Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Retour d’oriflamme. Néogothique ! à la BNU de Strasbourg

Léo Schnug (Strasbourg, 1878 – Brumath, 1933),
Saengerbundesfest Strassburg, 1905
Lithographie, Strasbourg, Bibliothèque nationale et universitaire

 

Pour commencer votre visite de l’exposition Néogothique ! je vous suggère une petite promenade. Elle pourrait, par exemple, vous conduire, depuis la Grande Île, jusqu’au pont Saint-Guillaume par le chemin de votre choix ; vous y feriez halte pour admirer les flèches de l’imposante église Saint-Paul, construite par l’Alsacien Louis Muller entre 1892 et 1897, se détachant sur l’azur ; peut-être auriez-vous une pensée pour les tableaux de Schinkel avant de reprendre votre marche en longeant l’Ill en direction de la Ville Nouvelle, quai des Pêcheurs puis du Maire Dietrich ; vous obliqueriez vers la gauche, pont d’Auvergne, frôlant le parvis du sanctuaire que vous contempliez à distance tout à l’heure, puis remonteriez la large avenue de la Liberté en passant à côté du monumental Hôtel des Postes édifié par l’Allemand Ernst Hacke entre 1897 et 1899. Avec à l’esprit ces deux monuments représentatifs du courant néogothique, vous pénétreriez enfin dans le bâtiment, lui néo-renaissant, de la Bibliothèque nationale et universitaire qui accueille ce passionnant et ambitieux – fidèle en cela à la coutume de cette belle institution – accrochage, intégré au projet Laboratoire d’Europe, Strasbourg 1880-1930.

Même si elle y occupe une place privilégiée et très visible aujourd’hui encore, il serait erroné de croire que la vague néogothique ne s’est manifestée qu’à Strasbourg ; la plus brillante démonstration de sa présence partout en Alsace est administrée par un des monuments les plus emblématiques et les plus visités de la région, le château du Haut-Koenigsbourg dont les dépliants touristiques, aujourd’hui comme hier (l’affiche réalisée vers 1920 par Pierre Commarmond pour les Chemins de fer d’Alsace et de Lorraine l’illustre parfaitement), survendent la « médiévalité » en escamotant qu’elle ne subsiste qu’à l’état de traces dans une bâtisse presque entièrement reconstruite, certes avec un indéniable souci archéologique, par Bodo Ebhardt entre 1899 et 1908 pour l’empereur Guillaume II. Plus qu’une forteresse, cet édifice s’affirme, comme la majorité de ceux réalisés entre le dernier quart du XIXe siècle et le premier du XXe, comme un puissant symbole, celui du pouvoir allemand mais également celui de la restauration d’une continuité historique dans laquelle le rattachement à la France n’aurait constitué qu’une parenthèse ; on imagine sans mal les réactions de rejet épidermiques qu’une telle attitude, déclinée non seulement dans l’architecture officielle mais également dans d’autres formes plus modestes, put provoquer, ce dont témoigne entre autres la production de l’illustrateur colmarien Hansi, dont les planches virulentes moquent l’inauguration perturbée par des trombes d’eau du Haut-Koenigsbourg (Die Hohkönigsburg im Wasgenwald und ihre Einweihung, 1908) et insistent encore, au milieu des années 1920, sur l’indissoluble lien unissant la France et l’Alsace en recourant à la légende de saint Florentin d’Alsace guérissant le petit roi aux fleurs de lys.

