Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

L’art du caprice. Les Concerti grossi op.7 de Geminiani par Café Zimmermann

Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto (Venise, 1697 – 1768),
Capriccio. Paysage anglais avec colonne, c.1754
Huile sur toile, 134 x 106,4 cm, Washington, National Gallery of Art

 

Le nombre d’œuvres conservées dans ses collections publiques comme privées prouve à quel point l’Angleterre aima Canaletto. Il avait fallu qu’un Irlandais ruiné, Owen McSwiney, vivotant contre mauvaise fortune à Venise, s’intéressât au travail de ce peintre alors tout juste trentenaire, lui suggérant de réaliser des images de plus modeste format que celles qu’il produisait et d’y mettre en valeur les aspects de la cité lagunaire les plus susceptibles de plaire aux visiteurs étrangers, puis le recommandât au duc de Richmond pour qu’un premier lien se tisse entre son pinceau lumineux et la brumeuse Albion. McSwiney avait un ami anglais, Joseph Smith, homme d’affaires et collectionneur établi lui aussi dans la Sérénissime, qui acheta d’abord des œuvres de Canaletto pour son propre plaisir avant de s’en faire le pourvoyeur pour son pays, allant jusqu’à permettre à l’artiste, afin de le rapprocher de sa clientèle potentielle, d’y travailler quelque temps ; celui-ci posa le pied à Londres à la fin du mois de mai 1746 et, hormis un retour en sa patrie entre la fin de 1750 et l’été 1751, séjourna sur la Grande Île jusqu’en 1755.

