Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Le peintre et l’architecte. Concertos de Telemann et Bach par l’Ensemble Amarillis

Johann Georg Platzer (Eppan, Tyrol, 1704 – 1761),
Dans l’atelier du peintre, sans date
Huile sur cuivre, 47,6 x 64,5 cm, collection privée

 

La postérité est terriblement joueuse. Si l’on avait demandé aux mélomanes, dans les années 1740, qui était le plus grand compositeur allemand vivant, il y a fort à parier que la majorité aurait répondu sans hésiter : « Telemann. » Bien sûr, le nom de celui qui tint durant plus de quarante-cinq ans les rênes de la vie musicale à Hambourg n’est pas tombé dans l’oubli et il bénéficie même, en cette année 2017, d’un regain d’attention supplémentaire, deux cent cinquantième anniversaire de sa mort oblige ; il ne viendrait néanmoins à l’esprit que d’une minorité de le comparer à Johann Sebastian Bach, tant ce dernier, ou plutôt l’image assez romantisée qui en a hélas toujours cours aujourd’hui, a été placé sur un piédestal par une certaine tradition.

S’ils furent amis – rappelons que Telemann fut le parrain de Carl Philipp Emanuel Bach – et si leur musique présente d’évidents points de rencontre, comme la pratique du vermischter Geschmack, cette manière mêlant des éléments de style français, italien et germanique, le parcours des deux musiciens apparaît assez dissemblable et révélateur de tempéraments bien différents, même si on constate de part et d’autre une même ambition et la volonté nécessaire pour la réaliser. D’un côté, nous avons un compositeur issu d’une véritable lignée musicale, conscient de la tradition dans laquelle il s’inscrivait et soucieux de hisser le nom des Bach au niveau de l’excellence, de l’autre un fils de pasteur largement autodidacte qui déclarait dans une lettre de 1718 à Johann Mattheson que son apprentissage se résumait à une quinzaine de jours de leçons de clavecin et qu’il attribuait ses capacités aux dons pour le chant qu’avait sa mère. Leur rapport à la société de leur temps les distingue également ; Telemann fut, à l’évidence, très tourné vers le monde extérieur, se rendant à Paris pour y surveiller les conditions d’édition de ses œuvres et entretenant une correspondance (et des échanges de plantes) avec, entre autres, le londonien d’adoption Händel ; Bach, lui, voyagea peu et dans un ambitus territorial restreint, et si elles ont nécessairement existé en plus grand nombre, on ne conserve pas suffisamment de ses lettres pour se faire une idée précise du tissu relationnel qu’il avait pu constituer. Plus que le cantor de Leipzig, dont le poste lui fut d’emblée proposé lorsqu’il fallut trouver un successeur à Johann Kuhnau mais qu’il déclina au grand dam des autorités de la ville, le director musices de Hambourg se montra sensible aux évolutions de son époque, ce dont attestent l’énergie qu’il déploya pour satisfaire un public d’amateurs alors grandissant en mettant à sa disposition des recueils adaptés à ses capacités mais également sa propension à cultiver les pièces de caractère comme le pittoresque, en s’inspirant sur ce dernier point des mélodies populaires qu’il avait pu entendre directement sur le terrain ; malgré ses concerts au café Zimmermann et ses nombreux élèves, ce musicus doctus que fut Bach, si de multiples exemples montrent qu’il n’ignorait rien des modes musicales de son temps, choisit de les tenir à distance pour les intégrer sans hiatus dans la synthèse qu’il élabora sa vie durant.