Hormis son utilisation à des fins politiques, le néogothique est surtout l’expression d’un véritable et durable regain d’intérêt pour le Moyen Âge considéré, à une époque où le temps paraissait s’accélérer et les repères de la société être bousculés, entre autres par les conflits, comme une période durant laquelle la vie était plus simple, plus exaltante, plus pure ; ce qui est absolument fascinant, et la progression parfaitement maîtrisée de cette riche exposition le démontre avec force, est de constater que de ce vigoureux pied-mère a essaimé une multitude de drageons, lesquels sont ensuite allés s’enraciner et croître dans toutes les couches de la société. Les cinquante années ici documentées ont vu les savants multiplier les travaux d’érudition et publier nombre de sommes dont certaines font toujours autorité, comme l’Histoire littéraire de l’Alsace à la fin du quinzième et au début du seizième siècle de Charles Schmidt (1879), les riches collectionneurs accumuler des trésors et les mettre en scène dans des espaces spécialement aménagés dans ce but, tels Edmond Fleischhauer à Colmar, dont les acquisitions rejoignirent ensuite le musée Unterlinden, Georges Spetz en son castel d’Issenheim ou Robert Forrer, un archéologue et antiquaire helvète qui fit réaliser une pièce voûtée d’ogives dans sa demeure pour lui servir de cabinet de travail mais aussi de lieu d’exhibition pour ses trouvailles ; le bel ex-libris inventé par Léo Schnug (1878-1933) pour ce Suisse installé à Strasbourg dès 1887, le représentant en moine copiste concentré sur sa table de travail en plein cœur d’un hiver glacial, parle de lui-même. Mais l’onde médiévale ne se cantonna pas aux milieux cultivés et favorisés ; le vitrail et l’orfèvrerie la propagèrent dans les lieux de culte ou de commerce, la fresque à la célèbre maison Kammerzell, les affiches dans l’espace public et la céramique dans les foyers, où elle fut également présente au travers de l’illustration d’ouvrages à caractère historique ou folklorique (et parfois les deux, la ligne de démarcation pouvant devenir floue lorsque l’idéologie s’en mêle), ainsi le Strasbourg historique et pittoresque d’Adolphe Seyboth (1894) rehaussé de dessins aquarellés d’Émile Schweitzer (1837-1903), ou les Légendes d’Alsace de Georges Spetz (1905) contenant des œuvres de Léo Schnug, Joseph Sattler (1867-1931) ou Charles Spindler (1865-1938), mais aussi, plus modestement, grâce aux calendriers ou aux images à collectionner glissées dans les tablettes de chocolat.

Loin de n’être qu’une marotte d’intellectuels et de privilégiés, l’inspiration néogothique – on pourrait même parfois aller jusqu’à parler de mode de vie, puisque la « médiévalite » gagna jusqu’aux randonnées du Club vosgien et aux chansons – s’imposa donc partout. Elle se révéla un terreau particulièrement fertile pour les artistes qui, loin de se limiter à reproduire les formes du passé, quand bien même ils utilisèrent des techniques aussi anciennes que l’enluminure ou la gravure sur bois, en retinrent certains éléments, notamment ornementaux, qu’ils intégrèrent à un style incontestablement contemporain, en particulier en ce qui concerne le traitement des figures. On peut donc parler ici, sur la base, bien souvent, d’un travail de documentation étayé par la connaissance de publications savantes voire d’échanges directs avec érudits et collectionneurs, d’un véritable processus de réinvention du Moyen Âge avec pour résultat des œuvres hybrides qui enchâssent des fragments de vraisemblance dans des représentations plus ou moins complètement fantasmées. Si l’on regarde, par exemple, une des illustrations réalisées en 1874 par Edward von Steinle (1810-1886), également auteur du Couronnement de la Vierge dans la cathédrale de Strasbourg, pour la Chronika eines fahrendes Schülers de Clemens Brentano, dont la version finale date de 1818 et l’action se déroule dans la seconde moitié du XIVe siècle, il est évident que si le rendu de la végétation se souvient tant de la peinture sur parchemin que de chevalet tardo-médiévale jusqu’aux aquarelles de Dürer incluses, le ressenti global relève indiscutablement d’une esthétique nazaréenne on ne peut plus XIXe. De même, si elle reprend des codes picturaux évoquant l’imaginaire des Minnesänger (la harpe pour les chansons d’amour, l’épée pour celles de geste), l’affiche réalisée par l’omniprésent Léo Schnug pour un concours organisé en 1905 au Palais des Fêtes de Strasbourg réserve-t-elle aux feuilles de chêne un traitement assez résolument art nouveau.

