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Trouvailles pour esprits curieux

Roland l’italien. Lassus par le Chœur de Chambre de Namur et Leonardo García Alarcón

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Jacob Ernst Thomann von Hagelstein (att., Hagelstein, c.1588 – Lindau, 1653),
Suzanne et les vieillards, années 1620 ?
Huile sur cuivre, 29,9 x 23,5 cm, Dulwich, Picture Gallery

 

En prenant le recul indispensable avec les anathèmes des uns et les énamourements des autres, force est de constater que les directeurs des trois ensembles baroques les plus convaincants de la nouvelle génération ont su délimiter de façon assez nette leur espace de prédilection ; à Lionel Meunier et Vox Luminis les territoires septentrionaux, germaniques comme britanniques, à Sébastien Daucé et Correspondances la France du Grand Siècle, à Leonardo García Alarcón et la Cappella Mediterranea les empires du sud. Le chef argentin est sans nul doute le plus éclectique de ce trio, comme le démontrent avec force ses activés de l’automne 2016 puisqu’il a dirigé à l’Opéra Garnier Eliogabalo de Cavalli, compositeur dont il s’est fait le héraut inspiré, et publié dans le même temps pas moins de trois disques à l’ambitus chronologique très large s’étendant de Lassus à Mozart en passant par le plus attendu Monteverdi.

Si l’on excepte le remarquable projet de biographie musicale en cinq volumes conduit par Musique en Wallonie entre 2011 et 2015, il est permis de se demander pourquoi la production pourtant si vaste et variée de Roland de Lassus n’est pas plus fréquemment et plus systématiquement explorée par les interprètes qui soit y viennent sporadiquement, soit visitent toujours les mêmes œuvres (Lagrime di San Pietro, Lamentations…) La Missa super Suzanne un jour n’a ainsi connu, sauf omission de ma part, que deux enregistrements récents, un assez glacial par l’Oxford Camerata dirigée par Jeremy Summerly (Naxos, 1993), et un plus impliqué faisant le choix d’introduire ponctuellement des instruments sans aller toutefois jusqu’au bout de cette logique par Stimmwerck et La Villanella Basel (Æolus, 2012). Cette messe-parodie publiée en 1577 se fonde, conformément aux lois du genre, sur une mélodie préexistante, un usage tout à fait courant depuis le XVe siècle mais regardé avec de plus en plus de suspicion par une Église devenue sourcilleuse, après la déflagration de la Réforme, sur le point des distances à conserver entre œuvres liturgiques et monde profane. Que l’on utilise le matériau d’un motet sacré pour concevoir une messe, passe encore, mais que le fidèle puisse reconnaître, sinuant dans les linéaments de la plus savante polyphonie, les images lestes, voire obscènes, de la Gente Brunette (« toute nue en la couchette (…) pour jouer au jeu d’amours/si tu sçavois la chosette/qui me haite/tu y viendrois tous les jours », utilisé par Nicolas de Marle) ou de l’Ami Baudichon (« plumes vostre con, madamme », utilisé par Josquin), pas question. Pourtant, c’est bien une chanson que le divin Orlande utilise ici, à la différence près que son sujet est irréprochablement pieux, puisque tiré de la Bible — la chaste Suzanne préférant risquer la mort plutôt que le déshonneur en refusant de céder aux avances de deux pépères passablement pervers. Ne nous y trompons cependant pas et regardons comment les peintres du temps se sont emparés, nombreux, du sujet ; si la concupiscence des deux hommes y est dûment soulignée et réprouvée, la mise en valeur du corps féminin y est également partout évidente et le propos moins édifiant qu’il y paraît. Un homme aussi cultivé et spirituel que Lassus ne pouvait ignorer cette dimension d’érotisme trouble et son utilisation de sa propre mise en musique de Suzanne un jour comme élément d’unification d’une messe – si vous avez la mélodie de la chanson, véritable « tube » de la Renaissance, dans l’oreille, vous en entendrez des fragments dans chacune de ses parties – n’est sans doute pas dénuée d’ironie vis-à-vis de contraintes qu’il devait trouver passablement ridicules. Le madrigal de Cipriano de Rore Anchor che col partire, publié en 1547, est un autre de ces airs à succès du XVIe siècle ; Lassus, fin connaisseur de la musique d’une Italie où il vécut durant une dizaine d’années, s’en empara pour composer un Magnificat en alternatim dans un geste dont on ne peut totalement exclure la dimension d’hommage, car la pièce, qui se trouve dans un recueil daté 1576, a pu être écrite à une date proche de la mort de Cipriano, en 1565. Quoi qu’il en soit, la volonté de mettre le texte en relief en le théâtralisant est patente (le « Fecit potentiam » en offre un bon exemple) tout comme, une nouvelle fois, l’utilisation pour élaborer une œuvre sacrée d’une pièce profane dont le texte n’est pas vierge de sous-entendus érotiques.

