Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Instant Bach VI. Un bouquet pour le margrave : les Concertos brandebourgeois par Zefiro

Johann Georg Platzer (Sankt Michael in Eppan, 1704 – 1761),
Concert au palais, c.1735
Huile sur cuivre, 65,3 x 92,4 cm, collection privée

 

En Saxe, les printemps sont parfois éclatants. Celui de 1721 venait tout juste d’éclore lorsque, le 24 mars, Johann Sebastian Bach mit le point final à la dédicace, en français, du recueil qui s’apprêtait à prendre le chemin de Berlin. Que resterait-il aujourd’hui de « Son Altesse Royalle/Monseigneur/CRETIEN LOUIS/Marggraf de Brandenbourg & c. & c. & c. » si les musiques rassemblées à son intention par « son tres-humble & tres obeissant Serviteur/Jean Sébastien Bach,/Maître de Chapelle de S.A.S. le/prince regnant d’Anhalt-Coethen » ne perpétuaient le souvenir de son nom ? De froides mentions dans quelques généalogies nobiliaires, moins que la poussière de ses os.

Le compositeur avait rencontré le margrave deux ans plus tôt à l’occasion de deux séjours berlinois rendus nécessaires par la commande auprès de l’atelier de Michael Mietke, fournisseur de la cour, d’un « grosse Clavecin oder Flügel mit 2 Clavituren » livré à Köthen le 14 mars 1719. L’offrande musicale faite à ce prince n’était pas plus spontanée que désintéressée ; sans doute avait-on soufflé à Bach l’idée de cet hommage qui contribuerait à l’enrichissement de la bibliothèque margraviale dont l’inventaire conservé témoigne de l’opulence du fonds de partitions, et le musicien attendait en retour quelque marque de faveur et de « pouvoir être employé en des occasions plus dignes de [votre altesse royale] et de son service, » une formulation qui, sous les mots de convention, laisse peut-être deviner une bien réelle envie d’émancipation. Les Six concerts avec plusieurs instruments, pour reprendre la terminologie employée par leur auteur – ils ne deviendront Concertos brandebourgeois que sous la plume de Philipp Spitta au XIXe siècle –, n’ont pas été composés spécifiquement pour leur prestigieux dédicataire ; l’existence de versions plus anciennes de certains d’entre eux laisse supposer que Bach puisa dans sa réserve d’œuvres pour sélectionner un bouquet représentatif de ses capacités, l’arrangeant plus ou moins profondément avant de le constituer en recueil.

