Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Ut commemoremus. Pour saluer la Scola Metensis (1987-2018)

Maître anonyme, Aix-la-Chapelle, première moitié du IXe siècle,
saint Matthieu dans l’Évangéliaire de Xanten, fol. 17v,
miniature sur parchemin pourpré, 26,5 x 22 cm (feuillet),
ms 18723, Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique

J’ai oublié le millésime et la saison, mais pas l’émotion qui m’avait saisi lors du premier et, par la force des choses, unique concert de la Scola Metensis auquel j’ai assisté, il y a une petite quinzaine d’années, dans cet écrin de Saint-Pierre-aux-Nonnains de Metz si parfaitement taillé à sa mesure, les vénérables murs épousant, magnifiant naturellement ces mêmes chants qui y résonnaient du temps de leur plus jeune splendeur. C’est dans ce même lieu qu’au milieu de l’après-midi de ce dimanche 18 mars 2018, le vaillant ensemble dirigé depuis plus de trente ans par Marie-Reine Demollière, associé pour l’occasion aux instruments des voisins strasbourgeois du Tourdion, tirera sa révérence en offrant au public, à une courte encablure du printemps, un bouquet de pièces profanes médiévales et renaissantes célébrant la nature et l’amour. D’ultimes fleurs pour sourire malgré le cœur qui chavire au moment de l’adieu.

Dans son De magistro, Saint Augustin, s’interrogeant sur la fonction de la parole, établit un lien indissociable entre chant et mémoire : on chante « pour réveiller le souvenir chez les autres et en nous-mêmes » (« ut commemoremus uel alios, uel nosmetipsos »). Le cœur de l’action du Centre d’Études Grégoriennes de Metz, fondé en 1975 par le regretté Christian-Jacques Demollière (1952-2012) et son épouse Marie-Reine, et de la Scola Metensis, son prolongement poétique au sens où le grec ποιεῖν signifie « créer, façonner », aura été cette anamnèse, rappelant le rôle central de la cité messine dans la genèse du chant dit grégorien – le véritable, non sa reconstruction à la façon d’un Viollet-le-Duc teinté de Palestrina fantasmée au XIXe siècle et hélas toujours regardée comme historiquement recevable – à partir du VIIIe siècle, fusion ente le chant des Gaules franques et celui de Rome, et sa diffusion ultérieure. Ce travail fouillé et de longue haleine fondé sur une démarche rigoureusement documentée, qu’aucun médiéviste un tant soit peu sérieux ni aucun amateur sincère de musique du Moyen Âge ne devrait ignorer, a donné lieu à deux publications visant à en proposer une synthèse, un disque à la fois didactique et séduisant intitulé Quand le chant grégorien s’appelait chant messin (Ligia Digital, 2003), et L’Art du chantre carolingien (Éditions Serpenoise, 2004), somme à la fois érudite et abordable proposant une mise en perspective historique et culturelle passionnante des enjeux locaux et européens de l’invention de la cantilena metensis. Superficiellement considérés sous cet angle, le Centre et sa Scola auraient pu apparaître comme des institutions vaguement muséales et figées ; non seulement il n’en fut rien mais leur action s’inscrivit exactement au rebours du conservatisme et du dogmatisme. Tout au long de leur existence, ces deux entités n’eurent, en effet, qu’un objectif décliné en deux impératifs : éveiller et transmettre. Il y eut bien sûr moult concerts, dans et hors les murs de la cité mosellane, mais aussi, chaque été depuis 1981, un stage visant à familiariser, en le replongeant dans une pratique aussi proche que possible de celle de l’époque – apprentissage des neumes, entraînement de la mémoire, appropriation du sens des textes pour que leur restitution chantée soit véritablement expressive – mais aussi, grâce à l’intervention de spécialistes renommés, à le confronter à l’inépuisable richesse musicale du Moyen Âge, un public désireux d’approfondir ses connaissances.

