Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

O süßes Seelenleben. Vater Unser par Clematis & Paulin Bündgen

Gerrit Dou (Leyde, 1613 – 1675),
Ermite en prière, c.1670
Huile sur bois, 34,5 x 29 cm, collection privée

 

Parfois, lorsque est annoncée la parution de certains disques ou livres, une attente s’ancre en vous et y croît avec cette ferveur inquiète qui ne se manifeste qu’en présence de ce que vous pressentez, quitte à reconnaître ensuite vous être emballé ou fourvoyé, comme potentiellement important. Avec son détail du tableau représentant la parhélie observée au-dessus de Stockholm le 20 avril 1535 –Vädersolstavlan, littéralement (et joliment) « la peinture du soleil du temps » –, Vater Unser, réunissant l’ensemble instrumental Clematis et le contre-ténor Paulin Bündgen avait immédiatement retenu l’attention de l’amateur de musique baroque allemande que je suis. Cette généreuse anthologie d’une heure vingt, qui propose quelques pièces connues dont le dramatique lamento Ach daß ich Wassers g’nug hätte du profond Johann Christoph Bach ou le tendrement italianisant (et pour cause, puisqu’il s’agit d’une adaptation ad usum lutheraniorum d’un Salve Regina de Giovanni Rovetta) Salve mi Jesu de Franz Tunder (dont on espère qu’il aura un jour les honneurs d’un enregistrement monographique), et nombre de raretés, s’inscrit dans la belle tradition de la série Deutsche Barock Kantaten constituée par Ricercar à partir de 1985, grâce à laquelle nous avons tant frissonné et tant appris.

Toutes les œuvres vocales rassemblées ici ont pour point commun d’offrir une large place aux instruments qui, outre leur rôle d’introduction, d’accompagnement ou de ponctuation, tissent avec la voix de véritables dialogues ; cette variété d’emplois et de formes rappellent à quel point l’image encore trop couramment répandue d’une musique germanique du XVIIe siècle austère, voire un rien ennuyeuse, est erronée. Dès la fin du XVIe siècle en effet, particulièrement grâce aux fructueux échanges commerciaux des cités hanséatiques, Hambourg en tête, mais également aux voyages des uns, l’illustration la plus parlante étant sans doute les deux séjours vénitiens de Heinrich Schütz, ou à l’exil des autres, tel, par exemple, William Brade, les idiomes musicaux de toute l’Europe, et en tout premier lieu d’Italie, se diffusèrent en Allemagne en se mêlant à son langage propre auquel la Réforme avait fait prendre un tour nouveau. Sans surprise, cette fusion stylistique est particulièrement perceptible chez les deux élèves du Sagittarius représentés dans ce florilège, David Pohle et Johann Theile ; Herr wenn ich nur dich habe du premier, à la saveur buxtehudienne marquée, constitue une des nombreuses étapes permettant d’observer le cheminement vers la cantate et mêle une réelle quoique discrète virtuosité dans ses sections de type « air » ainsi que dans son Amen final, à la recherche d’une certaine solennité, comme lorsque les cordes imitent le trémulant de l’orgue, tandis que Was betrübst du dich meine Seele du second porte indubitablement sa marque de compositeur d’opéra par la succession rapide des affects dans une forme dont la concision vise à une plus grande efficacité dramatique, évitant cependant toute surabondance ornementale. Italianisant jusqu’à la pointe de l’archet est aussi l’emploi du violon soliste dans Auf, laßt uns das Herren loben de Johann Michael Bach et l’écriture assez fleurie, tant pour la voix que pour les instruments, de Cum Maria diluculo de Johann Rudolph Ahle, ne déparerait pas dans un oratorio vénitien contemporain. Sur le versant plus septentrional, on trouvera le Grabgesang de Heinrich Schwemmer, l’élégie tout en retenue mais réellement touchante judicieusement choisie pour refermer le disque. Le cœur de ce dernier réside cependant sans aucun doute dans Weil Jesu in meinen Sinn, une splendide cantate de Johann Wolfgang Franck, compositeur dont l’essentiel de l’activité se déploya au profit des théâtres plutôt que des églises ; il n’en demeure pas moins qu’il parvint, dans cette partition à laquelle fa mineur donne la tonalité d’une méditation presque douloureuse quoique entrecoupée d’espérance, à un parfait équilibre entre expressivité, voire ponctuellement théâtralité à la mode ultramontaine et conscience de ses racines germaniques (utilisation de la mélodie de choral en cantus firmus, fugue de l’Amen final).
On retrouve naturellement le même mélange de styles dans les pièces instrumentales proposées en miroir des chantées ; grâce un choix particulièrement judicieux, elles permettent également de matérialiser le passage d’une esthétique encore empreinte de traits renaissants (Samuel Eccard et Johann Hermann Schein) à une écriture plus « moderne » ne dédaignant parfois pas le spectaculaire (Sonata a 6 anonyme, avec son passage en « bataille ») mais toujours soucieuse de finesse, voire de démonstration contrapuntique (Vater unser im Himmelreich de Georg Böhm, Sonata « Hertzlich thut mich verlangen » de Johann Fischer).