D’un point de vue formel, les deux concertos sortis de sa plume proposés dans l’anthologie signée par l’Ensemble Amarillis semblent plus « modernes » que les deux de Telemann ; ils adoptent, en effet, la coupe en trois mouvements (vif-lent-vif) popularisée par Vivaldi, tandis que son aîné s’en tient au modèle corellien, envers lequel il reconnaissait sa dette, de la sonata da chiesa (lent-vif-lent-vif). En ut mineur, le Concerto pour hautbois et violon BWV 1060a est la reconstruction de celui qui nous est parvenu dans une version probablement postérieure pour deux clavecins (BWV 1060) ; il s’agit d’une page qui cultive volontiers les demi-teintes, le sourire un rien voilé de son Allegro liminaire trouvant un écho dans la confidence de l’Adagio et un finale qui, malgré la part belle faite aux broderies d’un violon italianisant en diable, ne parvient pas être totalement ensoleillé. Peu d’ombres, en revanche, dans le Concerto pour clavecin en fa majeur BWV 1057, transcrit du quatrième Brandebourgeois, avec ses deux flûtes à bec agrestes et babillardes à souhait dans le premier mouvement quand le troisième est une fugue coulante et limpide comme un ruisseau ; le contraste est, comme de juste, apporté par l’Andante central au ton volontiers solennel, mais sans pesanteur. Avec le Concerto pour hautbois, violon et deux traversos en si bémol majeur TWV 54 :B1 de Telemann, nous sommes d’emblée en plein vermischter Geschmack, puisque accueillis par des rythmes pointés à la française avant d’être bercés, Dolce, par le balancement d’une ultramontaine Sicilienne. Contrairement à ce qu’on observait chez Bach, Telemann, exception faite du vigoureux Rondeau final, sollicite peu la virtuosité de ses solistes, préférant se concentrer sur l’équilibre entre les pupitres et les alliages de timbres qu’il peut tirer de leur dialogue. Le célébrissime Concerto pour flûte à bec et traverso en mi mineur TWV 52 :e1 débute par un magnifique Largo au chant plus lagunaire que nature s’enchaînant à un mouvement fugué rappelant que nous sommes bien en terres germaniques puis à un second Largo aux allures de danse stylisée dégageant un élégant parfum français. Mais, surprise !, voici que nous quittons l’ambiance des salons pour chausser des sabots et nous lancer dans l’irrésistible Presto conclusif, dont les effets de musette soulignent encore le corsé d’une saveur populaire que seul Haydn, en ce même siècle, saura retrouver avec autant d’alacrité. Telemann le peintre, Bach l’architecte, deux visions différentes et pourtant indissociables du même art.

Même si ses récents pas de côté en direction d’expériences contemporaines ou « mélangées » m’ont laissé perplexe, retrouver l’ensemble Amarillis est toujours un plaisir et ce disque vient opportunément rappeler qu’il s’était déjà livré, il y a dix ans, à une belle incursion en terre télémanienne. De nouvelles et brillantes personnalités sont venues enrichir ce collectif, mais son noyau demeure immuable, avec une Héloïse Gaillard toujours très engagée et soucieuse d’expressivité comme de fruité sonore au hautbois et à la flûte alto, et une Violaine Cochard que l’on avait été peiné de voir se commettre dans la douteuse aventure Bach plucked/unplucked mais que l’on redécouvre ici pleine de liberté, d’inventivité mais aussi d’attention pour ses partenaires au clavecin solo ou continuo. Si le livret ne permet pas, hormis celle d’Alice Piérot au violon conjuguant sa maîtrise technique et sa sensualité coutumières, de déterminer avec précision la prestation de chacune d’elle, les flûtistes Amélie Michel et Meillane Wilmotte s’en acquittent avec un indiscutable brio. L’esthétique d’ensemble choisie par Amarillis est assez « classique », privilégiant donc l’équilibre et une certaine rondeur à des contrastes dynamiques plus accentués. Globalement, compte tenu des œuvres choisies, cette option se révèle pertinente d’autant qu’elle est servie par des interprètes maîtres de leurs moyens et à l’écoute les uns des autres ainsi que par une mise en place soignée, même si on pourrait souhaiter plus de mordant dans les mouvements rapides, le meilleur exemple étant sans doute le Presto du Concerto en mi mineur de Telemann qui ne fait pas oublier l’ivresse qu’avait su y insuffler Musica Antiqua Köln dans un enregistrement mémorable paru chez Archiv en 1987. À cette réserve près, ce disque à la captation chaleureuse qui, en ne brusquant rien, permet aux qualités des musiciens de s’exprimer harmonieusement s’écoute avec un indéniable plaisir que les écoutes successives n’épuisent pas. C’est dans cet esprit de convivialité raffinée et sans façon qu’il faut le goûter, comme une fenêtre ouverte sur le printemps qui vient.

Georg Philipp Telemann (1681-1767), Concerto pour hautbois, violon, deux traversos, cordes et basse continue en si bémol majeur TWV 54 :B1, Concerto pour flûte à bec et traverso en mi mineur TWV 52 :e1, Johann Sebastian Bach (1685-1750), Concerto pour hautbois, violon, cordes et basse continue BWV 1060a, Concerto pour clavecin, deux flûtes à bec, cordes et basse continue en fa majeur BWV 1057

Ensemble Amarillis :
Alice Piérot, violon
Amélie Michel, flûte traversière
Meillane Wilmotte, flûte à bec alto & flûte traversière
Violaine Cochard, clavecin
Héloïse Gaillard, hautbois, flûte à bec alto & direction artistique

1 CD [durée : 52’06] Evidence Classics EVCD032. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. G.P. Telemann, Concerto TWV 54 :B1 : [II] Allegro

2. J.S. Bach, Concerto BWV 1060a : [II] Adagio

3. G.P. Telemann, Concerto TWV 52 :e1 : [II] Allegro

20 Comments

  1. Michelle Didio

    2 avril 2017 at 09:16

    Ce parallèle entre Télémann et Bach est très intéressant et très instructif, cher Jean-Christophe. Je vous en remercie. La musique que vous avez si subtilement décrite est une belle fenêtre ouverte sur la délicatesse du printemps qui vient d’éclore … Belle journée dominicale. Bien amicales pensées.

