artifice pour illustrer l’éclatante réussite de ce disque.

johann-sebastian-bach-ouvertures-bwv-1066-1068-1069-zefiro-alfredo-bernardiniJohann Sebastian Bach (1685-1750), Ouvertures BWV 1066, 1068 et 1069, reconstitution du mouvement initial des Ouvertures BWV 119R et 194R, d’après les cantates correspondantes

Zefiro
Alfredo Bernardini, hautbois & direction

Wunder de Wunderkammern1 CD [durée totale : 77′] Arcana A400. Wunder de Wunderkammern. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Ouverture en ré majeur BWV 1068 : Ouverture

2. Ouverture en ut majeur BWV 1066 : Menuet 1 & 2

3. Ouverture en ré majeur BWV 1069 : Réjouissance

24 Comments

  1. Étincelant. Je vais me le procurer.

    Merci Jean-Christophe. Bon dimanche.

    • Étincelant est un adjectif qui me semble effectivement très bien convenir pour définir ce disque.
      Bonne suite de découverte à vous, merci pour votre mot et bon dimanche, Chantal.

  2. Bonjour Jean-Christophe. En effet, c’est bien différent des mille autres interprétations de mon compositeur favori. Il y a une grande recherche de la part de ces musiciens pour nous faire entendre un Bach très joyeux dans cette ouverture et très agréable à l’écoute. Une belle réussite.
    Je me vois bien danser sur ce menuet délicat, joyeux, romantique.
    Troisième ouverture, la fête bat son plein, les huîtres sont succulentes et le vin délicieux fait tourner les têtes.
    Le Bach en mineur me fait fondre d’émotion, le Bach en majeur me met en fête.
    Merci beaucoup et très bon dimanche
    Bises amicales
    Annick

    • Bonjour Annick,
      La recette de ce bonheur-ci est simple, je crois : on prend les instruments de l’époque de Bach (ou des copies), on les met entre les mains de musiciens qui savent exactement quoi en faire, et on s’embarque pour plus d’une heure et quart franchement réjouissante. Tout est ici gouleyant et débordant de couleurs, loin des brumes du mode mineur; on a vraiment le sentiment d’assister à une fête princière où tout est fait pour que les convives se régalent en ayant même un peu la tête tournée.
      Je te remercie pour ton mot et te souhaite un bel après-midi dominical.
      Bises amicales à toi.

  3. Michelle Didio

    16 octobre 2016 at 11:26

    Un grand merci, cher Jean-Christophe, pour cette merveille sortie de votre précieux « Cabinet pour esprits curieux ». Une élégance et un raffinement dont on ne lasse pas en écoutant les extraits musicaux et en lisant votre chronique très documentée et fort bien rédigée, un art que vous maîtrisez parfaitement. Je vous souhaite un dimanche très agréable et vous adresse mes bien amicales pensées.

    • Les amateurs de la musique de J.S. Bach, dont vous savez que je suis, chère Michelle, sont gâtés en cet automne avec quelques parutions de premier ordre; ces Ouvertures par Zefiro sont la première d’une série de trois, quatre peut-être, dont je rendrai compte sur le blog — pour tout vous avouer, je suis en train d’écouter le second de ces disques en vous répondant.
      J’espère que ces trois extraits auront joyeusement accompagné votre dimanche en contribuant à son agrément et je vous remercie bien sincèrement d’avoir pris de votre temps pour déposer un mot ici.
      Je vous souhaite une bonne soirée et une belle semaine.

  4. Petit clin d’oeil de l’automne qui s’installe ? J’ai eu très nettement l’impression, à l’écoute notamment de l’ouverture placée en tête de votre article, d’entendre le vent souffler dans une vaste forêt, les branches se tordre et les feuilles se froisser. Je ne sais qui il faut en remercier, de Bach, de l’automne, des musiciens ou même … de Zefiro le bien nommé. Mais j’ai aimé ça.
    Bien amicalement à vous,

    ANNE

    • Je trouve votre commentaire d’une grande justesse, Anne, et il me semble à moi aussi qu’il souffle quelque chose du « bel automne » (que j’oppose à la vision romantique, volontiers plus sombre) sur ce disque. Je pense que les couleurs des instruments anciens y sont pour beaucoup, elles sont plus mordorées que celles des modernes, avec une palette de teintes infiniment plus large et aussi plus individualisée. Quant aux bourrasques, Zefiro les maîtrise à merveille : elles peuvent ébouriffer (votre image des branches et des feuilles est parfaite) mais ne giflent jamais.
      Grand merci pour vos mots sensibles et pertinents et belle soirée.
      Bien amicalement à vous.