Clematis et Paulin Bündgen, sans oublier le grand ordonnateur qu’est Jérôme Lejeune dans ce type de projet, offrent ici un disque superlatif, un des meilleurs de l’année dont on peut gager qu’il tiendra toujours fièrement sa place dans deux décennies au sein des réalisations documentant le répertoire sacré germanique du XVIIe siècle. L’ensemble instrumental conduit par son premier violon, Stéphanie de Failly, fait montre ici d’une aisance stupéfiante et sans ostentation qui est la marque d’une profonde compréhension de la musique interprétée et de ses enjeux ; le jeu est toujours d’une grande finesse, avec un sens aigu des nuances mais également du chant, et une respiration très naturelle qui délivre une sensation de fluidité assez irrésistible se déployant sur un continuo habilement mené. C’est à la fois très maîtrisé et libre, avec des équilibres savamment dosés et des traits d’une belle précision, sans jamais rien concéder sur le plan de la spontanéité et de l’engagement. Cette dernière qualité définit parfaitement la prestation de Paulin Bündgen. Entendons-nous bien : si vous vous attendez à entendre un de ces contre-ténors aux cabrioles superficielles encensées par certains médias, vous risquez d’être déçus ; ici, le chanteur ne cherche jamais à impressionner et il n’en est que plus saisissant ; ce qui l’intéresse est l’expression et non l’effet. Son approche humble et fervente, dégageant une douce, chaleureuse et finalement très spirituelle luminosité, est convaincante de bout en bout, avec cette densité humaine que l’on retrouve chez Carlos Mena, auquel le timbre me fait souvent songer. J’avoue avoir été plus que touché à de nombreux moments de cette anthologie lorsque j’ai eu le sentiment que le chanteur, sans aucun geste démonstratif, se mettait à nu, les émotions du texte et les siennes ne faisant qu’une, avec une simplicité absolument désarmante. L’osmose entre les deux partenaires est assez idéale ; ils parlent la même langue, tendent vers le même but, et leur union aboutit à une réalisation magistrale où se perçoit le pouls du temps, où tout sonne avec évidence, et qui captivera durablement les amateurs de ce répertoire et, souhaitons-le, au-delà de leur cercle. À la fin du livret de présentation du programme, Jérôme Lejeune évoque son désir de continuer à explorer ces musiques dont la redécouverte lui doit déjà tant ; l’éclatante réussite de ce Vater unser nous fait espérer qu’il ne nous fera pas trop longuement attendre son successeur.

Vater unser, œuvres vocales et instrumentales de Samuel Eccard (1553-1611), Johann Hermann Schein (1586-1630), Franz Tunder (1614-1667), Heinrich Schwemmer (1621-1696), David Pohle (1624-1695), Johann Rudolph Ahle (1625-1673), Johann Christoph Bach (1642-1703), Johann Wolfgang Franck (1644-c.1710), Johann Fischer (1646-1716), Johann Theile (1646-1724), Johann Michael Bach (1648-1694), Georg Böhm (1661-1733) et anonyme

Paulin Bündgen, contre-ténor
Clematis

1 CD [durée : 79’41] Ricercar RIC 389. Ce disque est disponible chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Johann Fischer, Sonata « Hertzlich thut mich verlangen »

2. Johann Theile, Was betrübst du dich meine Seele

3. Heinrich Schwemmer, Grabgesang

18 Comments

  1. Michelle Didio

    8 juillet 2018 at 08:48

    Merci, cher Jean-Christophe pour ce « moment de grâce » dominical. Je vais prendre le temps pour écouter et lire, après une première approche de votre chronique que je trouve très fine et profonde. Je vous souhaite une très agréable journée. Bien amicales pensées.

    • Je vous remercie, chère Michelle, de vous être arrêtée sur cette chronique d’un disque envers lequel mon coup de cœur a été non seulement immédiat, mais également durable. J’y suis revenu une bonne vingtaine de fois depuis que je l’ai et j’y découvre à chaque reprise de nouveaux motifs d’émerveillement.
      Je vous souhaite un excellent dimanche et vous adresse de bien amicales pensées.

  2. Heureuse de retrouver vos chroniques de musique baroque.
    Aimé votre analyse dans vos premières lignes.

    Comme vous voyez pour pouvoir vous laisser un commentaire, je vous ai vite écrit (sourire)…

    Enthousiaste pour acheter ce CD.

    Merci Jean-Christophe.
    Bon dimanche près de la Loire.

