Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Compagni d’allegrezza. A la Moresca par Daedalus

Pieter Bruegel l’Ancien (Breda, c.1525/30 – Bruxelles, 1569),
Le Combat de Carnaval et Carême, 1559
Huile sur panneau de chêne, 118 x 164,5 cm,
Vienne, Kunsthistorisches Museum

 

Il y a quelque chose de profondément rassérénant, à une époque qui a fait de la vitesse son axiome sans s’apercevoir que son corollaire est bien souvent l’amnésie, de constater que certaines expériences artistiques peuvent s’inscrire dans la durée et trouver les appuis nécessaires pour laisser une trace matérielle du chemin parcouru. Tout comme son prédécesseur dédié à Marie Leonhardt, le deuxième disque publié par L’Autre Monde, avec un soin éditorial qu’il convient de saluer, repose sur une vertu que l’on a tort de dédaigner aujourd’hui, la fidélité ; il accueille avec la même chaleureuse attention un vieux compagnon de route que les vicissitudes d’un marché ayant décrété que la musique de la Renaissance n’intéressait pas le public avaient plus ou moins contraint au silence, Daedalus. Avant même d’introduire la galette argentée dans le lecteur, il faut absolument se plonger dans le texte du livret dans lequel le directeur de l’ensemble, Roberto Festa, évoque avec sensibilité, truculence et poésie son parcours de musicien ; il ne vous donnera aucune explication sur le programme que vous vous apprêtez à écouter (les pages qui le suivent y pourvoiront), mais il vous permettra sans aucun doute de mieux l’entendre.

Le fil conducteur de l’histoire (d’amour) en cinq scènes, prologue et épilogue, qui nous y est contée est une danse, la moresca. Cette belle Espagnole fait mystère de ses origines mais entre en scène au milieu du XIIe siècle alors que la péninsule est sous domination arabe ; son nom même porte la marque de l’histoire et en endosse la face obscure, celle de l’occupant puis, par extension, de ce dont l’étrangeté effraie comme le démon. Trois siècles plus tard, la moresque est en Italie et va y connaître une fortune semblable à celle de l’autochtone frottola, une chanson qui, bien qu’elle soit elle aussi d’origine populaire, saura néanmoins conquérir les cercles les plus raffinés. Le fait que l’Orfeo de Monteverdi (1607) s’achève sur une moresca – évocation des Bacchantes qui pour être antiques n’en sont pas moins infernales – offre un exemple éclatant de sa pénétration jusque dans les cours les plus fastueuses. Le caractère bouffon, agité, mais également ambigu de cette danse qui se pratiquait armée de bâtons en souvenir du caractère guerrier que le contexte de son évolution lui avait fait prendre la destinait cependant tout naturellement à cette période débridée qu’était le Carnaval, comme l’illustre avec verve et énergie l’extrait du célèbre Festino nella sera del giovedi grasso d’Adriano Banchieri proposé en prologue.

