Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

La constellation du sagittaire. Schütz et son héritage par InAlto

Philips Wouwerman (Haarlem, 1619-1668),
L’École d’équitation, c.1660
Huile sur toile, 66 x 76,2 cm, La Haye, Mauritshuis

 

Malgré un programme alléchant faisant la part belle au trop négligé Johann Hermann Schein et une distribution prometteuse, le premier disque d’InAlto, publié il y a deux ans par le label Ramée, avait laissé quelque peu perplexe. Si la réalisation instrumentale était brillante, l’équipe vocale se montrait, en effet, trop souvent dépassée par les exigences des partitions pour convaincre. On attendait donc avec curiosité de voir comment l’ensemble fondé et dirigé par le cornettiste Lambert Colson allait évoluer ; il nous revient aujourd’hui dans un programme où il a heureusement décidé de poursuivre son exploration du répertoire baroque germanique du XVIIe siècle.

La figure de Heinrich Schütz domine de sa d’autant plus impressionnante stature que l’homme lui-même semble avoir été pétri d’humilité toute la musique allemande d’un XVIIe siècle que sa remarquable longévité – il est mort en 1672 à l’âge respectable de 87 ans – lui a permis de traverser aux trois quarts, en côtoyant aussi bien le luxe des cours que l’épouvante et la géhenne durant la guerre de Trente Ans. À son poste de Kapellmeister de Dresde, qu’il occupa dès 1621 sans plus guère s’en éloigner par la suite, il produisit un vaste catalogue d’environ cinq cents partitions, majoritairement sacrées, qui façonnèrent en profondeur la conception de la musique dans sa patrie en y introduisant des éléments de ce qui était alors regardé comme la modernité, dont il était allé s’abreuver directement à la source lors de deux séjours en Italie, le premier de 1609 à 1612-13 auprès de Giovanni Gabrieli, le second en 1628-1629 auprès de Claudio Monteverdi ; il avait rapporté dans ses bagages la polychoralité, qui était néanmoins déjà parvenue, grâce aux échanges commerciaux des cités hanséatiques, à Hambourg où elle était pratiquée autour de 1600 comme le démontrent, par exemple, les œuvres de Hieronymus Praetorius, et surtout une connaissance approfondie de l’art du madrigal qui lui permit de faire souffler sur ses compositions le vent d’une expressivité nouvelle qu’il s’employa à canaliser pour la mettre entièrement au service de la Parole — rappelons que nous sommes ici en présence d’un compositeur protestant dont la foi ne fut apparemment jamais ébranlée par les vicissitudes qu’il traversa.

De par ses fonctions, Schütz forma un nombre important d’élèves, avec certains desquels se nouèrent des liens d’amitié – il nomme ainsi Christoph Bernhard « mon fils » –, qui essaimèrent dans tout le pays en y propageant son enseignement. Si on peut reprocher quelque chose au Sagittarius, bien qu’il n’en soit pas responsable, c’est d’avoir eu un talent tel qu’il a fatalement obombré celui de ses disciples. Hormis aux férus de ce répertoire, les noms de David Pohle, Kapellmeister entre autres à Weissenfels, Zeitz et Merseburg, Johann Theile, qui occupa les mêmes fonctions à Gottorf et Wolfenbüttel, Johann Vierdanck, instrumentiste à Güstrow puis Stralsund, Johann Schop, dont la plus grande partie de la carrière se déroula à Hambourg et qui, s’il ne fut pas élève de Schütz, fut influencé par lui dans ses œuvres sacrées (encore inédites au disque, avis aux amateurs), n’évoqueront probablement pas grand chose, ce que l’on ne peut que déplorer compte tenu de leur qualité. Christoph Bernhard et surtout Matthias Weckmann ont eu une postérité un peu plus heureuse ; la destinée de ces deux musiciens est liée, puisque le premier rejoignit le second à Hambourg, où il occupait la tribune de la Jacobikirche depuis 1655, en 1663, les deux amis travaillant de concert à rendre florissante la renommée artistique de la ville, notamment au sein d’un collegium musicum qui accueillit entre autres Reincken et Buxtehude, contribuant sans le savoir à forger l’avenir de la musique allemande. C’est à Bernhard que Schütz commanda, en 1670, le motet qui fut joué lors de ses funérailles et, par une étonnante coïncidence, ce brillant élève devenu un maître renommé fut rappelé à Dresde en 1674 deux ans après la mort du grand Heinrich et dans les jours même où mourut Weckmann, refermant en quelque sorte la boucle de l’héritage schutzéen direct.

