Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Bach à l’âme. Erbarme dich par Reinoud Van Mechelen et A nocte temporis

jean-andre-silbermann-projet-de-buffet-pour-lorgue-du-temple-neuf-strasbourg

Jean-André Silbermann (Strasbourg, 1712 – 1783),
Projet de buffet pour l’orgue du Temple Neuf de Strasbourg, c.1749
Plume, encre et aquarelle sur papier,
Strasbourg, Cabinet des Estampes et des Dessins
Photographie : Mathieu Bertola/Musée de la ville de Strasbourg

 

Erbarme dich est, assez typiquement, un disque sur lequel j’avais assez peu de chances de m’arrêter, l’exercice consistant à extraire des airs de cantates de Johann Sebastian Bach et à les faire alterner avec des pièces instrumentales pour constituer un récital « carte de visite » me semblant quelque peu vain. Il aura fallu que je découvre, dans la trop brève vidéo de présentation de ce projet, que l’enregistrement avait eu lieu en l’Église Sainte-Aurélie de Strasbourg et avec son orgue signé André Silbermann fraîchement et magnifiquement restauré par Quentin Blumenroeder, pour être saisi d’une irrésistible envie de l’écouter ; les jeunes ensembles et musiciens œuvrant dans le domaine de la musique ancienne seraient-ils en train de prendre un peu plus conscience que la capitale alsacienne offre à leur art un écrin de choix pour s’y épanouir ?

Reinoud Van Mechelen est un chanteur qui s’est acquis, jusqu’ici, une très solide réputation dans le domaine de la musique française ; il commence à aborder celle de Bach de façon plus soutenue, comme en témoignent tant cette anthologie que sa participation à celle de cantates que s’apprête à nous offrir Vox Luminis dans quelques semaines. Il faut d’emblée souligner, en suivant Gilles Cantagrel, qui signe la notice du disque, que celui-ci n’a aucune prétention musicologique, ce qui n’est pas si fréquent dans un répertoire où tant de gens cherchent à prouver des choses et si peu y parviennent ; à l’image du très beau récital de clavecin jadis enregistré par Violaine Cochard pour agOgique, il s’agit bien ici de flâner en connaisseur dans l’immense jardin du cantor de Leipzig pour y composer un bouquet aux couleurs et aux parfums variés – n’est-ce pas le sens même du mot anthologie ? – pour le seul plaisir de l’admirer ou d’en faire présent car, n’en déplaise à certains esprits au vinaigre, Bach n’est pas un antidote au plaisir et on peut même n’en être jamais rassasié en dépit du foisonnement d’enregistrements régulièrement consacrés à ses œuvres.

S’il n’a jamais composé d’opéra, bien que ses détracteurs lui aient vertement reproché de fricoter avec ce genre dans ses Passions, le soin à apporter à la traduction musicale des climats et des mouvements de l’âme a occupé Bach de façon continue, ce que démontre avec force toute sa production vocale ; rarement anecdotique, chaque aria de ses cantates, pour soliste ou non, est toujours une démonstration d’éloquence, ce qui ne laisse pas de susciter l’admiration quand on sait dans quelles conditions d’inconfort et de pression certaines d’entre elles furent composées.
Le choix ici proposé nous confronte à des passions pour le moins contrastées, de l’effroi suscité par la conscience du péché (récitatif « Ach ! Ich bin ein Kind der Sünden ») à la confiance s’enracinant dans le sacrifice du Sauveur (aria « Das Blut, so meine Schuld durchstreicht », tous deux extraits de la cantate BWV 78), en passant par la célébration presque extatique de l’amour divin (« Ach, ziehe die Seele », de BWV 96), l’évocation des noires stratégies du Malin finalement déjouées avec l’aide d’un Dieu à la volonté duquel le croyant s’abandonne entièrement (« Wenn auch gleich aus der Höllen » et « Drum ich mich ihm ergebe », de BWV 107) ou encore la jubilation pure (« Lass, O Fürst, der Cherubinen », de BWV 130) et la contrition la plus absolue (récitatif « Ich habe wider Gott gehandelt » et aria « Erbarme dich », de BWV 55). La dimension opératique de l’inspiration de Bach apparaît dans toute sa magnifique évidence dans l’air très développé « Wo wird in diesem Jammertale » extrait de la cantate BWV 114, véritable aria da capo qui dépeint d’une manière réellement picturale la vallée de larmes que doit traverser l’Homme dans ce pèlerinage qu’est son existence, sa seule boussole étant naturellement Jésus qu’évoque la section centrale dont le rythme de gigue et le tempo vivace contrastent avec la désolation de celles qui l’encadrent ; on pourrait ainsi multiplier presque à l’infini les exemples de l’art déployé par le compositeur pour conférer aux mots toute leur portée, ici par une dissonance, là par un silence, là encore par une appogiature ou un figuralisme. Cette volonté permanente d’éloquence s’étend évidemment aux pièces instrumentales, et les préludes de choral, qui rappellent l’importance de ce dernier dans l’univers mental du musicien, comme les mouvements tirés de certaines de ses œuvres destinées à la flûte sont autant de reflets d’une humeur particulière ou de traductions musicales d’une réflexion sur le monde et sur soi-même qui semble n’avoir jamais cessé d’être en chemin.