    • Ce disque m’a permis de creuser un peu ce sujet, chère Michelle, et je suis certain que l’on pourrait poursuivre encore et avec fruit cet examen en parallèle. Je suis ravi, en tout cas, qu’ils vous ait semblé intéressant.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite une belle journée avec de vraies bouffées de printemps dedans.
      Bien amicalement.

  2. Bonjour cher Jean-Christophe,
    Je souhaitais une chronique dominicale, souhait exaucé 🙂
    Une peinture magnifique, et qui plus est, montre un homme qui fabrique du rouge à l’aide de pigments, je retrouve les gestes que nous avons effectué il y a une quinzaine de jours, c’est émouvant.
    C’est une bien belle musique, bien documentée par ta chronique. J’y reviendrai de nouveau ce soir.
    Merci cher Jean-Christophe.
    Je t’embrasse bien fort
    A très vite .
    Tiffen

    • Bonjour chère Tiffen,
      Je me suis volontairement imposé le silence durant une bonne semaine, mais même les meilleures choses ont une fin et me revoici — « Tant pis, c’est moi ! » se serait exclamé Ruy Blas.
      Le tableau de Platzer est très riche de détails pour qui prend vraiment le temps de le regarder, ce qui augmente naturellement sa valeur symbolique, un point qu’il ne faut jamais ni négliger, ni survaloriser dès que l’on a à faire avec une peinture ancienne.
      Puissent les extraits musicaux que contient cette chronique te procurer le même plaisir ce soir que ce matin.
      Je te remercie pour ton mot et t’embrasse bien fort.

  3. mireille batut d'haussy

    2 avril 2017 at 11:38

    Entre les deux ni mon oreille ni mon coeur ne balance, mais il est toujours intelligent et généreux de tenter d’établir un dialogue, de le rechercher pour le moins.
    La peinture de J-G. Platzer en dit long sur les voies possibles de la réflexion, ses impasses et ses aboutissements, l’ordonnance possible des turbulences, tant les axes sont marqués pour échapper au chaos comme aux « disgrâces ».
    Et puis, j’ai été sensible à la tonalité comme à la mesure de votre article. Merci. M.

    • Je devine sans mal de quel côté penche votre cœur, Mireille; il me semble néanmoins que le dialogue entre ces deux visages d’un même siècle permet de les voir l’un et l’autre de façon plus précise, sans les vernis qu’une certaine tradition y a déposé au fil des siècles.
      Sans surprise, le jeu de pistes que suggère du tableau ne vous a pas échappé, reflet, lui aussi, d’une époque en pleine accélération où les signes ne devenaient accessibles qu’à ceux qui savaient prendre le temps de s’arrêter.
      Merci pour votre mot.

  4. Effectivement, si comme tu l’écris « la postérité est terriblement joueuse », reconnaissons que les mélomanes d’aujourd’hui sont dans leur ensemble reconnaissants à ces deux musiciens féconds et inspirés. Les seuls trois extraits qu’ici tu proposes en sont un vibrant témoignage. Il y a quelque chose dans ces musiques qui parle directement à celles et ceux qui les écoutent avec vérité et simplicité. Je veux dire que l’on ne reste pas insensible à ce qu’elles dégagent ; elles nous absorbent complètement et l’on en ressort heureux et apaisé.
    Le peintre et l’architecte raniment ce beau temple que d’aucuns voudraient, sinon nous priver, en tous les cas voir d’un autre temps et donc pour eux suranné. Or, ce n’est pas le cas. Indiscutablement.
    Merci pour cet article instructif à bien des égards et pour ce moment d’apesanteur, mon ami. Je t’embrasse.