  5. Tout, ici, honore la Musique. Dans ce qu’Elle a de plus jouissive pour l’esprit de tout musicien, de tout mélomane. J.S. Bach illustre dans ces pages, d’une apparente facilité, l’essence même du message musical : l’Art ouvre le coeur de l’Homme — que sa Messe en si, par exemple, porte à son acmé.
    Je peux bien te partager aujourd’hui une confidence, ami J.-Ch. La série de ces ouvertures demeure, et ce depuis mon adolescence, synonyme d’une joie profonde jamais éteinte à ce jour tant l’éclat de ces pièces orchestrales éblouit et rassure…
    Le présent enregistrement par l’ensemble Zefiro et Alfredo Bernardini est visiblement de très haute tenue. Je suis d’autant plus curieux d’entendre les reconstitutions des BWV 119R & 194R.
    Merci. Je t’embrasse.

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi, ami Cyrille : ces Ouvertures, par leur généreuse vitalité, ont le pouvoir de nous transporter et il ne faudrait pas regarder avec une hauteur malvenue leur simplicité de surface qui cache, comme toujours chez Bach, des trésors d’invention.
      J’ignore avec quelle version de ces pages tu as grandi – Musica Antiqua Köln, pour ma part, puis l’Akademie für alte Musik Berlin – mais il me semble que Zefiro parvient ici à une synthèse entre dynamisme et sensualité que je trouve remarquable; même si je comprends les raisons qui ont conduit à cette abstention, je regretterai longtemps l’absence de la si mineur qui aurait sans doute été aussi étincelante.
      Je te remercie pour ton commentaire et le petit coin du voile qu’il lève.
      Je te souhaite belle soirée et t’embrasse.

  6. Merci pour cette bien belle présentation de ce nouveau disque de Zefiro; présentation toujours aussi complète et recherchée, qui nous permet de replacer ces oeuvres dans leur contexte culturel et historique.
    J’apprécie beaucoup la toile qui illustre cette critique, je ne la connaissais pas, mais j’avoue ne pas être assez curieux en ce qui concerne le domaine de la peinture.
    Quant à la musique, au demeurant fort intéressante et instrumentalement parfaite, je crois qu’elle n’arrivera pas à détrôner ma version de référence. C’est peut-être, me direz-vous, un peu prématuré comme jugement, n’en ayant encore entendu que les extraits que vous nous offrez. Je trouve cependant que l’interprétation est un peu trop vive, trop « sensuelle » à mon goût. C’est le même genre d’impression que celui que vous m’avez décrit en parlant de votre écoute des Concerti Grossi de Charles Avison interprétés par Café Zimmermann. Pendant mon écoute comparative, un nom m’est venu à l’esprit: Händel. Pour moi, c’est un peu trop haendélien comme interprétation.
    Comme vous pouvez le voir, j’insiste sur le « un peu », et si ce disque ne devient pas le numéro un (après une écoute complète), il sera le numéro deux sans aucune contestation des suivants.
    Je vous souhaite une belle journée automnale, pas trop perturbée par ce sacré Zéphyr.

    • Vous connaissez mon goût pour la peinture, Jean-Marc, et j’ai trouvé que ce tableau très français, joyeusement festif et gourmand, allait à merveille avec ces Ouvertures — on ne dira jamais assez tout ce que l’on gagne à associer musique et œuvres picturales.
      Votre commentaire m’intéresse beaucoup et il ne lui manque qu’une chose : savoir quelle est votre version de référence, que vous évoquez sans la nommer. J’ai naturellement mes propres préférences et j’ai confronté un certain nombre de disques au nouveau venu avant d’écrire à son propos; ces comparaisons ont amené leur lot de surprises et parfois de désillusions.
      Ainsi, votre oreille trouve Zefiro trop händelien (mais de quel Händel s’agit-il ? celui du séjour romain ou celui de Londres ? celui de Hogwood, celui de Curtis ou celui de Minkowski ?) ? Ne serait-ce pas une façon de dire « trop italien » ? Je vous avoue que, pour ma part, ce parti-pris sensuel et ensoleillé me convient fort bien ici, et je trouve même qu’il souligne à merveille le mélange d’esprit français et germanique qui marque ces Ouvertures — n’oublions pas que ce premier quart du XVIIIe siècle est l’ère du vermischter geschmack.
      Je suis très curieux de votre avis après écoute intégrale et comparaisons et je vous remercie d’ores et déjà d’être venu déposer ici vos premières impressions.
      Zéphyr est au repos mais Hélios est encore vigoureux en cette journée; je subodore cependant que nous allons vers la pluie pour la suite d’une semaine qui sera sans doute plus conforme à la saison et que je vous souhaite agréable.
      À bientôt !