Le programme proposé par InAlto se propose, au travers de pièces vocales tour à tour dramatiques (Eyle mich Gott de Schütz), virtuoses (Omnia quæ fecit Deus de Vincenzo Albrici, seule partition sans véritable lien avec la thématique), traversées par la lumière de l’espérance (Ach, daß ich hören sollte de Theile), l’imploration fervente (Aus der Tieffen de Bernhard) ou la tendre louange (O süßer Jesu de Schütz dans un arrangement de Christoph Kittel), et de pièces instrumentales originales ou transcrites de pages sacrées, d’offrir un aperçu de la constellation de compositeurs formée dans l’orbe du Sagittarius et, au-delà, un survol assez représentatif de cette Allemagne musicale du XVIIe siècle attentive à la leçon de l’Italie et en ayant adopté et digéré nombre de trouvailles. Le résultat est extrêmement séduisant et démontre de façon éclatante les progrès accomplis en l’espace de deux années par un ensemble dont on a véritablement le sentiment d’assister ici à l’éclosion. Cette réalisation s’impose par la justesse de ses choix, celui, très judicieux, des pièces vocales qui permettent à la soprano Alice Foccroulle, à la voix claire et non vibrée à laquelle ne manque qu’un soupçon de sensualité, de faire valoir sa netteté de ligne et d’articulation mais également une très appréciable agilité, celui d’instrumentistes virtuoses animés d’un enthousiasme réjouissant mais sachant également déployer des trésors de nuances et de raffinement – une mention spéciale à la violoniste Marie Rouquié dont les prestations au sein des différents ensembles dans lesquels elle travaille sont toujours un enchantement –, celui de la réalisation du continuo au grand orgue, tenu par un Marc Meisel épatant, qui confère au discours l’assise solide nécessaire pour que ses volutes s’épanouissent librement. Un bonheur n’arrivant jamais seul, la prise de son est signée par Aline Blondiau qui, une nouvelle fois, a su conjuguer présence des timbres et sensation d’espace. Lambert Colson, dont on goûte sans réserve la maîtrise au cornet et au cornettino, réussit à conférer à une anthologie par essence disparate une réelle impression de cohérence et de progression, ce qui plaide en faveur d’un programme qui n’a pas été assemblé au hasard mais construit et mûri.

S’il peut apparaître superflu à ceux qui se prévaudraient d’une connaissance quasi exhaustive de ce répertoire, ce disque sera pour tous les autres, que je devine nettement plus nombreux, une bonne porte d’entrée vers cet univers ou un contrepoint original et interprété avec brio à ce qu’ils en ont déjà entendu. On peut aussi l’écouter pour son simple plaisir ; on ne sera pas déçu, tant il n’est pas avare de ses beautés.

Schütz et son héritage : œuvres vocales et instrumentales de Heinrich Schütz (1585-1672), Johann Schop (c.1590-1667), Christoph Kittel (1603-1639), Johann Vierdanck (1605-1646), Matthias Weckmann (c.1616-1674), David Pohle (1624-1695), Christoph Bernhard (1628-1692), Vincenzo Albrici (1631-1690), Johann Theile (1646-1695)

Alice Foccroulle, soprano
InAlto
Lambert Colson, cornet, cornettino & direction

1 CD [durée : 63’28] Passacaille 1023. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Matthias Weckmann, Sonata prima à 4

2. Christoph Bernhard, Aus der Tieffen

22 Comments

  1. Michelle Didio

    8 janvier 2017 at 10:01

    Merci, Jean-Christophe, pour cette chronique consacrée à Schültz qui m’est une découverte. Grâce à vous je progresse doucement, et suis toujours étonnée de la richesse des oeuvres que vous nous présentez. J’apprécie particulièrement le talent des musiciens et des chanteurs qui servent ces musiques. En l’occurrence ici, l’ensemble In alto (Lambert Colson au cornet) et Aline Foccroule.
    Je vous souhaite un très agréable dimanche auquel je consacrerai, pour ma part, le temps suffisant pour la lecture et l’écoute.
    Bien amicalement.

