Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Parvula mirabilia. Petits mondes au Musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg

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Friedrich Brentel (Lauingen, Souabe, 1580 – Strasbourg, 1651) ?
et Matthaüs Merian (Bâle, 1593 – Bad Schwalbach, 1650) ?
Scène champêtre, c.1620
Gouache sur parchemin, 11,7 x 22,2 cm,
Strasbourg, Cabinet des Estampes et des Dessins
Photographie © Musées de Strasbourg / Mathieu Bertola

 

Il y a quelque chose d’assez paradoxal, en cette saison qui voit la cité de l’Ill enfiler pour un mois son costume un rien trop commercial et clinquant de « capitale de Noël », une fois contourné le chalet aux lumières exagérément vives qui en occulte l’entrée, de plonger dans le calme feutré de ce lieu hors du temps qu’est le Musée de l’Œuvre Notre-Dame. De façon très judicieuse, Petits mondes, l’exposition conçue par le dynamique Cabinet des Estampes et des Dessins pour proposer au public un choix de ses précieuses miniatures, a investi trois salles de ce vénérable bâtiment, renforçant ainsi la sensation de se trouver dans un de ces cabinets de curiosités qui connurent une importante vogue à Strasbourg dès le dernier quart du XVIe siècle ; je soupçonne même Florian Siffer, maître d’œuvre de cet accrochage, d’avoir malicieusement choisi cette thématique intime exigeant du visiteur attention et concentration comme un pendant à l’extraversion et à la dissipation régnant au dehors.

Coincé entre deux époques riches de personnalités marquantes, le XVIIe siècle strasbourgeois, politiquement agité puisqu’il fut celui de l’annexion de l’Alsace par la couronne française, est souvent regardé comme une période terne – raison sans doute pour laquelle elle est relativement peu étudiée – dont émergent à grand peine quelques noms, le plus célèbre étant celui de Sebastian Stoskopff. En y regardant d’un peu plus près, la vie intellectuelle et artistique y fut néanmoins intense, quand bien même elle ne pouvait se prévaloir du caractère révolutionnaire du siècle précédent, profondément dynamisé par les applications concrètes de l’invention de l’imprimerie. À Strasbourg, c’est le temps des Kunstkammern, ces lieux aménagés par des amateurs fortunés pour y présenter leurs collections d’art, mais également de monnaies anciennes ou de curiosités naturelles, comme, par exemple, les branches de corail que l’on trouve parfois représentées dans certaines natures mortes, ou des objets à caractère de relique, telle cette boucle de la chevelure de Dürer mentionnée dans les inventaires, rendues accessibles à un public choisi de connaisseurs, parfois venus de fort loin. Cette activité soutenue de cercles de particuliers avides d’objets précieux ne pouvait qu’encourager la productivité de peintres experts dans l’art de la miniature, habiles à élaborer, sur une surface quelquefois extrêmement contrainte (certaines d’à peine quelques centimètres), des scènes semblables à celles de la peinture de chevalet.

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Attribué à Friedrich Brentel (Lauingen, Souabe, 1580 – Strasbourg, 1651),
La Tentation du Christ, début du XVIIe siècle
Gouache sur parchemin, 15,3 x 21 cm,
Strasbourg, Cabinet des Estampes et des Dessins
Photographie © Musées de Strasbourg / Mathieu Bertola

 

