Wunderkammern

Trouvailles pour esprits curieux

Albion Leaf 2. L’âge d’homme. A Pastoral Symphony de Ralph Vaughan Williams

« Parfois, le retour à la vie de tous les jours me terrifie, tant elle est criblée d’absences. »

Ralph Vaughan Williams à Gustav Holst, lettre du 21 octobre 1916

Paul Nash (Kensington, 1889 – Boscombe, 1946),
We are Making a New World, 1918
Huile sur toile, 71,1 x 91,4 cm, Londres, Imperial War Museum

 

Il faut imaginer son incrédulité, sans doute sa déception, peut-être sa colère – l’homme pouvait, semble-t-il, être sujet à de brusques emportements – contre le public et les critiques qui n’entendaient rien, mais aussi vraisemblablement contre lui-même. Il se maudissait d’avoir donné un titre à cette troisième symphonie qui représentait tant à ses yeux et que ce geste la conduisît à être reçue pour ce qu’elle n’était pas ; il s’en souviendrait pour le futur en bannissant cet usage, l’exception de la Sinfonia Antartica, œuvre indissolublement liée à la musique composée pour le film Scott of the Antartic, n’en constituant pas réellement une.

Une Symphonie pastorale, et les auditeurs, y compris les plus censément connaisseurs, de chercher à entrevoir entre les notes, à la suite de la création londonienne le 26 janvier 1922 sous la baguette d’Adrian Boult, qui des paysages des Costwolds, qui des réminiscences des tableaux de Constable, qui des vaches regardant par-dessus leur clôture, les commentateurs les moins amènes allant même jusqu’à pointer le caractère exclusivement – à comprendre au sens fort d’une imperméabilité à ce qui n’appartenait pas à cette sphère mentale – anglais de la partition.
Rien n’est plus erroné que cette assertion, car s’il est bien un pays vers lequel Ralph Vaughan Williams tourne ici obstinément son regard, c’est la France. Lorsque éclata la Première Guerre mondiale, le compositeur, mentant sur son âge (il avait dépassé la limite réglementaire des quarante ans) décida de s’engager dans le corps médical de l’Armée royale britannique ; il fut déployé entre autres dans le Nord de l’Hexagone en qualité d’ambulancier en 1916, une année qui le meurtrit profondément car, outre le terrible harassement d’un quotidien tragique, son ami George Butterworth, dont la présence et les encouragements avaient été cruciaux dans la genèse de la London Symphony, fut tué au combat près de Pozières au matin du 5 août. C’est dans ce contexte que s’ébaucha A Pastoral Symphony dont l’élaboration se poursuivit jusqu’en 1921 ; elle est la première partition d’envergure achevée par le compositeur après sa démobilisation, même si une de ses plus célèbres, The Lark Ascending, qui frôle un instant de son aile, au violon solo, le début du mouvement initial de la symphonie, fut créée en juin 1921 — les liens entre les deux œuvres sont d’ailleurs plus étroits qu’on l’imagine, la seconde, imaginée en 1914 et retravaillée ensuite, faisant comme la première un fort usage des tournures modales afin de contribuer à créer une atmosphère suspendue et une sensation de perte, loin du sentimentalisme plaisant mais simplet dans lequel on a souvent tenté de l’enfermer.