Loin de se cantonner à son pré carré messin, la Scola Metensis s’est également attachée à valoriser le patrimoine de sa région d’implantation, la Lorraine, ce dont témoignent, outre le souvenir de concerts, un disque, Chants des Trois Évêchés (Ligia Digital, 2011), superbe anthologie de pièces composées pour Metz, Toul et Verdun où l’on croise la grande figure locale de Brunon de Toul qui fut pape sous le nom de Léon IX, et des recherches menées sur les manuscrits musicaux conservés à Épinal-Golbey ou à Saint-Mihiel, en particulier en vue de la numérisation de ces fonds sous l’égide de la DRAC Lorraine et en collaboration avec le CNRS. Élargissant ponctuellement son répertoire jusqu’à la Renaissance et même au-delà, vers des contrées plus contemporaines, pour mieux faire saisir la permanence de l’imprégnation médiévale et en particulier grégorienne, l’ensemble a constamment été porté par sa volonté de faire entendre pour mieux faire comprendre. Alors que le monde de la musique médiévale n’a hélas pas échappé plus que les autres à la tentation d’un spectaculaire bon marché exhibant la gutturalité borborygmale ou l’approximation mélismatique parfois travestie de bure comme vérités révélées, au point de parvenir à piéger de grandes institutions culturelles en mal de frissons faciles, le travail inlassable et minutieux sur les manuscrits et leur notation, la souriante rigueur, le refus de la compromission et du sensationnel, l’attachement à un pan du répertoire qui ne peut véritablement renaître, compte tenu de la complexité des sources, que si l’on s’y consacre avec autant de précision que d’intuition et qui, du fait de ce cumul de contraintes, demeure fort peu fréquenté, l’humilité, l’exigence intellectuelle et artistique, l’honnêteté de la Scola Metensis ont été autant de qualités insignes qui nous ont toujours fait suivre ses propositions avec autant d’intérêt que de respect.

Un trait de plume, ce n’est pas grand chose. Il aura pourtant suffi de ce geste aussi insignifiant que celui qui en est l’auteur pour priver le Centre d’Études Grégoriennes de Metz et la Scola Metensis des subventions nécessaires à leur survie. Sans doute ne mesure-t-on pas exactement, dans les confortables bureaux du pouvoir, que l’on a ainsi condamné non pas un ensemble de saltimbanques sans doute pas assez joyeux pour animer les spectacles de rue qui sont, sauf exception, devenus aujourd’hui l’alpha et l’oméga de la « culture » que les autoproclamées élites consentent à jeter à la piétaille, mais bien un ensemble indiscutablement patrimonial et un des meilleurs ambassadeurs, discrets mais reconnus, de l’excellence humaniste messine et lorraine. Bien entendu, plus de quarante années d’activité soutenue et passionnée ne s’évaporent pas en un instant et ces deux institutions ont suffisamment essaimé pour que leur esprit et leurs convictions demeurent vifs, n’en déplaise aux ronds de cuir, eux déjà passablement faisandés. Mais lorsque les dernières notes de l’ultime pièce du concert d’adieu de la Scola Metensis se seront dissipées sous les voûtes, le chœur de Saint-Pierre-aux-Nonnains ne sera pas le seul à se sentir orphelin.

Publications du Centre d’Études Grégoriennes de Metz et de la Scola Metensis :

Quand le chant grégorien s’appelait chant messin. 1 CD Ligia Digital Lidi 0202132-03

Chants des Trois Évêchés. 1 CD Ligia Digital Lidi 0202224-11

Christian-Jacques Demollière (dir.), L’Art du chantre carolingien. Éditions Serpenoise, Metz, 2004, ISBN : 2-87692-555-9

Site de la Scola Metensis : www.scolametensis.com

Accompagnement musical :

1. Anonyme, Ve siècle ? : Aurora lucis, hymne
extrait de Quand le chant grégorien s’appelait chant messin

2. Hildegard von Bingen (1098-1179), Caritas abundat, antienne
enregistrement en public du 5 septembre 2016 en l’église d’Ottmarsheim lors du concert Pax aut bellum dans le cadre du festival Voix et Route romane