Hormis d’une poignée de spécialistes, le nom de Friedrich Brentel n’est plus guère connu aujourd’hui, alors qu’il fut indiscutablement une figure majeure de la scène artistique strasbourgeoise, tant pour ses œuvres que pour ses qualités de pédagogue, puisqu’il fut le maître de peintres dont la renommée devait largement dépasser le cadre local, entre autres Sebastian Stoskopff, déjà cité, et Johann Wilhelm Baur, dont nous reparlerons. Né à Lauingen, en Souabe, en 1580, il est citoyen de Strasbourg en 1601 où il mourra cinquante ans plus tard ; un de ses titres de gloire est d’avoir exécuté, avec un de ses célèbres et talentueux élèves, Matthäus Merian (1593-1650), la gravure de la Pompe funèbre de Charles III de Lorraine. On ignore tout de la formation de Brentel, mais ce que l’exposition présente de sa production laisse deviner un esprit encore imprégné d’humanisme renaissant. D’un point de vue stylistique, il s’inscrit dans une tradition flamande représentée par Hans Bol (1534-1593), ce que traduit bien la Scène champêtre qui lui est attribuée, mais où sa main se mêle peut-être à celle de Merian, et dépeint une compagnie joyeuse et raffinée se livrant, au son des luths, aux plaisirs de la convivialité, de la bonne chère, de la conversation amicale ou amoureuse dans un cadre friedrich-brentel-paysage-avec-ferme-et-ruinesoù les éléments naturels ont été disciplinés par l’intelligence humaine sans toutefois en éliminer complètement l’animalité (les chiens qui se disputent un os) et la précarité (le fût sectionné d’un arbre). On note également parfois chez lui l’émergence d’un sentiment classique de la nature comme on l’observe chez Paul Bril (c.1554-1626), par exemple dans l’atmosphère un rien inquiétante de la Tentation du Christ, dont les indices de désordre (outre la présence du Diable, l’arbre brisé au premier plan ou les animaux qui s’affrontent dans les sous-bois) s’intègrent dans une construction à la fois équilibrée et pittoresque du paysage auquel un horizon noyé dans des lointains bleutés apporte une profondeur un rien immatérielle. Élaboré en combinant et en réinventant certains éléments tirés de gravures de Jacques Callot (1592-1635), Le Jardin et Le Petit port, le Paysage avec ferme et ruines, daté 1629, offre une bonne illustration de la curiosité de Brentel pour ce qui se passait dans d’autres foyers artistiques ainsi que de sa propension à moraliser les images qu’il compose – on verra également au cours de l’exposition un délicat Tobie et l’Ange inspiré d’Adam Elsheimer (1578-1610) qui fonctionne selon cette même double logique – ; cette scène mi-septentrionale par sa représentation d’activités quotidiennes, mi-ultramontaine par la présence de ruines antiquisantes, constitue un discret éloge des femmes, seules figures qui y sont clairement discernables, portant et donnant la vie, et n’épargnant pas leur peine pour la faire croître.

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Friedrich Brentel (Lauingen, Souabe, 1580 – Strasbourg, 1651),
Orphée aux Enfers, 1643
Gouache sur vélin, 9 x 13,5 cm,
Strasbourg, Cabinet des Estampes et des Dessins
Photographie © Musées de Strasbourg / Mathieu Bertola

 

Arrêtons-nous un instant, pour finir, sur une des miniatures les plus impressionnantes de toutes celles présentées de Brentel. Certes, l’artiste a su exploiter la veine héroïque et dramatique des épisodes inspirés de l’Antiquité dont sa clientèle cultivée était sans nul doute friande (Horatius Coclès, Diane et Actéon), mais ce tardif Orphée aux Enfers de 1643, que l’on croirait échappé de la scène d’un théâtre, possède une dimension supplémentaire qui le rend autrement émouvant ; le vieux maître arrivé dans les ultimes années de sa vie y reprend, en effet, une planche gravée pour illustrer les Métamorphoses d’Ovide par son élève, Johann Wilhelm Baur, mort l’année précédente. Le choix du moment précis où le musicien thrace, armé du seul instrument de son art, se retourne et perd ainsi définitivement la possibilité d’arracher Eurydice, aimée et guidée, aux rives du Styx ne doit probablement rien au hasard et peut sans doute se lire comme un Tombeau élevé par l’aîné à son jeune disciple si prématurément disparu dont il ne cachait pas sa fierté de l’avoir formé.

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Johann Wilhelm Baur (Strasbourg, 1607 – Vienne, 1642),
Port de mer, vers 1640
Gouache sur papier, 10,5 x 15,7 cm,
Strasbourg, Cabinet des Estampes et des Dessins
Photographie © Musées de Strasbourg / Mathieu Bertola

 