Cet enregistrement marque non seulement les premiers pas de Reinoud Van Mechelen en solo mais aussi de l’ensemble A nocte temporis qu’il a fondé pour l’accompagner dans ses projets. Quelques esprits chagrins m’objecteront que l’on aurait pu trouver un répertoire plus rare que celui-ci pour se lancer ; certes, mais se confronter d’emblée à Bach constitue également un défi sur lequel certains musiciens se sont cassé les dents. Le pari du ténor et de ses compagnons est, lui, tout à fait réussi et ils livrent un disque qui ravira probablement nombre d’amateurs des œuvres du Cantor. Du point de vue vocal, la lecture est indiscutablement de haut vol, avec une beauté de timbre des plus séduisantes et une ligne de chant parfaitement maîtrisée, fluide et lumineuse, dans laquelle passe une joie évidente, qui vous enveloppe au passage, de servir des airs de cette hauteur d’inspiration. Reinoud Van Mechelen parvient ici à être solaire sans tomber dans le piège du narcissisme et il met tout le raffinement de son art au service de la musique avec une ferveur qui lui permet de dépasser les limites de la simple démonstration de ses capacités. On pourra toujours pinailler sur quelques menus colorations ou accents que l’on souhaiterait plus idiomatiques du point de vue de la langue et rêver d’un rien de dramatisme supplémentaire lorsque le texte l’exige, mais son approche est globalement pensée avec autant de pertinence que de sensibilité. La prestation d’A nocte temporis n’appelle que des éloges, qui s’adressent en premier lieu à la flûtiste Anna Besson, très sollicitée tant dans ses dialogues avec la voix dans la majorité des airs que dans ceux qu’elle tisse avec ses deux partenaires instrumentistes ; son jeu limpide et expressif (magnifique Sarabande de la Partita BWV 1013 qui fait vraiment regretter les mouvements absents), son phrasé impeccable et la finesse de ses ornementations, son absence de toute mièvrerie ou préciosité contribuent de façon déterminante à la réussite de cette réalisation et je n’avais, pour ma part, plus pris autant de plaisir à écouter de la flûte depuis très longtemps. Benjamin Alard à l’orgue est fidèle aux qualités d’autorité et d’intelligence musicale qu’on lui connaît ; continuiste attentif et soliste inventif, il sait exalter les couleurs et les saveurs du splendide Silbermann qu’il touche. Le rôle du violoncelliste Ronan Kernoa est, par la force des choses, plus en retrait, mais son écoute et son soutien actif n’en sont pas moins évidents et remarquablement assumés, et on peut regretter que le programme ne lui ait pas réservé, comme à ses pairs, une intervention en soliste. Ajoutons pour finir que la prise de son une nouvelle fois très soignée d’Aline Blondiau rend parfaitement justice à l’intimisme et à la générosité de ce projet.
Comme vous l’avez compris, je ne regrette pas un instant de n’être pas passé à côté de ce disque, et je vous recommande chaleureusement d’en faire de même si vous aimez Johann Sebastian Bach. À un moment où les publicitaires vont tenter et sans doute hélas parvenir à vendre un récital qui démontre que Philippe Jaroussky n’a strictement rien à dire dans cette musique et serait bien inspiré de continuer à employer sa joliesse vocale dans celle de Vivaldi, une anthologie de la qualité et de l’intégrité d’Erbarme dich est plus que jamais une bénédiction.

johann-sebastian-bach-erbarme-dich-reinoud-van-mechelen-a-nocte-temporisJohann Sebastian Bach (1685-1750), Erbarme dich, arias et récitatifs pour ténor extraits des cantates BWV 96, 78, 107, 130, 114, 99, 55, préludes de choral BWV 601, 680 et 721, Adagio de la Sonate en trio en sol majeur BWV 1039, Sarabande de la Partita pour flûte en la mineur BWV 1013, Andante de la Sonate pour flûte en mi mineur BWV 1034

Reinoud Van Mechelen, ténor
A nocte temporis :
Anna Besson, flûte
Ronan Kernoa, violoncelle
Benjamin Alard, orgue André Silbermann, 1718, restauré par Quentin Blumenroeder en 2015, de l’Église Sainte-Aurélie de Strasbourg

1 CD [durée totale : 69’56] Alpha classics 252. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Prélude de choral Herr Christ, der ein’ge Gottes Sohn BWV 601

2. Aria (de la cantate BWV 130) : « Lass, O Fürst, der Cherubinen »

3. Sonate pour flûte et basse continue en mi mineur BWV 1034 : Andante

4. Aria (de la cantate BWV 107) : « Wenn auch gleich aus der Höllen »

J’adresse mes plus chaleureux remerciements à Florian Siffer et à Mathieu Bertola pour m’avoir permis d’utiliser le dessin aquarellé de Jean-André Silbermann.