« Il s’agit vraiment d’une musique de temps de guerre. Une grande partie en a incubé lorsque, nuit après nuit, je montais dans l’ambulance à Écoivres ; nous avons grimpé un raidillon et là, il y avait un magnifique paysage au couchant à la manière de Corot » écrivit Vaughan Williams dans une lettre datée du 4 octobre 1938 à Ursula Wood, rencontrée précisément cette année et qu’il épousa en 1953, dans un rare mouvement de confidence sur une ses œuvres. Comparée à ses deux flamboyantes prédécessrices, A Pastoral Symphony fait le choix d’une palette restreinte de couleurs, comme le Corot des Souvenirs (de Mortefontaine, de Vigen, des lacs de Nemi ou de Garde), mais également d’émotions, une concentration encore soulignée par des tempos où, y compris dans le Scherzo, traditionnellement plus rapide, domine l’indication moderato. La remembrance constitue un des, sinon le fil essentiel qui relie ces quatre mouvements. La première qui nous accueille immédiatement est celle de Maurice Ravel, un des maîtres de Vaughan Williams qui prit part, tout comme lui, au conflit en qualité de conducteur, et les oscillations aux bois sur lesquelles s’ouvrent l’œuvre nous entraînent vers un territoire situé entre les préludes de Ma Mère l’Oye (1910-1912) et de ce mémorial élevé aux amis morts à la guerre qu’est le Tombeau de Couperin (1917-18), rêve encore empreint d’innocence enfantine déchiré dans les barbelés du réel. La plus saisissante et intensément émouvante de ces réminiscences est sans doute celle issue directement de l’expérience du compositeur dont il s’ouvre dans sa lettre du 4 octobre 1938 : « Un clairon s’entraînait et ce son s’intégra au paysage vespéral ; il est à l’origine de la longue cadence de trompette du deuxième mouvement de la symphonie. » Cette ligne constituée uniquement d’harmoniques naturelles planant au-dessus d’un ensemble réduit à un murmure aussi impalpable que la rosée montant au crépuscule constitue un instant dont la suspension ne tarde pas à se teinter de lueurs tragiques, amplifiées par la montée angoissée de l’orchestre ; c’est le clairon de la sonnerie aux morts, la trompette peut-être du Jugement Dernier ; c’est l’irruption de la mort qui sonne irrémédiablement la fin d’une idylle dès l’origine en trompe-l’œil, que la résignation de la reprise de ce passage par le cor, cet instrument des lointains, redira en conclusion du mouvement. La partie la plus « anglaise » de l’œuvre est incontestablement le Scherzo dont les rythmes de danse marqués pesante se souviennent de l’époque Tudor – le matériau utilisé est antérieur à 1914, alors que Vaughan Willliams envisageait d’écrire une pièce inspirée du Falstaff des Joyeuses commères de Windsor – mais en la réinventant ; il est frappant de constater combien cette résurgence nationale sonne décalée, voire déplacée dans un tel contexte. Le compositeur voulait-il signifier, au travers de ce mouvement qui semble piétiner et tourner en rond, l’inanité de se raccrocher à un passé brillant et conquérant lorsque l’on était cerné de tous côtés par les atrocités des combats ? Un roulement de tambour comme le départ d’une marche funèbre – est-ce une coïncidence si la Rhapsodie A Shrophshire Lad (1911) de Butterworth s’éteint sur ce motif et si la page de son ami semble donc, en quelque sorte, la prolonger ? – puis une voix qui s’élève, blanche, sans mots parce qu’ils ont été défaits sous les balles et les bombes, réduits à l’impuissance d’exprimer la douleur et l’horreur. Et lentement, par deux fois, interrompue par les cris de douleur de l’orchestre, une force s’agrège et se déploie majestueusement, comme une espérance que la mort n’aurait pas totalement anéantie, portée par un geste d’une chaleur et d’une tendresse immenses, à la fois rassérénant – on entend presque une fanfare de victoire lors de la seconde occurrence – et déchirant quand se défait l’étreinte et que l’on réalise qu’il était celui de l’adieu à ceux auxquels seule la mémoire des survivants offre désormais l’aube d’une éternité. Alors la voix peut revenir, blanche, lointaine et nue avant que le silence étende sur eux définitivement sa chape.

L’idée de pastorale, dans les deux sens, littéraire et religieux, que ce mot revêt en anglais comme en français, semble avoir beaucoup préoccupé Vaughan Williams en ce tout début de la décennie 1920 puisque fut créé tout juste six mois après la symphonie, le 11 juillet 1922, The Shepherds of the Delectable Mountains, une scène dramatique qualifiée par le compositeur de « pastoral episode » d’après The Pilgrim’s Progress de John Bunyan (1628-1688), un des ouvrages de prédilection des soldats britanniques de la Grande Guerre et un véritable compagnon de route pour le musicien qui y reviendra en tout quatre fois, la dernière en 1951-52 dans l’opéra éponyme ; il décrit la fin du chemin d’un pèlerin vers la Cité Céleste, où son arrivée est saluée par deux trompettes résonnant dans le lointain, ce qui n’est qu’un des points communs entre cette œuvre et la Pastoral Symphony ; elles s’éclairent mutuellement, la noirceur tourmentée et sans issue de la seconde apparaissant comme le double inversé de l’espérance à la fois exaltée et sereine de la première. Les « eaux profondes » de la rivière de la mort n’ont pas arrêté le pérégrin oint de baumes par trois bergers secourables ; elles ont englouti la troupe des soldats abandonnée à elle-même sous le feu de la mitraille. La pastorale, c’est aussi le serpent sinuant entre les fleurs du printemps et mordant Eurydice ou les bergers de Poussin réunis autour d’une tombe, un Et in Arcadia ego dont furent privés tant de soldats au corps déchiqueté, perdu, auxquels A Pastoral Symphony élève une stèle sombre où se reflètent les ultimes lueurs du couchant dissolvant les formes de la civilisation de jadis, dévastée comme le paysage de We are Making a New World de Paul Nash, vision hagarde d’un nouveau monde verdâtre et terreux comme un cadavre que les rayons du soleil sont impuissants à réchauffer.