3. Anonyme, Tropaire de Winchester (XIe siècle), Benedictio et claritas, répons polyphonique pour l’office de la Trinité
enregistrement en public du 14 septembre 2012 lors du concert-création O ignee spiritus pour le Festival de Fénétrange (Moselle)

4. Anonyme, Missel de Saint-Vanne, Verdun (XIIIe siècle), Beatus vir qui inventus, offertoire
extrait de Chants des Trois Évêchés

5. Maurice Duruflé (1902-1986), Ubi caritas, plain-chant et motet
enregistrement en public le 29 mars 2014 lors du concert Tempus quadragesimæ en l’église Saint-Pierre-aux-Nonnains à Metz

28 Comments

  1. Michelle Didio

    18 mars 2018 at 09:25

    Comment ne pas être triste, cher Jean-Christophe, qu’un groupe de cette qualité disparaisse. Perdurent les enregistrements dont nous pouvons apprécier, dans cette publication, la finesse, grâce aux extraits que vous avez très bien choisis. Ils vont illuminer ce dimanche que je vous souhaite paisible. Amicales pensées.

    • Deux disques (trois des cinq extraits proposés sont des captations de concert), un livre, mais aussi un immense legs immatériel qui, espérons-le, ne sombrera pas dans l’oubli. Je vous remercie pour votre mot, chère Michelle, et vous souhaite un agréable dimanche.
      Amitiés.

  2. Gérard REYNE

    18 mars 2018 at 09:47

    le souffle d’un remarquable travail de trente années, d’un art accompli, d’une passion, la transmission d’un héritage universal, pourraient donc être réduits au silence par une « décision » administrative des plus absconses — ceux qui, en « responsables » de la gestion du bien commun, seraient à ce point coupables de penser que le chemin vers un avenir radieux passe par la table rase, par un « oubli » du passé, et aujourd’hui plus que jamais, par la logique d’une gestion de toute activité humaine comme une « entreprise » mondiale et totalitaire (la religion de la « rentabilité à n’importe quel prix» du « new management »), ceux-là auront, à leur honneur, d’avoir contribué à la mort de ce qu’on nomme une action artistique, anticipation de la fin d’une culture, voire d’une civilisation — souhaitons, tout en manifestant notre désapprobation, que ces fossoyeurs soient renvoyés promptement à ce leur médiocrité originelle …
    gérard reyne (musicien)

    • Il semble bien, hélas, que ce soit le cas et qu’une certaine logique de rentabilité immédiate ait décidé d’avoir le dernier mot. Ce qui est infiniment révoltant dans cette situation est qu’aucun de ces responsables au petit pied, mais hélas aux grandes cisailles, n’ait remarqué la dimension patrimoniale, pourtant éminente, du travail du Centre d’Études Grégoriennes et et de la Scola Metensis qui nous reconnecte avec un fait de civilisation majeur de l’Occident médiéval (et au-delà). Souhaitons effectivement que tous ces nuisibles retournent au néant dont ils n’auraient jamais dû sortir, mais déplorons l’ampleur des dégâts qu’ils ont causés.
      Merci pour votre commentaire.

  3. La citation de Pascal Quignard aurait encore tout son sens en la reprenant ici.
    Un hommage sorti du cœur qui attire les larmes devant cette disparition d’un ensemble victime des comportements de notre époque et je ne suis pas certaine que les chardons pourraient lui apporter un peu de douceur.

    • Les deux billets de la semaine se répondent en effet en écho, bien chère Marie, et Pascal Quignard n’aurait effectivement pas été déplacé en pareille circonstance. J’ai écrit cet hommage entre tristesse, révolte et affection; je pense que qui me lit saisira la profondeur de mon attachement envers la Scola Metensis, victime de l’arrogante ignorance de notre époque. Au moment où je te réponds, le concert d’adieu est en train de se dérouler et j’imagine sans mal les émotions qui le traversent. Que nos pensées ne sont-elles, dans ce cas comme dans d’autres, capables d’être un baume pour ceux qui sont dans la peine !
      Grand merci pour ton commentaire.

