Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

L’inconnu de Saint-Germain. Pièces de viole de Charles Dollé par Robin Pharo

Louis Tocqué (Paris, 1696 – 1772),
Portrait d’homme, c.1747
Huile sur toile, 60 x 45 cm, Melbourne, National Gallery of Victoria

 

Après y avoir connu de splendides heures de gloire, la viole de gambe, en perdant peu à peu de son lustre face la faveur grandissante du violon et du violoncelle, commença à s’éclipser lentement de la scène musicale française dès le début de la décennie 1730 ; la mort de Marin Marais en 1728, la retraite d’Antoine Forqueray en 1731, les deux hérauts aux tempéraments notoirement opposés de l’instrument, contribuèrent à accélérer ce processus de désuétude. Il restait cependant assez d’amateurs pour que de nouveaux recueils continuent à paraître pendant encore une vingtaine d’années, comme en atteste la publication en 1747, par les soins de son fils Jean-Baptiste, des Pièces de viole de Forqueray le Père.

Dix auparavant était apparu, avec le numéro d’opus 2, un recueil portant le même titre signé par Charles Dollé, qui livra également au public, toujours en 1737, une collection de sonates en trio formant son « premier œuvre », vingt-cinq pièces de caractère pour pardessus de viole (op. 3) et dix sonates, duos et pièces pour pardessus de viole, viole, violon et flûte (op. 4) de style italianisant. Cette floraison simultanée de volumes, dont l’opus 2 dédié à une personnalité en vue, Victor-Amédée Ier, prince mélomane de Savoie-Carigan, intendant des Menus-Plaisirs de Louis XV qui mourra ruiné quatre ans plus tard, est le signe que le musicien jouissait alors d’une certaine renommée ; pourtant, on ignore presque tout de son parcours. Les pages de titre de ses recueils nous indiquent qu’il demeurait à Paris, dans la paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois, et nous permettent de délimiter sa période d’activité, de 1737 à 1754, année de son sixième et ultime opus, des sonates pour deux pardessus de viole sans basse qui, l’indication est révélatrice, peuvent se « jouer également sur deux violons » et sont d’ailleurs écrites dans un style qui tend franchement à se rapprocher de la pratique de cet instrument. On est réduit à des conjectures pour tout le reste, comme le probable apprentissage de Dollé auprès de Marais, dont il reprend certains éléments de technique et quelquefois d’expression, et auquel il élève un touchant Tombeau dans la Suite en ut mineur de son œuvre deuxième.

À l’instar d’un portraitiste comme Louis Tocqué qui fit souffler sur le noble héritage de Hyacinthe Rigaud l’amabilité dominante dans le domaine des arts sous le règne de Louis XV, notre mystérieux musicien s’inscrit dans la lignée des gambistes du Grand Siècle, mais avec un goût plus marqué pour une fluidité mélodique qui regarde du côté du style galant. Les trois suites composant les Pièces de viole débutent toutes, de façon canonique, par un prélude de forme libre puis voient se mêler mouvements inspirés par la danse et pièces de caractère, ces dernières étant les plus largement représentées, sauf dans la Troisième suite en la majeur, à l’alternance presque régulière, où cette prédominance est inversée. Globalement, à l’exception de morceaux comme la Fugue de la Première suite (et encore n’affiche-t-elle pas une rigueur implacable) ou de la majorité de ceux qui constituent la Deuxième suite empreinte du sérieux de la tonalité d’ut mineur et dont le Tombeau de Marais le Père constitue le sommet émotionnel, le ton est plutôt léger, avec parfois de tendres inflexions (le lyrique Prélude de la Troisième suite) qui nous font clairement sentir que nous sommes à l’époque où fleurissaient François Boucher et Nicolas Lancret, mais sans pour autant verser dans la frivolité. Le Tendre Engagement, La Favorite, La Badine ou Les Amusements, titres bien dans le goût de leur temps, savent, tout comme le Tambourin et autre Musette apportant dans leur sillage un bruissement d’opéra, se détendre voire s’ébattre tout en conservant dignité et retenue, et si Dollé ne fut pas sans être instruit des innovations du langage ultramontain, il tint à inscrire ses Pièces de viole, notablement sans courantes et sans gigues, dans la tradition française qui avait tant contribué à l’éclat d’un instrument dont il sentait avec peut-être plus d’acuité que certains de ses confrères, ce dont atteste son intérêt pour le pardessus de viole interchangeable avec le violon, qu’il était entré dans l’automne de son existence.