    • Même si je tiens à ce que la musique baroque ne soit pas archi-dominante dans mes propositions, j’y reviens toujours avec beaucoup de plaisir, en particulier lorsqu’elle appartient au domaine germanique, qui m’est cher entre tous.
      Vous avez eu raison de ne pas attendre pour commenter, même si vous aviez un mois pour le faire; et puis, ça fait plaisir au rédacteur d’avoir des réactions « en direct. »
      Je vous souhaite bonne écoute de ce disque si vous vous décidez à l’acquérir, et agréable dimanche.

  3. Claude Amstutz

    8 juillet 2018 at 10:24

    Oh, quelle merveille, Jean-Christophe! Tout est beau: votre chronique, le tableau de Gerrit Dou et bien sûr, votre choix musical de ce jour. Du coup, je n’ai rien à ajouter sinon que je me réjouis de ce CD qui me permet de connaître mieux ou découvrir ces trésors de musique sacrée, si bienvenue et porteurs d’une discrète et incomparable lumière. Pour tout ceci, merci et bon dimanche à vous.

    • Connaissant un peu vos goûts musicaux, Claude, je pense que ce disque et vous avez des choses à vous dire et que si vous choisissez d’entamer un compagnonnage avec lui, il s’inscrira vraisemblablement dans la durée. Il s’en dégage quelque chose d’indiciblement lumineux qui est à la fois enthousiasmant et rassérénant.
      Grand merci pour votre mot et très beau dimanche.

  4. Bonjour mon cher Jean-Christophe,

    Je ne dirai plus que je n’aime pas la « musique chantée », parce qu’une nouvelle j’aime beaucoup ce que viens d’écouter (plusieurs fois), c’est vraiment très beau .
    Le tableau est magnifique, il me fait penser aux moines d’hier, une vie de silence et de prières., sauf qu’eux ne sont pas seuls.
    Depuis hier les moments de grâce se succèdent , ………….Un grand merci à toi. 🙂
    Je t’embrasse bien fort .

    • Bonsoir chère Tiffen,
      Allons, on ne peut pas être une amatrice de culture médiévale comme tu l’es et ne pas aimer la musique vocale, qui représente plus de 80% (au bas mot) de ce que cette période nous a légué 😉
      Je comprends tout à fait que cette chronique ait pu te reconduire mentalement sur les chemins de Cîteaux; si on est loin ici du dépouillement cistercien, la ferveur, elle, et bel et bien présente.
      Je te remercie pour ton mot et te souhaite belle soirée.
      Je t’embrasse bien fort.

      • Oui tu as raison mon cher Jean-Christophe, mais c’est une histoire de période et d’instruments.
        Je me suis intéressée à la musique médiévale qui s’étend du XIIe au XIVe. Je découvre petit à petit les musiques vocales des périodes suivantes..
        J’avais, je dois l’avouer, des a priori, mais je garde toujours mon esprit ouvert, et tant mieux, parce que certaines musiques vocales me touchent , comme celles que tu as publié aujourd’hui.
        Je te remercie car tu me permets d’emprunter des chemins où je ne serais jamais allée sans toi ^^
        Bonne soirée ou bonjour selon …
        Je t’embrasse bien fort.

        • Même pas jusqu’au XVe :-O ? Ça veut dire privée de Du Fay ou de Binchois, ce qui est bien pire que de l’être de dessert 😉
          J’espère, en tout cas, parvenir à continuer à faire fondre tes a priori; je me dis souvent que l’on ne devrait avoir que des a posteriori.
          Je te souhaite une belle soirée, ma chère Tiffen, et t’embrasse bien fort.

  5. mireille batut d'haussy

    8 juillet 2018 at 13:20

    Ici quelque chose d’essentiel nous est « rendu ».
    Combien de fois ai-je dû écouter chacun de ces extraits avant de consentir à déposer ces pauvres lignes ?
    Grand père disait : Quand une musique t’arrache de telles larmes, tout est dit.
    Ce disque que je vais rejoindre ne me quittera pas de longtemps.
    Merci, très fort, Jean-Christophe ; très, très fort. M.

    • C’est exactement la sensation qui a d’emblée été et demeure toujours la mienne à l’écoute de ce disque, Mireille : il y a ici autre chose qui s’invite et nous convie.
      Et je peux témoigner ici avoir emprunté comme vous le chemin des larmes dès sa découverte, tant l’émotion m’a submergé.
      Vos lignes ne sont pas pauvres; elles sont riches de tout ce qui les tisse et que je crois percevoir.
      Un grand merci à vous.