  4. Alain Huc de Vaubert

    18 mars 2018 at 11:16

    Très bel hommage, toujours savamment documenté, dont j’aime assez la conclusion hélas très vraie et symptomatique de notre époque aussi gonflée d’orgueil à mesure que l’ignorance avance.

    • Une époque qui se nourrit de sa propre ignorance avec délectation et qui, pour mieux façonner la société à son image, fait effort pour la priver le plus possible de ce qui est susceptible de l’élever. La disparition de la Scola Metensis est un des symptômes de cette volonté d’arasement, et ce n’est sans doute pas le dernier.

  5. Comme tu l’écris dans l’une de tes réponses en un autre lieu : « Puisse cet héritage être semence d’avenir ». Osons, par conséquent, espérer (ou ne pas douter) que plus de trois décennies d’activités généreuses et de sérieuses recherches musicales ne laissent nulle trace. Ne voyons pas cette cessation comme une page qui se tourne (ou se referme sans écho), mais voyons-là davantage comme un jalon important qui fait date et fera effectivement émulation.
    Je t’embrasse, ami J.-Ch.

    • Un jalon essentiel, ami Cyrille, dont je voudrais tant croire qu’il puisse ouvrir sur une continuation, pour reprendre un mot cher aux médiévaux. Je t’avoue que compte tenu de l’effort, mot honni en notre ère de la facilité, que représentent l’exploration et la restitution de ces répertoires anciens, j’émets quelques très sérieux doutes à ce sujet. Mais « si le grain ne meurt… »
      Je t’embrasse et te remercie pour ton mot.

  6. Mon cher Jean-Christophe, je suis révoltée, il est impensable qu’un ensemble de cette qualité disparaisse , et pourtant…..
    Ne pouvons nous pas faire quelque chose ? Un financement participatif ? Une pétition ?
    Je sais c’est un gros investissement, mais si chacun mettait un peu ? Un peu + un peu , ne serait-ce pas suffisant ?
    Mais parmi ces « j’aime » mis sur leurs publications, combien n’ont pas pris la peine d’ouvrir le lien ? J’en ai assez de ce monde où l’immédiat prime avant le reste. Regarder, écouter, sentir, aimer, c’est bien cela l’essentiel ? Prendre du temps pour le beau, n’est jamais du temps perdu .

    J’imagine aisément leur état d’esprit lors de ce dernier concert , et cette pensée m’attriste .
    Mais la Scola Metensis continuera à raisonner dans ma maison . Nous ne les oublierons pas ça c’est certain !
    Je te remercie pour cet hommage magnifique.
    Je t’embrasse bien fort .
    Tiffen

    • Moi aussi, chère Tiffen, je l’ai mauvaise et je te laisse imaginer combien la nouvelle m’a attristé quand je l’ai apprise. Je crois qu’aujourd’hui, il est malheureusement trop tard pour faire quoi que ce soit, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de résurgence un jour ou l’autre sous une forme différente.
      Pour ce qui est de la réaction de la majorité des gens sur le réseau, elle n’a rien de surprenant : n’oublie pas que nous sommes à l’époque de la larme et de l’indignation faciles car de façade. On ne s’arrête sur rien et on passe vite à autre chose; où étaient donc toutes ces bonnes âmes lors des années d’activité de la Scola Metensis ? Je n’en dis pas davantage; tu sais que mon opinion est faite depuis un moment à ce sujet et j’ai adapté mon attitude en conséquence.
      J’ai pensé à ce dernier concert toute la journée; faute d’avoir pu être là en chair et en os, cet hommage a témoigné, je l’espère, que je l’étais par le cœur et l’esprit. J’espère que les témoignages d’estime et d’affection envers les musiciens auront été nombreux.
      Je te remercie bien sincèrement pour tes mots et t’embrasse bien fort.