    • Le XVIIe siècle a été celui d’une incroyable floraison musicale en Allemagne, malgré la guerre de Trente Ans qui a laissé derrière elle un tas de ruines fumantes, Michelle. Ce répertoire a été un des premiers à retenir mon attention et je lui suis resté fidèle; je retrouve toujours Schütz et tous les autres avec le sentiment de renouer avec de vieux compagnons.
      J’espère que le temps que vous aurez consacré à cette chronique vous aura semblé bien employé et peut-être vous aura-t-il permis d’écouter d’autres œuvres en parallèle, il y a tant à découvrir.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite bonne soirée et belle semaine.
      Bien amicalement.

  2. Je suis sous le charme ce matin avec cette musique.
    Merci Jean-Christophe.

  3. Lepère Pinard

    8 janvier 2017 at 12:07

    Pour ce premier dimanche de cette prime année, quoi de meilleur que d’écouter la femme de cette époque où la pestilence des moteurs à explosions n’envahissait pas encore nos contrées. Que de dames, patronnesses, ou non ont donc à l’époque chantonné ces mélodies! C’est fort loin des assommantes boites à rythme dans les écouteurs solitaires d’une certaine jeunesse actuelle… pourtant le charme d’antan reste bien vivant lui!

    • Ce que vous écrivez, Lepère Pinard, me fait songer aux paroles de Paul Van Nevel qui insistait justement sur la qualité du silence que nous avons perdue et qui devait faire percevoir très différemment autrefois le surgissement de la musique.
      Celle qui se fait aujourd’hui n’est pas toujours, je vous l’accorde, de grande qualité, mais on y trouve tout de même quelques pépites dont on peut gager qu’elles resteront; après tout, Piaf, les Beatles ou Pink Floyd sont déjà de la musique ancienne.
      Merci pour votre mot au charme lui aussi bien vivant.

  4. J’en reste les doigts en suspens sur mon clavier, ne trouvant pas les mots disant combien j’ai aimé ces deux extraits.
    C’est beau … très beau.
    J’écoute …
    Je ré-écoute …
    Je te remercie pour ce choix Jean-Christophe
    Mes bises amicales

    • Il arrive quelquefois que la musique s’empare de nous, Annick, et il passe dans ces instants quelque chose qui tient peut-être de l’éternité. Puissent ces morceaux t’accompagner et te réjouir longtemps.
      Je te remercie sincèrement pour ton mot et t’adresse en retour des bises tout aussi amicales.

  5. Redon Claudine

    8 janvier 2017 at 19:37

    Permettez moi cher Jean-Christophe de vous présenter tous mes voeux de bonheur et de joies musicales pour 2017..Encore merci pour tous les trésors que vous nous faîtes découvrir et , en cette année de la réforme de ne pas oublier les grands musiciens issus de cette même réforme.(Je fréquente une église protestante)..Dans mes cadeaux de « Noël », cette année, un CD de Heinrich Schutz; assurément 2017 risque d’être une année musicalement « Réformée »….

    • Les musiciens de la Réforme sont depuis longtemps au cœur de mes écoutes, Claudine, avant même d’ailleurs que je sache précisément ce qu’était la Réforme et que mes études me conduisent à lire les écrits de Luther. Ces compositeurs constitueront le fil rouge de cette année et leur héritage est tellement important que je ne devrais avoir que l’embarras du choix.
      Je vous remercie pour votre mot et pour vos vœux; puisse 2017 être pour vous toute sérénité et réussite.

  6. C’est une grande joie
    et toujours un émerveillement de vous retrouver (après une mauvaise manip).
    Merci,
    meilleurs voeux,
    continuez à nous ravir, c’est tellement important…

    • Cette joie est partagée, Anne, et votre enthousiasme est un excellent carburant que je vous remercie de m’offrir au travers de votre commentaire.
      Je suis heureux que cette chronique vous ait plu et je vous adresse, à mon tour, tous mes sincères vœux de plénitude pour cette nouvelle année.

  7. Bonsoir cher Jean-Christophe,
    impossible d’être déçue par ce que j’ai écouté.
    Une musique totalement inconnue, mais c’est une belle découverte. ( Une jolie pochette aussi).
    Merci pour ta chronique qui m’apprend beaucoup, pour ton tableau en harmonie avec la musique, pour les extraits et du temps que tu nous donnes..
    Je te souhaite une belle soirée ou journée selon …
    Je t’embrasse bien fort
    Tiffen (presque Tieffen) En toute modestie tu le sais .