Johann Wilhelm Baur fut un artiste talentueux et reconnu dont la trace dans l’histoire de l’art aurait sans doute été plus profonde encore s’il n’avait été fauché à l’âge de 35 ans, alors qu’il était installé à Vienne où la qualité de son travail l’avait fait remarquer par l’empereur Ferdinand III. Né à Strasbourg en 1607, il quitta la cité rhénane une vingtaine d’années plus tard, après son apprentissage dans l’atelier de Brentel, pour gagner l’Italie. Documenté à partir de 1630 au sein du Schilderbent romain, cette confrérie regroupant des peintres nordiques travaillant dans la Ville éternelle, il ne tarda pas à attirer l’attention et les commandes de grandes familles comme les Colonna, les Farnèse et les Orsini, ainsi que la protection du cardinal Mazarin. johann-wilhelm-baur-madeleine-penitenteSi l’on devait, en la comparant à celle de son maître, définir d’un mot ce qui caractérise la manière de Baur, ce serait certainement celui d’élargissement qui s’imposerait à l’esprit, et son Port de mer en offre un parfait exemple avec sa vaste perspective et sa jetée bordée par un imposant palais où s’enroulent, répondant ainsi à la torsade du groupe statuaire repris de l’Enlèvement des Sabines (1582) de Giambologna (1529-1608), d’une façon parfois presque chorégraphique, des gentilshommes, des calèches avec leur équipage, des badauds et des chiens. Malgré les effets de masse recherchés par le peintre pour apporter à la scène volume et animation, tout ici respire et se déploie aussi loin que porte le regard. Même les sujets les plus intimistes sont gagnés par cette volonté de grandeur comme en témoigne la Madeleine dans le désert sans doute réalisée après 1630 ; à la manière de Patinir (c.1480-1524), l’argument religieux devient prétexte à une démonstration de virtuosité dans le rendu du paysage, ici composé de blocs chaotiques symbolisant le monde du péché auquel renonce la future sainte, hérissé pour indiquer les épreuves qu’elle a dû affronter (comment ne pas songer à la couronne d’épines en voyant ces fûts aux moignons de branches acérés ?) et qui l’attendent encore, et traversé par une cascade qui évoque le cours tumultueux, johann-wilhelm-baur-le-chantier-navalimprévisible et l’impermanence de toute existence ; notons que les feuillages au-dessus de Madeleine sont ceux d’arbres persistants, promesse d’une vie éternelle, et que les troncs de deux d’entre eux se croisent juste à l’aplomb de sa tête pour former un chiasme — croix et Christ. Vers 1635-1636, Baur peignit un Chantier naval où s’expriment l’acuité de son regard et la précision de son trait formé à l’école de la gravure. Malgré les dimensions réduites de la surface peinte, aucun cordage ne semble manquer à ces vaisseaux dont le modèle est à chercher du côté des dessins de Filippo Napoletano (c.1587-1639) et d’Abraham Casembrot (c.1593-1658) et chaque action des charpentiers de marine est rendu avec autant de méticulosité que de vivacité, avec une note de pittoresque supplémentaire apportée par le groupe de personnages enturbannés représenté au premier plan, personnification d’un Orient rêvé.

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Johann Nikolaus Gasner (Francfort sur le Main, 1637 – ?),
Paysage héroïque avec une statue, seconde moitié du XVIIe siècle
Gouache sur parchemin, 15 x 19 cm,
Strasbourg, Cabinet des Estampes et des Dessins
Photographie © Musées de Strasbourg / Mathieu Bertola

 

Avec Johann Nikolaus Gasner, nous abordons au rivage d’un tout autre imaginaire. De cet artiste né à Francfort sur le Main au tout début de janvier 1637, on se sait pas grand chose, si ce n’est qu’il s’intéressait à nombre de sujets ardus (théologie, médecine, philosophie) et fut actif à Copenhague, Cassel et Dresde. Travailla-t-il à Strasbourg ? On l’ignore, mais la présence de nombre de ses œuvres dans les collections des riches amateurs de la ville, en particulier celle d’Élie Brackenhoffer (1618-1682), démontre qu’elles y étaient appréciées. johann-nikolaus-gasner-paysage-avec-arbres-et-ruinesSi dans les œuvres de Baur prédominait un sentiment d’épanouissement assez ensoleillé et volontiers mondain, celles de Gasner semblent baignées d’une tonalité plus intensément personnelle, volontiers mélancolique et quelquefois tourmentée, dans une veine qui n’est parfois pas sans évoquer Salvator Rosa (1615-1673), dont il pouvait connaître certaines réalisations diffusées par la gravure, et, du côté des musiciens, les pièces si particulières de Johann Jakob Froberger (1616-1667) qui n’ont sans doute pas manqué de résonner à son oreille dans tel ou tel salon. Assez emblématique de son art est le Paysage héroïque avec une statue, qui exploite les camaïeux de bruns et de gris chers à l’artiste et représente une topographie accidentée traversée de cascades bouillonnantes sous un ciel menaçant ; l’athlétique statue, rendue avec une étonnante plasticité qui lui confère une présence très incarnée, ne semble elle-même pas de marbre ; ses traits trahissent une agitation intérieure dont on peine à déterminer ce qui l’alimente, colère, mélancolie ou dépit. Malgré la présence d’éléments convenus comme le berger et son troupeau, on est ici bien loin des pastorales baignées dans la lumière d’une Arcadie idyllique, l’impression de menace qui se dégage de ces images étant peut-être à rattacher à la période terrible que fut la Guerre de Trente Ans durant laquelle naquit Gasner et dont il eut vraisemblablement à souffrir des conséquences. Cette âme inquiète fut, à l’évidence, un artiste porté à l’expérimentation, ce dont atteste l’étonnant Paysage avec arbres et ruines, qui semble vouloir imiter une petite plaque de métal gravé et précieux en utilisant de la gouache et de la feuille d’or, et dont se dégage une singulière impression d’immobilité et de silence, johann-nikolaus-gasner-paysage-avec-clair-de-lunetout comme le Paysage avec clair de lune qui préfigure de façon assez fascinante le tableau peint par Simon Mathurin Lantara (1729-1778) sur le même thème au siècle suivant. Il faut enfin signaler le cycle complet des douze mois et des quatre saisons dans lequel Gasner réalise un véritable tour de force de pure virtuosité picturale en parvenant, sur des pastilles de parchemin de quatre centimètres, à susciter en quelques coups de pinceau d’une précision assez époustouflante, des atmosphères souvent pleines de poésie. Des trois miniaturistes présentés dans l’exposition strasbourgeoise, cet artiste est probablement le plus intriguant et le plus durablement attachant, et on espère que des recherches permettront un jour de cerner plus nettement sa trajectoire et de mieux comprendre sa personnalité.