De la sensualité, il y en a également à revendre dans le Cantique des Cantiques dont le compositeur sélectionna, au fil de sa carrière, huit passages pour les mettre en musique sous forme de motets que l’on trouve dispersés dans différents recueils (contrairement à ce que peut laisser croire ce disque, il n’existe pas d’œuvre constituée qui s’intitulerait Canticum Canticorum). Il ne faut cependant pas s’attendre à trouver dans ces pièces une expressivité débridée, ce que le recours à d’autres formes comme le madrigal aurait probablement plus facilement autorisé ; nous nous trouvons ici face à une élaboration polyphonique finement ouvragée où l’émotion se niche essentiellement dans des détails, comme la mise en valeur de certains mots, par exemple uberum – les seins – dans Osculetur, et dans des variations de rythme ou de densité vocale visant à apporter de la variété, de la couleur et donc de la vie à ces structures fermement campées et dessinées.

Après une expérience décevante à l’occasion d’un disque consacré à Cipriano de Rore réalisé pour marquer les 35 ans de Ricercar, on n’attendait pas forcément grand chose d’une nouvelle incursion de Leonardo García Alarcón dans le répertoire de la Renaissance ; la surprise avec ce Lassus de fort belle facture n’en est que plus savoureuse et révèle de tangibles affinités entre le compositeur et le chef. Bien sûr, le Chœur de Chambre de Namur n’est nullement spécialisé dans la musique du XVIe siècle, mais il donne ici une nouvelle preuve de la discipline et de l’adaptabilité que la majorité des observateurs s’accorde à lui reconnaître. Les voix sont pleines et bien timbrées, d’une appréciable fluidité et d’une indéniable réactivité, autant de qualités qui rendent plus indulgent face à quelques problèmes de mise en place, approximations et tensions inhérents à un manque de pratique régulière de ce type de musique. L’impression qui domine est celle d’une prestation nourrie de beaucoup d’énergie et d’un indiscutable désir de bien faire dont le résultat s’impose sans mal par sa fraîcheur et sa luminosité. Pour les motets sur les textes du Cantique des Cantiques, il a été fait le choix, historiquement parfaitement plausible, de recourir à des instruments ; s’il est permis d’émettre quelques doutes sur son emploi d’un instrumentarium d’esthétique véritablement renaissante (comme le pratiquent le Huelgas-Ensemble ou Weser-Renaissance), Clematis s’acquitte parfaitement de l’exercice et rehausse les voix de couleurs tantôt douces, tantôt plus chatoyantes avec toute la subtilité souhaitable. Leonardo García Alarcón dirige cet ensemble de forces volontiers protéiformes avec son intelligence coutumière et trouve le juste équilibre entre énergie et intériorité. La grande réussite de sa vision est, à mon avis, de faire sentir, comme bien peu d’autres dans cette partie de la production de Lassus, à quel point le compositeur a été profondément marqué par la musique italienne, par sa tension dramatique mais aussi par sa sensualité, partout perceptibles ici. Voici donc un disque qui mérite indéniablement d’être écouté et médité car, en dépit de ses petites imperfections, il permet de mieux entendre, dans toutes les acceptions de ce verbe, un musicien singulier qui se savait à la croisée des cultures, étant tout à la fois Orlando et Orlande.

roland-de-lassus-canticum-canticorum-choeur-de-chambre-de-namur-leonardo-garcia-alarconRoland de Lassus (c.1531-1594), huit motets sur le Cantique des Cantiques, Magnificat super Anchor che col partire di Cipriano, Missa super Suzanne un jour

Chœur de Chambre de Namur
Clematis (motets)
Leonardo García Alarcón, direction

1 CD [durée totale : 64’53] Ricercar RIC 370. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Missa super Suzanne un jour : Kyrie

2. Quam pulchra es — [Secunda pars :] Gutur tuum, à 5

3. Missa super Suzanne un jour : Agnus Dei

8 Comments

  1. Bonjour cher Jean-Christophe,
    J’ai beaucoup aimé ta chronique, riche, passionnante et qui parfois m’a fait sourire. 🙂
    Les extraits sont très beaux et la peinture dont j’ai eu le plaisir d’en admirer les détails est magnifique.
    Un sincère merci à toi .
    Je te souhaite un bel après-midi, sans oublier de t’embrasser bien fort .

    PS : J’ai toujours du mal à noter ce que je ressens, je ne suis pas très douée avec les mots, j’espère que tu comprendras ce que j’ai voulu dire. Je pourrais ne pas commenter, mais je suis consciente du temps que tu passes à écrire, écouter, chercher.. C’est ma modeste façon de te remercier .