Ce dernier se présente comme un véritable kaléidoscope aux couleurs et aux formes sans cesse renouvelées, à l’invention perpétuellement fusante, un enivrant mélange de saveurs fraîches et parfois légèrement désuètes brassant tous les goûts de l’Europe musicale d’alors, y compris pour le pittoresque (Poloinesse de BWV 1046). Concerts, donc, plutôt que concertos – le Premier, en fa majeur, est augmenté d’une suite de danses et regarde donc vers le monde des Ouvertures (la Bach-Gesellschaft le publia d’ailleurs avec ces dernières au XIXe siècle), le Troisième, en sol majeur (BWV 1048), n’a pas de mouvement central – qui exploitent avec autant de science que de gourmandise les alliages des timbres si fortement individualisés des instruments de l’époque, qu’il s’agisse des cabrioles cynégétiques de la paire de cors, du quatuor de bois (trois hautbois et un basson) tantôt goguenard, tantôt mélancolique (dans l’Adagio), ou du violino piccolo renforçant l’esprit très français du Premier Concert, de l’éclatante partie de trompette (en fa, pour une sonorité encore plus franche) de l’italianisant Deuxième Concert (BWV 1047) dont l’étonnant Andante laisse seuls les trois autres solistes – flûte à bec, hautbois et violon, Bach, en homme pratique, accordant au trompettiste rudement sollicité par ailleurs un peu de repos – et le continuo, de la haute voltige de la partie de violon rehaussée du coloris singulier de deux fiauti d’echo (des flageolets) parfois utilisés pour évoquer les oiseaux dans certaines scènes d’opéra du Quatrième Concert (BWV 1049), ou des ébouriffements du clavecin – pupitre tenu par le maître en personne –, véritable vedette du Cinquième Concert, probablement le plus achevé de la série. Disposés en miroir, ce qui autorise à conjecturer une organisation bipartite du recueil, les Troisième et Sixième (BWV 1051) Concerts se concentrent sur les cordes, le premier de façon novatrice en faisant dialoguer, distribution inédite, trois groupes de trois instruments chacun (violons, altos, violoncelles) mais en adoptant une structure ancienne en deux mouvements, le second en donnant la précellence à deux altos et en convoquant deux violes de gambe en un geste archaïsant évoquant la Sinfonia de la Cantate BWV 18 et ses quatre parties d’alto mais en le coulant dans le moule moderne du concerto tripartite. On s’est beaucoup interrogé – on le fait toujours – sur l’éventuelle symbolisme à l’œuvre dans ce recueil, Bach étant en la matière un récidiviste obstiné. S’il semble assez clair que les trois premiers Concerts entretiennent des liens avec les activités du dédicataire, cors de la chasse, trompette guerrière ou de la renommée, tempête d’opéra, les allusions des trois autres sont moins limpides ; le rapport entre l’ancien et le nouveau structurant BWV 1048 et BWV 1051 semble néanmoins suggérer que le temps joue un rôle essentiel dans cette mécanique ciselée dont l’un est la charnière et l’autre le fermoir. Cette éblouissante démonstration d’intelligence musicale devait cependant rester lettre morte. Lorsque l’on redécouvrit les partitions au XIXe siècle, on constata qu’elles ne portaient pas le moindre signe laissant supposer qu’elles avaient un jour été exécutées.

Lorsque j’avais chroniqué, il y a tout juste deux ans, le remarquable enregistrement de trois des quatre Ouvertures de Bach par Zefiro, j’espérais que cet ensemble nous offrirait au moins la BWV 1067 manquante. J’étais loin d’imaginer que non seulement ce serait le cas, brillamment qui plus est, car la version à la fois chaleureuse et subtilement mélancolique, si mineur oblige, proposée ici me ravit, mais que nous aurions en plus droit à une lecture des Brandebourgeois si accomplie qu’elle tient tête y compris à celle, quasi légendaire, de Musica Antiqua Köln (Archiv, 1987). Si les musiciens réunis autour d’Alfredo Bernardini, moins emportés que leurs glorieux aînés, ne leur cèdent rien en termes de cohésion et de maîtrise, ils leur dament assez aisément le pion en matière de souplesse et de sensualité. Les solistes sont tous absolument excellents, virtuoses certes, mais également extrêmement attentifs à demeurer dans une démarche d’ensemble organique où tous dansent, avec une légèreté qui fait paraître assez surfaits les claquements de talons qu’on entend parfois ailleurs, et respirent vraiment au même rythme. Le choix des tempos fait judicieusement l’impasse sur ceux trop précipités régulièrement employés, sans jamais rien concéder en termes de sveltesse, de vivacité et de rebond, mais en permettant aux voix de s’épanouir sans s’essouffler (le premier mouvement de BWV 1051 en offre un excellent exemple). Les carrures rythmiques et les articulations sont nettes, le discours d’un naturel assez emballant, mais c’est la diversité et l’éclat des couleurs qui saisissent et enthousiasment le plus immédiatement ; du tonitruant au chuchoté, du râpeux au moelleux, du coruscant au diaphane, toute la palette est là, artistement travaillée, subtilement utilisée, et mise en valeur, tout comme la polyphonie, par une prise de son de grande classe signée par Michael Seberich permettant de tout entendre avec clarté. Vous me répliquerez peut-être que vous avez déjà trois ou quatre versions des Brandebourgeois dans votre discothèque et que vous ne voyez pas l’utilité d’en ajouter encore une. Je me suis fait la même remarque, mais la musicalité raffinée, l’intelligence pétillante, l’absence d’afféterie et la radieuse convivialité de Zefiro ont tôt fait de me faire changer d’avis, me laissant pour tout regret qu’on ne conserve pas plus de pages orchestrales de Bach pour que ces musiciens nous y enchantent encore.

