Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

La ligne claire

« Quand on cesse de se soumettre au jugement de ceux dont on s’est retranché, tout ce qui blesse s’effiloche et se gomme d’un coup comme une brume sur la rivière à l’instant où monte le soleil. »

Pascal Quignard, Les désarçonnés, chapitre XCV (Grasset, 2012)

Pieter Claesz. (Berchem, c.1597/98 – Haarlem, sep. 1er janvier 1661)
Nature morte à la bougie allumée, 1627
Huile sur bois, 26,1 x 37,3 cm, La Haye, Mauritshuis

 

La cour d’honneur de la Préfecture de police de Paris se taisait sous le ciel d’avril. Un homme, à la tribune aménagée pour l’occasion, rendait hommage à son compagnon tombé en service sous des balles terroristes quelques jours auparavant. À tous, officiels, camarades et famille, il donnait, avec des mots sobres et émouvants, une leçon de dignité, de virilité au sens où l’entendaient les Romains de l’Antiquité. On pourrait, bien entendu, retenir beaucoup d’autres images de l’année écoulée ; ce qui s’impose à moi demeure cependant les phrases nettes et sans haine qu’Étienne Cardiles, brisant la chape de plomb des conventions, a adressées à Xavier Jugelé par-delà la mort.

 

2017 a été pour moi une année inconfortable mais utile, deux choses qui souvent vont de pair, et je lui suis reconnaissant au moins pour deux choses. La première est d’avoir contribué à m’aider à me défaire de relations qui étaient visiblement arrivées à leur terme ; les choses se sont passées sans bourrasque, plutôt à la façon d’une brise faisant se détacher des branches des feuilles racornies ; les girouettes mondaines aux yeux desquelles vous faites bien dans le paysage et qui se feraient couper un bras plutôt que ne pas suivre la dernière mode, les personnes que vous avez épaulées en des temps difficiles où certaines d’entre elles frôlaient la désespérance et qui, à présent qu’elles sont plus confortablement installées, vous font comprendre à demi-mot – car la franchise n’est naturellement pas leur fort – que vous n’êtes dorénavant plus assez intéressant pour elles, cette nébuleuse de contacts virtuels fondés sur ce que l’autre estime de votre capacité à le faire reluire, tout ce fatras superflu est tombé de lui-même et si l’arbre s’en trouve sans doute un peu plus dénudé, au moins respire-t-il plus à son aise. La seconde découle de ce que je viens de vous confier. Les plus observateurs d’entre vous auront noté la disparition, sur le blog, des musiques hors du champ du « classique » ; ce qui m’a convaincu de cette éviction est un message reçu en privé d’un lecteur qui s’émouvait de me voir « perdre mon temps avec ces futilités. » Évidemment, cet homme, qui a fini depuis par se désabonner, a tout faux et je recommande à lui et à ses semblables de jeter un œil à ce qui peut s’écrire, en matière de critique, dans le domaine de la musique dite « populaire » sur d’excellents sites comme The Quietus ou Consequence of Sound pour n’en citer que deux ; ils seront surpris par la qualité du discours qui s’y développe et tranche vigoureusement sur la pauvreté grandissante de la très grande majorité des recensions des disques documentant le répertoire « savant », la plupart du temps expédiées en quinze lignes sous les vivats des attachés de presse, du public et des musiciens eux-mêmes (ah, ces « wonderful review » allègrement distribués à des critiques désinvoltes et fautives par certain ensemble auquel on prêtait pourtant un discernement plus lumineux), devenus visiblement incapables de distinguer un texte correctement documenté et rédigé et un torché à la hâte en intégrant une proportion variable, mais souvent anormalement élevée, d’éléments du dossier de presse et de Wikipédia, le tout noyé dans une sauce bien grasse de superlatifs en manière de lubrifiant. Ces constats, auxquels on peut ajouter celui d’être lu en diagonale par beaucoup voire pas du tout, m’ont conduit au bord du renoncement, non avec abattement comme ça aurait pu être le cas il y a encore quelques années, mais sereinement. Pourquoi, en effet, persister à dépenser temps, argent et énergie dans un projet dont il apparaît qu’il est de plus en plus en porte-à-faux avec une époque qui exige du vite consommé, vite oublié ? J’ai mille choses à faire et à écrire, mes chroniques « pop-rock » ont trouvé avec le webzine Culturopoing une terre accueillante, et ce monde où les critiques s’apparentent de plus en plus à des échanges de petits services entre amis du même monde moyennant faveurs et invitations n’est définitivement pas le mien ; je ne suis pas loin de partager ce constat lu dans l’Éloge de la sincérité de Montesquieu : « On croit, par la douceur de la flatterie, avoir trouvé le moyen de rendre la vie délicieuse. Un homme simple qui n’a que la vérité à dire est regardé comme le perturbateur du plaisir public. On le fuit, parce qu’il ne plaît point ; on fuit la sincérité dont il fait profession parce qu’elle ne porte que des fruits sauvages. »
J’ai toutefois renouvelé le bail de Wunderkammern pour une année ; ce sera la dernière si je ne parviens pas à faire de ce site autre chose qu’une fabrique de chroniques musicales – il y en aura toujours, sous un format plus concis et sans idée de note, partant du principe que tous les projets dont je suis amené à parler me semblent mériter l’attention – et à lui donner la forme plus ouverte qui me semble nécessaire pour qu’il demeure stimulant et pour vous, et pour moi. Ne soyez pas surpris d’éventuelles périodes de silence ; elles me seront sans doute nécessaires pour réfléchir à la meilleure façon d’atteindre l’objectif que je me suis fixé. Si cette évolution échouait, sachez que je me sens profondément privilégié d’avoir pu échanger avec vous durant toutes ces années autour de ces beautés qui rendent nos existences plus supportables.

À vous et à ceux qui vous sont chers, avec une pensée toute particulière pour celles et ceux qui ont souffert et souffrent encore de la disparition d’un proche ou dans leur chair, j’adresse tous mes vœux pour une année 2018 en tout point réussie.

Accompagnement musical :

Dead Can Dance : Fortune presents gifts not according to the book

Texte : Luis de Góngora (1561-1627)
Musique : Brendan Perry & Lisa Gerrard

Aion, 1 CD/1 LP 4AD

66 Comments

  1. Bonne année à toi Jean-Christophe !
    Tu nous fais entendre ce que tu as aimé, ou apprécié, et c’est ce qui compte, non ?
    Je ne lis pas toujours tout, ou je ne comprends pas toujours tout, mais on est touours là…
    On passe notre vie à couper des branches, ou c’est le vent qui s’en charge, comme pour le gui.
    Je t’embrasse

    • Ce qui compte, c’est que ce soit utile, Catherine, car garder pour moi ce que j’ai aimé ou apprécié me suffit amplement; je ne communique à ce propos que parce que je garde à l’esprit, un peu sottement sans doute, que ça peut toucher un plus large nombre de personnes.
      Si je garde la main sur le contenu du blog, pour le « reste » je laisse faire la vie qui s’est remarquablement acquittée de cette tâche cette année.
      Je te souhaite un florissant 2018 et t’embrasse.