  7. Triste époque…

  8. Merci Jean-Christophe pour cet hommage et cette lumière dirigée vers cet ensemble qui le mérite largement et qui va laisser un trou béant. On se sent désormais un peu plus seuls et nous n’en avions pas vraiment besoin… La Scola Metensis défendait si bien ces extraordinaires répertoires monodiques qui sont la source de toute notre histoire musicale.

    • La très discrète Scola Metensis qui aurait tout autant, sinon plus mérité de se voir soutenue et promue que certains autres ensembles à la mode d’hier et d’aujourd’hui et dont les réalisations seront un jour remises à leur véritable place (je ne cite personne, mais je pense très précisément à quelques-uns d’entre eux). Je sais la fragilité des ensembles de musique médiévale, tellement desservis par leur manque de visibilité; je croise les doigts pour qu’aucun de ceux qui me sont chers ne soit le prochain à monter dans la charrette.
      Grand merci, Antoine, pour ce commentaire; je pense que si Marie-Reine Demollière vient à en prendre connaissance, elle en sera aussi touchée que moi.

  9. Il est parfois (souvent…) difficile de conserver un peu de foi dans notre époque. Ecouter ces voix m’en redonne quand suivre les désespérants méandres des politiques culturelles me coupe les ailes.
    Ecoutons, donc ! Et volons encore…

    Bien à vous, Jean-Christophe,

    ANNE

    • Oui, Anne, écoutons et élevons-nous en espérant qu’un jour pas trop lointain les auxiliaires du démantèlement culturel auquel nous assistons retourneront au néant où ils seront dans leur élément naturel.
      Et espérons qu’il se trouvera des Hommes de bonne volonté pour relever les projets tombés et consolider les abîmés.
      Merci et bien à vous.

  10. Catherine-BC

    19 mars 2018 at 14:57

    Cher Jean-Christophe, la situation est bien triste en effet, mais pas nouvelle. Rappelons-nous ce que disait Victor Hugo le 11 novembre 1848, devant ses collègues de l’Assemblée Nationale, afin que ne soit pas votée la réduction du budget alloué aux Lettres, aux Arts et à la Science :
    « (…) quel est le grand péril de la situation actuelle ? L’ignorance. L’ignorance encore plus que la misère. (…) C’est à la faveur de l’ignorance que certaines doctrines fatales passent de l’esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau des multitudes.
    (…) il faut relever l’esprit de l’homme, le tourner (…) vers la conscience, vers le beau, vers le juste et le vrai, vers le désintéressé et le grand. C’est là, et seulement là, que vous trouverez la paix de l’homme avec lui-même, et par conséquent la paix de l’homme avec la société. »
    Ce qui le savent y oeuvreront, malgré tout, je le crois !

    • Chère Catherine,
      Vous avez tout à fait raison de rappeler que l’obscurantisme est de tous les temps et bien fait de rappeler cette harangue du grand Victor; me sont également revenues à l’esprit, en travaillant sur ce texte, les réflexions de Marguerite Yourcenar sur le même sujet.
      Ce qui arrive à la Scola Metensis est une illustration de plus des coups portés à la culture par la société du divertissement; il y en aura d’autres, sans aucun doute, mais je veux croire tout comme vous qu’ils n’abattront pas ceux pour qui les humanités – ce mot pris au sens large – ont encore un sens et qui estiment qu’il faut se battre pour leur survie.
      Merci pour votre mot et amicales pensées.

      • Catherine-BC

        20 mars 2018 at 20:05

        Oui, bien sûr, les yeux ouverts de Marguerite Yourcenar, sa clairvoyance d’initiée, son écriture ciselée sont d’une telle force ! Elle nous aide à rester éveillés… C’est un vrai travail, le sacré travail d’une vie !