Le choix abondant, diversifié et pertinent, d’œuvres proposé dans chaque section de Néogothique ! permet de poursuivre cette traque aux similitudes et aux dissemblances en démêlant la part d’héritage et celle de nouveauté que contient chaque réalisation. Georges Bischoff, Jérôme Schweitzer et Florian Siffer, en fins spécialistes, ont su concevoir un parcours cohérent et très nourrissant qui permet de mesurer à quel point l’accent porté sur le néogothique durant la période étudiée dépasse le domaine de l’esthétique pour revêtir un caractère civilisationnel et jouer un rôle de révélateur des fractures d’une société oscillant entre son indéniable attachement à la France et la conscience de son appartenance historique à l’aire germanique, entre résistance et acceptation ; il faut louer la manière lucide et sereine avec laquelle ces sujets encore parfois douloureux sont abordés. L’exposition permet également de se poser la question du regard porté sur l’histoire et la façon dont celle-ci peut être distordue pour servir une politique, ainsi que des limites qu’implique, en termes de création, une trop stricte obéissance à la réalité archéologique ou scientifique, elle même d’ailleurs parfois mouvante, et, par conséquent, de la marge de liberté dont peut disposer un artiste quand son travail s’inscrit dans un canon défini ; elle permet également de toucher du doigt le foisonnement, dans tous les domaines, d’une époque d’intense effervescence intellectuelle et de faire plus ample connaissance avec de beaux tempéraments artistiques généralement laissés dans l’ombre, les Schnug, Sattler et Spindler (entre autres) dont la production mérite mieux que l’indifférence ou l’oubli. Signalons pour finir, pour celles et ceux qui ne pourraient faire la visite (mais ceci vaut également pour les autres), la grande qualité du catalogue, aux contributions passionnantes, documentées et accessibles, qui permet, pour un prix somme toute modique, de se familiariser avec toutes ces problématiques en frayant en même temps un chemin à quelques belles imaginations.

Néogothique ! Fascination et réinterprétation du Moyen Âge en Alsace (1880-1930)

Exposition à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg du 16 septembre 2017 au 28 janvier 2018. Catalogue : 190 pages, BNU éditions, ISBN : 9782859230739, 20€

Illustrations du texte :

– Pierre Commarmond (Lyon 5e, 1897 – Vert, Yvelines, 1983), Le château du Haut-Koenigsbourg, Chemins de fer d’Alsace et de Lorraine, c.1920 ? Impression en quadrichromie, Strasbourg, Bibliothèque nationale et universitaire

– Hansi (Jean-Jacques Waltz, dit ; Colmar, 1873 – 1951), La merveilleuse histoire du bon saint Florentin d’Alsace racontée aux enfants, 1925. Strasbourg, Bibliothèque nationale et universitaire

– Léo Schnug (Strasbourg, 1878 – Brumath, 1933), Le copiste, dessin préparatoire pour l’ex-libris de Robert Forrer, 1890. Strasbourg, Musée d’art moderne et contemporain (photographie © Musées de Strasbourg/Mathieu Bertola)

– Émile Schweitzer (Strasbourg, 1837 – 1903), Arrivée des Zurichois à Strasbourg en 1576, 1893. Aquarelle, plume et encre noire sur papier, Strasbourg, Cabinet des Estampes et des Dessins (photographie © Musées de Strasbourg/Mathieu Bertola)

– Léo Schnug (Strasbourg, 1878 – Brumath, 1933), Calendrier pour l’année 1907, Électricité de Strasbourg. Strasbourg, Bibliothèque nationale et universitaire

– Edward von Steinle (Vienne, 1810 – Francfort sur le Main, 1886), Dessin préparatoire pour la Chronika eines fahrendes Schülers, 1874. Crayon et aquarelle sur papier, Strasbourg, Cabinet des Estampes et des Dessins (photographie © Musées de Strasbourg/Mathieu Bertola)

Accompagnement musical :