Après le succès mérité de Dernière danse au premier semestre 2016, il faut à nouveau saluer l’esprit aventureux qui anime le Cabinet des Estampes et des Dessins et son responsable qui, saison après saison, s’ingénient à proposer des expositions passionnantes sur des thématiques peu fréquentées, toujours avec une volonté de simplicité pédagogique qui permet à ces accrochages d’être accessibles au plus grand nombre. On peut ainsi visiter Petits mondes pour sa propre délectation et la qualité des œuvres, choisies avec soin, ne décevra pas ; on peut aussi l’envisager comme une parenthèse face à l’agitation du monde extérieur et la chasse au plus infime détail sur de si petits tableaux produira sans nul doute son effet d’abstraction ; on peut enfin la saisir comme une magnifique opportunité de se faire une plus complète et donc plus juste idée de la vie artistique à Strasbourg au XVIIe siècle, période qui reste encore largement à réapprécier dans bien des domaines – et je me demande ce qu’attendent les musiciens pour s’emparer des œuvres de Strobel, Böddecker ou Gumprecht au lieu d’ânonner toujours le même répertoire – et qui est sans doute moins catastrophique que ce qu’on en lit parfois — Bernard Vogler, dans son Histoire culturelle de l’Alsace, la qualifie « d’effondrement », rien de moins. Avec son parcours fluide et intelligemment conçu – le seul très léger bémol concerne la présentation des Saisons et les Mois de Gasner, que leur taille rend de toutes façons peu lisibles dès qu’on les admire à une certaine distance –, Petits mondes est une exposition aussi délicieuse que nourrissante et, par là même, nécessaire, que l’on quitte à regrets en y ayant autant, sinon plus rêvé et appris que dans le grand.

petits-mondes-musee-de-loeuvre-notre-dame-strasbourg-15-10-2016-16-01-2017Petits mondes, miniatures du Cabinet des Estampes. Strasbourg, Musée de l’Œuvre Notre-Dame, du 15 octobre 2016 au 16 janvier 2017. Ouvert tous les jours sauf le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier.

petits-mondes-album-de-lexpositionPetits mondes, album de l’exposition avec un texte de présentation de Florian Siffer. Édition des Musées de la Ville de Strasbourg/Le Cabinet de l’amateur (en vente au musée et en librairie, 9€).

Illustrations non référencées dans le corps du texte :

Pour toutes : Strasbourg, Cabinet des Estampes et des Dessins, Photographie © Musées de Strasbourg / Mathieu Bertola

Friedrich Brentel (Lauingen, Souabe, 1580 – Strasbourg, 1651), Paysage avec ferme et ruines, 1629. Gouache, plume et encre sur parchemin, 8,1 x 12,2 cm.