Dans le parcours de Vaughan Williams, A Pastoral Symphony, partition à la construction particulièrement complexe et ciselée, marque la fin d’un cycle et sa décantation annonce le virage radical qui s’opérera avec la cinglante Quatrième Symphonie douze ans plus tard, un intervalle qui en dit long sur l’épreuve intime que constitua le travail sur cette Troisième. Accompagné de ses absents, arraché sans retour à l’innocence, le compositeur entre avec elle dans son âge d’homme, celui où se fait plus aiguë la conscience de vivre et le prix qu’il en coûte.

Pistes discographiques :

Il existe de nombreuses très belles versions de la Pastoral Symphony parmi lesquelles se distinguent, entre autres, celles Vernon Handley avec le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra (EMI Eminence, 1992) ou de Bernard Haitink avec le London Philharmonic Orchestra (EMI, 1998). Deux intégrales sont actuellement en cours : Andrew Manze a livré une lecture impeccablement radiographiée mais hélas un peu froide chez Onyx Classics, on attend avec beaucoup de curiosité celle de Martyn Brabbins chez Hyperion. J’ai volontairement choisi deux enregistrements chronologiquement très éloignés l’un de l’autre mais qui comptent, à mon avis, parmi les plus aboutis de l’œuvre, celui d’Adrian Boult réalisé à la tête du London Philharmonic Orchestra en décembre 1952 (Decca, excellente mono) dont la rigueur toute classique ne freine jamais l’émotion, et celui fouillé, tendu, dramatique et chaleureux de Mark Elder dirigeant « son » Hallé Orchestra (septembre 2013, Hallé).

Ralph Vaughan Williams (1872-1958), A Pastoral Symphony

[II.] Lento moderato

Hallé Orchestra
Sir Mark Elder, direction

1 CD Hallé HLL 7540

[IV] LentoModerato maestoso

London Philharmonic Orchestra
Margaret Ritchie, soprano
Sir Adrian Boult, direction

1 coffret de 5 CD Decca 473241-2

24 Comments

  1. Grand merci !!
    Nous avons été bien gâtés en Grande Bretagne au cours du voyage musical de l’académie Bach avec une conférence sur ce compositeur, dans un château qui abrité une collection extraordinaire d’instruments anciens…
    Bonne journée, Jean-Christophe. Cette chronique est passionnante.

    • On ne parle jamais assez de Ralph Vaughan Williams, Michèle, et j’espère qu’un jour l’Académie Bach (RVW était un grand admirateur de l’œuvre du Cantor, qu’il dirigeait) aura la possibilité de programmer quelques-unes de ses œuvres (pas seulement chorales), ce serait rudement bien.
      Je vous souhaite un bon dimanche et vous remercie pour votre commentaire sur ce long billet dominical.

  2. Michelle Didio

    11 novembre 2018 at 11:47

    Cette symphonie superbe est vraiment accordée à ce jour du souvenir. Grand merci, cher Jean-Christophe, pour ce choix et pour la description si intéressante et éclairante que vous en faites de façon très juste.
    Vos recommandations discographiques sont très précieuses. Je vous souhaite un dimanche serein.
    Bien amicalement

    • Je pense que ce jour est vraiment un moment privilégié pour écouter, réécouter ou découvrir cette symphonie, chère Michelle, et si je me suis efforcé d’en faire une présentation, rien ne remplace la confrontation directe avec la musique.
      Je vous remercie pour votre mot et vous souhaite une excellente suite de dimanche.
      Bien amicalement.

  3. Philippe Jeoffre

    11 novembre 2018 at 13:55

    Un grand merci pour cette très émouvante découverte en ce jour de commémoration ; et ce à la fois pour son écoute et la belle présentation que vous en faites.
    J’en connais qui grâce à vous seront enthousiasmés.
    Votre site m’est décidemment essentiel…

    • C’est moi qui vous remercie bien sincèrement d’avoir offert de votre temps à la découverte de cette symphonie. Il m’a semblé important, au travers de ces lignes, de rendre hommage à tous ces combattants dont le souvenir, je l’espère, ne tombera jamais dans l’indifférence et l’oubli.