        • Elle est un de mes phares depuis l’adolescence avec la découverte fiévreuse des Mémoires d’Hadrien et un des rares modèles que je me reconnais. Ses ouvrages ne sont jamais loin de ma main et plus encore de ma pensée et je partage votre avis : c’est de la littérature faite substance de toute une existence.

  11. Oh combien je regrette une telle nouvelle.
    En espérant , pourquoi pas , qu´elle puisse renaître un jour.

    Bien à vous Jean-Christophe.

    • Je pense qu’imaginer une renaissance est assez illusoire, Chantal; ceux qui aiment vraiment cet ensemble ont bien fait de goûter sa science et sa générosité pendant que c’était possible.
      Bien à vous.

  12. lenormand remi et monique

    21 mars 2018 at 14:59

    Cher Jean-Christophe,
    La richesse du chant grégorien est telle que l’on pourrait y consacrer toute une vie : un art sublime où le silence joue y un rôle essentiel. J’ai noté ce cd pour l’acheter.
    Maintenant quel avenir pour nos jeunes musiciens et les plus anciens: plus de subventions partout, plus d’associations, l’avenir est lourd pour la musique dans notre pays. Et quand on pense à ce que l’opéra de Paris dépense avec des chefs et chanteurs à 50.000 euros la soirée, cela me révolte profondément: des spectacles pour la haute bourgeoise. Pendant ce temps , les « ploucs » de la province sont condamnés à ne plus écouter de musique vivante..

    Amitiés.

    Rémi et Monique Lenormand.

    • Chère Monique,
      Cher Rémi,
      Je suis tenté de dire que le chant grégorien est un peu l’inconnu dans la maison : beaucoup de gens n’en connaissent que la version ripolinée par Solesmes qui n’a à voir que d’assez loin avec la réalité de cette musique. En ce sens, il aurait été essentiel que le travail de la Scola Metensis se poursuivît afin de laisser le moins de place possible à ces approximations ou aux falsifications à la mode Organum.
      Les sommes dépensées par les « grandes maisons » parisiennes sont tout à fait déraisonnables; combien d’ensembles sortiraient la tête de l’eau s’ils recevaient pareille dotation ?
      Je vous remercie pour votre commentaire et vous adresse mes amitiés.

  13. Une bien triste nouvelle en effet, mais je ne peux pas dire que cela m’étonne au vu de la petitesse d’esprit qui semble être la norme des soit-disant responsables des deniers publics.
    Je ne peux encore une fois que regretter le temps jadis où le mécénat était pratique courante parmi les nobles et les nantis, pratique qui n’était à l’époque pas uniquement destinée à redorer le blason de leurs auteurs, beaucoup d’entre eux étant de vrais « amateurs » des belles choses.
    Comme déjà dit plus haut, souhaitons que cette contribution essentielle serve de terreau à d’autres artistes, d’autres ensembles qui pourront continuer à faire vivre « comme il faut » ce répertoire…
    Amitiés optimistes,
    Jean-Marc

    • Le mécénat existe pourtant toujours, cher Jean-Marc, mais il se porte sur d’autres terrains que la musique; il est tellement mieux vu et plus rentable aujourd’hui, en termes d’image, de soutenir une équipe de football qu’un ensemble, constat valable aussi bien pour les entreprises que pour les collectivités territoriales. Et, bien entendu, si vous vous en émouvez, on vous taxera immédiatement d’élitisme, un mot devenu à présent bien pratique pour couper court à nombre de discussions dans le domaine culturel.
      Je pense que le travail de la Scola Metensis constitue un terreau d’une exceptionnelle fertilité; qu’il se trouve à l’heure actuelle des musiciens assez téméraires pour aller cultiver ce champ qui risque fort de ne leur apporter que maigre moisson de reconnaissance me semble hélas nettement moins certain; ceci n’empêche naturellement pas de croiser les doigts pour que se lève un groupe d’audacieux.
      Merci pour votre mot et bien amicalement.

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