  2. Michelle Didio

    1 janvier 2018 at 09:43

    Ce premier billet de l’année est fidèle à votre chemin de vie dans son exigence, cher Jean-Christophe et c’est tout à votre honneur, tant sont peu nombreux ceux qui ont votre profondeur. Je vous souhaite pleine réussite pour le projet que vous envisagez. Bien amicalement.

    • Effectivement, chère Michelle, cette exigence sans doute hors de saison dans le monde comme il va (je ne sais pas fonctionner autrement) me semble un minimum et je laisse bien volontiers tout le reste à d’autres.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite bon 2018, à commencer par cette journée.
      Bien amicalement.

  3. Cela ne me serait pas venu à l’idée si je n’avais pas lu ce billet :
    je souhaite que vous parveniez à faire de ce site autre chose qu’une fabrique de chroniques musicales, ou que vous vous en contentiez finalement.

    • Je vais tenter de faire au mieux, Cristophe, mais je ne suis guère porté de nature à me contenter de ce que je considère comme insatisfaisant. Nous verrons bien.
      Je vous remercie pour votre mot et vous adresse mes meilleurs vœux pour 2018.

  4. Cher Jean-Christophe,
    Cette phrase de Quignard est belle et fort juste, mais sous votre plume ressemble à un abandon de la lutte menée contre la médiocrité et la flagornerie, et je crois savoir que tel n’est pas le cas.
    Je ne puis qu’être d’accord avec vous, un élagage est parfois nécessaire dans nos relations, amicales et autres, et je suis tout comme vous plus amateur d’un arbre dénudé en bonne santé, que d’un bouquet de fleurs synthétiques empoussiérées.
    J’ai en effet pu constater que vos rubriques « autres musiques » s’étaient déplacées vers un territoire et un public plus accueillants et, bien que n’ayant jamais été irrité de les voir sur Wunderkammern, je pense qu’elles y seront mieux perçues et appréciées à leur juste valeur.
    J’ai bien aimé, durant cette année 2017, les quelques conseils de lecture que vous nous avez donnés. A mon sens, il devrait y avoir aussi des bons et beaux livres dans un cabinet de merveilles, et au vu de certaines réactions, je suis certain de ne pas être le seul de cet avis.
    Je continuerai à vous suivre fidèlement cette année, et je suis persuadé que les changements de forme et de direction seront au goût de tous vos fidèles lecteurs. Je fais entièrement confiance à votre bon goût et à votre savoir-faire en la matière.
    Que 2018 vous soit propice ici et dans votre « vraie vie » !

    • Cher Jean-Marc,
      Allons, ce n’est pas à un ami de la sagesse comme vous que je vais apprendre les vertus du lâcher-prise 😉 En fait, j’ai longtemps cru que je demeurerais incapable d’acquérir cette attitude vis à vis de mon travail de chroniqueur; cette année m’a démontré le contraire et je lui en suis reconnaissant. Lutter contre ce que vous nommez la médiocrité et la flagornerie ? À quoi bon puisque la majorité des gens, mieux que s’en contenter, s’en délectent ?
      J’ai beaucoup gagné en liberté en déplaçant les musiques « non classiques » vers Culturopoing et le déliement occasionné n’est pas pour rien dans le processus de mise à plat ayant dominé les dernières semaines de 2017. Décentrer le regard nous semble tellement évident que nous finissons presque par oublier à quel point ça peut se révéler salvateur.
      J’ai des pistes pour l’évolution du blog, certaines passant par les livres, fidèles compagnons que j’ai d’ailleurs tenu à mettre en lumière au travers de mon choix d’illustration. On verra comment les choses se mettent ou non en place dans les semaines et les mois à venir.
      Je vous remercie pour votre attention non feinte et pour votre fidélité; je tâcherai de continuer à m’en montrer digne.
      Que cette année 2018 vous soit pleinement favorable en tout domaine.
      Amitiés ligériennes.

  5. Jean-Noël BENOIT

    1 janvier 2018 at 11:04

    Bonjour,
    Je suis très touché que votre chronique de ce jour s’adosse au discours d’Etienne Cardiles dont, actualité oblige, j’avais perdu jusqu’au souvenir, alors que porté par le courage d’hommes qui se tiennent debout, il fait exemple. Merci pour cela. Le reste de votre chronique semble bien désabusé, aussi voudrais-je vous dire que des esprits attelés, hors des grands circuits, à leur recherche, qu’elle soit dans l’ordre artistique ou spirituel, il y en a peut-être plus que vous ne le croyez , je puis en témoigner. C’est parce que, quelle que soit l’incompréhension, ils gardent fidélité à cet effort vers ce qu’ils croient être vrai et s’en font une sorte de devoir discret – à la fois grave et joyeux – que leur aventure peut avoir pour notre monde des conséquences d’abord invisibles. C’est de l’ordre de la résonance et cela ne compte ni les jours ni les échecs. L’histoire de la poésie n’a jamais cessé de nous le montrer. Je pense aussi au geste silencieux d’un St-Jean Baptiste du Vinci: nul ne songerait en le voyant à applaudir. Très bonne année 2018. Jean-Noël Benoit.

    • Cher monsieur,
      Pour de multiples raisons, je ne pouvais oublier ce moment et ces paroles (plus que les images) qui m’ont profondément, intimement touché. Qu’elles aient pu faire sens pour d’autres que moi me rassérène.
      Je n’aurais pas employé l’adjectif « désabusé » pour définir ce texte (on n’est rarement bon juge de soi-même) qui me semble plutôt aller vers une sorte de détachement lucide et apaisé qui correspond pleinement, en tout cas, à mon état d’esprit actuel. J’ai conscience de l’existence de ces esprits que vous définissez comme « hors des grands circuits » et je pense appartenir à cette famille ou du moins m’y reconnais-je; ces notions de fidélité ou de gravité joyeuse me sont des terres familières, tout comme la résonance parle à l’amateur de luth que je suis.
      Je vous remercie pour vos encouragements et pour vos vœux; je vous adresse les miens les plus sincères pour cette nouvelle année.

  6. La ligne claire …
    Oui, Jean-Christophe, aller ce chemin qui tend à l’épurement et à l’essentiel …
    Je vous souhaite à l’instar du morceau que vous nous proposez de pouvoir alléger les pas …
    Comme une sensation de légèreté tout en gardant les pieds sur terre …
    J’aime à venir me poser ici ..
    Souvent anonymement, discrètement …
    En découverte chaque fois …
    Vous dire aussi que tant dans les articles en lien du « classique  » que ceux plus « populaires » m’ont souvent invitée en des contrées non connues … et que j’aime ces voyages de découverte …
    Je vous souhaite d’aller vos projets personnels, Jean-Christophe …
    Tout simplement …

    • Ce chemin est le mien depuis déjà quelques bonnes années, Kaïkan, et je compte fermement le poursuivre, ne redoutant pas quelques élagages supplémentaires. La sensation de légèreté que vous décrivez m’est de plus en plus familière.
      Je vous remercie pour vos visites silencieuses et suis heureux d’apprendre qu’elles vous permettent de découvrir de nouveau sentiers; je tenterai de faire en sorte pour que ce soit encore le cas en 2018, une année que je vous souhaite belle en tout point.
      Merci pour votre mot.