1. Benjamin Godard (1849-1895), Symphonie gothique op.23 (1881) : I. Maestoso

Münchner Rundfunkorchester
Davis Reiland, direction

Symphonie gothique, Symphonie n°2, Trois morceaux op.51. 1 CD CPO 555 044-2

2. Gabriel Pierné (1863-1937), L’An Mil (1898) : II. Fête des fous et de l’âne

Chœur Nicolas de Grigny
Orchestre National de Lorraine
Jacques Mercier, direction

L’An Mil, Les Cathédrales, Paysages franciscains. 1 CD Timpani 1 C 1117

3. Sir Edward Elgar (1857-1934), Froissart, ouverture de concert op.19 (1890)

New Philharmonia Orchestra
Sir John Barbirolli, direction

Barbirolli conducts Elgar. 5 CD EMI/Warner 095444 2

18 Comments

  1. Merci pour cette invitation aux voyages. Dans le temps et l’espace. Je vais à Strasbourg début avril et vais leur demander de garder ouverte l’expo jusque là – grâce à votre texte, les prolongations ne devraient pas poser de problème 🙂 Bon dimanche cher Jean-Christophe après ce post superbement documenté – ah, l’An mil de Pierné…

    • J’entretiens avec Strasbourg des liens de grande proximité, cher Marc, et je m’en serais voulu de laisser s’achever cette exposition sans m’y pencher — les propositions culturelles de la BNU sont toujours très intéressantes et en libre accès s’il vous plaît.
      Grand merci pour votre lecture et votre mot; les réactions à cet article ne se bousculent pas, c’est le moins que l’on puisse dire.
      Très beau dimanche et bien fidèles pensées.

  2. Merci vielmools!

    Hawenauer Sandhaas

    • Rien que pour la joie de vous lire, cher Roland, je ne regrette pas les heures passées à écrire ce billet (mes pensées se sont souvent envolées vers vous).
      Un bien sincère merci.

      • Eh, je me souviens avoir ressenti quelques regrets quand vous faisiez part de votre visite à cette exposition… Maintenant, j’imagine l’aventure que serait un parcours aux côtés de Tommy Ungerer et vous 😉 Je me contenterai du catalogue, difficile à avoir ici.
        Me voilà, grâce à vous, reparti pour de nouvelles découvertes.
        Tiens, Leo Schnug: …-Brumath 1933. « L’Écrevisse » ,à Brumath, a continué d’exister malgré mes prestations pour mon premier extra depuis l’École Hotelière 🙂
        Brumath, Stefansfelden, « Steffelde » enfin, son lieu de décès. Un de mes oncles partagera cette fin..
        Parmi les découvertes: sa carte de Menu pour la Kunschthaaf 1901 à Schiltigheim est rédigée en français! (Ils sont fous, ces Alsaciens!)
        Merci encore d’avoir pris le temps de rassembler ces trouvailles.
        r.

        • Je ne suis pas persuadé d’être le meilleur des compagnons de visite tant j’ai naturellement tendance à demeurer silencieux, mais je suis, en revanche, persuadé que vous allez beaucoup apprendre avec le catalogue, objet de savoir autant que de plaisir. Je ne doute guère que de nombreux chemins de découvertes vont s’ouvrir devant vous et vous avez d’ailleurs commencé à vous engager sur l’un d’eux en faisant jaillir des étincelles de souvenirs au passage dont certains ne sont visiblement pas exempts de drôlerie.
          Grand merci d’être revenu ici et belle soirée ou journée selon le moment où vous me lirez.

  3. Re-bonjour ici cher Jean-Christophe,

    Une très belle chronique ornée de MAGNIFIQUES illustrations !
    Quel beau voyage tu nous offres là, j’écoute pour la énième fois les extraits . Le Chœur Nicolas de Grigny est particulièrement touchant, en fait les 3 extraits m’ont touchée.

    C’est le genre de chronique que tu as du mal à fermer, parce que tu ne souhaites pas quitter cet instant de bien-être que te procure l’ensemble de cette chronique.

    Je vais, je te l’ai dit, acquérir ce catalogue, et je saurai vers qui me tourner si j’ai des questions sans réponses … 😉
    Je te dis un immense merci !!!
    Je t’embrasse bien fort .