  4. Bonjour ici mon cher Jean-Christophe

    Je viens de passer un excellent (long) moment « chez toi », et ton lien souligné, m’a permis d’écouter à nouveau et relire ta chronique d’août 2018.

    J’aime beaucoup cette musique, et ton très beau et long billet (je n’ose parler de chronique, comme je l’avais fait en août ) mais nous nous comprenons, c’est bien là l’essentiel. 🙂

    Ce fut un très agréable moment, vraiment. Hors du temps, comme je les aime.

    Le tableau de Paul Nash est saisissant de beauté. Je suis allée voir ses œuvres, son style un peu particulier me plait.

    Un grand merci pour tout ceci.
    Je te souhaite une belle fin d’après-midi. Je t’embrasse bien fort.

    • Bonsoir ma chère Tiffen,
      Effectivement, ce billet demandait du temps, ne serait-ce que pour écouter les extraits, et le texte en était plus long qu’à l’accoutumée, le sujet l’exigeant (c’est lui qui m’a largement guidé).
      Je ne sais pas si je parlerais de beauté pour qualifier le tableau de Paul Nash mais il est effectivement complètement saisissant; j’ai hésité entre lui, The Menin Road et Void, mais il me fallait une image qui dise le silence.
      Je te remercie pour ton mot et te souhaite une belle soirée.
      Je t’embrasse bien fort.

      • Bonjour mon cher Jean-Christophe.
        Je tenais avant d’aller travailler , te noter un petit complément :
        Ce tableau est beau parce qu’il montre toute cette tristesse, ce vide cette absence…
        C’est comme lorsque je vois un film triste qui me fait pleurer ,quand il se termine je me dis ; c’était un beau film.
        C’est aussi , lorsque je dis, c’est une belle personne, ce n’est pas simplement ce qu’elle montre mais ce qu’elle est.
        Tout ceci pour te dire que la beauté mon cher Jean-Christophe, ce n’est pas simplement ce que je vois, je regarde, non, s’est quelque chose qui sait m’émouvoir, me toucher, me surprendre.
        Je sais que ma façon d’être, de penser est particulière. Mais Dieu merci, nous ne sommes pas tous coulés dans le même moule.
        Et puis je sais que tu as le décodeur « Tiffen » et que tu comprendras ce que j’ai écrit .
        Je te souhaite une belle journée .
        Je t’embrasse bien fort

        • Bonsoir ma chère Tiffen,
          Oui, je comprends tout à fait ce que tu veux dire, et si la beauté ne se résume pas non plus pour moi à la surface, aussi séduisante soit-elle, je mets d’autres mots que les tiens sur mes ressentis. Quoi de plus normal après tout puisque, comme tu le dis toi-même, nous ne sommes pas tous coulés dans le même moule — et Dieu merci, suis-je tenté d’ajouter, pour le dialogue et leur richesse.
          Grand merci pour ce complément de commentaire et bonne soirée.
          Je t’embrasse bien fort.

  5. C’est à la déclaration de cette guerre que Henri James écrivit
    « La fin de la civilisation est un cauchemar dont on ne peut se réveiller qu’en dormant… »
    Bonne nuit à nos morts disparus,
    et à vous tous,
    merci,
    MP.
    Ce serait bien de réentendre RV Williams lors d’un prochain voyage dans une Angleterre qui s’éloigne de nous…
    Frémissez violons,
    pleurez clairons,
    le soleil blanc se lève sur une aube noire.

    • L’Angleterre s’éloigne mais en se retirant dépose des alluvions dont il nous appartient de cultiver la fertilité. Vaughan Williams, tout comme Britten ou Tippett, nous parle de l’abomination des combats et de l’urgence de la fraternité; au-delà de la nécessaire commémoration, il est plus que jamais nécessaire de se mettre à l’écoute de ces voix.
      Merci à vous.

  6. Mireille Batut d'Haussy

    11 novembre 2018 at 19:40

    On se sent comblé par la place donnée aujourd’hui à ce compositeur et à cette oeuvre en particulier. Tout sonne si juste et porte si loin. L’évidence apaise-t-elle l’effroi quand elle l’écarte assez pour qu’à travers le silence passe assez de lumière ? C’est la question que je n’ai cessé de poser aux visages pétrifiés de stupeur des chapiteaux qui soutiennent…
    La construction de cette authentique pastorale fait long feu, quand elle est bien éclairée.
    Ici, vous dites la musique de l’intérieur ; et c’est une enfilade de portes qui s’ouvrent ainsi, les unes après les autres. Merci très fort. M.