32 Comments

  1. Michelle Didio

    30 octobre 2016 at 09:38

    La voix de Reinoud Van Meichelen m’était inconnue, sa découverte est une belle surprise, cher Jean-Christophe. D’autant plus, quand elle se met au service de la musique de Bach comme ici. Vous avez su très bien traduire ce qui fait la justesse de l’oeuvre de ce grand compositeur, toujours au cœur de l’âme, dont il sait si bien saisir les contours, sans affectation, ni maniérisme. Il me reste à acquérir ce disque pour en apprécier pleinement les nuances. Je ne manquerai pas, cher Jean-Christophe, de vous faire part de mes impressions. Grand merci. Heureux dimanche à vous et Amicales pensées.

    • J’avais, pour ma part, déjà eu la chance d’entendre Reinoud Van Mechelen dans d’autres répertoires, chère Michelle, mais j’ignorais, avant d’avoir eu vent de ce projet, qu’il s’intéressait à Bach; je me dis qu’il a été fort bien inspiré de le faire et j’espère qu’il va persévérer dans cette voie, certes souvent empruntée mais où seuls ceux qui ont réellement quelque chose à dire peuvent réussir.
      Je me réjouis de connaître vos impressions d’écoute sur ce disque dont je gage qu’il va probablement vous faire passer de très beaux moments. Je vous remercie bien sincèrement pour votre commentaire et vous souhaite une bonne fin de dimanche.
      Bien amicalement à vous.

  2. …Loukoums à l’oreille… 🙂

    Bach et Strasbourg, vous vous serez douté que je ne pourrais pas passer.

    D’emblée, ce buffet de J.A. Silbermann donne le ton et me fait ressentir, une fois de plus, ce « quelle connerie, la guerre » pensant à tous ces trésors disparus sur le site de ce Temple Neuf.
    « Elia’s Wagen », toute une histoire pour moi. J’avais 16 ans, à Strasbourg, lorsque je suis tombé sur ce passage de l’A.T. Curieux, j’avais demandé à consulter une Bible à l’aumônier de mon Etablissement. La réaction: <> m’a fortement marqué et je souris en me voyant y penser aujourd’hui, des décennies après. Décidément, Bach, depuis le temps où, non sans votre aide, je me suis mis à le redécouvrir, me guette à tous mes détours.
    Merci de m’ôter de mon « Pitty-Pot » du moment. Les extraits choisis y sont pour beaucoup.

    Bon, reste maintenant à résoudre _la_ grande question: que vous a donc fait P.J. pour se mériter votre fidèle attention? 😉

    • Pour tout vous avouer, Roland, si je ne présumais en rien de votre passage sur le blog, ce qui aurait été passablement présomptueux de ma part, je l’espérais d’autant que j’ai évidemment eu une pensée pour vous en publiant cette chronique, tant à cause de Bach que de Strasbourg. J’éprouve la même sensation d’irrémédiable gâchis que vous devant les destructions occasionnées par les guerre, qu’il s’agisse des magnifiques orgues de Silbermann ou des précieux manuscrits de la bibliothèque; vous avez raison, quelle connerie sans nom !
      Tout comme vous, Bach m’attend toujours à un coin du chemin que j’emprunte, et même si je m’éloigne quelquefois beaucoup de lui, ma pente m’y reconduit toujours à un moment ou à un autre; j’ai ainsi rédigé une partie de ce texte en écoutant ses Suites françaises sous les doigts d’un jeune et talentueux claveciniste, Ignacio Prego 🙂
      Quant à P.J., je n’ai rien contre lui, mais s’il pouvait éviter d’aborder des répertoires qui ne sont objectivement pas faits pour lui, il rendrait service à tout le monde 😉
      De bien bonnes pensées vous rejoignent et je vous remercie pour votre mot.