Francesco Geminiani était Toscan, de Lucques comme Luigi Boccherini. Plutôt que l’Espagne, il choisit l’Angleterre pour faire carrière à l’imitation d’un ogre nommé Händel, tellement italianisé qu’on avait presque fini par oublier qu’il était né Saxon. En 1716, deux ans après son arrivée à Londres, l’effervescence suscitée par la publication de ses Sonates pour violon et basse continue opus 1 lui valut d’être invité à les interpréter devant le roi George Ier ; à la demande de Geminiani qui tenait son talent en haute estime, Händel fut prié d’assurer la partie de clavecin pour l’occasion. Le grand homme du Lucquois restait cependant Corelli auprès duquel il avait étudié à Rome et pour lequel l’engouement outre-Manche ne faiblissait pas ; en 1726, dans un geste d’hommage non exempt toutefois de considérations commerciales, l’élève livrait au public douze concerti grossi adaptés de l’Opus 5 de son maître, des orchestrations qui rencontrèrent un succès immédiat, contribuant, au même titre que les réalisations de Händel, à enraciner cette forme typiquement baroque dans le sol britannique – la tradition se poursuivra au moins jusqu’à Michael Tippett –, et demeurent aujourd’hui les plus régulièrement jouées de leur auteur (il faut connaître la splendide lecture qu’en grava l’Ensemble 415 en 2003 durant son flamboyant automne chez Zig-Zag Territoires). Son dernier essai dans le genre, vingt ans après, ne connut pas la même fortune, une désaffection qui perdure toujours actuellement.
Geminiani était, semble-t-il, réputé pour ses foucades (Tartini le qualifiait de « furibondo »), et les Concerti grossi du mal-aimé opus 7 portent indubitablement la trace de l’esprit aventureux qui désarçonna plus d’un observateur contemporain et, s’il faut en croire le célèbre mais pas toujours impartial musicographe Charles Burney, lui coûta sa place à la tête de l’orchestre de Naples ; le passage vaut la peine d’être cité : « on découvrit qu’il était si extravagant et si instable dans sa battue qu’au lieu de coordonner et de diriger l’orchestre, il y semait la confusion, car aucun des instrumentistes n’était capable de suivre son tempo rubato ni ses autres accélérations et détentes inattendues de la mesure. » Sans doute le trait est-il un peu appuyé, mais au moins laisse-t-il deviner un caractère aussi passionné qu’individualiste qui, à la fin de sa carrière londonienne, conçut de l’amertume en constatant le hiatus entre la haute idée qu’il se faisait de son art et l’accueil d’un public qui « se contentait volontiers d’insipidité. » L’Opus 7 commence de la façon la plus canonique qui soit, par deux concertos da chiesa respectant parfaitement la coupe lent-vif-lent-vif, celui en ré majeur (H.115) plutôt détendu et faisant la part belle au chant, malgré un deuxième mouvement intitulé L’Arte della Fuga au sourire à vrai dire assez épanoui, contrastant avec la solennité, voire la sévérité de son pendant en ré mineur (H.116) où, dans un jeu de symétrie trop facétieux pour ne pas être calculé, s’entend en seconde position une sorte de gigue sérieuse. Le respect strict de la forme se dissout ensuite pour faire place à trois concertos en trois mouvements et à un ultime en cinq. Celui en ut majeur (H.117) est intrigant en ce que son propos est d’être « composé dans trois styles différents : français, anglais et italien » mais que l’on n’y détecte guère de couleur locale ; Geminiani a-t-il souhaité faire le portrait de ces nations, avec un Presto noblement fiérot pour la première, un Andante sombrement rêveur pour la seconde, et un Allegro assai délicatement conquérant (dont les harmonies font songer à Durante) pour la troisième ? De H.118 en ré mineur, on retiendra l’ample et frissonnant Andante liminaire et le finale tripartite, tour à tour sautillant et attendri, tandis que H.119 en ut mineur, après une ouverture à la pompe toute française, ne cesse de développer une atmosphère ambiguë et non exempte d’une indéfinissable inquiétude. Insaisissable est sans doute l’adjectif le plus propre pour qualifier l’ultime concerto, en si bémol majeur (H.120), qui voit se succéder, en contrastes parfois abrupts, pas moins de quatorze sections formant en quelque sorte un kaléidoscope d’atmosphères et d’affects esquissant le règne à venir de la Sensibilité (Empfindsamkeit) ; il ne fait guère de doute qu’en 1746, malgré la dédicace « alla celebre Accademia della buona ed antica musica » (l’Academy of Ancient Music historique, dont Geminiani fut un des fondateurs vingt ans plus tôt), tout ceci ait dû paraître furiously baroque à ceux que leur goût inclinait désormais à la symétrie classique.

En 1754, Canaletto réalisa pour la prestigieuse famille des barons King une série de six capriccios dont certains mêlent habilement des motifs anglais, réminiscences recomposées de la campagne ou citations précises de bâtiments, à un imaginaire et une touche évidemment italiennes, scellant la rencontre de deux univers a priori bien distincts l’un de l’autre. À cette époque, sentant son heure passée, Geminiani avait déjà tourné ses regards vers les Provinces-Unies, la France et l’Irlande où, chaleureusement accueilli, il finit par s’installer. À Dublin, où il mourut en 1762, l’amateur de peinture qu’il était, tout comme Corelli, finit même par faire commerce de tableaux. Qui sait si quelques vedute vénitiennes ne passèrent pas entre ses mains ?