J’écrivais en juillet 2011, après avoir assisté à un concert dans lequel il tenait la seconde partie de viole au sein de l’ensemble La Rêveuse : « il faut saluer en Robin Pharo, un élève de Christophe Coin, un futur espoir de la viole, tant son jeu corsé mais déjà plein de finesse et de concentration semble prometteur. » Le jeune homme d’alors presque vingt-et-un ans qui, avec une discrétion bienvenue qui change du narcissisme tapageur de certains de ses pairs, prête ses traits à « L’Anonyme Parisien » auquel il a courageusement choisi de consacrer son premier disque, a fait du chemin depuis et cet enregistrement démontre, dans les deux sens de l’expression, qu’il a bien grandi. Caractère, finesse et concentration sont toujours présents, mais s’y ajoutent aujourd’hui une assurance sans morgue et une maîtrise pleine de souplesse, tour à tour élégante et mordante, témoignant que le beau talent entrevu il y a plus de cinq ans n’a pas été laissé en friche, au prix d’un travail assidu qui a permis à de belles qualités techniques mais également humaines de se développer. La réalisation que nous offre aujourd’hui le gambiste est, en effet, le travail d’une bande d’amis musiciens qui ont à l’évidence coutume de et plaisir à jouer ensemble, et savent transmettre à l’auditeur aussi bien leur énergie que leur émotion, comme le prouvent la Sarabande et le Tombeau de la Suite en ut mineur à la fois frémissants et pudiques, deux temps forts d’un parcours qui n’en est pas avare. Saluons donc, au même titre que le soliste, un continuo qui sait insuffler ce qu’il faut de sensualité (Ronald Martin Alonso, très chaleureux à la viole de gambe), de légèreté et d’alacrité (Thibaut Roussel, tantôt diaphane, tantôt percutant au théorbe et à la guitare baroque), de profondeur (Loris Barrucand d’une grande densité à l’orgue positif) et de libres étincelles (Ronan Khalil, pétillant et charmeur sur une fort belle copie de Hemsch) pour que l’alchimie fonctionne à tout coup et sans jamais surjouer, qu’il s’agisse de s’attendrir, de badiner, de pleurer ou de danser. Menée par l’archet exigeant et attentif d’un Robin Pharo qui a pris l’exacte mesure de ce répertoire et sait lui faire exprimer ce qu’il a de plus séduisant en n’hésitant parfois pas à se mettre en danger pour atteindre une expressivité maximale, cette joyeuse compagnie musicienne, captée avec précision et empathie par Mathilde Genas, nous offre un disque réussi et terriblement attachant car plein d’élan, de fraîcheur et de générosité, que je vous recommande sans hésitation. Puissent beaucoup de compositeurs méconnus bénéficier encore du regard connaisseur de Robin Pharo et de ses compagnons.

Charles Dollé (fl. c.1737-c.1754), Pièces de viole op.2 (1737)

Robin Pharo, viole de gambe & direction
Ronald Martin Alonso, viole de gambe
Thibaut Roussel, théorbe & guitare baroque
Loris Barrucand, orgue positif
Ronan Khalil, clavecin

1 CD [durée : 70’06] Paraty 416145. Wunder de Wunderkammern. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

 

Extraits choisis :

1. Suite en la majeur : Prélude

2. Suite en sol majeur : Allemande La Mantrÿ

3. Suite en ut mineur : Sarabande

4. Suite en sol majeur : Musette La Favorite

5. Suite en la majeur : Tambourin

30 Comments

  1. Bonjour,
    Merci pour ton billet, je dois avoir un disque de Wieland Kuijken avec une pièce de Charles Dollé mais auquel je n’avais pas accroché. Ici cela me semble plus attirant avec une très belle sonorité. Décidément les membres qu quatuor Nevermind Robin Pharo après Anna Besson nous offrent de très beaux disques.
    Bonne journée
    Pascal