  3. Bonjour cher Jean-Christophe
    Bach à l’âme , joliment dit.
    Avec Johann Sebastian Bach, je savais d’ores et déjà, que j’allais passer un bon moment, et il fut excellent.
    Alors merci , pour les extraits, merci pour ta chronique et ce très beau dessin de cet instrument que j’affectionne tout particulièrement, et enfin merci pour tes deux liens qui m’ont permis, d’écouter un peu plus de 4 minutes de clavecin et de regarder la trop courte vidéo de présentation .
    Je te souhaite un bel après-midi .
    Je t’embrasse bien fort .
    Tiffen

    • Bonjour chère Tiffen,
      Le titre de la chronique s’est imposé au fur et à mesure de sa rédaction; j’en cherchais sans doute un un peu trop tarabiscoté, alors que celui-ci, dans sa simplicité, correspond parfaitement à ce que j’ai ressenti dès la première écoute de ce récital.
      Les deux liens permettent d’élargir un peu les limites du texte en faisant voir le lieu d’enregistrement et les musiciens, mais aussi de faire entendre d’autres musiques de Bach, dont on n’a heureusement jamais fait le tour.
      Je te remercie pour ton mot et te souhaite une bonne fin d’après-midi.
      Je t’embrasse bien fort.

  4. Meunier Emile

    30 octobre 2016 at 18:13

    Bonsoir cher Jean Christophe,
    J’ai déjà eu le plaisir de voir ,et entendre Reinoud à La Haye dans le rôle de l’Orphée de Charpentier qu’il incarnait merveilleusement au milieu des chanteurs de Vox Luminis qui abordaient pour la première fois ce type de répertoire. Je l’ai retrouvé cet hiver toujours avec Vox dans la Missa brévis,interprétation superbe qui est toujours en ligne sur you tube(concert du 31/1/16 à Amsterdam). Nous nous sommes revus ce 10/10 à la sortie du concert de St Louis en l’Ile ou il était venu écouter ses amis de Vox Luminis. Comme nous marchions dans Paris ce soir là il m’avait parlé de son ensemble »a nocte temporis »…je ne pensais pas l’entendre si vite et c’est en tout cas un plaisir de l’écouter dans votre chronique et une belle découverte en attendant de le retrouver toujours dans un programme Bach dans quelques jours…
    Avez vous eu le temps de m’envoyer les chroniques des deux cd des Musiciens de St Julien? Je n’ai rien reçu et c’est peut être du au fait que l’adresse mail qui était la mienne du temps de la Passée n’est plus valable voilà ayant cessé son activité…Ma nouvelle adresse mail ne se différencie que par le service utilisé,à savoir @gmail.com . Merci d’avance avec mon amitié. Emile

    • Bonjour cher Émile,
      Je ne connais pas Reinoud Van Mechelen autrement qu’au disque, mais je l’ai toujours trouvé extrêmement convaincant dans ses interprétations. Je trouve très bienvenue l’idée qu’il a eue de fonder son propre ensemble et la réussite de cette première réalisation laisse très bien augurer de la suite. Ceux qui aiment la musique de Bach se réjouiront toujours qu’il se trouve de jeunes musiciens pour la servir d’aussi belle façon et je suis convaincu qu’il y reviendra. Lionel m’avait dit, je crois, qu’il commençait à aborder les Messes brèves; si Vox Luminis pouvait avoir l’excellente idée d’enregistrer un jour les quatre (j’avoue une légère préférence pour BWV 235 en sol mineur), je pense que nous serions nombreux à lui en être reconnaissants.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous fais parvenir, après les liens demandés, celui qui vous fait encore défaut.
      Amitiés et à très bientôt.

  5. Bach à l’âme, et Ba calame…
    Un moment de musique (et dans la Musique) qui fait du bien : quel bonheur ce Silbermann ! Et puis cette voix, et cette flûte (instrument pour lequel j’ai une affection particulière) qui dans l’Andante de la BWV 1034 exprime tant et tant… Oui, vraiment, J.S. Bach écrit avec âme et touche l’âme. C’est une évidence.
    Je t’embrasse, ami J.-Ch. Et te souhaite un beau lundi.

    • Je préfère ça à bas calame, ami Cyrille 😉
      Toi qui entretiens avec la musique du Cantor les rapports distanciés que nous savons, je suis ravi de voir que ce disque t’en rapproche un peu, au travers de l’orgue et d’une flûte il est vrai particulièrement enchanteresse ici. Il y aura d’autres rendez-vous avec Bach dans les semaines à venir; puissent-ils confirmer ce frémissement.
      Je te remercie pour ton mot et t’embrasse en te souhaitant un bel après-midi de premier novembre.

  6. merci Jean-Christophe !
    une belle découverte cette voix, et vive notre Cantor non pas national mais universel !

  7. Très jolis extraits -évidemment, ça change de mon Bach préféré 😉 -, même si la prise de son très réverbérée et favorisant la voix dès qu’elle intervient, me convainc à moitié seulement.
    Je connais bien cet orgue, par ailleurs, et il est très occupé en ce moment -très bon concert dimanche passé : https://sainte-aurelie.fr/2016/10/concert-osa-les-melodies-strasbourgeoises/ , mais également, outre les traditionnels concerts de Noël, les commémorations liées au 500ème anniversaire de la Réforme, Ste. Aurélie étant une église protestante-.