Que la moresque se soit sentie chez elle à Naples n’a rien de bien surprenant puisque cette cité était rattachée à la couronne d’Espagne depuis qu’Alphonse d’Aragon en avait chassé René d’Anjou en 1442. Elle y opéra sa mue en s’y détachant de sa nature chorégraphique pour prendre la forme d’un trio vocal qui se greffa sur des formes existantes, en particulier la villanelle, une chanson au caractère pastoral affirmé, comme son nom l’indique, dont la vogue au sud de l’Italie peut se comparer à celle que connut la frottola au nord. Cette multiplication des voix entraîna immanquablement de nouvelles exigences expressives et une théâtralité accrue qui s’inscrivaient dans le même processus d’évolution musicale qui était à l’œuvre dans le reste de la Péninsule. En puisant dans différents recueils publiés entre 1535 et 1616, les scénettes qui dépeignent la relation entre une mauresque « noire mais belle » (Yo me soy la morenica, Chansonnier d’Uppsala) dont les appâts affolent comme une horloge détraquée le cœur d’un bien nommé soupirant (St’ amaro core mio è diventato, Giovanni da Nola) qu’elle fait naturellement tourner en bourrique (Si te credisse dareme martiello) en le laissant en proie à son impatience jalouse (Deh ! La morte de maritet’ aspett’io – « J’attends la mort de ton mari » –, Perissone Cambio) voire en le désespérant (Tu sai che la cornacchia, fondé sur le double sens de « crai », imitation du cri du corbeau et signifiant un « demain » qui tarde évidemment à venir), avant de le rassurer sur ses sentiments (Mi fai morire quando che tu mi fai la scorucciato , « Tu me fais mourir quand tu me fais la tête »), attestent de la vitalité d’un genre qui attira les plumes les plus émérites, comme celle de Roland de Lassus (‘Sto core mio se fosse di diamante), et permit une expression plus libre avec effets d’imitation, onomatopées et autres gimmicks tels fa la la la, sans parler d’une vaste panoplie de lestes sous-entendus. Cette joyeuse bourrasque s’achève cependant sur une note plus ombreuse qui, au travers de la destinée toujours incertaine des amants, vient rappeler la nature ambiguë de la moresque qu’il est facile d’oublier une fois happé par le tintamarre de la fête ; à peine dispersées les cendres froides du Carnaval s’installe le jeûne silencieux du Carême.

Lorsque j’avais eu la chance d’entendre A la Moresca en concert dans le cadre de la soirée de clôture du festival de l’Académie Bach d’Arques-la-Bataille, j’avais été frappé par la sensation d’une nostalgie diffuse et pourtant tenace sinuant sous l’animation entraînante de la musique. L’enregistrement qui en a été réalisé dès le lendemain et les jours suivants a su capturer ces demi-teintes et si elles ne se dévoilent réellement que dans les ultimes pièces, elles permettent à cette réalisation d’atteindre une profondeur d’émotion assez inhabituelle dans ce type de programme. Entendons-nous bien cependant, ce disque n’a rien de mélancolique, bien au contraire : tout s’y enchaîne sans temps mort, propulsé par l’énergie, le brio et la complicité de musiciens habitués à travailler ensemble et si parfaitement rompus aux exigences de ce répertoire qu’ils le restituent avec une maîtrise et un naturel absolument confondants, en dosant si finement leurs effets que la théâtralité ici omniprésente ne l’est jamais de façon outrée. Très caractérisées et corsées, les voix sont bien timbrées, avec un souci constant du mot et de l’éloquence, et la fusion entre elles s’opère excellemment, de même qu’avec les instruments. Ces derniers offrent une prestation vigoureuse et chamarrée, mais en ne le cédant en rien sur le point de la discipline et en parvenant également à ménager d’appréciables moments de douceur. Si le directeur de Daedalus se refuse par nature à occuper le devant de la scène, on sent bien tout ce que cette anthologie doit à Roberto Festa tant en termes de pertinence dans le choix des morceaux proposés que de cohérence dramatique et esthétique du projet ; d’autres auraient sans doute laissé filer un tel programme du côté d’une superficialité plus ou moins débraillée ; tout est ici pensé et tenu avec une indiscutable intelligence qui stimule la liberté créative et favorise l’expression d’un chaleureux compagnonnage dans une atmosphère de confiance et d’écoute très finement restituée par la prise de son ciselée de Jean-Marc Laisné.

Plongée festive dans l’univers de la Naples turbulente et songeuse de la Renaissance, ce savoureux disque de Daedalus va bien au-delà d’une évocation des métamorphoses de la moresca. Il offre un témoignage émouvant sur le travail d’un ensemble qui, tout en restant d’une rare fidélité aux principes qui le guident et aux musiciens qui l’ont construit, n’a cessé de se réinventer et de renouveler la vision que nous avons des musiques de l’époque des humanistes, et ce compagnon d’allégresse n’a pas fini de vous interroger et vous enjôler.