  7. Bonjour Jean-Christophe,
    Vous ne pouvez douter de l’utilité de votre blog que je lis fidèlement depuis des années, encore hier, j’écoutais le disque de Dollé (l’Anonyme Parisien) par Robin Pharo et je me disais que j’avais découvert ce disque grâce à vous comme beaucoup d’autres et je vous en suis infiniment reconnaissant.
    Je vous souhaite le meilleur pour 2018 en espérant vous lire encore longtemps.
    Bien amicalement

    Pascal

    • Bonjour Pascal,
      Oh que si, j’en doute, et je n’aurais pas pris la plume en ce sens si ce n’était pas le cas. Ceci dit, je sais également que les chroniques peuvent permettre à certains lecteurs curieux, dont vous êtes, de faire des découvertes. Il me reste à déterminer si c’est un argument suffisant pour poursuivre l’aventure.
      Je vous remercie en tout cas d’en faire partie depuis de longues années, ce dont je ne puis que vous être sincèrement reconnaissant.
      Que 2018 soit belle et bonne pour vous.
      Bien amicalement.

  8. Bonjour mon cher Jean-Christophe

    Sans toi je n’aurais jamais connu les merveilles que tu nous as proposés tout au long de l’année .
    Te retrouver chaque semaine est un vrai bonheur. Aller sur ton blog c’est comme se retrouver chez un ami que l’on a plaisir à voir .

    Alors hormis la santé et le bonheur que je te souhaite du fond du cœur, j’espère que ce blog verra l’arrivée de nouveaux lecteurs, parce que s’il venait à disparaître, je serais triste.
    Je devine la somme d’énergie que tu déploies , financièrement ce que cela à dû te coûter et du temps que tu y passes et voir qu’une petite poignée de lecteurs ne prennent pas le temps de te laisser ici ne serait-ce qu’un un simple merci , c’est désolant .

    Mais il y a les fidèles lecteurs qui attendent et apprécient . Tu as souvent de beaux et sincères commentaires !

    Je te dis merci et je fais le voeu de te retrouver pour de longues année ici .
    Merci aussi pour ce beau billet de l’année, je sais qu’il n’a pas été simple à rédiger, tu n’aimes pas te « livrer », sache qu’il m’a beaucoup touchée.
    Merci pour la magnifique nature morte et la musique!

    Je te souhaite une excellente journée de premier janvier
    Je t’embrasse bien fort cher Jean-Christophe.

    • Chère Tiffen,
      Tout est assez et inhabituellement personnel dans ce billet de vœux; la musique, suivant l’idée générale que je souhaitais développer, est venue la première, le tableau a émergé en cours d’écriture; le tout me semble former un tout cohérent avec, je l’espère, la sensation de temps suspendu que j’ai tenté d’y introduire.
      Faire vivre un blog comme celui-ci est tout sauf simple mais aujourd’hui,la question de sa pérennité va bien au-delà des réactions ou non des lecteurs; c’est bien mon rapport d’écrivant face à tout ceci qui est au centre de ce questionnement.
      Je te remercie, en tout cas, pour ton attention et ta fidélité toujours égales.
      Que cette année soit douce pour toi.
      Je t’embrasse bien fort.

  9. Tes lignes disent beaucoup. Elles sont aussi l’écho de nos discussions hors réseau. Elles soulignent la maturation indispensable qui fait avancer, et rappellent cette phrase lue il y a peu dans le nouveau roman de Gaëlle Josse qui paraît ce mois-ci : « Il faut du temps pour se déchiffrer à ses propres yeux ».
    Je t’embrasse, mon ami.

    • J’espère effectivement qu’elles disent deux ou trois choses, ami Cyrille, compte tenu du temps de maturation que je leur ai offert. Nombre d’éléments de ce billet tissent des liens entre eux que seuls auront perçus ceux qui auront pris le temps d’être attentifs.
      Je t’embrasse moi aussi.

  10. Do Montebello

    1 janvier 2018 at 12:19

    Je viens sur la pointe des pieds déposer un message de remerciements à votre attention, cher Jean-Christophe. Vos chroniques sont, sans doute, les seules que je lis avec une joie renouvelée sans cesse.
    Je les lis souvent tardivement au regard de leur parution mais elles sont une source intarissable de découvertes au point que, pour certaines d’entre-elles qui m’ont particulièrement émue, il m’arrive de les rechercher longtemps après leur parution comme on peut revenir devant un tableau et rester dans cette précaution du silence qu’aucun mot de peut troubler.
    Ecrire un commentaire pour un commentaire, comme je le vois parfois sur les réseaux m’indispose, car, pour ce qui me concerne, vos chroniques appellent au respect du silence. Il faut lire – relire, voir – revoir, écouter – réécouter et cela devrait prendre du temps, beaucoup de temps. Je ne déroge jamais à ce choix.
    Si je décide de vous écrire ce message aujourd’hui, c’est pour vous remercier de la liberté et de l’intelligence qui vont de concert avec lesquelles vous abordez la Musique dans son expression la plus ouverte. Cette liberté m’est chère tout autant que vous et ne se contourne pas.
    Et si certains, comme vous le rappelez par la voix de Montesquieu, fuient la sincérité dont « un homme simple fait profession parce qu’elle ne porte que des fruits sauvages », permettez-moi alors de vous souhaiter de continuer, ad vitam, d’arpenter les chemins du bon goût.

    Comme vous l’exprimez dans votre billet, avec la sérénité de ceux dont les tempêtes vécues leur confèrent, au gré des ans, un souffle serein, il est de sage aloi que perdure Wunderkammern, cabinet de curiosités où la beauté, guidance qui nous éloigne des turpitudes du monde, a réellement décidé d’élire son domicile.

    Recevez mes vœux chaleureux pour vous et ceux qui vous sont chers.

    Do Montebello

    • Vous êtes venue sur la pointe des pieds, chère Do, mais votre commentaire est d’une intense richesse non tant par son étendue que par ce qu’il révèle de compréhension réelle du message que j’ai tenté de délivrer.
      Nous partageons la même aversion pour les phrases « de remplissage » qui fleurissent sur les réseaux sociaux et sont une des nombreuses raisons qui me les font déserter de plus en plus, hors publications des liens vers les chroniques du blog.
      Je vous suis très reconnaissant d’avoir si bien entendu l’intégralité de ce que j’avais à dire ici, du renoncement à l’affirmation du libre-arbitre en passant par des constats sur l’humain, au miroir ou non de la critique musicale, laquelle est loin de tenir le premier rôle dans ce texte.
      Je tenterai de continuer à cultiver mes fruits sauvages et on verra bien; je me rends compte que je suis très tranquille sur ce point de l’avenir, sans doute parce que le silence ne me fait pas peur; comme l’art dont il est un des composés, au sens alchimique, il nous éloigne de l’agitation factice et de ce que vous nommez si bien des turpitudes.
      Je vous remercie pour vos mots et vous souhaite de tout cœur le meilleur pour 2018.