    • Bonsoir chère Tiffen,
      Je me disais en la publiant ce matin que cette chronique avait quelque chance de te plaire; je ne me suis a priori pas totalement trompé.
      Le but de ce genre de billet est vraiment de créer une bulle afin de permettre au lecteur de se sentir, autant que possible, comme s’il y était; les images y contribuent, les musiques également et j’ai les ai minutieusement choisies pour qu’elles entrent en résonance avec les œuvres.
      Le catalogue ne te décevra pas, j’en suis convaincu, et tu verras qu’il y a plein de belles choses à y voir et plein d’intéressantes à y apprendre.
      Je te remercie pour ton mot et t’embrasse bien fort.

  4. Un tout grand merci pour cette très belle chronique Jean-Christophe !
    C’est la deuxième fois que j’ai la chance de voyager dans l’espace (Strasbourg, sans bouger de son fauteuil) et dans le temps avec vous, et de découvrir une exposition inaccessible à un vieil ermite.
    Vous m’offrez par ce « billet » de voir des œuvres, de découvrir des courants artistiques dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Pourquoi nos cours d’histoire de l’art (dans le secondaire) s’arrêtaient-ils à la Renaissance ? Il y a tant de choses à découvrir, de voiles à soulever et de rideaux à tirer pour accéder à des courants artistiques plus récents, et tout aussi intéressants.
    Je suis aussi très heureux d’avoir pu découvrir, grâce à vos extraits si bien choisis, des œuvres musicales de cette époque. Epoque que je n’ai pas encore vraiment fréquentée, je ne sais pourquoi. Je vous suis reconnaissant de m’avoir poussé à y entrer, je vais continuer à y errer, je pressens de plus en plus qu’il y a du beau et du très bon à savourer.
    Voilà une année 2018 qui promet pour votre fidèle lecteur.

    • Vous savez, Jean-Marc, si je m’en étais tenu à mes cours d’histoire de l’art, mes connaissances se limiteraient à l’art italien et français jusque vers 1575. Comme je suis curieux et que ma pente m’entraîne irrémédiablement vers le septentrion, je me suis documenté sur tout le reste par mes propres moyens, à force de lectures et de visites.
      Le but de ce type de billet est évidemment de mettre à la portée de ceux qui n’ont pas forcément la possibilité de se déplacer (je suis moi-même souvent dans ce cas) les informations nécessaires pour saisir l’essentiel du projet et, je l’espère, susciter le désir d’aller plus loin dans l’exploration; il y a tant de moyens de se cultiver aujourd’hui pour qui le souhaite vraiment.
      J’ai pris un soin particulier pour choisir les musiques que je souhaitais dialoguant avec les images plus que se contentant de les accompagner; je suis resté moi-même fort longtemps plus ou moins étranger à toute une partie du répertoire du XIXe siècle, mais il y a également d’authentiques trésors à piocher de ce côté-ci; j’ai hésité entre Elgar et Ropartz (La Chasse du Prince Arthur), mais je ne souhaitais pas proposer que des compositeurs français et l’Anglais présentait l’avantage d’évoquer Wagner sans diffuser sa musique — vous connaissez la distance que j’entretiens avec ce dernier.
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre commentaire; il y aura sans doute d’autres billets « expos » cette année.
      Amitiés.