Café Zimmermann n’en est pas à son coup d’essai dans le répertoire composé en Angleterre au mitan du XVIIIe siècle puisqu’il s’était déjà penché, il y a une quinzaine d’années, sur le recueil des Concertos in Seven Parts d’après Scarlatti publiés par Charles Avison, un des élèves de Geminiani, en 1744, dans une anthologie qui avait fait alors grand bruit mais dont la brusquerie m’a toujours laissé assez perplexe (Alpha, 2002). Ce nouveau disque démontre que l’ensemble n’a nullement renoncé à sa vivacité et à son goût pour des contrastes tranchés, mais également qu’il a visiblement gagné en mesure et donne aujourd’hui la primauté à la ligne plutôt qu’à l’effet. Sa lecture des Concerti grossi opus 7, très engagée, est d’une intensité concentrée, d’une sensibilité raffinée et d’une attention au chant, présent un peu partout dans ces six œuvres, qui rappellent quelquefois la manière de l’Ensemble 415 (avec un peu plus de tension) et font immanquablement mouche, soulignant la maturité de musiciens en pleine possession de leurs moyens, en mesure, donc, de révéler la cohérence de partitions dont on a trop souvent estimé qu’elles en étaient dénuées. Il y a dans le regard qu’ils portent sur cette musique prodigue de surprises autant de tendresse que de curiosité, enveloppée ici par un lyrisme chaleureux, pimentée là par un humour incisif que n’aurait certainement pas désapprouvés l’auteur, et tant l’énergie que la maîtrise qu’ils déploient pour la servir révèlent à chaque instant leur désir de lui redonner le lustre et la place qu’elle mérite. Le son plein et charnu tout en restant extrêmement lisible et délié – les manettes magiques d’Aline Blondiau sont encore passées par là –, la discipline irréprochable, la dynamique véritablement communicative, tout concourt à faire de cette réalisation une vraie belle réussite, « passant outre certains des canons auxquels la musique baroque nous a habitués, rassurants dans le confort du connu », pour reprendre les mots du premier violon, Pablo Valetti, y compris, est-on tenté d’ajouter, certains des caprices auxquels Café Zimmermann nous avait accoutumés et dont l’absence ici montre la capacité de l’ensemble à se réinventer sans rien renier de son identité, une raison supplémentaire pour lui rester fidèle.

Francesco Geminiani (1687-1762), Concerti grossi opus 7, H.115-120

Café Zimmermann

1 CD [durée : 64’05] Alpha classics 396. Ce disque est disponible chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Extraits choisis :

1. Concerto en ré mineur, H.116 : [I.] Grave

2. Concerto en ut mineur, H.119 : [II.] AllegroGrave

3. Concerto en ut majeur, H.117 : [II.] Inglese. Andante

4. Concerto en si bémol majeur, H.120 : [V] AndanteAdagioAllegro assaiAdagioPresto

15 Comments

  1. Bonjour mon cher Jean-Christophe,

    Quelle magnifique peinture, quand j’ai zoomé, j’ai pu remarquer tous les petits détails, c’est plus que beau ! Les personnages sont particulièrement réussis. L’adjectif « magnifique » convient bien .

    J’ai beaucoup aimé les extraits (écoutés plusieurs fois). Comme c’est bien joué, c’est vivant et apaisant à la fois. (Enfin, ce n’est que le ressenti de la novice que je suis).

    Une chronique comme toujours passionnante et enrichissante. Quel plaisir de te lire ! 🙂

    Merci beaucoup, pour ce très beau moment passé ici .
    Je te souhaite un bel après-midi sans oublier de t’embrasser bien fort.

    A très vite 🙂
    Tiffen

    • Bonjour ma chère Tiffen,
      Cette chronique représente quelques grosses heures de travail mais je pense qu’elle est hélas trop longue pour la « génération 140 signes »; dommage pour Canaletto (beau tableau, n’est-ce-pas ? Parmi les personnages, j’avoue une préférence pour celui, songeur, qui s’appuie sur une balustrade au premier plan) et pour Geminiani, tous deux passionnants.
      Je suis le travail de Café Zimmermann depuis ses débuts et retrouver cet ensemble en si bonne forme me fait vraiment plaisir. Je pense qu’il s’est beaucoup investi dans ce projet pour notre bonheur à tous.
      Je te remercie pour ton mot et te souhaite bon après-midi dominical.
      Je t’embrasse bien fort.

  2. Martin gester

    14 octobre 2018 at 15:41

    Belle réalisation : la musique, l’interprétation (ce qu’on en entend : ce Café-là est de mieux en mieux), la critique et les tableaux ! Merci et beau dimanche.