Johann Wilhelm Baur (Strasbourg, 1607 – Vienne, 1642) :

Madeleine dans le désert, après 1630. Gouache sur parchemin, 7,3 x 10,3 cm

Le Chantier naval, 1635-36. Gouache sur parchemin, 25,4 x 17,8 cm

Johann Nikolaus Gasner (Francfort sur le Main, 1637 – ?) :

Paysage avec arbres et ruines, seconde moitié du XVIIe siècle. Gouache sur parchemin et feuille d’or, 8 x 11,8 cm

Paysage au clair de lune, seconde moitié du XVIIe siècle. Gouache sur parchemin, 15,7 x 21,2 cm

Accompagnement musical :

1. Valentin Strobel (1611-après 1669), Gigue en ré mineur (Strasbourg, sans date)

A Due Liuti :
Jean-Marie Poirier & Thierry Meunier, luths baroques à onze chœurs

contreparties-a-due-liutiContreparties, musique pour deux luths du XVIIe siècle. 1 CD Cornetto Verlag COR10045. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

2. Philipp Friedrich Böddecker (1607-1683), Sonate pour violon en ré mineur (Strasbourg, 1651)

Le Parlement de Musique
Martin Gester, orgue positif & direction

froberger-autour-dun-manuscrit-redecouvert-le-parlement-de-musiqueJohann Jakob Froberger, Autour d’un manuscrit redécouvert. 1 CD Assai 222102. Indisponible.

3. Claudio Monteverdi (1567-1643), L’Orfeo, acte IV : « Qual onor di te fia degno » (Orfeo, Un Spirito)

Mirko Guadagnini, Orfeo
La Venexiana
Claudio Cavina, direction

claudio-monteverdi-lorfeo-la-venexianaL’Orfeo. 2 CD sous livre-disque Glossa GES 920913-F qui peut être acheté peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

4. Johann Rosenmüller (c.1619-1684), Sonata a tre en ré majeur (Ms Rost)

crédits : cf.2

5. Johann Jakob Froberger (1616-1667), Allemande nommée Wasserfall en mi mineur (Ms. de Strasbourg)

Aline Zylberajch, clavecin Rückers, 1624, du musée Unterlinden de Colmar

crédits : cf.2

6. Ennemond Gaultier (1575-1651), Courante L’Adieu en ré mineur

crédits : cf.1

Remerciements :

À Florian Siffer et à Barbara Gatineau, des Musées de Strasbourg, pour leur écoute et leur réactivité.

À Jean-Marie Poirier, pour les pièces à deux luths sur lesquelles s’ouvre et se referme cette chronique. Le prochain disque d’A Due Liuti est annoncé pour le début de l’année 2017 ; on l’attend avec l’impatience que suscite toute bonne nouvelle.

24 Comments

  1. Merci Jean Christophe pour cet article passionnant. Ayant de par mon blog des amis à l’Est, en particulier à Strasbourg, je me suis intéressée à ces « petits mondes » installés au Musée de cette belle ville dont on parle beaucoup en ces temps d’avant Noël.
    Très agréable d’écouter, en te lisant, ces extraits qui m’enchantent.
    Très belle journée
    Mes bises amicales
    Annick

    • C’est moi qui te remercie, Annick, de t’être arrêtée sur cette chronique. On parle effectivement beaucoup de Strasbourg à cette période de l’année, tant d’ailleurs que le grand public a tendance à oublier que c’est une ville merveilleuse à toutes les saisons, y compris en été quand il y fait trop chaud.
      Je suis ravi que la promenade dans cette exposition que j’ai conçu t’ait plu et je te remercie d’avoir laissé ici une trace de ton passage.
      Des bises amicales en retour pour accompagner la fin de ton dimanche.

  2. Pour n’omettre aucun détail la semaine entière sera nécessaire, que de richesses dans les détails miniaturisés. Travailler à la loupe ou le nez sur l’ouvrage, un myope s’y brouillerait la vue. Merci pour cette prouesse de mise en valeur.

    • Et Dieu sait qu’il y en a, bien chère Marie, des choses à voir dans ces Petits mondes et combien de rêves à saisir au-delà des horizons qu’ils dessinent. Je ne doute pas que ton œil aiguisé saura dépasser les apparences pour mieux les sentir et je te remercie tant pour ton mot que pour le temps que tu consacreras à cette chronique.

  3. Une fois n’est pas coutume avec toi, mon ami, voici une tienne nouvelle recension qui fait saliver l’esprit. ô combien ! Ton article donne à voir, lire, écouter, admirer. Il donne aussi l’envie d’y aller voir in situ …
    Merci pour ce bel et instructif partage. Merci aux protagonistes de l’exposition.