    • Ah oui, là on est dans un style plus conforme à ce que j’attends dans la musique du Cantor 😉 Si la prise de son favorise effectivement la voix (c’est assez raccord avec ce type de projet), je ne la trouve pas si réverbérée que ça, du moins à l’écoute du vrai disque — ceci dit, on est dans une église où les captations sont rarement sèches ce qui est plutôt heureux, à mon goût, dans ce type de répertoire (j’ai en mémoire un Oratorio de Pâques assez récent enregistré dans une salle à l’acoustique mate, ça ne fonctionnait simplement pas).
      Sainte-Aurélie est une paroisse très active sur le plan musical et j’ai vu (même si je ne suis pas sur place, je me tiens au courant) qu’il s’y préparait de belles choses pour l’année prochaine; j’essaierai peut-être de venir à l’un ou l’autre concert, étant donné que la musique « de la Réforme » et moi sommes plutôt bons amis 🙂

  8. Catherine Arranger

    2 novembre 2016 at 00:37

    Merci Jean-Christophe. J’ai téléchargé ce cd chez Amazon ce soir. Etant souvent en route, cela me permettra de faire des pauses dans la nature tout en écoutant la musique du Cantor Universel comme le dit si bien Gilda (que j’embrasse au passage). Comment vous remercier, cher Jean-Christophe, pour toutes vos publications qui, perle après perle, sont en train de devenir un magnifique collier de musique. Un collier m’éclairant, moi, une néophyte, amoureuse de musique, ça me fait chaud au cœur. Merci, merci .

    • Mon but, chère Catherine, est de proposer des étapes, des parenthèses musicales pour ponctuer, en beauté je l’espère, les semaines des lecteurs qui me font l’honneur de suivre les publications du blog. Je me réjouis de savoir que ce très beau disque Bach va vous accompagner dans vos pérégrinations et je ne doute pas qu’il va leur conférer une dimension supplémentaire.
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre message et vos encouragements, précieux en des temps qui ne sont pas toujours faciles.
      Bonne journée et à bientôt.

  9. Ah… Retrouver Bach…
    Ces extraits…
    Cette Sonate pour flûte et basse continue. BWV1034… etc
    Merci. Merci.
    J´en tiendrai compte pour ces Fêtes.
    Bon dimanche Jean-Christophe.
    Bien longtemps sans vous écrire, je vais récupérer mon retard.

    • Comme vous l’avez sans doute compris, Chantal, Bach est très présent dans mes écoutes musicales au quotidien, et je tente de le mettre à l’honneur autant que je le peux; il devrait y avoir encore au moins deux rendez-vous avec lui d’ici à la fin de l’année, dont un très prochain.
      Merci pour votre mot; vous me trouverez plus souvent ici que sur le réseau.
      Bonne fin de dimanche et à bientôt.

  10. Cher Jean-Christophe,
    La première fois que j’ai écouté ce disque en intégralité, je dois vous avouer qu’il ne m’a pas laissé grande impression. Hormis les interventions de l’orgue (magnifique Silbermann superbement remis en l’état d’origine par la Manufacture Blumenroeder), l’extrait de la Sonate en trio, BWV 1039 et l’Andante de la Sonate BWV 1034 (ces deux airs étant d’une beauté lancinante), le reste m’a semblé être un assemblage hétéroclite d’airs variés, comme dans certaines productions à la mode de ces derniers temps. Je le trouvais même monotone, répétitif.
    Je dois cependant vous avouer que j’écoutais ce disque en travaillant, en musique de fond en quelque sorte… et ça ne m’allait pas.
    J’ai eu la bonne idée de m’y remettre en début de cette semaine, mais cette fois au casque et au calme, et là, le choc ! Ce disque (impeccablement enregistré au demeurant) « raconte une histoire », suit un fil conducteur. Tous les airs s’enchaînent incroyablement bien, et les passages instrumentaux ne sont pas des bouche-trous, mais des maillons essentiels à la trame du récit.
    Quelle prise de son ! Et quels interprètes ! L’idée de ce trio orgue-flûte-violoncelle est géniale et leur interprétation est d’un tel niveau de qualité. Je suis conquis aussi par le timbre de ce ténor (inconnu au bataillon, en ce qui me concerne), par l’ensemble de ce programme musical ; je finis d’ailleurs une troisième écoute de ce petit chef d’œuvre en écrivant ce mot.
    De tout ceci, je retiendrai donc que, désormais et dorénavant, je ne dois plus écouter du J.S. Bach en boulangeant. Je devrais plutôt me cantonner à Vivaldi pour ce genre d’activité.
    Grand merci pour cette découverte, pour la magnifique illustration (quel talentueux dessinateur que ce J.A. Silbermann, en plus de ses immenses capacités organistiques, il y a des êtres surdoués sur cette petite planète) et pour le texte de présentation, toujours aussi passionnant.
    Pour notre bien à tous, continuez à ne pas passer à côté de tels disques, évitez les contournements svp.
    En toute amitié,
    Jean-Marc