    • Merci pour votre retour, Martin, et je suis absolument d’accord avec vous quant à la bonification de Café Zimmermann; cette chronique m’a d’ailleurs fait prendre conscience du temps passé : ses débuts dans Bach sont plus lointains que je l’imaginais.
      Belle fin de dimanche à vous.

  3. Mireille Batut d'Haussy

    14 octobre 2018 at 18:47

    La sociologie de la culture est, sans aucun doute, la discipline des sciences humaines qui m’a toujours le plus amusée, tant elle joue de l’effet « panier à salade », tellement sain pour lutter contre les idées reçues , les conventions qui conviennent aux modes et vogues, le confort du croire-savoir, le romanesque qui déteint sauf si.
    Autant dire le plaisir que je viens de prendre à vous lire, moi que l’on trouve « ironique à l’excès, prompte au mauvais esprit », alors que mon envie constante de pouvoir apprécier me place plutôt côté « bon public ».
    Depuis leur tournée avec Andreas Staier, début 2017, et le très récent concert au Fest. Muz. Veche Timisoara, je n’entends dire que du bien de cet ensemble. Il n’empêche que les articles que j’ai pu lire concernant ce disque tout récent m’ont parus ennuyeux ; ils donnent des « notes » , débordent de considérations techniques qui lassent autant les musiciens que les amateurs, parce qu’il est inconvenant de rester à ce point à mi-chemin (autant en emprunter d’autres).
    Bref, c’est bien votre chronique malicieuse, dont le choix des extraits est excellent qui va me décider à céder à l’appel du violon de Pablo Valetti dans l’atmosphère délectable de l’auditorium Campra pour 65 minutes de musique pleine d’humeurs et de caractères.

    Merci pour l’intérêt luxuriant porté sur un moment de création que vous rendez si humain et si vivant que l’Ensemble paraît y appartenir, y évoluer tellement à l’aise. M.

    • Depuis ma première écoute de ce disque, je me pose la question de savoir comment je vais pouvoir en parler; j’ai certes un peu étudié la musique en Angleterre au XVIIIe siècle, mais je ne voulais pas m’en tenir à l’histoire du concerto grosso ni à une stricte biographie de Geminiani. Comme vous le savez, la recherche d’illustration fait intimement partie de ma réflexion dans le cadre de ces chroniques; j’avais songé d’emblée à Canaletto et les éléments que j’ai pu récolter sur les « Lovelace Capriccios », comme on les surnomme, ont été un ferment supplémentaire — vous avez lu la suite.
      Café Zimmermann fait partie de ces jeunes pousses extrêmement prometteuses repérées et cultivées par le label Alpha lorsqu’il était dirigé par son créateur, Jean-Paul Combet; ces musiciens ont fait du chemin depuis, ils ont bien grandi. À mes oreilles, ce disque marque une étape de maturité, raison pour laquelle je souhaitais tenter de lui rendre justice. Votre retour me laisse supposer que mon effort n’a pas été totalement vain puisqu’il vous a donné l’envie d’aller en écouter plus.
      Je pense néanmoins que les donneurs de notes ont de très beaux jours devant eux, et encore plus en ces temps d’hégémonie du pouce vers le haut, et qu’ils seront toujours là quand la lassitude m’aura fait jeter l’éponge : les décideurs veulent du court, du quantifiable, du vendeur; ils n’ont nul besoin du fatras que je déploie autour, et c’est de plus en plus vrai pour nombre de musiciens (il existe heureusement encore une poignée d’exceptions).
      Une réaction comme la vôtre, Mireille, est précieuse, non seulement parce qu’elle est rare (on ne s’est pas bousculé sur cette publication) mais surtout parce qu’elle est vraie. Je n’y vois absolument pas la marque de quelqu’un qui serait « prompte au mauvais esprit » mais d’une bienveillance qui préfère prendre le risque de la déception plutôt que risquer la sclérose du dédain ou de l’indifférence; par les temps qui courent, cette attitude est de moins en moins répandue et je vous en suis particulièrement reconnaissant.
      Merci à vous.