Johann Sebastian Bach (1685-1750), Concertos brandebourgeois BWV 1046-1051, Ouverture n°2 en si mineur BWV 1067

Zefiro
Alfredo Bernardini, hautbois & direction

2 CD [durée : 53’14 & 58’48] Arcana A452. Ce disque est disponible chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Concert n°6 BWV 1051 : [I.] [c barré]

2. Concert n°5 BWV 1050 : [II.] Affetuoso

3. Concert n°3 BWV 1048 : [II.] Allegro

4. Concert n°1 BWV 1046 : [IV.] Menuet – Trio I – Poloinesse – Trio II

24 Comments

  1. Quelle merveille cette interprétation, tout en finesse !
    Merci, cher Jean-Christophe, de nous la faire découvrir avec autant de subtilité.
    Je vous souhaite une belle journée de début d’automne.
    Bien amicalement.

    • Nous sommes bien d’accord, chère Michelle, Zefiro a choisi le camp d’un raffinement coloré et nous n’allons pas nous en plaindre.
      Je vous remercie de vous être arrêtée à cette chronique et vous souhaite un beau dimanche d’automne.
      Bien amicalement.

  2. Bonjour Jean-Christophe,

    merci pour le bleuet 😉
    BWV 1046 m’en a fait prendre plein les oreilles. Une pièce tant écoutée et là, quelle agréable surprise. « Sparschwein, viens ici! » j’aurais juré l’avoir vu ce matin, ne lui servira à rien de se cacher.
    Vous lisant, je me demandais comment, en son temps, JSB s’y prenait pour envoyer sa missive et ce que cela lui coûtait… Me voilà reparti 🙂
    Bien amicales pensées ce deuxième dimanche de l’Oktoberfest.
    r.

    • Bonsoir cher Roland,
      Je me demandais si Jean-Sébastien vous déciderait à venir muser par ici — je vous laisse imaginer ma joie de vous y retrouver.
      Je ne me suis jamais posé la question de savoir à combien revenait la poste au XVIIIe siècle, mais nous avons gagné en rapidité ce que nous avons perdu en intimité.
      Vous m’excuserez, s’il vous plaît, auprès de Sparschwein pour la séance de torture qu’il risque de subir par ma faute, mais je ne vais pas bouder mon plaisir de savoir que ces extraits vous ont plu 🙂
      Très amicalement à vous à qui je pense bien souvent.

  3. Bonjour mon cher Jean-Christophe

    Merci pour les liens ; Un qui me replonge deux ans en arrière pour mon plus grand bonheur que j’irai relire et réécouter cet après-midi, après ma promenade dominicale, et au regard de ce que j’ai mis en commentaire, je sais que cela va être le cas. Tu me notais « rendez-vous au prochain festin » et des festins tu nous en as proposés de bien beaux, comme celui d’aujourd’hui avec ta belle chronique . Et concernant la chronique antérieure, figure également un lien qui permet d’écouter plusieurs extraits.
    Quant à la musique, je ne vais pas te parler de préférence, mais de sensibilité, autant les trois premiers extraits sont d’une beauté remarquable, autant je suis beaucoup moins sensible aux derniers, particulièrement à un … Je te laisse deviner…… Un peu allergique à l’instrument .
    Merci pour cette belle chronique, pour les liens, pour la musique et pour bien plus encore…
    Je te souhaite une excellente journée dominicale , la fraîcheur commence à s’installer doucement, ce qui doit te ravir 🙂 . Je t’embrasse bien fort .
    Tiffen