  6. Tout tremblant, Sparschwein, apeuré, vient de filer se cacher dans un recoin…

    Merci pour cette chronique, cher Jean-Christophe.
    Elle m’a permis d’élucider une partie d’un « mystère » qui me trifouille depuis des années. Du temps de ma voix de soprano, une mélodie ne m’a pas quitté. Je savais qu’elle faisait partie de la tradition luthérienne, mais « on » se gardait bien alors de troubler les bons petits catholiques avec les détails de qui et de comment.
    La retrouvant, bien des années plus tard, avec JSB et d’autres, le plaisir de la réécoute avait pris le pas sur la recherche.
    « Hertzlich thut mich verlangen » ici, m’a envoyé « feuilleter » pour combler cette lacune. Me voilà tout érudit 🙂
    Ne me manque plus maintenant, que de retrouver la version française et probablement très catholique, des années 1950 … Je doute que le Livre d’Isaïe que l’ermite a devant soi ait la réponse.
    Bonne fin de journée,

    r.

    • Caro Nachbar Orlando,
      Je suis la terreur des Sparschweinen, c’est bien connu, et j’espère que le vôtre consentira un petit effort pour que vous puissiez découvrir le reste de ce programme; je pense que la cantate de Johann Wolfgang Franck s’installera en vous pour ne plus s’effacer ensuite.
      Je suis touché que cette chronique, dont l’écriture n’a pas été sans une pensée pour vous, vous ait permis de renouer quelques fils de votre mémoire et d’approfondir le souvenir que vous conserviez. Je souris en imaginant les omissions et détours des bons pères pour ne pas faire entrer le loup luthérien au milieu de leurs agneaux 😉
      J’espère que vous parviendrez à dénicher l’ultime pièce de ce puzzle — vous me direz ?
      Je vous remercie pour votre mot et vous adresse de bien amicales pensées.

  7. Cher Jean-Christophe,
    J’avoue avoir été un peu réticent en lisant que le chanteur de ce disque était un contre-ténor, j’ai souvent eu un problème avec cette tessiture… Mais à l’audition j’ai été très vite rassuré, la voix de ce chanteur est parfaite pour ce genre d’oeuvre.
    De plus, comme vous le faites fort bien remarquer dans votre (toujours aussi) remarquable chronique, c’est à de véritables dialogues entre les instruments et la voix que nous avons affaire ici, ce qui n’est que pour me plaire, surtout vu le niveau de la prestation artistique de l’ensemble Clematis.
    Pour parfaire mon plaisir auditif, j’y ai retrouvé un air que j’adore: « Ach dass ich Wasser’s g’nug hätte », air qui ouvrait l’excellent disque « Lamento » de Kozena-Goebel.
    Eclatante réussite que cet enregistrement en effet – qui sera difficile à « battre » cette année – comme vous l’écrivez.
    Un grand merci de nous l’avoir fait découvrir et si bien commenté.
    Amicales pensées,
    Jean-Marc

    P.S. Merci également pour le remarquable tableau illustrant cette chronique dont le titre ne peut que me plaire, comme vous vous en doutez…

    • Cher Jean-Marc,
      Si vous vous en souvenez, je ne suis pas très amateur moi-même de voix de contre-ténor, et c’est donc avant tout le répertoire qui a attiré mon attention sur ce disque; j’avais cependant déjà eu l’occasion de relever les qualités de Paulin Bündgen dans d’autres enregistrements et la proximité de son art avec celui de Carlos Mena est, à mes yeux, le meilleur des passeports.
      Connaissant (et partageant) votre goût pour la musique germanique du XVIIe siècle, je me suis dit que cette réalisation possédait quelques sérieux atouts pour vous séduire; je constate avec plaisir que je ne me suis pas complètement trompé. Je ne sais si vous en ferez l’emplette sur support physique, mais je gage que vous y reviendrez souvent, comme c’est toujours mon cas.
      J’apprécie beaucoup et depuis longtemps Gerrit Dou, un des meilleurs élèves de Rembrandt; il a peint une série très réussie d’ermites qui n’a guère facilité mon choix (j’en ai écarté un que je garde pour plus tard).
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite bel après-midi à l’abri du cagnard.
      Amicales pensées à vous.

  8. Ce disque est enchanteur, cher Jean-Christophe, une petite merveille de virtuosité et de douceur…je viens de le commander. Grâce à vos chroniques, je découvre avec bonheur d’autres territoires que la France et l’Italie, et je vous en remercie infiniment. Puisse cette journée être douce pour vous (malgré cette chaleur etouffante). !

    • Sans trop m’avancer, chère Bénédicte, je pense que ce sera un des disques marquants de cette année et dont l’empreinte ne s’effacera pas quand bien d’autres auront été oubliés. Je suis certain qu’il sera pour vous un excellent compagnon.
      Vous pouvez compter sur moi pour continuer à mettre à l’honneur les territoires septentrionaux et en particulier germaniques; ils sont, comme vous l’avez compris depuis longtemps, une sorte de patrie mentale.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite une journée la plus à l’abri possible de cette chaleur écrasante qui assomme l’été.

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