    • Je ne suis pas bien persuadé, ami Cyrille, que le mélomane d’aujourd’hui soit très au fait de la musique de Telemann qui demeure finalement assez sous-exposée au disque comme au concert, du moins en France. En ce sens, ce disque est utile qui replace les choses dans une plus juste perspective, sans parti-pris et avec l’envie perceptible de servir la musique, raisons qui expliquent sa présence ici que son programme, quelque peu convenu, n’aurait sans doute pas justifiée à lui seul.
      La dialectique du peintre et de l’architecte renvoie à la querelle du dessin et de la couleur qui opposa les admirateurs de Poussin et de Rubens au XVIIe siècle; je veux croire que la synthèse opérée par Bach et Telemann nous offre une bonne idée de ce que François Couperin nommait la réunion des goûts.
      Merci pour ton mot et des bises pour ton après-midi dominical, mon ami.
      Je t’embrasse en retour.

  5. Michèle B.

    2 avril 2017 at 14:41

    Cher Jean-Christophe,

    extraits qui font regretter de n’en pas entendre plus, du côté de Telemann surtout. Le clavecin ravit !
    Ce tableau très narratif, plein de vie et de couleurs est généreux en détails, qui réservent des surprises et je trouve très amusante la comparaison entre le tableau et les deux personnages importants au deuxième plan !!!
    Intéressante opposition entre les deux compositeurs…

    • Chère Michèle,
      Il n’en faut point trop dévoiler pour que les lecteurs qui souhaitent découvrir plus avant le disque n’en soient pas dissuadés. Violaine Cochard est une claveciniste dont j’apprécie énormément le travail et qui démontre ici qu’elle a bien mieux à faire que des projets de cross-over bancals.
      Le tableau de Platzer peut se lire à différents niveaux mais je suis d’accord avec vous quant au nombre d’histoires qu’il suggère — vous avez l’œil et je n’en suis pas du tout surpris.
      Grand merci pour votre mot.

  6. Milena Hernandez

    2 avril 2017 at 16:51

    Cher Jean-Christophe,
    vous m’aviez annoncé cette chronique et je l’ai goûtée avec plaisir. Le surtitre de messagerie « double messieurs » m’a fait sourire, mais moins que le concerto original que vous avez composé pour vos lecteurs : deux parties de Telemann, mais trois mouvements en tout, donc sur le modèle de Bach, bravo, c’est du grand art (vous voyez que j’ai bien profité de vos savantes explications)! J’avais lu dans Charles Burney que Telemann avait deux manières: l’une raide et sèche, l’autre gracieuse et raffinée (un « double monsieur », en quelque sorte), nul doute que c’est la seconde manière que nous entendons dans le disque d’Amarillis. Vous préférez Amarillis dans ce répertoire, et vous n’avez pas du tout apprécié Violaine Cochard dans son expérience d’improvisation avec Edouard Ferlet. Cela m’a étonnée, car je sais que vous n’êtes pas de ceux qui se pincent le nez au son d’une musique postérieure au XIXème siècle, mais on ne discute pas des goûts et des couleurs. Pour ma part je comprends que des artistes aient envie d’explorer d’autres territoires, surtout lorsqu’ils sont arrivés à une telle maîtrise de leur art. Bach aurait-il aimé le tableau de J. G. Platzer? Il me semble que cet atelier manque d’ordre pour mon cher Jean-Sébastien, mais il m’a permis de rencontrer un peintre que je ne connaissais pas! Bonne semaine musicale, bien amicalement, Milena.

    • Chère Milena,
      J’ai même poussé la symbolique du double un peu plus loin en ne retenant que les deuxièmes mouvements des œuvres choisies 😉 Plus sérieusement, vous avez tout à fait compris ma méthode de « recomposition » à partir des extraits; quand il est possible de procéder ainsi, je trouve que le résultat est plus attrayant pour l’auditeur.
      Contrairement à l’inépuisable Burney, je n’ai jamais trouvé que Telemann puisse être « raide et sec », mais il est certain qu’Amarillis nous le présente sous ses atours les plus sensuels, les plus soyeux même, quand d’autres ensembles adoptent un ton plus direct et vigoureux. J’apprécie sincèrement le travail de cet ensemble que je suis depuis de nombreuses années et que j’ai toujours trouvé très probe et souvent inspiré.
      Violaine Cochard fait indubitablement partie, à mes yeux, des clavecinistes qui comptent et j’ai vraiment pesé mes mots lorsque j’ai écrit que son expérience avec Édouard Ferlet m’avait peiné; ça aurait sans doute été moins le cas si elle n’avait pas sorti le moindre disque soliste depuis son magnifique Bach chez agOgique en 2011. Qu’il y ait des détours me va à merveille – comme vous l’avez rappelé, je suis le premier à m’échapper hors des frontières 1600-1760 dans lesquelles certains voudraient me confiner (je vous réponds d’ailleurs en écoutant mon très cher Fauré) –, à condition qu’il n’y ait pas que ça; et, pour être honnête, ce disque m’a aussi peu convaincu que le Monteverdi à la sauce jazz de La Venexiana, mais là, c’est affaire de goût.
      Je ne sais pas si Bach aurait aimé ce Platzer dont les nombreux clins d’œil l’auraient sans doute fait sourire, mais je suis certain que ce désordre d’atelier ne doit pas être si éloigné de celui qui régnait dans son logement de fonctions à Leipzig où l’on devait se bousculer joyeusement entre les membres de la famille, les élèves, les parties à copier pour la cantate du dimanche, etc. Un beau capharnaüm quelquefois, à n’en pas douter.
      J’ai été heureux de vous retrouver sur le blog et de prendre tout mon temps pour vous y répondre. Je vous remercie de l’avoir pris vous aussi pour me livrer vos impressions.
      Belle semaine et amicales pensées.
      Jean-Christophe