    • Bonsoir ma chère Tiffen,
      Comme je te l’écrivais la semaine dernière, j’aime bien quand les chroniques se répondent, que je mette un lien ou pas; les deux qui ont précédé celle d’aujourd’hui suivaient ainsi des sillons jumeaux en dépit de leur ancrage temporel très différent.
      Ce disque de Zefiro est la continuation inespérée du précédent, il boucle la boucle dans un émerveillement de feu d’artifice et je peux te dire qu’il est souvent passé dans ma platine depuis que je l’ai. Je comprends tout à fait, en revanche, que l’on ait plus ou moins d’affinités avec tel ou tel instrument, même si je n’ai pas tes préventions envers le cor (surtout joué de cette façon) 😉
      Je te remercie pour ton mot et te souhaite, en dépit du retour — effectivement fort bienvenu – de la fraîcheur, une chaleureuse soirée.
      Je t’embrasse bien fort.

  4. Tout en écoutant j’ai imaginé, c’est ce qui est le plus facile, bien plus qu’entrer dans le tableau duquel aucun son ne sortait … et puis le peintre a signé son œuvre sur le collier du chien, facécieux.

    • Tu remarqueras, bien chère Marie, que le chien n’a pas l’air de goûter particulièrement ce qui se joue, comme quoi on peut apprécier la peinture sans être forcément mélomane.
      Je trouve le personnage masculin central absolument parfait dans son rôle de margrave — tout occupé de lui-même, entend-il ce qui se joue à ses côtés ? Il a beau afficher sa puissance, nous avons plus de chance que lui.
      Grand merci pour ton commentaire.

  5. Encore une fois, merci cher Jean-Christophe !
    Je ne connaissais pas encore les saveurs de cette version. Mais je venais de découvrir la vision chatoyante du Concerto Copenhagen de Lars Ulrik Mortensen, une nouveauté CPO.
    En reprenant vos mots, je pourrais dire : « Vous me répliquerez peut-être que vous avez déjà trois ou quatre versions des Brandebourgeois dans votre discothèque et que vous ne voyez pas l’utilité d’en ajouter encore une. Je me suis fait la même remarque, mais la musicalité raffinée, l’intelligence pétillante, l’absence d’afféterie et la radieuse convivialité du Concerto Copenhagen ont tôt fait de me faire changer d’avis »
    Bon : un Bach de plus, c’est toujours bon à prendre !
    Avec mes pensées aussi fidèles qu’amicales.
    Marc

    • Ah, j’aime beaucoup ce que fait Lars-Ulrik Mortensen, cher Marc, et j’irai volontiers écouter ses Brandebourgeois. Le pire est que j’avais noté dans un coin que cette version allait paraître (je me tiens mensuellement informé de ce que propose CPO). Bach est décidément une source de joie assez inépuisable et mes étagères vont finir par crouler.
      Grand merci pour votre mot et bien fidèlement, comme toujours.
      Amitiés.

  6. A entendre les extraits que vous nous offrez et les mêmes chez Mortensen, je trouve chez Zeffiro une urgence qui me semble parfois un peu trop appuyée, quoique joyeuse et en situation. Mortensen aussi trouve de magnifiques couleurs, avec une somptueuse prise de son, et ses choix de temps me semblent moins excessifs. Mais le premier mouvement du 6è concerto me séduit bien davantage chez Zeffiro – qu’il va falloir que j’écoute intégralement ! On en reparle ? Belle soirée.

    • Et encore Zefiro souffle-t-il plus modérément que les bourrasques colonaises; à la réécoute, Goebel et ses troupes (dont le jeune Staier qui fait des étincelles au clavecin) vont quand même très vite.
      Je vais tenter de trouver CoCo en écoute sur l’une ou l’autre plateforme et reparlons-en avec plaisir.
      Agréable soirée à vous.