    • Bonjour chère Tiffen,
      Une chose est importante à mes yeux : chacun vient ici avec ce qu’il a et je ne me demande certainement pas à mes lecteurs de « pondre » une thèse dans les commentaires qu’ils sont déjà très gentils de me laisser 🙂
      Il y a effectivement deux ou trois petites choses un peu salées dans cette chronique, mais elles vont justement dans le sens de la vitalité de cette interprétation de la musique de Lassus dont une des grandes qualités, je crois, est de savoir se mettre à la portée de tous sans rogner sur la qualité.
      Je te remercie pour ton commentaire et te souhaite une bonne soirée.
      Je t’embrasse bien fort.

  2. Milena Hernandez

    7 novembre 2016 at 19:16

    Cher Jean-Christophe, je m’exprime sur votre blog car si je comprends bien c’est là que vous aimez trouver vos lecteurs et pas sur Facebook. Or c’est sur Facebook aujourd’hui que s’expriment vos amis spécialistes qui ont engagé avec vous un dialogue des plus intéressant bien que largement au dessus de ma tête. Bref, je voulais vous remercier pour votre chronique hebdomadaire que je savoure et qui me permet d’écouter la musique de compositeurs dont je ne connais pas le nom parfois et des compositeurs que j’adore et dont je découvre grâce à vous une nouvelle interprétation. Ainsi la chronique sur Bach m’a permis d’entendre des airs un peu comme au concert et de réécouter ensuite sur ma platine plusieurs interprétations que j’aime, mais je ne vous ai pas laissé de mot car je pratique une maxime certes un peu remaniée, « la parole est d’argent, le silence est d’or, l’écriture est de bronze, surtout sur les réseaux sociaux » . Votre chronique d’aujourd’hui et surtout les commentaires qu’elle suscite sur FB me laissent un peu dubitative. Est-il nécessaire de cloisonner autant l’interprétation ? C’est une vraie question, je n’en connais pas la bonne réponse, je pense bien sûr qu’il est important d’approfondir, de se spécialiser, dans tous les domaines de la connaissance d’ailleurs, tout en me disant que, par exemple, le stomatologue ne doit pas oublier qu’il soigne un être humain, pas un estomac…ceci pour la partie musicale.
    J’ai pris aussi plaisir à découvrir ce Suzanne et les vieillards que je n’avais jamais vu, dans lequel les personnages adoptent une attitude gracieuse assez éloignée de la violence de la situation.
    Je vous remercie encore et vous adresse mes amicales pensées. Milena

    • Chère Milena,
      Je ne vais pas mentir en prétendant que je n’ai pas de préférence pour le lieu des commentaires, mais je suis, dans le même temps, tenté de vous dire qu’il ne faut surtout pas en tenir compte et suivre votre propre mouvement. Effectivement, l’échange que vous mentionnez a eu lieu sur facebook, mais vous aurez noté que je l’ai vite laissé se poursuivre entre les trois intervenants qui, eux, ont du temps – plus que moi, en tout cas – à passer sur le réseau; ni mon activité professionnelle, ni l’espace qu’il me faut trouver pour chercher, réfléchir et écrire ne m’autorisent à m’y éterniser et, pour être tout à fait honnête, je n’en ai guère l’envie non plus (et de moins en moins).
      Je pense que ce type de discussion entre personnes bien informées est passionnant et je pourrais me livrer moi aussi à un déploiement d’arguties sans fin sur certains sujets; je préfère les laisser nourrir le processus d’élaboration souterrain qui préside à ce que je propose sans m’appesantir dessus et ne pas perdre de vue qu’il s’agit ici de chroniques de disques et non de thèses universitaires, ce qui veut donc dire que l’on livre une appréciation personnelle (et donc faillible) sur un travail dont vous rappelez avec beaucoup de justesse la dimension humaine — les certitudes que l’on peut avoir sur l’instant n’ont ipso facto aucune prétention à l’universalité. Lorsque je me trouve face à une interprétation, mon premier réflexe est de me demander ce que les musiciens ont bien pu vouloir nous dire sur les œuvres qu’ils ont choisi d’aborder; si la moisson est parfois maigre, cette attitude a, à mon sens, l’avantage de placer le débat sur un plan concret – la vision d’une pensée immortalisée par la grâce de l’enregistrement – plus que théorique, ce qui n’empêche nullement une remise en contexte de ce que l’on va entendre, au travers des éléments historiques que je donne et de l’illustration que je propose, laquelle relève toujours d’une sélection méticuleuse.
      Pour ce qui est du récital Bach, si l’exercice des airs choisis a ses limites et que je préfère écouter les cantates en entier, je trouve que Reinoud Van Mechelen et ses amis s’en sortent avec les honneurs et bénéficient, en outre, d’une atmosphère qui apporte un vrai supplément de chaleur et d’intimité — nous voici typiquement devant un élément de jugement difficilement quantifiable et qui sera ressenti très différemment suivant les auditeurs. Je reviendrai encore vers les œuvres de Johann Sebastian; elles forment un des fils rouges de ce blog comme de mon quotidien musical.
      Je vous remercie pour votre commentaire fourni auquel j’ai eu plaisir à prendre le temps de répondre, pas trop sottement j’espère — c’est une autre des raisons qui me font préférer être ici : le temps que je consacre aux réponses n’appartient qu’au dialogue entre le commentateur et moi et aucune sollicitation extérieure ne vient s’y glisser.
      Belle suite de semaine et amitiés.