  11. Belle année nouvelle, cher Jean-Christophe. Faite de lumière et de fulgurances. Les découvertes que vous nous faites partager ne cessent de compter pour de beaux moments marquants, depuis tant de temps, que je ne souhaite surement pas qu’elles cessent. Si je ne commente pas souvent, je lis toujours. Et apprends, me délecte à chaque fois. Je lis votre texte du jour et y trouve détachement, sagesse mais aussi une pointe d’amertume. J’y souscris en ce sens où votre constat rejoint le mien – vous le savez. Mais j’aurais envie d’ajouter : « ne lâchez rien » Que 2018 vous soit propice et porteuse. Bien amicalement.

    • J’ai tant cheminé en votre compagnie à une période difficile de mon existence, cher Marc, que vous retrouver est toujours pour moi une joie véritable; vous savez mieux que beaucoup à quel point conduire autrui sur les chemins de l’art est un exercice difficile mais également combien le fait d’aider à passer, ne serait-ce que pour quelques instants, au-dessus des problèmes quotidiens par ce biais est un baume. Je ne suis pas étonné que nos constats se rejoignent (un autre ami, qui fut critique, m’a écrit la même chose) et je tenterai de suivre votre incitation à ne rien lâcher.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite un riche et porteur 2018.

      • Votre réponse me touche. Et je constate que j’avais oublié d’ajouter que le choix de Dead can dance m’a ému. A plus d’un titre. J’ai découvert ce disque à sa sortie. Plus de trente ans déjà ! Et me voilà à le réécouter en vous écrivant, cher Jean-Christophe. Il y a bien longtemps que je ne l’avais ressorti de ma discothèque médiévale !

        • Un de mes groupes préférés, cher Marc, et qui m’accompagne depuis longtemps. Ce titre s’est imposé de lui-même avant même d’écrire la moindre ligne et si devais renoncer, c’est encore avec une chanson de Dead Can Dance que je tirerais ma révérence.
          Encore grand merci à vous, pour tout.

  12. Emile Meunier

    1 janvier 2018 at 13:49

    Comme vous les mots d’Étienne Cardiles m’ont touché cette année où la folie des hommes semble toujours repousser ses limites….je vous souhaite ainsi qu’à vos proches une belle année pleine de découvertes amicales et musicales à partager. Avec mon amitié.

    • Je crois qu’une des choses qui m’a le plus touché dans cet événement, outre la force du sentiment d’Étienne Cardiles pour son compagnon, est la retenue dont il a fait preuve; délivré de toute volonté de faire dans le pathos facile, chaque mot tombait impeccablement juste.
      Je vous remercie pour votre mot, Émile, et vous adresse, ainsi qu’à votre famille, mes vœux les plus sincères pour 2018, en vous donnant rendez-vous sans doute autour de Buxtehude dans quelques semaines.
      Bien amicalement.

  13. Courage à vous!
    Votre blog est vraiment très, très, très bien. Et c’est toujours avec plaisir que j’ouvre les mails que je reçois de WunderKammern.
    Le meilleur à vous pour 2018.

    • Merci beaucoup, Alain, pour vos encouragements. Je vais m’employer à consacrer du temps pour améliorer encore ce blog que vous avez l’indulgence de trouver très bien.
      Je vous souhaite une belle année 2018.

  14. Valérie Stauner

    1 janvier 2018 at 14:53

    Merci, cher Jean-Christophe pour toutes ces chroniques et ces découvertes dans lesquelles, je pioche allègrement et sans complexe, pour sortir un peu mes élèves de leur médiocrité… C’est d’ailleurs curieux (et passionnant!) de voir que ce sont les plus « déshérités » sur le plan culturel qui en sont le plus friants! Je suis et resterai toujours l’une de vos fidèles (comment dit-on aujourd’hui « followers » ? « suiveuses »? « auditrices » ? « lectrices »?). Avec toute mon amitié…

    • Peut-être ceux de vos élèves issus de milieux culturellement plus favorisés ont-ils l’impression d’en connaître plus ou bien que leur accès à ce type de connaissance sera facile, chère Valérie ? Quoi qu’il soit, venant moi-même d’un milieu dans lequel la culture n’avait guère sa place, je comprends l’avidité de savoir des autres.
      Je pense que lecteurs ou lectrices convient parfaitement et je me réjouis que vous soyez de leur nombre (je suis d’ailleurs en train de lire un ouvrage qui vous intéresserait sans doute et dont je reparlerai probablement).
      Merci pour votre mot et à nouveau meilleurs vœux.
      Bien amicalement.

  15. Hubert d'assignies

    1 janvier 2018 at 15:28

    merci pour ces voeux ; j’en profite pour vous faire part de quelques réflexions personnelles à la lecture de votre blog; tout d’abord il est très agréable de retrouver régulièrement un auteur qui vous fait partager ses engouements et ses analyses et cette régularité a son importance car au fil des jours elle dessine une personnalité que l’on retrouve avec laquelle on entretien un lien au delà du silence si comme moi on ne réagit que rarement aux publications ; je me suis toujours demandé pourquoi vous restreignez vos articles à des commentaires de parutions discographiques aussi remarquables soient elles; vous avez certainement plus à dire et votre prose se suffit souvent à elle même…
    Amicalement

    H.

    • Votre commentaire, Hubert, trouve une résonance particulière avec ce billet de vœux, en particulier dans sa seconde partie qui pointe ce qui, à mes yeux, constitue des insuffisances. Je souhaite clairement et progressivement m’affranchir de la routine de la chronique musicale du dimanche pour proposer autre chose afin d’élargir les horizons. Ce sera un gros défi, mais il me semble que c’est un minimum pour continuer à susciter l’intérêt de ma part comme de celle des lecteurs.
      Je vous remercie pour votre intervention stimulante et vous adresse tous mes vœux pour cette nouvelle année.
      Bien amicalement.

  16. de Looz-Corswarem

    1 janvier 2018 at 15:38

    Cher Jean-Christophe, votre lettre ouverte me touche, et si je crois de plus en plus à la vertu du silence, c’est quand il est habité. Le mien est peuplé, vivant, ouvert, bienveillant, et s’il l’est devenu c’est beaucoup grâce à la musique et aux livres, vers lesquels vous êtes un passeur incomparable, depuis des années. Peut-être est-ce ici le lieu et le moment de vous dire merci. La qualité de vos chroniques, leur exigence font qu’immanquablement mes pas me conduisent dans vos sentiers, et que j’y danse, ou marche, ou m’y arrête, en bonne compagnie -de celles qui me rendent meilleure.
    Merci pour tout.