  7. Et le fond de l’air redevient plus léger … sauf à prendre la pose et sembler se méfier.

  8. lenormand rémi et monique

    3 avril 2017 at 11:22

    Cher Jean-Christophe,

    Que des artistes authentiques et exceptionnels à l’image de Violaine Cochard ; cette dernière claveciniste est à l’opposé radical de certain « confrère  » de grand talent certes mais pris dans les griffes d’un marketing outrancier hélas. Entre le vedettariat affiché dans bien des publications vivant de la publicité et la réalité des concerts, il y a souvent un fossé abyssal.
    Hier soir Dimanche 2.04.2017 à Rouen, Pierre Hantaï donnait un merveilleux concert dans cet outil de travail incomparable qu’est la chapelle Corneille parfaitement restaurée. Nous étions une bonne cinquantaine! ( la salle peut contenir 600 auditeurs). Les élus en charge de la culture, responsables musicaux en tous genres devraient « atterrir » un peu plus souvent sur terre. Le constat vécu hier soir est affligeant pour le devenir de la musique vivante en France.

    Merci Jean-Christophe pour la critique intelligente de ce très bel enregistrement.

    Amitiés.

    Rémi et Monique.

    • Chers Rémi et Monique,
      Ce que vous me dites de la faible affluence venue écouter Pierre Hantaï – dont le cinquième volume dédié à Scarlatti paraîtra en mai – ne me surprend malheureusement pas et va dans le sens de ce que je disais récemment à un ami musicien : « aujourd’hui, Leonhardt ne ferait pas carrière. » Nous sommes à l’ère du tapage – certains ne l’ont visiblement que trop bien compris et s’en montrent complices – qui est tout ce qui parvient à des édiles le plus souvent ignares et qui se moquent de la culture, en particulier de la musique dite savante coupable à leurs yeux du péché d’exigence rebaptisée élitisme pour l’occasion, comme d’une guigne. Triste constat.
      Violaine Cochard et ses camarades d’Amarillis font partie de ces musiciens dont les propositions sont généralement intéressantes (j’ai fait part de mes réserves) et toujours honnêtes, ce qui n’est pas si fréquent que ce devrait l’être. Leur Bach-Telemann est dans cette lignée et s’il ne s’agit probablement pas d’un disque essentiel, au moins apporte-t-il tout l’agrément que l’auditeur est en droit d’en attendre.
      Je vous remercie pour votre commentaire, vous souhaite une belle suite de semaine et vous dis à bientôt.
      Amitiés.
      Jean-Christophe

  9. Claude Amstutz

    4 avril 2017 at 16:48

    Sceptique comme vous sur le « Bach unplugged », je retrouve avec la même ferveur ancienne ici Violaine Cochard et Héloïse Gaillard. Et si Telemann fait toujours partie des compositeurs que j’affectionne particulièrement, le hautbois et la flûte ajoutent une note tendre qui me ravit dans cette très belle interprétation. Grand merci Jean-Christophe et belle semaine à vous.

    • Vous me rassurez, Claude, car j’avais fini par croire que j’étais le seul que ce projet prenant Bach pour prétexte n’avait pas emballé. Ça fait du bien de retrouver tous ces brillants musiciens dans un projet qui n’a besoin d’aucune particularité montée en épingle pour retenir l’attention, le talent des compositeurs et des interprètes se suffisant à lui-même.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite une belle suite de semaine.

  10. Cette peinture si évocante…
    Et ravie de découvrir ce CD, à tenir en compte.
    Merci Jean-Christophe.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

© 2017 Wunderkammern

Theme by Anders NorenUp ↑