    • Donc, si je te lis bien, ami Cyrille, tu me donnes acte d’avoir enfin écrit une chronique intellectuellement stimulante — promis, je tenterai de poursuivre mes efforts en ce sens.
      Cette exposition est passionnante à plus d’un titre et j’espère que ces quelques lignes donneront l’envie à ceux qui le peuvent d’aller voir « en vrai » tous les trésors qu’elle propose avec, qui sait, quelques-unes de ces jolies musiques en tête.
      Je te remercie pour ton commentaire et te souhaite une belle suite de dimanche.

  4. Absolument merveilleux, merci

  5. Bonjour,

    Justement je n’ai pas compris non plus, c’est probablement une mauvaise manip ! Je souhaite bien entendu rester inscrite !

    Bien à vous

    • Ça m’a paru très étrange également, suffisamment pour que je me permette de vous le signaler. Je crains hélas que vous n’ayez d’autre choix que celui de vous réinscrire pour continuer à être informée de l’actualité du blog.
      Merci pour votre précision, en tout cas, et belle soirée.
      À bientôt.

  6. Bonsoir cher Jean-Christophe
    Waouh comme c’est beau , je suis vraiment impressionnée par autant de talent.
    J’ai très envie d’y aller, mais hélas les tarifs de la sncf sont décourageants.
    Mais en lisant ta chronique, en zoomant sur ces miniatures au son des très beaux extraits musicaux, c’était y être un peu.
    Merci infiniment pour ce voyage …
    Je te souhaite une belle soirée ou une belle journée selon….
    Je t’embrasse bien fort cher Jean-Christophe.
    Tiffen

    • Bonsoir chère Tiffen,
      Alors ça, je confirme : les tarifs de la SNCF sont prohibitifs si on ne s’y prend pas avec suffisamment (trois mois environ) d’avance; ce n’est certainement pas en procédant ainsi que ce transporteur va nous faire préférer le train, pour reprendre le slogan d’une de ses anciennes campagnes publicitaires. C’est bien dommage, car l’exposition vaut vraiment le coup, raison pour laquelle j’ai consacré un nombre conséquent d’heures à la rédaction de son compte-rendu.
      Je te remercie de lui avoir offert un peu de ton temps et te souhaite une bonne soirée.
      Je t’embrasse bien fort.

  7. Cher Jean-Christophe,
    Ou devrais-je dire cher guide ? Car c’est bien un guide-expert qui nous conduit ici et nous permet de visiter une exposition tout aussi belle qu’originale. C’est en effet une belle idée du conservateur de cette collection de présenter ces œuvres de façon plus intime, plus proche du visiteur que ce que l’on peut voir habituellement.
    J’apprécie beaucoup cette visite en votre compagnie, et ce pour plusieurs raisons.
    Premièrement, je suis un amateur de ce genre de peinture intimiste qu’est la miniature. Tout comme l’art de l’enluminure, elle requiert une habileté et une maîtrise de soi que j’admire.
    Deuxièmement, votre chronique est incroyablement documentée, tant au niveau historique qu’aux niveaux artistique et descriptif de chaque tableau. J’apprécie tout particulièrement vos remarques sur les divers symboles insérés par l’artiste dans son œuvre. C’est passionnant, je n’ai jamais fait attention à ce genre de détails. Peut-être est-ce par manque de lecture sur le sujet…
    Et enfin, troisièmement, j’aime beaucoup cette « inversion » du style de vos chroniques habituelles dans laquelle la musique vient en arrière-plan afin nous immerger un peu plus dans l’époque de création de ces œuvres. Je suppose qu’en cela nous sommes plus gâtés que les visiteurs qui parcourent cette exposition.
    Parmi toutes ces « petites merveilles », j’avouerais bien une préférence pour « La tentation du Christ ». Ce mélange de bleus et de verts est comparable à certaines Verdures d’Audenaerde, un autre genre d’œuvre que j’aime contempler longuement.
    Grand merci pour cette fort belle et fort intéressante visite.
    En vous souhaitant une bonne et agréable semaine,
    Jean-Marc