    • Chère Catherine,
      Le silence et moi sommes bons amis (j’ai même bâti une récente chronique autour de lui) et je ne le conçois également que comme habité; à mes yeux, le monde aujourd’hui vit dans un tel fracas permanent, dont les réseaux sociaux sont la chambre d’écho, qu’il est incapable de nouer le moindre dialogue avec l’autre et avec lui-même; le silence rend de nouveau accessible cette dimension essentielle.
      Visiteur muet ou non, chacun est le bienvenu sur ce blog qui n’a rien à vendre et se contente d’être une table ouverte et, je l’espère, accueillante; l’exigence y est effectivement de mise, même si j’ai bien conscience qu’elle est un peu décalée au regard des attentes de la prétendue modernité.
      Je tenterai de m’y tenir et je vous remercie pour vos encouragements.
      Que 2018 vous soit pleinement favorable.

  17. Gilles Tordjman

    1 janvier 2018 at 16:11

    Cher M. Pucek,

    Que 2018 soit à la hauteur de vos billets, voilà qui suffirait à mes yeux à en faire une année remarquable. Et je suis reconnaissant aux hasards de la sérendipité qui, en 2017, m’ont fait découvrir votre blog avec quelque chose comme ce sentiment confus de rentrer à la maison… Permettez-moi d’ajouter que je ne trouve rien de désabusé dans vos propos ; ils m’évoquent quant à moi l’ancienne et si démodée sagesse de Blatasar Gracian : « les gens d’éminent mérite dépendent des temps. Il ne leur est pas venu à tous celui qu’ils méritaient ; et, de ceux qui l’ont eu, plusieurs n’ont pas eu le bonheur d’en profiter. »

    Je vous souhaite une année pleine de pointes d’esprit et de retranchement généreux.

    • Cher M. Tordjman,
      Les sauts de lien en lien sur la toile conduisent parfois à de très belles découvertes et je leur suis évidemment reconnaissant de vous avoir conduit jusqu’à mon blog; je pense d’ailleurs que l’on ne peut guère me faire de plus beau compliment que me dire que l’on s’y sent chez soi.
      Je comprends tout à fait que ce billet puisse paraître désabusé; à mes yeux, il se situe dans la droite ligne du hiatus défini par Gracian entre ce que l’on peut avoir à offrir et le moment du temps où on le fait: c’est d’ailleurs pour cette raison que j’envisage de bonne grâce de me taire si cette impossibilité venait à se confirmer.
      Puisse 2018 être pour vous à la hauteur de ce que vous me souhaitez.
      Merci pour votre commentaire.

  18. Bonjour Jean-Christophe. J’ai l’impression que l’année 2017 nous a prévenus petit à petit, au fil des mois, que 2018 serait différente.
    Comme toi j’ai été secouée, ébranlée, déçue par certaines « amitiés » qui n’étaient que connaissances provisoires. Ces personnes ne m’ont pas comprise et j’ai dû aussi faire un peu de « ménage ». C’est tristement bien entendu mais cela nous permet d’y voir plus clair et de repartir sur d’autres chemins, vers d’autres aventures.
    Je n’écris pas chaque fois un commentaire, par timidité peut être ? mais je viens écouter, re-écouter les extraits toujours judicieusement choisis. Je clique sur les liens, dans ton couloir … Je fais des découvertes musicales que j’écoute maintenant très souvent. Et surtout j’aime ton écriture, cette manière si agréable de m’apprendre l’histoire des musiciens et de leur musique. Merci beaucoup Jean-Christophe. Suivons notre propre chemin, celui qui nous rend heureux.
    La tempête aujourd’hui balaie le négatif de l’année précédente, l’année 2018 sera belle.
    Bonne année
    Je t’embrasse bien amicalement
    Annick

    • Bonsoir Annick,
      Un petit nettoyage s’impose parfois, et pas qu’au printemps, pour se libérer de ce qui nous empêche de bien pousser; je souris en lisant que nous avons procédé l’année passée au même toilettage.
      Tu sais, je n’attends pas de mes lecteurs qu’ils laissent des commentaires à chaque reprise; à mes yeux, chacun doit se sentir absolument libre d’aller, de venir, de passer ou de s’arrêter.
      Je compte bien poursuivre le chemin qui me rend heureux et permet de beaux échanges; je serai heureux de t’y croiser à nouveau.
      Que 2018 te soit pleinement agréable.
      Je t’embrasse et t’adresse mes amitiés.

  19. Une ligne claire, un homme simple mais un billet qui laisse un goût de cendres … en attendant la renaissance du phoenix au luth. La lutte aussi parce que chaque chronique mène à une découverte, ce qui est un argument à poursuivre si tu en as envie.
    le paradoxe d’une nature morte qui s’éclaire à la bougie évoque des souhaits de l’an passé – ce bonne année, bonne santé – qui soulignent la vanité des vœux tels que pratiqués dans nos sociétés. L’année n’est rien, les jours se suivent, les nuits aussi et ce sera sans nous inéluctablement. J’attends le plus tard possible … quoi que tu décides, merci d’être présent.

    • Il y a beaucoup à lire dans ce magnifique tableau qui est comme une sorte de cliché intérieur; le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ? la chandelle finira-t-elle par s’éteindre ou sera-t-elle mouchée avant et remplacée par une neuve ? Il reste tant de livres à lire et finalement si peu de temps pour le faire puisque, comme tu le rappelles, tout s’écoule et pas que les larmes cireuses des candélabres — « mêm’ les plus chouett’ souv’nirs, ça t’a un’ de ces gueules. »
      Nous verrons où les vents de 2018 porteront cet esquif menacé; je suis certain que ton regard avisé pourra souvent aider à garder le bon cap.
      Merci pour ton commentaire, bien chère Marie, et tous mes vœux pour cette nouvelle année.

  20. Véronique et Bernard Valade

    1 janvier 2018 at 18:16

    Merci cher Jean Christophe, de nous élargir si généreusement, nos horizons. Et de le faire avec élégance et érudition. Vous demeurez notre « invité » du dimanche ! Que 2018 vous permette (entre autres) de continuer cette magnifique prestation.
    Bien à vous,
    B&V.

    • C’est moi qui vous remercie, chers Véronique et Bernard, de l’attention que vous accordez à mes chroniques. Je ferai mon possible pour continuer à la mériter tout au long de l’année qui vient et que je souhaite à tous deux sereine et heureuse.
      Bien à vous.

  21. Mireille Newman Jammes

    1 janvier 2018 at 19:46

    Cher Jean-Christophe,
    Tous mes meilleurs voeux pour que cette nouvelle année vous soit heureuse et sereine.
    Je ne sais pas assez bien exprimer pour vous exprimer mes sentiments sur ce que vous avez écrit, mais vos amis l’ont fait bien mieux que je n’aurais pu le faire moi-même, surtout CATHERINE D.
    Je vous suis assez régulièrement car votre blog est un havre de beauté et de plaisir ce qui devient trop rare.
    Mes amitiés,
    MIreille N.J.

    • Chère Mireille,
      L’année a commencé dans une sérénité, synonyme de bonheur, malgré les fortes intempéries qui régnaient au dehors; je veux y voir un signe pour les jours et les mois qui suivront.
      Je vous remercie pour vos visites régulières sur le blog qui, je l’espère, continuera à vous apporter ce que vous pouvez en attendre.
      Que 2018 soit belle et bonne pour vous.
      Bien amicalement.