      • Mireille Batut d'Haussy

        14 octobre 2018 at 21:46

        Votre démarche ( sur Facebook, peut-être plus qu’ici ) possède un caractère éducatif et initiateur auquel il ne faut pas renoncer. Depuis plusieurs années, je note que vous faites découvrir souvent et à beaucoup. Ni langue de bois à l’intention exclusive de praticiens, de spécialistes, mais une approche pluridisciplinaire qui est et devrait rester celle d’amateurs sans parler des authentiques historiens d’arts et sociologues de la culture.
        Votre style est avenant et soigné, ce n’est certes pas celui qui se veut strictement « efficace » des VRP du disque and Co.
        Votre lassitude et votre découragement seraient pour nous un échec.
        Nous attendons que vous poursuiviez votre tâche de réveiller et de nourrir nos aspirations, parce que c’est vital pour tous.
        Je souhaite que vous m’entendiez – très fort – et pour de vrai.

        MBH

        • Vous allez sourire, mais cette volonté de ne pas m’adresser à un petit cénacle d’initiés voire de spécialistes m’a déjà été reproché, et j’ai pu lire ici ou là que mon travail était « bon pour les non-initiés » (lire, naturellement, « tout juste bon pour ») Pour le reste, je soigne les choses autant que je le peux, afin de ne pas proposer quoi que ce soit de négligé qui desservirait les projets à propos desquels je me risque à m’exprimer.
          Quel que soit l’avenir de tout ceci, ne doutez pas un instant que je suis particulièrement sensible à tous les efforts que vous déployez pour soutenir le mien.

        • Bonjour
          Je me permets …. . Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous dites M.
          Je suis plus que novice en musique ancienne, et Jean-Christophe m’apporte tellement, mes lacunes sont encore nombreuses, je compte donc sur lui pour en combler quelques unes.

          Je ne suis pas douée avec les mots, je dirai simplement ceci à mon ami Jean-Christophe ; ne nous quitte pas !

          J’espère que vous me pardonnerez cette intrusion.

  4. christophe ancey

    16 octobre 2018 at 21:14

    Bonsoir,
    Comme on sent une pointe de découragement, peut-être d’amertume, je ne peux que me joindre au concert des louanges sur votre travail, fort apprécié depuis la Passée des arts il y a quelques années. J’aime bien vos billets, le texte et les illustrations. Je dois confesser que comme sans doute beaucoup, j’achète de nouveaux albums principalement sous le filtre des critiques de Diapason. Faute de temps, et sans doute aussi faute de la culture adéquate, je me fie souvent à leurs avis, même si pour certains compositeurs (le baroque français) et interprètes, mes avis peuvent différer des leurs (je suis ainsi souvent en désaccord avec la critique de certaines interprétations de Paolo Pandolfo ou Christophe Rousset, par exemple). C’est ainsi que j’avais négligé Charles Dollé de Robin Pharo l’an dernier, et c’est votre billet qui a attiré mon attention sur cet album, bien moins ‘inintéressant’ que la critique ne pouvait le laisser croire. Dernièrement c’est votre billet sur Tiago Simas Freire qui m’a poussé à acheter l’album. Bref, je ne peux que vous faire part du plaisir que vous procurez en nos chaumières de ce côté-ci de la frontière.
    Bien à vous,
    C. Ancey, Lausanne

    PS : pour cet album, appréciant fort à la fois le Café Zimmermann (surtout dans Bach) et Geminiani, j’avais acheté l’album dès sa sortie. Mais j’ai beaucoup appris aussi de votre billet même si pour une fois il n’a pas été l’élément déclencheur.