  7. Mazette, quel accueil ! Ce qu’il me fallait alors que je rentre d’un séjour mosellan un peu triste… Si le Paradis existe, Bach en est le Grand Organisateur. A mon avis, très modeste, c’est le plus grand des musiciens (si j’osais, je dirais « de tous les temps », mais je ne connais pas les musiciens de tous les temps, donc il est le plus grand pour moi). Quelle revanche ce serait pour lui, si souvent traité comme un domestique par ses pairs, s’il pouvait voir simultanément tous les foyers, toutes les salles de concerts, tous les solitaires qui écoutent ses oeuvres la larme à l’oeil et tout leur être envahi de sa musique à travers le monde entier ! Ce disque, mon cher Jean-Christophe, joué avec un talent inouï, est une merveille ! L’ensemble Zefiro atteint le summum du raffinement. Il confirme ce que nous pensions et attendions de lui. Il est vrai que nous avons tous de multiples versions des Brandebourgeois, y compris celle de la Musica Antiqua Köln, mais celle -ci est particulière, pure, subtile et claire, enjouée. Il s’en dégage une joie indicible. Et vous avez des formules qui me ravissent : « Les claquements de talons qu’on entend parfois ailleurs », c’est si juste, j’en ris encore. Je me demande où vous allez chercher tout ça. Ce doit être ça le talent. Je me régale. Alors merci pour cette belle chronique et cette fin de dimanche sauvée grâce à vous.

    • Je ne sais pas, chère Simone, si Bach père est le plus grand des musiciens – comme vous le notez, c’est une appréciation très personnelle – mais il est certain qu’il est pour moi, comme pour vous, un point d’ancrage extrêmement solide auquel, y compris lorsque je m’en éloigne beaucoup, je finis toujours par revenir m’amarrer (c’est un peu la même chose avec Haydn). Je suis toujours émerveillé de constater à quel point sa musique a des vertus consolatrices (sans doute parce qu’il avait lui-même beaucoup enduré) et je ne suis pas étonné que l’écouter hier vous ait fait du bien après ce séjour difficile.
      Zefiro rend un fier service à ces Brandebourgeois en les vivifiant sans les brutaliser et la musique récompense cette attention en se faisant limpide et chatoyante; pas besoin de cravache pour avancer, cet attelage-ci sait où il va et il nous conduit vers un plaisir qui ne fait pas l’impasse sur l’intelligence.
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre commentaire et vos encouragements; ils sont précieux et me font chaud au cœur.
      Que votre journée soit belle.

  8. Bonjour Jean-Christophe,
    Merci pour ton billet et cette belle découverte de cette nouvelle version. Je crois que je vais (une fois de plus) me laisser tenter et ajouter une nouvelle version à ma collection
    Avez vous écouter le dernier CD des Zimmerman Geminiani: Concerti Grossi Op. 7 ? Peu d’extrait disponble sur le net, je ne sais pas quoi en penser.
    Bonne semaine
    Pascal

    • Bonjour Pascal,
      Je pense honnêtement – je le dis d’autant plus facilement que je n’ai pas d’actions dans la boîte, comme on dit – que cette version mérite l’investissement; elle en renvoie un certain nombre à leurs chères études.
      Le Geminiani de Café Zimmermann a été ma première écoute de samedi : je le trouve très bon et ai constaté que l’ensemble s’était heureusement débarrassé de la brutalité qui entachait, du moins à mon avis, son Avison.
      Belle semaine et à bientôt.

      • lenormand rémi et monique

        2 octobre 2018 at 09:58

        Merci pour toutes vos magnifiques découvertes, nous lisons tous vos articles et écoutons les extraits. Que d’achats à faire ! la vie est belle avec tous ces magnifiques interprètes et musiciens à l’écart des sentiers battus.
        Surtout continuez tant que vous pouvez..

        Amitiés,
        Rémi et Monique.

        • Oui, chers Monique et Rémi, nous sommes des privilégiés de pouvoir avoir accès à toutes ces beautés qui nous permettent sans doute, non d’oublier, mais de relativiser la noirceur et les petites querelles d’intérêts du monde comme il va ou plutôt comme il essaie tant bien que mal d’aller.
          Je vais tenter de m’obstiner encore un peu…
          Je vous remercie tous les deux et vous adresse un bien amical salut.