A la Moresca, moresques & mascarades de la Renaissance, œuvres de Giulio Cesare Barbetta (c.1540-ap.1603), Adriano Banchieri (1568-1634), Giovanni Domenico del Giovane da Nola (c.1510/20-1592), Perissone Cambio (c.1520-c.1562), Andrea Falconieri (c.1585/6-1656), Roland de Lassus (c.1531-1594) et anonymes

Daedalus
Roberto Festa, direction

1 CD [durée totale : 65’27] L’Autre Monde LAM2. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Adriano Banchieri, Gli amanti morescano

2. Giovanni da Nola, St’ amaro core mio è diventato

3. Anonyme, Tu sai che la cornacchia

4. Anonyme, Se li femmene purtassero la spada

18 Comments

  1. Oh que j´aime ces « Moresques » Jean-Christophe.

    Une telle fraîcheur, un tel naturel s´en dégage…

    Merci Oh combien !

    Comme vous notez si bien :
    « J´avais été frappé par la sensation d´une telle nostalgie diffuse et pourtant tenace sinuant sous l´animation entraînante de la musique « ,
    … Ce que je ressens…

    • L’approche que défend Daedalus de ce répertoire est effectivement tout sauf univoque, Chantal, et je pense que cette richesse fait que l’on s’attache durablement à ce disque. Je vous souhaite d’avoir la possibilité de le découvrir, vous verrez qu’il en vaut réellement la peine.
      Merci pour votre mot.

  2. Michelle Didio

    26 février 2017 at 09:52

    Aujourd’hui, vous nous offrez, cher Jean-Christophe, un billet de grande qualité, tant par le thème que par le son et l’image. Je suis frappée par la qualité de cet enregistrement et par cette polyphonie remarquable. Il me reste à le lire plus attentivement pour apprécier toute la finesse de votre écriture et à écouter davantage pour entrer pleinement dans la danse. Je vous souhaite un dimanche doux et joyeux avec mes pensées amicales.

    • Si ces moresques vous prennent la main, chère Michelle, vous verrez que vous reviendrez vers elles encore et encore, et je vous souhaite de tenir entre vos mains ce disque qui est un bel et riche objet (si vous lisez le texte de Roberto Festa, vous comprendrez ce que je veux dire). Comme vous le verrez et entendrez, la danse peut parfois ouvrir sur des univers insoupçonnés et nous conduire à des réflexions inattendues.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite une très belle suite de dimanche.
      Bien amicalement à vous.

  3. Merci cher Jean-Christophe pour cette belle (comme toujours !) chronique. Et pour moi, c’est une découverte. Fesca fait des merveilles. Ici comme dans son Lassus et autres enregistrements. Musa Latina était passionnant. Voilà un musicien qui se renouvelle et nous émerveille. Bon dimanche à vous !

    • Roberto Festa est une personnalité à part dans l’univers de la musique Renaissance, cher Marc, et une des nombreuses vertus de ce disque aura été de me faire comprendre ce qui, dans son parcours, aura contribué à forger cette singularité. Je me souviens bien sûr de Musa Latina, sans doute une des plus intelligentes réalisations sur les rapports entre Antiquité et musique à ce jour.
      Merci pour votre mot et de bien fidèles pensées dominicales.

  4. Merci,
    ô combien merci, pour votre engouement ininterrompu pour la musique classique et votre désir de nous faire découvrir toujours des pièces délicieusement choisies.
    D’autant que mon éloignement géographique, pour assumé qu’il soit, correspond un peu à une traversée du désert culturel en matière de musique.
    Je ne me souviens plus à quelle occasion, ni comment, j’ai fait la découverte de Wunderkammern, mais je ne manque aucune de vos publications ni ne passe à côté d’aucun de vos exposés, magnifiquement écrits et d’une exceptionnelle qualité.
    Je vous remercie d’être à chaque fois un soleil dans le ciel de Saigon.
    Très Cordialement.

    • Un des buts avoués de Wunderkammern a été, grâce à la diffusion que permet Internet, de permettre à la musique, du moins à celle qui me touche au point de me donner l’envie de passer quelques heures à réfléchir et à écrire à son propos, de toucher qui le souhaiterait, si possible au-delà des cercles qui en sont déjà informés. Vous n’imaginez pas à quel point une réaction comme la vôtre peut être touchante, en ce qu’elle m’apprend que ce projet a une réalité tangible.
      J’espère pouvoir continuer à mériter votre confiance et je vous remercie bien sincèrement d’avoir pris le temps de m’adresser ce signe de vos lointains horizons.
      Très cordialement à vous.