    • Bonjour Pascal,
      On va dire que la vision de Dollé par Robin Pharo est sans doute un peu plus idiomatique que celle de Wieland Kuijken, que j’aime beaucoup par ailleurs. Et je suis d’accord pour ce qui est du talent de Nevermind, dont je ne supporte hélas pas le claveciniste et que je continuerai donc à suivre en parties séparées.
      Bon dimanche et merci pour ton mot.

  2. Ces extraits m´enchantent.

    J´en tiendrai compte. Merci.

  3. Emile Meunier

    22 janvier 2017 at 11:27

    Bonjour Jean Christophe, merci pour cet »inconnu de St Germain »du dimanche matin dont,et je n’ai pas honte de le dire,j’ignorais jusqu’à ce jour l’existence. Ma découverte de la violé de gambe je la dois (peut être comme beaucoup à » tous les matins du monde »). Marin Marais…et puis après une éclipse pour moi,ce fut une redecouverte avec Ricardo Rodriguez Miranda et le continuo de Vox Luminis,puis leur enregistrement « il concerto de violé Barberini »avec Andrea Di Carlos et Mare Nostrum et surtout plus récemment l’Acheron en concert à Utrecht ou en accompagnement du Kerll,ou encore le duo de violés de l’Actus Tragicus chroniqué récemment par vous.
    Merci encore pour cette belle découverte que l’on a peu de chances de découvrir dans telerama! ☺ Bon dimanche Jean Christophe,avec toute mon amitié.

    • Bonjour Émile,
      À votre décharge, on ne peut pas dire que la musique de Charles Dollé encombre beaucoup les bacs des disquaires et les programmes des concerts 😉 Je suis très amateur de viole de gambe depuis la révélation qu’a été pour moi aussi Tous les matins du monde, dont il est très à la mode de dire du mal aujourd’hui dans certains milieux autorisés parisiens, mais pour lequel je persiste à conserver une infinie reconnaissance.
      Je ne sais pas si Télérama chroniquera ce disque, mais il serait bien inspiré de le faire tant ce que l’on entend ici est prometteur — ces jeunes talents peu exposés méritent de l’être plus.
      Je vous remercie pour votre intervention, très appréciée, et vous souhaite un heureux dimanche.
      Très amicales pensées à vous.

  4. Michelle Didio

    22 janvier 2017 at 11:46

    Le portrait d’un inconnu peint par Louis Tocqué que je pris pour Charles Dollé a bien belle allure, cher Jean-Christophe. La musique que vous nous proposez aujourd’hui convient bien à ce dimanche paisible. Je vais relire (et écouter à nouveau) ce billet qui m’a vraiment charmée, afin de saisir les nuances et la finesse de ce que la musique exprime grâce à la description pertinente que vous en faites. Que la journée soit belle pour vous aussi. Bien amicales pensées.

    • Mon but en choisissant ce fascinant portrait qui n’a été donné à Louis Tocqué qu’assez récemment a justement été qu’il apparaisse comme un visage probable de ce Charles Dollé dont nous ignorons tout; votre réaction me conforte dans ma décision et je vous en suis infiniment gré.
      J’espère que vos réécoutes vous permettront de vous attacher à ce disque qui mérite que l’on s’y attarde et accompagneront en beauté un dimanche que je vous souhaite agréable.
      Je vous adresse de bien amicales pensées.

  5. Comme d’autres, j’ai découvert ce répertoire par le biais du très beau film « Tous les matins du monde », et l’intimisme des pièces pour cet instrument m’a toujours profondément séduit. Les extraits proposés ici s’inscrivent tout-à-fait dans cette veine, et ils en sont d’autant plus appréciables !
    Je vais ajouter ce disque à ma « wishlist », qui s’allonge déraisonnablement en ce début d’année !