  9. Claude Amstutz

    2 octobre 2018 at 10:34

    Merci Jean-Christophe, pour l’histoire de ces concertos qui s’ajoute au plaisir toujours renouvelé de les entendre. Une interprétation qui me plaît beaucoup, à ranger effectivement à côté de celle – sublime – de Musiqua Antiqua Köln. De passionnants commentaires aussi, ci-dessus… Belle semaine à vous.

    • L’enregistrement des Brandebourgeois par Musica Antiqua Köln est celui avec lequel j’ai grandi et si quelques autres m’avaient semblé s’en approcher jusqu’ici, aucun n’était vraiment venu lui tenir tête; c’est chose faite, à mes oreilles, avec Zefiro et ces deux-ci vont faire une beau duo sur mes étagères.
      Merci pour votre commentaire, Claude, et belle suite de semaine.

  10. Jean-Marc Depasse

    13 octobre 2018 at 08:19

    Grand merci Jean-Christophe pour cette radieuse chronique musicale et grand merci Zefiro pour cette magnifique interprétation de ces six concertos, ces oeuvres qu’il me semble connaître depuis toujours.
    C’est par la porte de Brandeburg que je fis mon entrée dans l’univers de JSB, porte qui me fut ouverte par le grand Herbert (un de vos grands « amis », il me semble). Certes cette version, sortie de son contexte temporel, n’a rien d’inoubliable pour un mélomane du XXIème siècle et est tout à fait à côté des standards baroques que nous avons pu découvrir par la suite grâce au renouveau du même nom, mais pour votre serviteur, elle restera gravée à jamais dans sa mémoire comme la pose de la première pierre de cet édifice dans lequel je me sens si bien depuis presque 50 ans.
    Cette version mérite tous les qualificatifs que vous et vos lecteurs lui donnent, et elle mérite une place dans la discothèque de chaque disciple du grand JSB. Même si elle ne détrône pas, en ce qui me concerne, la version de Goebel, elle la talonne de très, très près. Une Brandeburg de plus, oui ! Un double CD Bach de plus, ben oui, et alors ! Une belle interprétation n’est jamais superflue dans une discothèque digne de ce nom. Et même si Johann Sebastian occupe la moitié des mes disques baroques, je continuerai à étoffer (je pourrais même écrire ‘étouffer’) le rayon de ma discothèque qui le concerne.
    Tout comme vous, c’est avec un vif plaisir que j’ai découvert l’ouverture en si mineur qui n’avait pas pu trouver place sur le disque précédent. Elle est sublimement interprétée. Dans ces œuvres, Zefiro a pris la tête, si je puis dire.
    En vous souhaitant une douce et reposante fin de semaine.
    Herzliche Grüsse,
    Jean-Marc

    • Nous sommes donc entrés par la même porte, que dis-je, par le même large et solennel portail dans ces Brandebourgeois, cher Jean-Marc, et le seul souvenir que je conserve de l’interprétation de Karajan (mon premier disque Bach également) est sa lenteur et son air quelque peu hautain — je n’aurais plus la force d’y jeter une oreille aujourd’hui.
      Comme vous le savez, j’ai grandi, un peu plus tard, avec la version de Musica Antiqua Köln – avec un étincelant claveciniste en son sein qui devait occuper par la suite une place privilégiée dans mes écoutes, Andreas Staier – et bien que j’aie écouté ensuite nombre d’autres lectures, aucune ne me semblait pouvoir faire jeu égal avec elle. Avec Zefiro, c’est fait et brillamment fait, à tel point qu’il y a même des concertos, en particulier le Sixième, où je trouve les nouveaux venus meilleurs (en l’occurrence moins précipités) que les anciens.
      Bach occupe également une très grande part de ma discothèque, avec plus de répétitions qu’aucun autre compositeur (je dois avoir une dizaine de Messe en si, par exemple); il demeure celui vers lequel je finis toujours par revenir à un moment ou à un autre, et ce n’est probablement pas fini.
      Je vous remercie pour votre longue intervention, très appréciée, et vous souhaite belle fin de journée.
      Amitiés,
      Jean-Christophe

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