  5. Pierre-Maurice

    22 janvier 2018 at 20:41

    Un grand merci cher Monsieur de me faire découvrir par votre enthousiasme et votre érudition une exposition que je ne pourrai malheureusement pas voir mais dont je tacherai de me procurer le catalogue.
    Que de découvertes intéressantes, tout d’abord à travers des extraits musicaux que je ne connaissais pas. Principalement Benjamin Godard et sa symphonie gothique dont j’ai beaucoup apprécié le thème et les richesses orchestrales, une découverte (en ce qui me concerne) ! Gabriel Pierné dont je connaissais certaines œuvres et enfin, Elgar que je connais mieux dans ses œuvres classiques.
    Autres découvertes de ce Moyen-Age fantasmé : les peintres Karl Friederich Schinkel, dont j’ai davantage apprécié sa peinture que son architecture et qui me fait fort penser à Caspar David Friedrich ; Emile Schweitzer ; Edward von Steine ; Schnug ; Spindler …… autant de noms dont j’ignorais complètement l’existence.
    Je me suis empressé d’en découvrir certaines œuvres sur internet et, lors de mes recherches, j’ai été particulièrement séduit par un dessin d’Emile Schweitzer « Paysan alsacien » fait aux crayons de couleur.
    Bref une occasion de poursuivre, grâce à vous, de nouvelles explorations et faire de belles découvertes.
    A ce titre je ne peux que modestement vous remercier encore pour votre chronique qui me procure toujours un grand moment de plaisir et l’opportunité d’élargir mes horizons.
    Pierre

    • Cher Pierre,
      C’est moi qui vous remercie d’avoir accordé de votre temps à cette chronique et d’en avoir usé selon l’idée que je me fais de mes publications, à savoir un point de départ vers un approfondissement qu’il appartient à chacun de mener à sa guise, selon ses centres d’intérêt et ses envies.
      Proposer un accompagnement musical qui ne se limite pas à une simple illustration constitue une part importante du travail que je mène ici, et je pense que ces trois œuvres rigoureusement contemporaines du sujet traité auront pu constituer des découvertes pour beaucoup.
      Il y a effectivement un lien indiscutable entre la peinture de Schinkel et celle de Friedrich, mais échapper, à l’époque, à l’empreinte d’un aussi grand créateur – un de mes peintres préférés, toutes époques confondues – était sans doute difficile. L’avantage d’une exposition comme Néogothique !, et il faut saluer sur ce point l’intelligence de ses concepteurs, est justement de permettre de découvrir un certain nombre d’artistes aujourd’hui assez négligés; comme vous l’avez vous-même remarqué, cette mise à l’écart est d’autant plus regrettable que le contact avec leurs œuvres permet de mesurer leur talent.
      Je vous remercie très sincèrement pour votre commentaire et vous souhaite encore de bien belles découvertes.
      Bien cordialement,
      Jean-Christophe

  6. Claude Amstutz

    24 janvier 2018 at 04:08

    Magnifique chronique, Jesn-Christophe, et choix d’illustrations pour cette exposition qui, je le souhaite, voyagera par la suite à travers la France,, à Evian par exemple. Ravi aussi de retrouver ce grand chef que fut John Barbitolli: sa 6e symphonie de Mahler reste inégalable.., Belle fin de semaine à vous et merci.

    • Les expositions de la BNU ne voyagent malheureusement pas, Claude, raison pour laquelle j’ai insisté, dans cette chronique, sur la qualité du catalogue qui sera, je le pense, la seule voie d’accès à ce remarquable corpus pour nombre de lecteurs.
      Je suis heureux que ces quelques lignes et leurs illustrations tant visuelles que musicales vous aient plu.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite bonne fin de semaine.

  7. Liliane Breuning

    26 janvier 2018 at 15:12

    Merci, cher Monsieur pour votre belle chronique si bien illustrée. Je l’ai lue ce matin, et deux heures plus tard, j’y étais après une petite marche revigorante sous une pluie fine le long des quais jusqu’à la place de la République. Bien m’en a pris, car cette remarquable exposition se termine dans deux jours. Bien à vous et merci infiniment pour votre beau travail. Liliane Breuning

    • C’est moi qui vous suis reconnaissant, chère Madame, d’avoir lu ce billet et pris le temps de le commenter. Je suis sincèrement heureux de savoir qu’il vous a incité à vous rendre à l’exposition et que celle-ci, effectivement remarquable, vous a plu.
      Merci pour vos mots et bien à vous.

  8. patricia depasse

    28 janvier 2018 at 12:38

    Je découvre avec beaucoup de plaisir un domaine que je ne connaissais pas : merci de m’avoir ouvert les portes du cabinet de curiosités !

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