    • Comme votre serviteur, Diablotin, et je n’en éprouve pas la honte que certains « installés » voudraient voir me submerger; ce film m’a ouvert des chemins que je n’aurais jamais empruntés sans son entremise et j’en éprouve toujours une profonde reconnaissance. Le disque de Robin Pharo documente une période « d’entre deux » qui me semble passionnante, d’autant que les autres arts, picturaux en particulier, lui offrent un riche contrepoint.
      Vous n’en serez pas surpris, mais ma liste d’envies connaît la même inflation que la vôtre…

  6. Je ne savais pas que « Tous les matins du monde » était décrié… A sa sortie, il bénéficia de commentaires très favorables, et, dans mon souvenir, les acteurs sont tous très investis dans leurs rôles, au bénéfice d’un trame narrative bien conduite et soutenue par d’excellents choix musicaux. Le film aurait-il connu un trop grand succès public, échappant ainsi à une certaine élite ???

  7. Bonsoir cher Jean-Christophe
    J’ai eu la chance de voir et d’écouter ce bel instrument qu’est la viole de gambe, alors tu imagines combien je suis ravie par ces magnifiques morceaux. Et quels beaux instruments de musique pour ces pièces. J’ai écouté les extraits un nombre incalculable de fois. quel plaisir !!
    Et puis encore une bien belle chronique, j’ai passé un excellent moment.
    Je te remercie sincèrement pour ces instants que j’apprécie beaucoup (très)
    Je te souhaite une belle soirée .
    Je t’embrasse bien fort.

    • Bonsoir chère Tiffen,
      Je fais, tout comme toi, partie de ceux qui aiment la viole de gambe et je me réjouis de voir de jeunes et talentueux musiciens s’attacher à nous proposer les trésors du répertoire écrit pour cet instrument.
      Je suis ravi que tu aies pu passer un bon moment en compagnie de ces extraits et je te remercie pour ton mot.
      Que ta fin de soirée soit belle.
      Je t’embrasse bien fort.

  8. Voilà un Wunder bien mérité, cher Jean-Christophe, même si je n’ai encore écouté que les généreux extraits musicaux de votre billet : votre « Suite à vous », comme toujours parfaitement combinée. J’avais l’editio princeps sous les yeux. Vous l’avez sûrement consultée : l’Avertissement témoigne des manières tout en exquise délicatesse de l’Anonyme de Saint-Germain.
    J’ai beaucoup aimé la Sarabande avec sa touche d’orgue et aussi l’interprétation de la Favorite avec le refrain initial au clavecin seul et le dernier au seul continuo.
    Moult mercis pour cette chronique-découverte (votre « bruissement d’opéra » est très évocateur…) et souhaitons bonne suite à cette talentueuse jeunesse.
    Je vous embrasse bien affectueusement.

    • Comme vous le savez, chère Marie-Reine, je m’efforce de suivre, autant que je le peux, ces jeunes pousses qui feront les lendemains de la musique ancienne et j’avoue que j’ai été conquis par la belle allure de cette interprétation qui ne se contente pas de virevolter mais sait aussi chanter et s’émouvoir. Je note également, ce qui n’est pas toujours le cas, une belle humilité qui fait que, malgré la prépondérance du soliste, on se trouve vraiment ici devant le travail d’une équipe soudée qui respire au même rythme.
      J’aime infiniment la méditation de la Sarabande et vous avez deviné les raisons de mon choix de La Favorite; Ronan Khalil, « patron » de l’Ensemble Desmarest, livre dans cet enregistrement une prestation brillante.
      Je vous remercie infiniment d’être venue commenter ici, c’est une attention à laquelle je suis particulièrement sensible.
      Je vous embrasse très affectueusement.