  5. Bonjour mon cher Jean-Christophe

    Je parviens enfin à me poser, et qui plus est pour une semaine de vacances.

    Pour une fois, je ne suis pas en terre inconnue, notamment en ce qui concerne la Moresque, puisque lors d’un stage de danse médiévale avec Catherine Ingrassia, nous avons pratiqué l’une d’entre elles, celle proposée dans ta chronique est remarquable comme tous les autres extraits d’ailleurs, j’ai vraiment beaucoup apprécié.

    Et puis ta chronique est comme toujours d’ une qualité d’écriture incomparable. Elle est vraiment très agréable à lire.

    Et puis ce cher Pieter Bruegel , que tu m’as fait découvrir, je suis heureuse de le retrouver aujourd’hui, et quel beau tableau avec cette richesse de personnages. C’est vraiment magnifique.

    J’ai encore un peu de mal à fermer cette chronique, mais je sais que j’y reviendrai. Tu sais elles sont toutes dans un dossier, et parfois je vais lire à nouveau, ou écouter ce que j’ai beaucoup aimé. Nostalgie quand tu nous tiens 😉 …….

    Je te souhaite une très agréable soirée. Merci infiniment pour le temps passé, pour le partage, pour les moments hors du temps que tu nous offres.
    Je t’embrasse bien fort cher Jean-Christophe.
    Tiffen

    • Bonsoir chère Tiffen,
      Je me doutais un peu que tu retrouverais tes petits avec cette chronique dans laquelle la danse tient une bonne place, et je suis évidemment ravi que ces quelques lignes te ramènent à de bons souvenirs.
      Pour une fois, le choix d’illustration est venu très vite car hormis mon goût prononcé pour Bruegel, cette fantaisie picturale me semblait aller de soi pour rendre compte de la fabuleuse richesse expressive de ces musiques.
      Je connais bien le réflexe que tu as d’aller te replonger dans tel ou tel texte que tu as aimé; je le pratique souvent moi-même, mais naturellement pas avec mes propres chroniques.
      Je te remercie pour ton mot et te souhaite bonne soirée et agréables vacances.
      Je t’embrasse bien fort.

  6. Les quatre extraits que tu as la générosité de partager distillent un sentiment de bien-être, une sensation de plaisir qui s’en vient oxygéner la tête. C’est ce que je ressens ici, après plusieurs écoutes.
    L’« horloge détraquée », si elle affole en l’espèce le coeur du soupirant, m’a également rappelé le mécanisme d’un automate… Les histoires d’amour ne sont-elles pas sujettes aux soubresauts ?…
    Bref, un album anniversaire à acquérir.
    Belle journée à toi, ami J.-Ch. que j’embrasse.

    • Effectivement, il y a de la joie dans ce disque aussi dépaysant que dynamisant, ami Cyrille, et plein de trouvailles comme cette mécanique détraquée (il s’agit bien d’une horloge, c’est le texte qui le dit), une belle façon pour Daedalus de réaffirmer que le temps ne l’abîme pas.
      Je pense qu’il s’agit d’un enregistrement à avoir sur ses étagères, pour la musique comme pour les textes d’accompagnement : ce soin éditorial devrait être la règle.
      Je te remercie pour ton mot et t’embrasse en te souhaitant belle journée.

  7. Non seulement la richesse des musiques joyeuses, mais on peut souligner la fidélité des populations à maintenir les traditions carnavalesques au fil des siècles, les tableaux sont là pour nous rappeler que rien n’est nouveau sous le soleil (et les giboulées).
    Pieter Bruegel l’Ancien, par ton intermédiaire, m’offre un panorama plus facile à détailler que la folle foule joyeuse et batailleuse du Nord. Même les harengs sont de sortie …. et un inventaire s’impose, je crois que je vais encore omettre certains détails. Merci pour tout. 😀

    • Tout à fait, bien chère Marie, et cette obstination à perdurer force le respect.
      Il y a très souvent beaucoup à voir et à deviner dans les tableaux de Bruegel et on n’en a jamais complètement fait le tour, à la fois régal et casse-tête. Dommage que Vienne soit aussi loin et donc matériellement inaccessible pour moi, puisque ce peintre y sera à l’honneur à partir du 2 octobre 2018 pour une grande rétrospective anniversaire — le catalogue permettra sans doute d’y rêver un peu.
      Grand merci pour tes mots et ta fidélité.