    • Cher Jean-Marc,
      Si vous me remerciez de ne pas être passé à côté de ce disque, je me dis que vous avez bien fait, de votre côté, de lui laisser une seconde chance en lui accordant l’écoute véritablement attentive qu’il mérite — Vivaldi me semble effectivement plus indiqué pour pourvoir à une musique de fond.
      Vous avez tout à fait raison de souligner la cohérence d’un programme qui aurait pu se contenter de n’être qu’une mosaïque aussi rutilante que frustrante; outre de la sensibilité, il y a de l’intelligence dans ce projet qui n’a rien laissé au hasard, y compris l’atmosphère captée avec bonheur par Aline Blondiau.
      Je me demandais comment le fin connaisseur d’orgues que vous êtes accueillerait la présence d’un Silbermann dans la musique de Bach – je connais vos réticences dans ce domaine –, même s’il s’agit ici du plus germanique de facture de ces instruments; si j’en crois votre enthousiasme, l’expérience est plutôt concluante, et j’aurai une pensée pour vous lorsque j’irai faire un petit tour in situ.
      Vous m’avez écrit, en d’autres lieux, que certaines de mes chroniques me dévoilaient; il ne fait guère de doute que celle-ci en fait partie, pour bien des raisons que vous avez, me semble-t-il, senties. Je vous suis d’autant plus reconnaissant de lui avoir offert ce commentaire où je perçois votre sensibilité et votre sourire.
      Avec mon amitié,
      Jean-Christophe

      • Juste une petite précision au sujet des Silbermann « français »: je n’ai pas à proprement parler de réticence envers l’interprétation de la musique d’orgue de Bach sur ces splendides instruments. J’ai d’ailleurs plusieurs disques de ce genre dans ma collection dont, entre autres, un excellent sur le Saint-Thomas de Strasbourg, et un très bon sur celui de Marmoutier.
        Les réserves auxquelles vous faites allusion portaient principalement sur la qualité du jeu et la registration de certains (jeunes) organistes qui ont contribué à l’enregistrement d’un célèbre coffret sur ces Silbermann français. On ressent un manque d’assurance sur certains morceaux, ce qui ne pardonne pas dans les passages où la virtuosité de l’interprète est mise à l’épreuve; et parfois un problème de séparation des plans sonores et/ou du choix de la registration, ce qui gâche l’effet d’ensemble. Il est vrai (et là se trouve le léger problème que j’avais soulevé lors de notre conversation) qu’il n’est parfois pas aisé d’intégrer les anches à la française (principalement celles de pédale) dans la musique germanique de la même époque. Mais la réciproque est vraie, la musique d’orgue française de la période classique (baroque) ne passe pas très bien sur la plupart des instruments baroques allemands, aux anches moins « brillantes ».
        Pour en revenir à ce disque, le choix de l’instrument et les grandes qualités de Benjamin Alard ne pouvaient que me combler.

        • Merci pour ces précisions, cher Jean-Marc. Je sens que je n’oserai jamais écrire sur l’orgue de peur que votre regard perçant ne détecte toutes les lacunes que j’ai dans ce domaine 😉