  9. Merci beaucoup pour ce magnifique qui encore une fois me fait découvrir un univers particulier, un univers dans lequel je découvre de véritables merveilles. Merci encore pour pour toutes les trésors dont vous nous régalez régulièrement.
    Je profite de ce message pour vous présenter mes vœux pour 2017.
    Cordialement,
    Francis Étienne

    • Le répertoire pour viole de gambe écrit en France tout au long du XVIIe et du XVIIIe siècle est passionnant, Francis Étienne, et nous sommes loin encore d’avoir fait le tour de ses richesses. Ce disque plein de vie et maîtrisé contribue à en faire connaître un pan méconnu; il est à la fois délicieux et utile et j’espère qu’il rencontrera le succès qu’il mérite.
      Je vous remercie pour votre mot et vos vœux; je vous adresse les meilleurs des miens en retour.
      Bien cordialement.

      • Merci beaucoup pour votre réponse et vos bons vœux. Je ne doute pas de la richesse de ce répertoire et plus j’écoute ces œuvres plus j’ai envie d’en découvrir. Vos conseils sont toujours excellents et d’une très rare qualité.
        Je vous souhaite une bonne journée.
        Francis Étienne

        • Généralement quand la viole de gambe vous séduit, il est difficile ensuite de s’en passer, Francis Étienne. J’espère que vous continuerez à trouver ici des raisons de vous émouvoir, les différents univers musicaux, avec lesquels on peut naturellement avoir plus ou moins d’affinités, sont tellement riches de beautés et d’enseignements.
          Que cette journée soit belle pour vous et merci d’être revenu ici.

  10. jean pierre jacob

    23 janvier 2017 at 18:03

    Comme quelques uns de vos correspondants, « Pièces de Viole » a fait remonter des souvenirs de lectures, Pascal Quignard, de films, des recherches de CD, que j’ai mis quelque temps à réorganiser hier dans mon armoire et dans les mémoires, ordinateur et surtout la mienne, tout en réécoutant les extraits de votre travail . Maintenant , Charles Dollé est bien situé dans l’histoire musicale aidé par Marin Marais, Titon du Tillet etc…et j’ai bien apprécié le Tambourin et la Favorite.

    Jean Christophe, vous mettez en valeur par votre choix de ce CD de jeunes interprètes héritiers des artistes , Savall, etc…qui nous avaient fait découvrir ces oeuvres méconnues avec un instrument oublié. Merci.

    Un lien vers un travail récent : Musique à la cour de Louis XV de Benoit Dratwicki 2016

    http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4030

    • Nous sommes nombreux je crois, Jean Pierre, à avouer sans honte notre dette envers Tous les matins du monde, sous sa forme livresque (je suis très amateur de Pascal Quignard depuis Le salon du Wurtemberg) et/ou cinématographique, et il m’a conduit à l’époque, tout comme vous, à multiplier les écoutes et les recherches, un travail qui se poursuit toujours aujourd’hui.
      Savall a fait des petits, certains fort éloignés du style de leur « père », mais quel fabuleux travail de transmission et d’incitation a été le sien — un vrai passeur. Il me semble que devant les critiques dont il est aujourd’hui la victime de la part d’un certain milieu, il n’est pas inutile de le rappeler.
      Je vous remercie pour votre mot et pour la référence de l’ouvrage de Benoît Dratwicki, que j’ai noté et m’offrirai sans doute quand les temps seront financièrement plus aimables.
      Belle journée à vous.

  11. Pour la journée qui s’achève, je reviens vers la suite en la majeur : Tambourin
    C’est en écoutant cette dernière proposition que je trouve que la viole de jambe mérite bien son nom ….

  12. Merci Jean-Christophe, pour ce bel article, fort intéressant. J’en apprends toujours beaucoup quand je viens ici, même si je ne poste pas toujours de commentaire.

    J’en profite pour te présenter mes meilleurs vœux pour l’année 2017.

    Bonne journée à toi

    • Merci pour ta visite, Sébastien. Je m’efforce toujours de faire en sorte que celles et ceux qui viennent jusqu’ici n’en repartent pas les mains vides, chacun selon ce qu’il souhaite, naturellement.
      Je te remercie pour tes vœux et t’adresse en retour tous les miens pour cette nouvelle année que je te souhaite faste.
      Bon jeudi !