  3. Ce qui est bien avec les chroniques de ce blog, c’est qu’elles me permettent de découvrir petit à petit de fort belles choses que, pour l’instant, j’avais laissées un peu de côté : je connaissais vaguement Orlando de Lassus, sans y avoir jamais prêté d’écoute très attentive. Les extrait présentés sont attrayants, je me suis donc rendu rapidement sur l’encyclopédie en ligne pour en savoir un peu plus sur le compositeur – mes « dictionnaires musicaux », parfois anciens, en parlent assez peu, si n’est pour dire qu’il fut un compositeur très important en son temps…-, puis, de fil en aiguille, j’en suis arrivé à écouter, en sus, quelques œuvres de Janequin ou de Pérotin… Agréable parcours à travers la Renaissance musicale, donc, et grâce à ces lectures éclairantes : mille mercis !
    Je pense aussi que l’évolution du marché de la musique enregistrée favorise désormais les « marchés de niche » et que les recherches en matière d’évolution stylistique permettent de donner des lectures plus adéquates de ce répertoire.

    • Mes territoires d’exploration sont assez larges, Diablotin, et même si ce n’est pas forcément ce qui se voit le plus dans mes publications, mon intérêt pour les musiques du Moyen Âge et de la Renaissance est bien réel — je suis d’ailleurs ravi que ces petits fragments de Lassus vous aient fait remonter le temps vers Janequin et Pérotin, que j’apprécie beaucoup tous les deux.
      L’interprétation de la musique ancienne ne cesse effectivement de progresser et si on y assiste à quelques regrettables dérives – Organum hier, Graindelavoix aujourd’hui –, le sérieux de l’approche est généralement de mise, en particulier du côté de Bâle où est en train de se dessiner une véritable et riche relève en matière de musique médiévale.

  4. Cher Jean-Christophe,

    Sensualité, concupiscence, perversité, voilà des mots que l’on ne s’attendrait pas à trouver dans la chronique d’un disque de musique sacrée. Et pourtant, à vous lire, on ne peut que reconnaître que cette messe est bizarrement inspirée par un air plutôt grivois ; mais ce n’était probablement pas inhabituel à l’époque, comme vous le soulignez.
    J’avoue ne pas la connaître, non pas Suzanne, mais « sa messe ». C’est encore une belle découverte pour un de vos fidèles lecteurs. Je ressortirai de cette chronique un peu plus instruit encore, vous êtes une source d’information incroyable dans ce domaine, du moins en ce qui me concerne.
    La reconstitution du Cantique des Cantiques est savoureuse à souhait. J’aime beaucoup ces motets, fort expressifs, et je ne suis pas sûr que j’aurais préféré une version plus madrigalesque, genre que j’apprécie moins en général. Le Chœur de Chambre de Namur nous donne ici une version riche en émotions, tout en étant (amha) d’une grande précision dans l’interprétation.
    Merci pour cette excellente chronique, remarquablement documentée et illustrée par ce tableau juste dans le ton de votre texte.
    Avec toute mon amitié,
    Jean-Marc
    P.S. Les pépères passablement pervers m’ont fait penser à un auteur de BD (récemment disparu). Était-ce voulu ? Ou est-ce simplement dû à mon esprit un peu tordu ?

    • Cher Jean-Marc,
      J’aime particulièrement ces œuvres à tiroirs qui prennent un malin plaisir à brouiller les pistes. Les auditeurs d’autrefois, qui étaient bien plus fins et exercés que nous, devaient bien se marrer intérieurement en entendant, sous le texte sacré, les références à des mélodies nettement plus terrestres.
      Si l’interprétation n’est pas toujours irréprochable, il me semble que l’essentiel y est, à savoir l’esprit. Leonardo García Alarcón a trouvé, avec cette messe et ces motets, des partitions qui correspondent parfaitement à sa nature, et il a su transmettre cette sensualité et cette théâtralité toutes méditerranéennes au Chœur de Chambre de Namur, opérant ainsi une fusion passionnante entre Nord et Sud.
      Je vous remercie pour votre commentaire auquel je réponds tard, mais avec beaucoup de plaisir.
      Avec toute mon amitié.
      Jean-Christophe
      [Des sous-entendus, des clins d’œil et autres choses de ce genre dans mes chroniques ? Ça se saurait 😉 ]

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