  22. Olivier Stroppiana

    1 janvier 2018 at 20:40

    Merci d’être vous même.
    Excellente année musicale à vous Jean-Christophe

  23. Cher Jean-Christophe
    Que 2018 vous soit douce et vous garde. Qu’elle vous apporte joie, sérénité, paix, liberté, énergie, bonheurs.
    Et je me réjouis de venir chiner longtemps dans la caverne aux merveilles pour y suivre vos invitations vagabondes, de musiques d’où qu’elles viennent … de livres et de peinture aussi. C’est mon dimanche. J’y tiens beaucoup. Il me nourrit et contribue à me tenir.
    J’espère pouvoir encore vous suivre, à saut et à gambades, dans cette liberté que nous proposent vos choix. Merci du temps et du soin que vous y apportez, de votre délicatesse aussi. Que les esprits chagrins qui classent les musiques comme les timbres poste et ont perdu la faculté de s’émerveiller aillent voir ailleurs non ?
    J’entends bien le soulagement que vous a procuré l’élagage ( » … que salubre est le vent »), mais bientôt le printemps, de nouvelles fleurs, puis de nouveaux fruits, dans toute leur variété savoureuse. Et des lecteurs, pas forcément où vous les attendriez car on ne sait jamais par avance ce qui fait fleurir le désert.
    Bien à vous.
    Sophie

    • Chère Sophie,
      Quel beau message vous me délivrez ici. Je vous laisse imaginer mon émotion et aussi mon sourire en lisant votre phrase sur ceux qui classent les musiques comme des timbres-poste, moi qui ai souvent dit que je me méfiais comme de la peste de ceux qui faisaient de l’histoire des arts avec un double-décimètre.
      On ne sait jamais pour qui on écrit, mais sans se construire une idée, même imprécise, de ce lecteur potentiel, on n’écrit pas, si forte soit l’impulsion par ailleurs, sauf à n’avoir pour but que se tendre à soi-même un miroir généralement complaisant; écrire est un partage, une offrande, et ceci nous oblige à être certain de la valeur de ce que l’on donne; bien plus que celle de la réception, la question qui se pose à moi aujourd’hui est de cet ordre-ci : suis-je vraiment en train de donner le meilleur de moi-même.
      Le processus de dépouillement que j’ai évoqué et que j’aurais pu craindre douloureux a en fait été un allègement et je sais que les feuilles chues forment une bonne protection avant de devenir un terreau fertile; ce sont des vecteurs de vie, tout comme la surprise peut en être un d’émerveillement.
      Je vous remercie de grand cœur d’avoir posé un regard aussi bienveillant sur ce billet.
      Que 2018 vous comble.
      Bien à vous,
      Jean-Christophe

  24. Merci pour ce bel espace et mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

  25. Quant à moi, j’espère pouvoir continuer à vous lire…
    Bonne année 2018 !

  26. Bonsoir Jean-Christophe ! Rude année 2017, je connais ce sentiment et comprends parfaitement votre déception et amertume vu la grande implication dont vous faites preuve pour écrire et présenter ces belles chroniques. Malheureusement, il est plus facile de critiquer et de dénoncer que de construire un projet qui demande beaucoup de temps et d’énergie. Soyez assuré de mon soutien et vif intérêt pour votre aventure musicale hors des sentiers battus bien que n’étant pas toujours présente cette année faute de disponibilité. Merci pour cette superbe citation de Pascal Quignard qui est bien à l’image de ce que vous ressentez et de ce que j’ai pu ressentir aussi dans d’autres circonstances. Ecoutez votre voix intérieure, celle qui vient du coeur; de nouveaux chemins de musique se tisseront tout naturellement. Bonne et heureuse année musicale 2018!

    • Bonsoir Ossiane,
      une année peu simple effectivement que 2017 mais tellement instructive sur les autres et sur soi-même, sur la nécessité qu’il y a à se recentrer sur l’essentiel pour trouver sa voie/voix. J’y vois nettement plus clair aujourd’hui, comme j’imagine que c’est également votre cas après être passée par le même processus.
      Je vous remercie pour votre mot sensible et pour votre attention; vous savez à quel point votre univers me plaît et je ne m’en passerai pas plus cette année que la précédente.
      Je vous souhaite plein épanouissement pour 2018.

  27. Simone GIULIANI

    2 janvier 2018 at 19:21

    Cher Jean-Christophe,
    Une citation, si juste, mais que je ne connaissais pas, de mon cher Pascal Quignard, un tableau de Claesz où, malgré mon âge et la maladie qui s’incruste et s’épanouit, je vois la bougie qui brûle et non ce qu’il lui reste à brûler, le verre à moitié plein et plutôt qu’à moitié vide, et vos inquiétudes, comme un chemin nouveau que vous nous convierez peut-être à parcourir un peu avec vous. Et puis « Dead can dance », cette musique si « imprégnante » et belle. Merci de nous avoir rappelé ici cet homme si digne dans la souffrance de la perte de son compagnon, Etienne Cardiles, dont l’amour pour Xavier Jugelé au sourire si doux était si fort que pour rien au monde il n’aurait voulu le salir par le moindre mot de haine contre son bourreau, renvoyant à celui-ci, comme un boomerang, l’horreur indicible de son crime. Cette personne ne réalisera d’ailleurs jamais la hauteur de ce chemin-là mais que nous importe, elle n’a pas d’existence pour nous. Nous choisissons de la

    Quelles belles étrennes vous nous offrez là, celles de soulever un peu le voile sur vous-même, si pudique. J’imagine que cela ne vous a pas été facile. Mais quelle idée, bien sûr que votre blog est utile ! Combien d’entre nous en ont profité pour s’instruire et s’aventurer sur des sentiers inconnus, qu’ils les jugent périlleux ou non, magnifiques ou non, détestables ou non, mais s’aventurer ! Ils n’ont pas laissé de commentaires ou leurs commentaires sont stupides, rageants, idiots, plats ? Peu importe, tout le monde n’a pas votre plume et s’ils vous suivent, c’est qu’ils en ont envie !

    Vous qui êtes dans mon coeur, chronique ou pas chronique, blog ou pas blog, vous y resterez, même si vous écrivez plus rarement ou plus du tout. Tout de même, je préfèrerais que vous écriviez… Alors merci pour toutes les chroniques passées et à venir ou non, merci pour vous. Et tous mes voeux d’accomplissement, de sérénité et de bonheur amoureux pour l’Année qui s’annonce.