  11. lenormand rémi et monique

    9 novembre 2016 at 17:29

    Cher Jean-Christophe,
    Selon vos recommandations éclairées j’ai acquis les deux cd de François Lazarevich ( les musiciens de st Julien): deux merveilles absolues. Comme une catastrophe n’arrive jamais seule, j’ai dû commander les cd suivants :
    -Roland l’italien. Lassus par le Chœur de Chambre de Namur et Leonardo García Alarcón
    -Bach à l’âme. Erbarme dich par Reinoud Van Mechelen et A nocte temporis.
    Je comprends bien que ce n’est pas vous qui gérez les scènes de ménage toujours difficiles à réguler.
    De plus j’ai récupéré la magnifique aquarelle de l’orgue Silberman pour le temple de Strasbourg afin de l’agrandir et la mettre sous verre. Silberman et Bach forment selon moi, « un couple » inséparable. Les orgues du grand facteur Silberman sont d’une beauté visuelle et sonore incomparables.
    Pour Reinoud Van Mechelen, je l’ai écouté avec un bonheur irréel et au moins 6 fois depuis juillet dernier sur ARTE concert donné à Beaune avec les « arts flo » et le grand William accompagné d’artistes de très haut niveau dont l’admirable –mais tous l’étaient – violoncelliste * Cyril Poulet que nous avons entendu il y a huit jours à la Chapelle Corneille de Rouen (Quatuor le quadrige). Ecouter le concert de Beaune et le voir représente selon moi l’expression du bonheur absolu, si l’on voulait donner une définition de ce fameux bonheur, il serait possible d’évoquer ce concert.
    Le CD de Reinoud Van Mechelen est le prolongement du concert de Beaune. De plus, nous y retrouvons Benjamin Alard – organiste et claveciniste d’origine cauchoise- que nous chérissons particulièrement avec ses autres compagnons tout aussi admirables.
    Quant à Alarcón et son ensemble, bien évidemment ils font partie intégrante du paysage sonore que strictement aucun mélomane averti ne peut ignorer.
    Merci pour tout, votre blog a vraiment quelque chose à dire ; musiques, peintures y sont réunis dans un circuit de correspondances qui s’interpénètrent et se vivifient à la fois.
    Je me méfie de tous les critiques à la solde de la marchandisation, vous ne ressemblez à personne avec vos goûts particuliers que chacun(e) se doit de respecter. Vous me faites penser à un vieux disquaire de Rouen d’il y a 55 ans qui savait parfaitement conseiller chacun ; une « espèce » totalement disparue.
    Et Puis je pense sans doute comme vous : Bach est au sommet à côté de Dieu – s’il existe celui-là – Beethoven est immédiatement à gauche – un vrai révolutionnaire ! Mozart lui est partout et nulle part, totalement inclassable mais à sa façon le plus grand. » Mozart est trop facile pour les enfants et trop difficile pour les adultes » prétendra le grand pianiste Arthur Schnabel.
    A regarder et écouter Les Arts Florissants interprètent les Cantates de Bach … – ARTE Concert :
    Jubilatoire, magnifique, enthousiasmant et parfaitement réconfortant dans ces moments un peu difficiles, mais nous surmonterons la bêtise et la médiocrité…cela est certain.

    Merci pour tout et surtout, continuez.

    Amitiés.

    Rémi et Monique Lenormand.

    *Cyril Poulet a commencé le violoncelle à 6 ans au CRR d’Amiens dans les classes de Michel Poulet et de Laurent Rannou.
    Admis à l’Université des arts de Berlin (UDK) en 2006, il poursuit ses études musicales avec Martin Löhr et le Quatuor Artemis pour la musique de chambre. Son intérêt pour la musique ancienne le mène ensuite à Genève, où il découvre le violoncelle baroque dans les classes de Bruno Cocset, Florence Malgoire, Serge Saïtta et Gabriel Garrido. Dès lors, il ne quitte plus les cordes en boyau, et obtient un Master en 2012.
    Cyril Poulet a travaillé sous la baguette de spécialistes tels Giovanni Antonini, Ton Koopman ou Reinhard Goebel, et au sein d’ensemble comme Le Concert Spirituel (H. Niquet), Pygmalion (R. Pichon), les Dominos (F. Malgoire), Correspondances (S. Daucé), Millenium Orchestra (L.G. Alarcon), Les Arts Florissants (W. Christie), Ensemble Zaïs (B. Babel)…
    Fondateur avec Amandine Solano et Olivier Riehl de l’ensemble Le Petit Trianon, il s’y épanouit en tant que chambriste et continuiste.
    Actuellement élève de David Simpson au CRR de Paris, il joue un violoncelle anonyme est-européen de la fin du XVIIIe siècle.
    Biographie mise à jour le 23/05/2016.

    • Chère Monique et cher Rémi,
      À défaut de scène de ménage, c’est plutôt mon banquier qui me harcèlerait de ses foudres — pour l’anecdote, l’un d’entre eux m’a dit un jour qu’à cause de mes dépenses culturelles, je ne serai jamais riche; je m’étais contenté de lui répondre : « je sais. » Je crains hélas devoir jouer encore auprès de vous les démons tentateurs d’ici la fin de l’année et j’espère que vous y prendrez le même plaisir qu’avec les quatre disques dont vous avez fait l’acquisition.
      Puisque vous m’en parlez avec tant d’enthousiasme, je vais écouter ce concert de Beaune que j’ai évité pour le moment par sot préjugé – il n’est aucun préjugé qui ne soit sot, me direz-vous avec raison –, craignant que l’univers de William Christie soit trop éloigné de celui de Bach pour qu’il ait quelque chose de vraiment pertinent à y exprimer. Ce qui est, en revanche, certain, c’est que ce chef a toujours su s’entourer qu’il s’agisse des chanteurs ou des instrumentistes.
      Sans établir de hiérarchie tranchée, il est certain que Bach occupe, au même titre que Mozart et Haydn (plus que Beethoven), une place particulière et privilégiée dans mes écoutes; si je m’en éloigne quelquefois considérablement, je finis toujours par revenir vers lui et je vous écris d’ailleurs en écoutant les Variations Goldberg sous les doigts d’un jeune et talentueux claveciniste espagnol, Ignacio Prego.
      Je suis touché que vous me donniez acte de l’honnêteté de ma démarche; je ne suis effectivement à la solde de personne et pas vraiment du genre à écrire des critiques de complaisance pour me faire inviter ici ou là ou entrer dans les bonnes grâces de tel ou telle (je déteste les mondanités, de toutes façons). Si d’autres ont visiblement moins de scrupules, j’estime qu’agir ainsi briserait le lien de confiance qui s’est tissé au fil du temps entre mes lecteurs et moi.
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre commentaire et aurai une pensée pour vous en écoutant le concert des cantates.
      Amitiés,
      Jean-Christophe