    • Bonsoir chère Tiffen,
      J’avoue que je me suis beaucoup amusé à tisser des liens entre l’illustration et le titre comme le texte de cette chronique et si ça fonctionne correctement, tu m’en vois ravi.
      J’aime infiniment ce répertoire et j’espère que cette année me donnera encore quelques belles occasions de le mettre en valeur — à suivre, donc.
      Je te remercie pour ton mot qui, je l’espère, ne s’élève pas trop aus der Tieffen tout de même 😉
      Je t’embrasse bien fort.

  8. jean pierre jacob

    9 janvier 2017 at 22:29

    Grâce à votre présentation affectueuse de cette réalisation de l’ensemble InAlto j’ai occupé une bonne partie de l’après midi à me remettre en mémoire toute l’histoire musicale du XVII° siécle allemand , autour de Heinrich Schûtz . J’avais découvert ce compositeur autour de mes 20 ans dans les années 1956 lorsqu’un copain m’a prêté un enregistrement 33 tours de l’Histoire de la Nativité . Retraité, au hasard de mes fréquentations des boutiques de CD d’occasion au cours des années 1990, et des émissions de Jacques Merlet sur France Musique, j’ai un peu augmenté le nombre d’enregistrements, complété par Schein, mais l’écoute des extraits de votre chronique a renouvelé mon appétit de découvertes de tous ces élèves du Sagittaire qui m’étaient inconnus , réduits souvent à un nom suivi de deux dates , naissance et mort . Merci donc, Jean Christophe pour toutes vos indications .Je vais essayer de me procurer ce disque.

    • J’aime beaucoup l’adjectif « affectueux » que vous employez pour définir mon approche de ce disque d’InAlto, car c’est effectivement cette bienveillance qui m’a guidé, comme toujours lorsque j’aborde une réalisation sur ce blog.
      Je ne peux certes pas me prévaloir d’une fréquentation de ce répertoire aussi longue que la vôtre, mais il constitue vraiment pour moi un terrain d’exploration et de plaisir privilégié. Je suis réellement heureux de savoir que cette modeste chronique vous a donné l’envie de vous y replonger à votre tour.
      Je vous remercie pour votre mot et vous retrouverai avec joie, si vous le souhaitez, autour de futures découvertes.

  9. Année magnifique dans la caverne aux merveilles que celle qui va nous nourrir de baroque allemand. Je chéris et révère à la fois cette musique qui m’apaise et me console de tout, que j’écoute quasi exclusivement depuis quatre ans avec la découverte de l’univers des cantates de Bach qui m’ont renvoyée aux divers prédécesseurs et à une constellation de musiciens que j’ai peu à peu découverts. Je vais courir écouter les poulains du Sagittaire car je ne les connais pas tous.
    Parmi d’autres trois disques et qui m’ont particulièrement intéressée, que j’écoute beaucoup. Les connaissez vous et les avez vous appréciés ?
    De profundis clamavi, baroque allemand par P. Pierlot chez Ricercar (2008) qui présente aussi des pièces de musiciens très peu joués et totalement inédits (du moins pour moi jusqu’à ce que je découvre ce disque)
    « Cantates de Buxtehude Jesu Meine Freude », par l’Ensemble Jacques Moderne chez Ligia (2011) « Jesu Meines Lebens Leben » BuxWV 62 est une merveille.
    Et biensûr le très bouleversant « Wie liegt die Stadt so wüste » de Mathias Weckmann.
    A très bientôt pour d’autres découvertes et d’autres conseils d’écoute que j’attendrai avec grande impatience

    • En vous lisant, Sophie, je retrouve mon propre enthousiasme pour ce répertoire du baroque allemand dont les richesses me semblent inépuisables, même après vingt ans d’exploration. Je partage tout à fait ce que vous exprimez quant à sa dimension consolatrice – et ceux de ces compositeurs qui ont dû affronter les horreurs de la guerre de Trente Ans en ont eu bien besoin –, tellement présente également dans l’œuvre de Bach.
      Je connais bien les deux références que vous citez : ce sont des disques très réussis qui figurent sur mes étagères. J’imagine que l’enregistrement consacré à Weckmann que vous évoquez est celui de Cantus Cölln (Harmonia Mundi) ? Il également très beau, malgré la concurrence de celui du Ricercar Consort (Conjuratio, Mirare, 2013) à mes oreilles admirable. Puisque vous me semblez apprécier le travail de cet ensemble, je me permets de vous recommander également l’anthologie De Æternitate (Mirare, 2001) qui propose des œuvres rares interprétées par Carlos Mena — un bijou également.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous dis à bientôt pour de nouvelles découvertes (mettez un peu d’argent de côté pour février, il y a une parution qui va vous faire envie, je crois).
      Belle journée à vous !