    • Chère Simone,
      Vous connaissez mon attachement pour Pascal Quignard, dont les écrits se sont installés dans ma vie avec Le salon du Wurtemberg et n’en sont plus sorties depuis, malgré les quelques fluctuations que peut connaître un auteur. Ma première lecture des Désarçonnés m’avait laissé un peu perplexe; lorsque j’ai repris l’ouvrage cette année, mon impression a été toute autre et la phrase en exergue de mon texte s’est imposée à moi comme une maxime de vie. Elle irrigue d’ailleurs très profondément tout ce billet un peu particulier par son caractère plus intime que de coutume; il ne s’agit pas, vous l’avez compris, de s’exhiber (je laisse ça aux réseaux sociaux); c’est, au contraire, un exercice d’honnêteté au prix de l’effort qu’il faut consentir sur soi-même pour sortir de sa réserve, et vous vous doutez qu’il n’est pas mince.
      Je ne reviens pas sur ce que vous avez écrit à propos d’Étienne et de Xavier; quand les mots sont à ce point justes, il ne faut pas courir le risque de les abîmer en tentant de faire son malin et en ajoutant un grain de sel qui n’est fort souvent que de sable.
      Pour être tout à fait limpide avec vous, tous les témoignages reçus depuis la publication de ce billet n’ont pas entamé mes doutes sur la validité de ma démarche; il me semble que les choses se jouent vraiment à un niveau qui interroge mon rapport à l’écriture et je sais que la réponse, s’il y en a une, ne pourra venir que de là. Il me faut encore travailler pour faire entrer plus franchement qu’aujourd’hui le monde dans mes mots, ses couleurs, ses rumeurs, ses saveurs. Je vais m’y essayer.
      Je tiens à vous remercier très chaleureusement pour votre long commentaire, pour l’avoir écrit préférentiellement ici, pour la belle amitié dont il est un reflet précieux qui m’a, sachez-le, infiniment touché.
      J’espère de tout cœur que cette année sera clémente pour vous et vous préservera.
      Vous savez pouvoir compter sur ma fidèle attention.

  28. Cher Jean-Christophe,
    Les mots de Pascal Quignard – un de mes auteurs favoris, je crois que vous le savez – ouvrent votre billet qui ne m’a pas surpris, et confirment vos propos. A la lecture et à l’écoute, je sens un homme désenchanté et désabusé par les fausses étincelles de ce monde et par ceux qui en sont -ou se croient- les héros. Mais je ressens aussi, dans vos propos, une envie d’ailleurs et cette envie me fait infiniment plaisir. J’ai eu besoin, comme vous, de faire le tri dans mes relations, et de privilégier ce qui est en accord avec moi. Je comprends ce que vous évoquez au sujet de l’hypocrisie des réseaux sociaux, j’ai moi même supprimé la page « détours d’art » pour cette raison. Aller plus vite et liker une image qu’on ne regarde pas, non, sauf pour quelques personnes -les mêmes vrais amis, dont vous faites partie-, non…en revanche, je ne suis pas tout à fait d’accord avec votre analyse un peu désabusée du contenu de votre blog. Je comprends l’énergie et le travail déployés pour ces chroniques, le coût financier…mais il y a encore des personnes qui flânant, lisent, écoutent et considèrent Wunderkammern comme un compagnon précieux…Rodolphe II avait conçu son cabinet des merveilles pour exalter la beauté des oeuvres d’art et les différentes formes artistiques. Vous êtes, cher Jean-Christophe, un passeur de beauté vous aussi. Si cette « chambre des merveilles » ne vous convient plus telle qu’elle est aujourd’hui , ouvrez la fenêtre sur d’autres formes artistiques, comme la littérature et la peinture. J’ai beaucoup apprécié vos incursions littéraires et aussi certaines routes menant à des découvertes artistiques. Vous êtes un historien de l’art, alors faites nous part de vos découvertes sur la peinture nordique par exemple et certaines voies peu connues (j’ai découvert grâce à vous la beauté de la musique de la Réforme )…surtout, comme Alde Manuce, « festina lente », et soyez fiers de ce que vous êtes ! Le reste de mes propos sera communiqué dans la journée en message privé…merci, cher Jean-Christophe, et que cette année vous offre l’occasion de poursuivre votre mue, d’atteindre votre plénitude et de devenir vous-même, tout simplement. Ne cédez pas au découragement et ne prêtez pas attention aux critiques malveillantes. Ne lâchez pas cette beauté dont tu vous êtes le passeur, peu importe la forme que vous donnerez à vos communications…je serai là, avec d’autres…

    • Chère Bénédicte,
      Festina lente… une bien jolie devise qui était également celle d’un compositeur que j’apprécie beaucoup, George Onslow, et que je reconnais largement pour mienne; dans ce monde qui a fait d’une rapidité souvent démente et qui ne s’autorise à s’arrêter sur rien une de ses plus détestables marques de fabrique, il est plus que jamais urgent de prendre son temps.
      Beaucoup de lecteurs m’ont, tout comme vous, parlé de désenchantement; je pense qu’il s’agit plutôt de lucidité, avec ce que cette notion peut parfois avoir de salutaire inconfort, celui qui empêche de ronfloter avachi dans des édredons douillets. Sans doute est-ce, au fond, ce même réflexe de clairvoyance (Nolite mittere margaritas…) qui vous a fait abandonner vos Détours d’arts, ce que je déplore évidemment, car votre bon plaisir faisait très souvent le mien. Les réseaux sociaux, s’ils sont utiles pour se tenir au courant d’une certaine actualité, sont surtout de formidables pompes à vide qui ne suscitent bien souvent que mon dégoût (je vous laisse imaginer mon mouvement de recul lorsque je m’y connecte après quelques jours d’absence).
      Je retiens particulièrement ce que vous me dites au sujet de l’ouverture vers d’autres formes artistiques; cette envie est bel et bien là, et une des choses dont je me fais le plus durement reproche est d’avoir, l’an passé, laissé filer des sujets sur lesquels je souhaitais m’exprimer – le meilleur exemple est l’exposition Pissarro à Marmottan, qui m’avait tellement ému – pour coller à l’actualité discographique, attitude frustrante, stérile, une erreur fondamentale et puérile de perspective. Je tends également vers des choses un peu plus écrites (paradoxalement, c’est pour l’heure dans mes chroniques pour Culturopoing que ça se sent le plus nettement), ce qui, là encore, demande du temps. Je sais d’ores et déjà que je laisserai des plumes dans cette mutation, mais peut-être le jeu en vaut-il la chandelle.
      Je termine cet échange qui se poursuivra ailleurs sous une autre forme en vous remerciant de tout cœur pour vos encouragements qui me stimulent d’autant plus qu’ils s’appuient sur un rappel de mon ancrage dans l’histoire de l’art; pour bien des raisons, j’ai naturellement tendance à le laisser de côté, alors qu’il s’agit probablement d’un des gestes essentiels qui me font m’exprimer.
      Mes meilleures pensées vous accompagnent et je vous retrouve très bientôt.