      • lenormand rémi et monique

        15 novembre 2016 at 17:21

        Cher Jean-Christophe,
        Les banquiers, experts-comptables, gestionnaires de biens et d’argent , sont totalement insupportables et dangereux même pour l’art lorsqu’ils ne font que compter sans faire référence à l’âme, aux arts, à la beauté de la vie. J’en ai trop « pratiqué » au cours de ma vie professionnelle pour savoir ce que certains d’entre eux valent. Il ne faut cependant pas les mettre tous dans le même sac car beaucoup d’entre eux œuvrent favorablement pour la musique, la peinture, la littérature.

        Bonne soirée.

        Amitiés.

        Rémi et Monique.

        • Chers Monique et Rémi,
          Bien sûr, il faut se garder de toute généralisation, mais j’ai malheureusement plus souvent observé, de leur part, du dédain pour les choses de l’esprit que de l’encouragement ou, a fortiori, de l’adhésion.
          Je vous remercie pour cette apostille et vous souhaite belle soirée.
          Amitiés,
          Jean-Christophe

  12. Je me suis bien rendu-compte de votre absence sur le réseau.
    Ravie de savoir que vous allez nous offrir encore deux rendez-vous avec ce cher Bach.
    Belle journée tourangelle.

    • Elle est appelée à durer, Chantal, je ne peux pas dire que mon envie de m’y consacrer soit débordante — j’ai tellement de choses à faire ici.
      Merci pour votre mot et bel après-midi.

  13. Michelle Didio

    23 novembre 2016 at 19:10

    Cher Jean-Christophe, je confirme, ici, le commentaire que je viens de vous écrire sur FB.

    Une écoute et une lecture attentives du livret, cet après-midi, m’ont complétement éclairée et séduite. Cette oeuvre, alliant lumière et gravité, est servie à merveille par Renaud Van Mechelen. Je suis sûre que réécouter ce disque va être un grand plaisir et sera très profitable pour saisir toutes les nuances du texte (ne maîtrisant pas l’allemand) et la grande beauté des instruments. La voix de Renaud est vraiment étonnante de fluidité. Merci encore pour cette découverte. Je vous prie d’excuser le grand retard pris pour vous répondre. Pensées amicales.

    • Chère Michelle,
      Bien loin de ces récitals que l’on écoute deux ou trois fois sans plus y revenir ensuite, cette anthologie ne cesse de nous attacher en dévoilant, écoute après écoute, de nouvelles beautés. Contrairement à d’autres, la musique de Bach ne peut se contenter d’être joliment jouée; ses œuvres vocales, en particulier, exigent de l’interprète une véritable imprégnation du texte et de sa rhétorique sous peine de passer à côté de l’essentiel de leur message. Ici, hormis quelques légers flottements, ce contrat est parfaitement rempli et Reinoud Van Mechelen et ses amis offrent une lecture toute en éloquence.
      Je vous remercie pour votre commentaire qui ne souffre d’aucun retard; comme je le rappelle souvent, il est important à mes yeux que chaque lecteur suive, dans ses lectures comme dans ses interventions, son propre rythme.
      Bien amicalement à vous.

  14. Un mois tout juste après la publication de ta chronique me voilà hier soir à la salle Cortot pour le lancement de ce cd. Magnifique voix de Reinoud Van Mechelen en effet et remarquable interprétation d’Anna Besson, très sollicitée sur ce beau programme. Après une journée assez mouvementée et de travail intense je suis ressortie apaisée : ça c’est l’effet Bach je crois : un réconfort pour l’âme…
    Bravo pour ton billet qui explique bien la démarche des musiciens et bravo aussi pour l’illustration que j’adore !

    • Même si le concert a sans doute été beau, je pense que les couleurs du Silbermann m’auraient néanmoins manqué; il contribue beaucoup, à mon avis, à la force de ce programme. Tu as parfaitement défini une des caractéristiques de la musique de Bach : elle parvient à effacer la peine et la fatigue par ses vertus puissamment consolatrices.
      J’ai eu beaucoup de chance pour ce qui est de l’illustration de cette chronique et je suis ravi qu’elle t’ait plu.
      Grand merci pour ton mot 🙂

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