  13. Cher Jean-Christophe,

    J’ai l’impression que ma « bonne résolution » de ce début d’année va être terriblement difficile à tenir…
    C’est encore une fort belle découverte que vous nous offrez, et pour moi elle est – une nouvelle fois – double. Je n’avais encore jamais entendu parler ni de Charles Dollé, ni de Robin Pharo.
    Je suis étonné qu’après plus de quarante ans d’écoute de disques, de lecture de magazines et de livres spécialisés, il subsiste encore des compositeurs qui me sont inconnus. Et celui-ci aurait bien pu passer définitivement inaperçu si vous ne nous l’aviez pas présenté. Remarquable chronique d’ailleurs au vu du peu de choses connues sur la vie de ce Monsieur Dollé.
    J’aime beaucoup cette musique qui puise ses racines dans celle de Marais (Allemande La Mantrÿ), mais qui va, à mon sens, plus loin : la Sarabande de la Suite en ut mineur me paraît tellement romantique… mais je suppose que les interprètes y sont pour quelque chose.
    Parlant des interprètes, je suis complètement sous le charme de ces cinq musiciens. Si Robin Pharo mène le jeu, je crois que les autres font plus que dresser un fond sonore, et le choix judicieux de varier l’instrumentation – l’intimiste et discret positif, le solennel théorbe, le sautillant clavecin et la frétillante guitare baroque – fait de cet enregistrement une totale réussite. Je mettrais quand même une mention spéciale au très recueilli et poignant Tombeau de Marais le père… quel talent ce violiste.
    Enfin, merci pour ce portrait de Louis Tocqué, saisissant de réalisme. On n’avait pas besoin d’appareil photo à cette si belle époque.
    En vous souhaitant un bon week-end.

    • Cher Jean-Marc,
      Même si je suis très respectueux des bonnes résolutions d’autrui, vous imaginez mon sourire en coin en voyant la vôtre un peu écornée par cette chronique 😉 Si ça peut vous rassurer, au bout d’une trentaine d’années de plongée dans l’univers de la musique, j’en découvre encore tous les jours en me demandant également comment j’ai pu passer à côté de tel ou tel compositeur.
      Ce texte n’a pas été simple à mettre en place compte tenu de la rareté des données biographiques; l’avantage est qu’elle m’a obligé à décentrer encore plus mon regard vers les arts plastiques pour tenter de donner une idée du contexte dans lequel Dollé composait, et je suis heureux que ça se tienne à peu près au bout du compte.
      Je partage entièrement votre ressenti pour ce qui est de l’interprétation et c’est bien pour cette raison que j’ai parlé du travail d’une bande d’amis où personne ne tente d’écraser son camarade et où chacun donne le meilleur de soi-même pour servir la musique. Je n’ai volontairement pas proposé le Tombeau de Marais le père, un des sommets de cet enregistrement, afin de le laisser découvrir aux acquéreurs du disque — il est important de ne pas trop déflorer son sujet.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous souhaite un très beau week-end.
      Amitiés.

  14. Catherine B-C

    29 janvier 2017 at 19:02

    Comme c’est agréable de découvrir la belle vitalité de ces jeunes interprètes ! Ils arrivent dans ce répertoire avec une étonnante maturité et un naturel heureux qui leur donne une grande liberté. Cette musique est aussi pour moi une jolie découverte… un brin routinière quand même, mais si touchante tant elle s’inscrit dans le sillon du Grand Maître.
    Merci une nouvelle fois Jean-Christophe, et belle soirée à vous

    • Tout n’est effectivement pas du même niveau chez Dollé (chez Marais non plus, me direz-vous), Catherine, mais je crois justement que la grande force de cette interprétation est de le faire oublier par l’engagement et la maîtrise qu’elle déploie. Il reste à espérer que cette belle jeunesse va pouvoir tenir le cap d’excellence qu’elle semble s’être fixé et continuer à nous enchanter; j’attends déjà la suite de l’aventure avec impatience.
      Merci pour votre mot et belle soirée à vous également.

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