  29. Claude Amstutz

    3 janvier 2018 at 10:30

    Cher Jean-Christophe, tous mes voeux vous accompagnent pour que ce bel arbre de vie – en musique, peinture et littérature – connaisse une autre floraison pleine de saveurs et de couleurs renouvelées. Je comprends vos interrogations sur les réseaux sociaux qui – du moins au stade de la découverte – écoute vos propositions sur ordinateur, donc parfois en bruit de fond. Mais pour ceux qui (j’en suis du nombre) qui franchissent le seuil pour accéder au CD, vos chroniques rehaussent la perception de la beauté dans un monde qui en a bien besoin, même si cette réflexion, sous des formes variées, vaut de toutes les époques. Et parmi la multitude de blogs existants, cela prend longtemps à nouer des publications autour de vrais passionnés, un peu comme une fratrie heureuse. Quant aux amitiés simples et vraies, de tous temps elles furent restreintes chez moi, mais irremplaçables, et Facebook n’y a rien changé… Quels que soient vos projets futurs, un grand merci pour tout ce que vous me faites découvrir depuis plusieurs années (je ne suis pas universitaire!) et qui me réjouit sans cesse. Une belle année, pour vous surtout, votre harmonie intérieure, tels sont mes voeux sincères pour cet an nouveau!

    • Cher Claude,
      Je suis tenté de vous dire que concernant les réseaux sociaux, mon opinion est faite depuis un moment et qu’elle n’est pas fameuse; vous savez quelle est ma défiance vis à vis de ces outils intrusifs et superficiels qui, selon moi, sont de moins en moins pertinents pour véhiculer du contenu culturel.
      Je retiens et j’apprécie beaucoup votre image de la fratrie heureuse s’agissant des lecteurs qui peuvent se réunir autour d’un blog; j’ai depuis longtemps noté que je prenais infiniment plus de temps et d’attention pour répondre aux commentaires qu’on me laisse ici : le rapport, y compris à la durée, y est si différent.
      J’ignore ce que donnera l’évolution souterraine entamée par Wunderkammern; ce qui est certain, c’est que j’espère que vers l’automne, les choses auront suffisamment évolué pour ressembler à l’idée que je m’en fais.
      Je vous adresse tous mes vœux les plus sincères pour 2018 et vous remercie de tout cœur pour votre fidélité et vos encouragements qui ne m’ont jamais fait défaut.

  30. Bonjour Jean Christophe. Votre texte me donne l’occasion de souligner combien vos chroniques m’inspirent admiration et respect. Je ne lis pas tout, loin de là, mais souvent les sujets que vous abordez entrent en résonance avec des préoccupations latentes et mes goûts musicaux. C’est ainsi, pour ne donner qu’un seul exemple, que vos articles sur le groupe La Rêveuse (Buxtehude, Telemann, Marin Marais) ont déclenché chez moi une véritable passion pour ces musiques, que très modestement, je travaille avec mes amis.. J’attends avec impatience vos nouvelles chroniques et vous adresse tous mes voeux pour une heureuse année 2018.

    • Bonsoir Pierre,
      Je tente de faire de mon mieux pour parler avec honnêteté des projets qui ont su me « parler » afin qu’ils puissent ensuite éventuellement toucher d’autres auditeurs; c’est une vaste entreprise dont m’apparaissent aujourd’hui surtout les insuffisances. Je suis néanmoins heureux de lire que mes chroniques ont pu vous faire découvrir des musiciens, des ensembles, ou des répertoires que vous vous efforcez aujourd’hui de servir avec vos amis.
      Puisse 2018 être plein de beaux moments de partage pour vous.
      Merci pour votre mot et vos vœux.

  31. jean pierre j

    5 janvier 2018 at 10:59

    Bonne année à vous, Jean Christophe. Même si je ne me manifeste pas toujours, je vous suis toujours chaque Dimanche avec beaucoup d’attention. Vous êtes un point fixe d’amarrage et un témoin attendu et bien visible dans des situations de plus en plus complexes. Pour moi qui ai dépassé maintenant les huit dizaines d’années, vous faites partie des jeunes que j’aime fréquenter pour observer l’évolution encourageante de notre société. Comme cet ancien élève retrouvé par hasard cette semaine, alors qu’il me fournit depuis longtemps des détails sur le passé de la région des ancêtres de ma famille. .

    « Laisse au temps le temps de jouer, c’est le maître et le souverain » chantait Jacques Douai au moment de mon adolescence. C’est le temps qui nous permet d’apprécier en 2017 les paroles publiques d’Etienne Cardiles pour son compagnon Xavier Jugelé. C’est aussi le temps qui me permet de découvrir grâce à vous Dead can Dance : tous ces liens qui continuent à se nouer tous les jours qui me restent.

    Wunderkamernn, ou Culturopoing, merci Jean Christophe.

    • L’idée de « laisser au temps le temps de jouer » me convient parfaitement, Jean-Pierre; c’est tellement plus utile que s’épuiser à lutter contre lui quand nous savons tous qu’il aura le dernier mot.
      Ce que vous dites du point d’amarrage me parle particulièrement, car si je tente de demeurer ouvert sur nombre de choses, cette mobilité d’esprit et d’émotion me semblant une excellente garantie contre la sclérose, j’ai besoin, moi aussi, de ces repères immuables pour ne pas perdre le fil dans un monde dont les convulsions me laissent de plus en plus perplexe; Bach père en est un, Quignard et Yourcenar endossent également ce rôle; ce sont à la fois des phares et des havres.
      Je vous remercie très sincèrement pour votre mot et l’attention que vous portez à mes chroniques, et je forme les vœux les plus sincères pour votre 2018.

  32. Cher Jean-Christophe,

    nous attendions tous, sans doute, cette chronique qui termine l’année et inaugure la suivante. J’y perçois une certaine souffrance derrière les allusions et l’image de l’arbre dont le vent arrache les feuilles. S’il fallait s’arrêter d’agir quand il y a des critiques, fussent-elles de mauvaise foi ou de pure méchanceté…
    Comme tout a été dit et très bien dans les précédentes interventions, je n’essayerai pas d’être originale pour dire à mon tour que j’apprécie tout ce que je vois, je lis et j’écoute dans ce cabinet.
    J’attends avec gourmandise ce que vous concoctez en grand secret !
    Bonne et heureuse année 2018 à vous et aux amis de ce blog !

    • Chère Michèle,
      Je n’aurais jamais la prétention de penser que l’on puisse attendre mes chroniques, quelles qu’elles soient, mais le premier janvier est effectivement un moment privilégié pour m’adresser aux lecteurs sur un mode plus personnel.
      Je tiens à vous rassurer sur deux points : il n’y aucune souffrance derrière ce texte dans la mesure où il décrit une situation qui a largement eu le temps de décanter – un réflexe de plus en plus efficace chez moi et qui me préserve de bien des meurtrissures – et les critiques ne m’empêchent nullement d’agir; je laisse celles au front bas pour ce qu’elles sont, qui n’est pas grand chose, tandis que je tente de faire mon miel des constructives; je suis presque reconnaissant à l’ex-lecteur dont je parle ici d’avoir aiguillonné ma réflexion puisque son étroitesse d’esprit m’a conduit à avancer en ciblant plus justement mon propos — horses for courses, comme disent nos bons cousins d’Angleterre.
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre mot et votre fidélité, et j’espère que les évolutions que je proposerai sauront susciter votre intérêt.
      Tous mes vœux de plein épanouissement vous accompagnent pour cette nouvelle année.
      Bien amicalement.

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