    • Cher Jean-Marc,
      J’aimerais tant écrire plus souvent sur la peinture qui est, mine de rien, ma spécialité « officielle » – c’est d’ailleurs pour cette raison que je vais toujours farfouiller dans les détails des tableaux –, si ça ne nécessitait pas, à chaque reprise, une telle débauche d’énergie pour obtenir les images et tenter de construire un discours qui se tient à peu près.
      L’apport de la musique me semble essentiel et je regrette que les musées n’y aient pas plus régulièrement recours; le Petit Palais avait diffusé, il y a quelques années, quelques pièces pour clavier de Peter Philips en ouverture de son exposition consacrée à Jordaens, la mise en ambiance fonctionnait assez bien. Je crois beaucoup à ce jeu de miroirs entre toiles et partitions, il me semble qu’il apporte une dimension de compréhension supplémentaire, un discours parallèle qui ouvre d’autres portes que celles du commentaire.
      Comme nombre d’expositions proposées à Strasbourg ces derniers temps, celle-ci était une réussite, car ambitieuse sous l’apparente modestie du sujet, savante tout en restant accessible, nourrissante sans être indigeste; bien des « grandes maisons », notamment parisiennes, pourraient s’inspirer de ce modèle. En dépit des efforts qu’il m’a coûtés, j’ai eu grand plaisir à en rendre compte en permettant à ceux qui n’ont pas eu la chance de s’y rendre d’y être un peu quand même.
      Grand merci pour votre chaleureux commentaire, qui me touche toujours autant même après les semaines qui me séparent de sa première lecture.
      Avec mon amitié,
      Jean-Christophe

  8. Merci Jean-Christophe pour cette chronique, pour ces découvertes…

    Et bien ce musée de l´Oeuvre va rejoindre ma liste d´attente…

    Strasbourg est loin de la péninsule ibérique, mais je ne désespère pas d´y aller un jour.

    Ces gouaches, ces miniatures sont remarquables.

    Ces extraits de musique m´enchantent.

    • Je tiens, pour ma part, le Musée de l’Œuvre Notre-Dame pour un des plus beaux de France, non seulement du fait ses magnifiques collections, mais également par l’atmosphère si particulière qui y règne. Je pense que faire le voyage vers Strasbourg vaut vraiment la peine; alors que je fuis Paris, je suis toujours prêt à sauter dans un train pour la capitale alsacienne, si riche de trésors.
      Je suis ravi, Chantal, que cette chronique vous ait plu et je vous remercie pour votre mot.

  9. lenormand rémi et monique

    14 décembre 2016 at 21:46

    Cher Jean-Christophe,

    Le musée de l’œuvre Notre-Dame est franchement aux antipodes de ce clinquant commercial assez stupide de tous les marchés démesurés de Noël. On peut fêter Noël, de manière raisonnable mais certainement pas dans la gabegie outrancière. De toutes manières, je préfère mille fois écouter un bon cd ou regarder les beaux livres achetés en cette fin d’année –dont Jean-Christophe est aussi responsable – partager tous ces bonheurs avec ma compagne après un bon repas et de bons vins les 25 et 31 Décembre. Mais hors de question de nous livrer à ces festivités obligées et diligentées par le commerce industriel . Ce musée de Strasbourg est effectivement un pur bonheur et contient des merveilles inouïes. Dommage que la SNCF pratique trop souvent des prix dissuasifs qui nous empêche aussi de voyager avec intelligence. Strasbourg, pour bien des raisons est une des plus belles villes de France dans une région enchanteresse à la richesse historique et culturelle hors normes.
    Merci à Jean-Christophe pour cet émerveillement, son article démontre que Les soi-disant « petits maîtres » trop méconnus sont en général de vrais et superbes maîtres.

    Amitiés et bon Noël.

    • Chère Monique, cher Rémi,
      Nous partageons, ce qui ne me surprend guère, la même vision de ces fêtes de fin d’année, et je réprouve absolument le consumérisme outrancier et indécent qui s’empare de la France à l’occasion de ce moment où devrait régner la plus grande simplicité. À mes yeux, le marché de Noël de Strasbourg a quelquefois un peu trop tendance à privilégier le mot « marché », ce qui provoque quelques regrettables dérives. Ceci dit, bien que n’en étant pas originaire et n’ayant, à ma connaissance, aucune attache familiale sur place, je demeure très attaché à l’Alsace et à sa capitale, que je rejoins dès que les tarifs de la SNCF me le permettent (pas assez souvent à mon goût), et qui est effectivement une magnifique terre de culture et de patrimoines.
      Je vous remercie de vous être arrêtés sur ce billet; lorsque j’étudiais l’histoire de l’art, je m’élevais contre cette notion de « petit maître » qui relève, à mon sens, d’une vision de l’art complètement dépassée. Ces miniatures rarement accessibles le démontrent uen nouvelle fois avec vigueur.
      Je vous adresse à tous les deux de bien amicales pensées.
      Jean-Christophe

  10. lenormand rémi et monique

    15 décembre 2016 at 11:18

    Cher Jean-Christophe,
    Voici la réponse de nos amis périgourdins suite à l’envoi de votre article relatif au Musée de l’œuvre. Vous ne prêchez pas dans le désert, ceci est très satisfaisant pour ceux et celles qui vous lisent régulièrement.