  8. lenormand rémi et monique

    28 février 2017 at 18:26

    Cher Jean-Christophe,
    Nous avions acheté le cd dès sa parution tant nous avions été enflammés par le concert d’Arques la Bataille. Un grand, très grand disque magnifiquement présenté et dont le livret apporte des informations capitales. Les artistes de cet enregistrement sont exceptionnels et forment une véritable osmose musicale avec Robert Festa dans ce répertoire que nous privilégions. Robert Festa est vraiment à part; pouvoir se rendre sensible à ses créations est un rare privilège que malheureusement une immensité d’individus ne connaîtront jamais.
    Quant à votre commentaire très élaboré, il est une source de plus pour la compréhension de cette musique assez rare, mais pas si rare que cela pour les connaisseurs. L’illustration par Pieter Bruegel l’Ancien avec Le Combat de Carnaval et Carême, 1559 est en parfaite adéquation avec la musique. Ce tableau fait partie de notre univers mental et culturel depuis très longtemps. Merci pour tout ce travail très profitable à ceux comme nous qui n’avons pas d’aussi vastes connaissances ; soyez-en ici très vivement remercié.

    Amitiés.

    Rémi et Monique.

    • Chers Monique et Rémi,
      Je me souviens encore du concert d’Arques-la-Bataille et la sensation que je décris m’avait accompagné encore longtemps après, j’étais encore sous son emprise en prenant mon train le lendemain pour regagner la Touraine. Vous avez tout à fait raison de souligner à quel point Roberto Festa est un musicien à part dans le paysage de la musique ancienne et l’on ne peut qu’être reconnaissant à L’Autre Monde de lui avoir permis de reprendre le chemin des studios pour le plus grand plaisir de tous.
      Je suis très amateur de Pieter Bruegel et ce tableau s’est imposé à moi assez tôt dans le travail de rédaction de cette chronique; je sais que le choix d’une œuvre aussi clairement septentrionale aurait pu surprendre s’agissant de musiques indiscutablement méridionales, mais Naples a toujours été une terre très accueillante pour l’art flamand.
      Je vous remercie pour votre commentaire et vos encouragements et vous dis à bientôt.
      Amitiés.

  9. Bénédicte Gaulard

    1 avril 2017 at 15:01

    Cher Jean-Christophe,
    quel dynamisme dans ces moresques ! Je n’ai ni vos connaissances en musique ni votre talent pour décrire les pièces comme vous le faites, mais je ressens joie et allégresse en écoutant ces quatre extraits. Ce mélange truculent d’Italie et d’Espagne me plait, et ce cher Brueghel illustre à merveille ce que vous avez souhaité partager avec vos lecteurs. Soyez-en remercié, cher Jean-Christophe, car ces moments de lecture et de musique sont de vrais pauses dans le temps, à l’image du travail de l’ensemble de Robert Festa que j’ai découvert, encore une fois !, grâce à vous.

    • Chère Bénédicte,
      J’ai choisi Bruegel pour apporter la touche septentrionale qui « manquait » à l’ensemble alors qu’elle ne semble pas absente de ces moresques, en particulier dès que l’on évoque Naples qui fut très tôt un des points d’entrée des Flandres dans la Péninsule — l’œuvre d’Antonello da Messina, dans toutes ses dimensions, vient assez nous le rappeler.
      Je vous remercie bien sincèrement d’avoir pris de votre temps pour cette chronique et je veux croire que sa pensée continuera à vous apporter un peu de la joie que vous avez su y puiser.
      De bien amicales pensées à vous.

Comments are closed.

© 2017 Wunderkammern

Theme by Anders NorenUp ↑