  10. Bonjour Jean-Christophe
    Merci de votre réponse. Quand on aime on ne compte pas …. j’ai les deux versions de Weckmann … Je m’en vais voir la référence que vous donnez et j’attends la suite avec impatience.
    A très bientôt.
    Sophie

    • Bonjour Sophie,
      J’ai les deux aussi, et même la première version du Ricercar Consort parue autrefois chez Ricercar qui a été mon premier contact avec cette musique. Je pense que De Æternitate ne vous décevra pas, je l’ai réécouté récemment avec beaucoup de plaisir.
      À très bientôt et merci à vous.
      Jean-Christophe

  11. lenormand rémi et monique

    21 janvier 2017 at 20:00

    Cher Jean-Christophe,

    Encore un enregistrement qui sort des sentiers battus, nous sommes effectivement bien loin de la sphère lyrique parisienne médiatisée dans laquelle il est de bon ton de paraître.
    Toujours le plaisir de (re)découvrir de véritables et profonds musiciens tels Schütz et Schein, d’approfondir la connaissance de merveilleux instrumentistes et chanteurs tels Marc Meisel – jeune et très grand organiste entendu à Arques-la-Bataille – Lambert Colson, Alice foccroulle.
    Et aussi –  » détail très important  » – de constater que ceux qui participent techniquement parlant activement et efficacement à l’enregistrement de toutes ces formidables musiques se renouvellent en permanence. Nous connaissons parfaitement le remarquable ingénieur du son Nicolas Bartholomée. Quand ce dernier a « travaillé » le son d’un cd, cela s’entend immédiatement. On a beaucoup entendu parler dans le même registre d’Aline Blondiau ingénieur du son également et d’autres de ses confrères ou consœurs. La relève est assurée et c’est tant mieux. Nous ajoutons une réflexion tout-à-fait personnelle : on dit souvent que le son des vinyles était meilleur que celui des cd, cela peut se discuter. Les cd sont hélas trop souvent mal enregistrés; quand ils bénéficient de la science d’ingénieurs tels Bartholomée et Blondiau, cela s’entend évidement. Si trop souvent les cd sont mauvais au niveau du son, c’est qu’ils ont été bâclés pour réaliser de substantielles économies. Le même problème s’applique au cinéma où dans certains films, on se demande légitimement s’il y a un ingénieur du son. Méfions-nous de certaines vaines nostalgies, s’il faut être vigilants contre certains faux-progrès il faut aussi vivre avec son temps. C’est notre façon de penser que chacun(e) est libre de partager ou non.

    Amitiés.

    PS : « l’interprétation » des rayures sur les vinyles, c’était pal mas non plus !!!!.

    • Chère Monique, cher Rémi,
      Ah, la fameuse sphère que je ne fréquente pas plus que vous et avec laquelle je vous avoue n’avoir strictement aucune affinité — de toute façon, rien que la perspective de me rendre à Paris me répugne : qu’elle reste où elle est, loin si possible.
      Vous avez raison de souligner l’importance que revêt la qualité de la captation d’un disque, et je pourrais vous énumérer nombre de beaux projets saccagés par un manque de maîtrise de l’enregistrement. Outre Nicolas Bartholomée que vous citez à raison, il y a toute une génération d’excellents ingénieurs du son qui effectue un travail remarquable, les Aline Blondiau, Alessandra Galleron, Hugues Deschaux ou Manuel Mohino pour n’en citer que quatre : grands professionnels, fines oreilles… dont le grand public, qui ne s’attarde pas forcément sur les pochettes, ignore hélas les noms alors qu’ils contribuent largement à forger leur bonheur d’écoute.
      Entre vinyle et CD, je ne choisis pas : j’ai les deux et j’y suis également attaché, pour des raisons différentes; il me semble cependant qu’en matière de grain sonore et de présence, l’analogique domine assez largement les débats. Et tant qu’on ne m’oblige pas à me convertir à la musique dématérialisée, je reste assez souple (il faut aussi savoir ne pas vivre avec son temps).
      Il y aura, tout au long de cette année, d’autres rendez-vous avec les compositeurs de l’Allemagne baroque; j’ai un fort faible pour ce répertoire et j’imagine que cette année anniversaire de la Réforme devrait nous valoir quelques belles réalisations dans ce domaine, loin des strass et paillettes naturellement.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous adresse à tous deux de bien amicales pensées.

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