    Amitiés.

    Rémi et Monique.
    _______________________________________________________________________________________________

    « Bonjour à tous les deux !

    Comment fais-tu Rémi pour trouver inlassablement des informations du plus haut intérêt culturel (qui nous changent avec bonheur des calamités politiques françaises et mondiales), telles que celle qui constitue la pièce à laquelle on accède grâce à ton message ? C’est en tout point remarquable. Merci et bonnes fêtes de fin d’année à vous deux et à ceux qui vous sont chers.
    Amicalement.  »

    Jean et Anne-Marie

    • Chère Monique, cher Rémi,
      Je vous laisse imaginer à quel point ce type de retour est gratifiant pour celui qui a passé de longues heures à étudier son sujet et à écrire à son propos, et combien il est stimulant pour poursuivre la tâche, sans cesse recommencée, de se faire un vecteur de curiosité.
      Vous êtes formidables de vous être faits le relais de cette chronique et je vous en suis particulièrement reconnaissant.
      Amitiés,
      Jean-Christophe

  11. Gaulard Bénédicte

    16 décembre 2016 at 20:24

    Cher Jean-Christophe, j’ai essayé toute la journée d’écrire un commentaire, mais la rubrique avait disparu du blog…pour réapparaître ce soir ! J’apprécie cette belle chronique, à la fois savante et accessible. Il est vrai que ces petits mondes sont un peu les miens aussi…il y a fort longtemps, ma première visite dans les musées de Strasbourg a commencé par le musée de l’oeuvre Notre-Dame, puis s’est achevée par le palais Rohan. Je vous avoue avoir préféré l’atmosphère méditative du premier aux fastes du second ! Les miniatures n’auraient pu trouver plus bel écrin…et, voyez vous, cela n »à rien à voir, mais leur délicatesse s’accorde aisément avec votre vision de Noël, qui est aussi la mienne. Votre don d’écrire, reçu et partagé, est encore plus significatif en cette période, et c’est un beau cadeau. Merci pour ces travaux que vous nous offrez, le choix des morceaux de musique, les illustrations…un vrai bonheur ! Et…vous êtes un vrai historien de l’art

    • Chère Bénédicte,
      L’informatique a parfois de bien curieux soubresauts et caprices et je vous remercie d’avoir persévéré là où beaucoup, sans doute, auraient abandonné.
      Je suis très attaché au Musée de l’Œuvre de Notre-Dame où je me rends toujours avec beaucoup de plaisir – je ne raconte pas dans cette chronique, car ça n’a rien à y faire, la visite faite au travers des collections permanentes avant celle de l’exposition – et, tout comme vous, l’apparat plus impersonnel du palais Rohan me parle moins, même si la partie consacrée aux arts décoratifs ne manque pas d’allure, sans parler du grand intérêt des collections du musée des beaux-arts, avec (entre autres) le seul Memling visible en France hors Louvre et un splendide ensemble de natures mortes.
      Ces rares miniatures (je n’ai sans doute pas assez insisté sur le caractère exceptionnel de l’exposition) sont naturellement chez elles dans l’écrin chaleureux et intimiste du Musée de l’Œuvre et je suis heureux qu’il reste quelque chose de cette atmosphère dans ma chronique dont je suis touché que vous ne la trouviez pas trop indigne de son sujet et pas trop mal écrite. Même si j’en ai la formation, je ne me regarderai jamais comme un historien de l’art, ce qui ne m’empêchera pas de continuer à m’enflammer pour telle ou telle exposition si j’ai la chance de pouvoir m’y rendre.
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre commentaire qui me touche et m’encourage.
      Amitiés.

  12. Ces petits mondes qui offrent bien des révélations, des découvertes, des confirmations … quelques élans de nostalgie aussi, pour les yeux et les oreilles. Un grand merci.

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