  7. Vous avez raison, j’ai oublié de citer le nom de ma version préférée (de référence me paraît un peu prétentieux et/ou pompeux pour quelque chose d’aussi subjectif que la musique, je ne devrais plus utiliser ce terme…) est une de celles que vous citez ci-dessus, celle de Reinhard Goebel avec le Musica Antiqua Köln. Elle est, à mon sens, le juste milieu entre les versions style artillerie lourde à l’allemande (vous avez une autre expression amusante pour la qualifier) de la première moitié du XXème siècle et les versions plus « ensoleillées » de ce début du XXIème.
    Ce qui m’est « revenu aux oreilles » à l’écoute de ces extraits était le début du prélude de la suite No. 1 de Water Music, une oeuvre typiquement londonienne il me semble. C’est une impression que je n’avais jamais ressentie jusqu’à aujourd’hui en écoutant ces Ouvertures/Suites de Bach. Peut-être ai-je été fortement influencé par la différence de style que les musicologues de l’époque 1970-80 voulaient établir entre les styles deux kantors ? Difficile de se débarrasser de ce qu’on a ingurgité pendant sa jeunesse, n’est-ce pas ? J’ai quand même réussi à lâcher Karajan dans ce répertoire, et cela bien avant de vous connaître ! J’ose espérer que cela me place dans le clan des « encore récupérables »…
    Je voudrais aussi revenir sur le fait que je ne dénigre absolument pas la version de Zefiro, qui est remarquable, mais peut-être moins à la portée d’un vieux mélomane.

    • Ah mais ça tombe bien, c’est celle avec laquelle j’ai grandi – j’ai, de toutes façons, toujours été très admiratif du travail de Musica Antiqua Köln, dont je dois avoir à peu près tous les disques – après avoir échappé à l’enfer karajanesque qui m’avait fait regarder Bach comme quelque chose de très impressionnant et de terriblement ennuyeux (non, je ne suis pas né avec des cuivres naturels et des cordes en boyau dans mon berceau et j’ai même écouté les Goldberg au piano avant de faire ma révolution), et si elle n’est pas exempte de maniérismes (Goebel s’arrange toujours pour faire sentir que c’est lui le patron qui dirige du violon), je trouve qu’elle tient toujours fort bien son rang, quand bien même il lui arrive parfois de confirmer que la sensualité et l’abandon n’étaient pas le fort du grand Reinhard.
      C’est amusant que vous mentionniez la Water Music que Zefiro a autrefois enregistrée, et de fort belle façon, chez Ambroisie; il faudrait que je ressorte ce disque afin de voir si des ponts se créent entre les deux — ils n’auraient, soit dit en passant, rien d’incongru s’agissant de types de partitions conçus pour des occasions festives. En tout cas, je vous avoue que la référence à Händel ne me serait absolument pas venue à l’esprit si vous ne l’aviez mentionnée — c’est aussi pour cette qualité d’échanges que je m’acharne à tenir un blog alors qu’il serait tellement plus facile et reposant de décaisser cinq lignes approximatives sur les réseaux sociaux.
      Je suis curieux de voir si vous vous laisserez ou non séduire par les Ouvertures façon Zefiro et ne dites pas que vous êtes un « vieux mélomane », sauf si l’adjectif est pris dans le sens d’expérimenté; votre souplesse d’esprit et votre capacité à vous remettre en question en remontreraient à bien des « jeunes. »
      Belle soirée à vous !

      • Juste un petit mot pour vous dire que je me suis laissé séduire par cette version qui va rejoindre mon ancienne version de préférence. Une oeuvre pareille peut avoir plusieurs visages tout aussi beaux à contempler.

        • Ah, je crois que vous n’avez pas fini d’écouter ce disque, Jean-Marc, et votre version de préférence ne vous tiendra sans doute pas rigueur de lui faire quelques infidélités 😉

  8. Ah ! si j’avais eu ce disque il y a trente six ans, j’aurais eu infiniment plus de plaisir et d’enthousiasme à recomposer le tableau gourmand sorti d’une boîte de 3.500 pièces. Ce disque arrive à point nommé pour éclater la tristesse qui m’envahissait durablement. Merci pour ce choix orchestral, merci de tout cœur.