    • Bonjour,
      Je définirais plutôt mon sentiment comme une sorte de résignation, ce qui n’interdit pas une pointe de frustration teintée d’incrédulité.
      Depuis que je sais les intérêts financiers et/ou personnels qui motivent l’attribution d’une partie des récompenses de la presse dite spécialisée, j’ai cessé de la lire et ça fait donc des années que je ne sais plus ce qui s’y passe. Le fait de travailler de manière totalement indépendante, s’il réduit nécessairement la portée de mes écrits – je n’ai pas la force de frappe de ces grosses machines –, me permet de prendre plus de temps pour les disques sur lesquels je me penche et d’en proposer une approche que j’espère différente et, si possible, intéressante, chaque chronique nécessitant un nombre conséquent d’heures de recherches et de rédaction. Je suis, en tout cas, ravi d’apprendre que l’une ou l’autre recension ait pu vous permettre d’aller à la rencontre de disques sur lesquels vous ne vous seriez pas forcément arrêté; c’est ce que je considère comme la part « noble » de mon travail.
      Je vous remercie pour vos encouragements que j’apprécie particulièrement à ce moment précis, et j’espère continuer à mériter votre confiance.
      Bien à vous.

  5. lenormand remi et monique

    17 octobre 2018 at 15:58

    Cher Jean-Christophe,

    Associer Canaletto à Geminiani et Café Zimmermann convient idéalement, une merveille.
    Toujours compter sur ce magnifique ensemble inventif et toujours jeune. Un vrai bonheur.

    Amitiés.

    Rémi et Monique.

    • Chers Monique et Rémi,
      À quelques exceptions près, dont le disque Avison que je cite, j’ai très souvent adhéré aux propositions de Café Zimmermann, que je suis depuis ses débuts chez Alpha en écho à ses prestations dans la cadre de l’Académie Bach d’Arques-La-Bataille. La qualité de cette réalisation honore cet ensemble dont la maturité s’annonce passionnante.
      Je vous remercie pour votre commentaire.
      Amitiés.

  6. Jean-Marc Depasse

    14 novembre 2018 at 07:35

    Peinture, histoire, musicologie, critique musicale, que voilà une chronique bien « dodue » et excellemment ficelée !
    J’ai encore appris beaucoup de choses grâce à vous et j’avoue que je prends aujourd’hui presque autant de plaisir à vous lire « parlant » de peinture que de musique, ce qui (je dois l’avouer) n’était pas du tout le cas au début, quand j’ai découvert votre ancien blog Passée des Arts. Seule la musique m’intéressait alors et vous êtes donc en train de me convertir à d’autres formes d’art que celui des notes, et en ceci je vous suis bien reconnaissant mon ami.
    Vos explications musicologiques sur les différents concertos sont fascinantes et enrichissantes comme toujours, et peut-être même plus encore ici que dans les dernières chroniques. Quel travail!
    Encore une bien belle réussite de cet ensemble que je chéris depuis de nombreuses années (même leur Avison ) et que j’espère voir perdurer dans ce monde déliquescent…
    Avec toute mon amitié,
    Jean-Marc

    • Je vais vous faire un aveu qui vous semblera peut-être immodeste, cher Jean-Marc, mais je suis globalement plutôt satisfait de cette chronique dans laquelle peinture et musique se répondent de façon assez serrée, d’autant que j’ai trouvé le livret du disque assez pauvre; cette petite vanité a déjà été punie puisque mon travail n’a pas eu l’accueil que j’escomptais — bien fait pour moi.
      Dieu merci, ces carabistouilles ne retirent rien à l’excellence de cette réalisation qui propose des œuvres assez peu jouées dans les meilleures conditions possible, tant du point de vue de l’interprétation que de captation. Si j’en crois ce que j’ai lu, le prochain disque de Café Zimmermann s’attardera dans l’Allemagne du XVIIe siècle et je me réjouis donc tout particulièrement de le découvrir, cette époque m’étant chère, tout comme à vous.
      Je vous remercie pour votre mot et vous adresse de bien amicales pensées.

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