    • 3500 pièces ? Mazette, quel jeu de patience (tiens, j’ai mis une image en HD au cas où 😉 ) ! Vois-tu, bien chère Marie, si ces trois extraits ont réussi à souffler sur la grisaille, alors les musiciens ont atteint leur but et je suis d’autant plus heureux d’avoir mis leur disque à l’honneur.
      Grand merci pour ton mot.

  9. Bonsoir cher Jean-Christophe
    Je peux enfin me poser et je découvre avec enchantement ces ouvertures de Bach, et lorsque l’on vient de vivre des moments intenses, comme tu le sais, le retour à la vie « normale » déboussole un peu, et puis soudain cette boussole me conduit vers Wunderkammen , et je vis un de ces moments comme je les aime, hors du temps, avec cette très belle musique, ta rubrique toujours aussi agréable à lire, et enfin ce tableau qui est « Waouh » !! (hormis les huîtres que je n’aime pas du tout ).
    Tu nous proposes de nous régaler, c’est exactement ce que l »on ressent un régal !
    Merci infiniment pour cette belle rubrique, pour la musique, pour le tableau, pour la référence à Rilke et bien plus encore …
    Je te souhaite une soirée aussi belle que possible. Et merci ! Merci ! Merci !
    Je t’embrasse très fort.

    • Je sais, chère Tiffen, que revenir au quotidien après avoir vécu des moments exaltants n’est jamais chose facile et je te remercie d’avoir repris le chemin de ce blog.
      Je ne mange pas d’huîtres non plus, mais ce tableau est également le premier où l’on voit une bouteille de champagne (dont le bouchon a sauté) représentée, aussi n’allais-je pas m’en priver, même si je n’en bois pas 😉 Je suis évidemment ravi que tes yeux et tes oreilles se soient régalées et je te donne rendez-vous, si tu le souhaites, au prochain festin.
      Je t’embrasse bien fort.

  10. Milena Hernandez

    21 octobre 2016 at 10:14

    C’est une belle version que vous donnez à écouter à vos lecteurs, cher Jean-Christophe, avec de généreux extraits, comme d’habitude savamment ordonnés. Grâce à vous j’ai écouté cette semaine plusieurs versions des Ouvertures et passé de beaux moments en compagnie de Jean-Sébastien. Vos explications documentées en aiguisent l’écoute et m’ont permis de comprendre certaines réticences ou préférences, et à ce propos j’aurais aimé écouter l’aria de la 1068 pour lequel j’ai dans la tête et le coeur une « version de préférence » (plutôt que de référence :-)) !). Mais j’imagine que les choix sont difficiles à opérer…
    J’aime beaucoup Le Déjeuner d’huîtres, si festif, les écailles d’huîtres et la paille qui jonchent le sol, les regards qui convergent sur le bouchon de champagne, le champagne dans sa glace, les mollets fuselés de ces messieurs… Merci pour ce rendez-vous dominical, oserai-je dire ce rite, et singulièrement pour ce « Vent de fête ». Amitiés, Milena.

    • Je vais vous faire un aveu, chère Milena : je n’ai volontairement pas proposé le fameux Air pour laisser aux acquéreurs du disque le plaisir de le découvrir en lui-même mais aussi dans le flux de l’Ouverture dans lequel il s’insère, car je trouve le contraste nettement plus éloquent que dans nombre d’autres versions. Je me suis également régalé d’entendre à quel point Zefiro, contrairement à d’autres ensembles qui la dévalent avec une certaine indifférence, n’avait pas oublié la nature vocale de cette pièce archi-célèbre; il y a décidément autant de cœur que de tête dans cet enregistrement 🙂
      On trouve, dans le Déjeuner d’huîtres de de Troy, un sens du mouvement et un ébrouement qui me plaisent beaucoup, et même s’il donne à voir certaines manières d’Ancien Régime qui peuvent nous faire tiquer aujourd’hui, je suis étonné par le sentiment d’équilibre qui s’en dégage, comme si chacun, tout en étant conscient de sa place, était finalement heureux de prendre part, même humblement, à la fête.
      Je suis heureux que mon cher Jean-Sébastien vous ait donné l’envie de reprendre le clavier ici et je vous remercie pour votre commentaire.
      Amitiés.

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