    • Ce texte est le fruit d’un long dialogue, Mireille, qui souvent s’est cristallisé aux petites heures du jour quand l’air est encore translucide et que les choses viennent à soi, mais dont les racines plongent plus loin, en des terres obscures qui se dérobent au regard.
      Rien n’apaise l’effroi et je crois que c’est ce que nous dit le tableau de Paul Nash avec son soleil qui ne réchauffe rien. Mais il existe aussi des porteurs de lumière et Vaughan Williams en est indubitablement un — je prendrai peut-être un jour le temps d’interroger son rapport à John Bunyan.
      Je vous remercie infiniment d’avoir si bien entendu ce que j’avais à dire et en particulier ces moments où je me suis tu.

  7. lenormand remi et monique

    12 novembre 2018 at 11:28

    Cher Jean-Christophe,
    Grand merci de toujours marcher hors des sentiers battus , de nous faire découvrir musiciens pas très connus et interprètes qui forcent l’admiration.
    Ralph Vaughan Williams n’est certes pas inconnu mais mérite d’être apprécié à sa juste valeur par un plus grand nombre.
    Ce soir, nous allons écouter Pierre Gallon à Arques, au presbytère. Un véritable privilège que nous avions largement apprécié précédemment à l’écoute de ce merveilleux claveciniste dans un programme Attaignant. Le cd est splendide, nous allons acheter celui de Haydn ce soir et avant toute chose relire et réécouter votre chronique assez récente concernant P. Gallon et Haydn.

    Merci encire et bonne semaine.

    Amitiés.

    Rémi et Monique Lenormand.

    • Chère Monique,
      Cher Rémi,
      Je suis heureux de vous retrouver et que vous ayez choisi précisément cette chronique pour me faire signe. La musique de Vaughan Williams n’est effectivement pas complètement inconnue en France, mais je trouve réellement dommage que les décideurs ne lui accordent pas la visibilité qu’elle mérite : rien que le corpus des symphonies est d’une inépuisable richesse.
      Je suis certain que vous aurez passé une magnifique soirée au presbytère grâce à Pierre Gallon; vous avez déjà lu tout le bien que je pense de lui et je suis convaincu qu’il n’a pas fini de nous surprendre et de nous enchanter. La jeune école française de clavecin a vraiment le vent en poupe actuellement.
      Je vous remercie pour votre mot et vous dis à bientôt.
      Amitiés,
      Jean-Christophe

  8. Merci Jean-Christophe pour cette magnifique chronique.
    J’aurais mauvaise grâce -en temps que française et lorraine- de ne pas me manifester, ne serait-ce que pour la générosité de cet artiste qui a volontairement plongé dans l’enfer alors qu’il pouvait y échapper de par son âge.
    Comme d’habitude, j’ai énormément appris et vous en remercie vivement. J’ai souri en lisant The Lark Ascending. En effet, il y a environ 2 à 3 ans de cela, je vous avais fait savoir que c’était la seule oeuvre de Ralph Vaughan Williams que je connaissais. L’arbre qui cache la forêt, m’aviez-vous dit alors, et moi, de vous répondre : j’attendrai que vous me montriez la forêt. En fait, je n’ai pas qu’attendu, j’ai aussi cherché et découvert mais rien ne vaut vos chroniques non seulement pour le contenu qui me rendent moins ignares mais aussi pour les très précieuses références discographiques que vous nous communiquez.
    A ce sujet, je vois que vous avez fait le choix de 2 enregistrements « éloignées » et je pense à un 3ème. Je suis toujours très curieuse quand il s’agit de musique, je pense que vous le savez, alors quand j’ai lu le commentaire de Marc évoquant les enregistrements en public des 9 symphonies effectués par le chef russe Gennadi Rozhdestvensky qui vient de nous quitter, je les ai cherchés et écoutés. Je viens à nouveau de le faire pour la 3ème avant de vous écrire. Votre avis m’intéresse beaucoup car je ne doute pas de votre propre curiosité quand il s’agit de suivre une nouvelle piste discographique plus encore lorsque c’est Marc qui vous la suggère. Vous plairait-il de me faire part de votre ressenti les concernant ?
    En vous souhaitant une belle semaine qui s’annonce clémente et ensoleillée,
    Bien fidèlement,
    Évelyne

    • Bonsoir Évelyne,
      Pour le moment, la forêt que je vous montre ne compte que deux arbres, mais j’ai installé une pépinière secrète où je cultive patiemment quelques jeunes pousses que je compte proposer sans hâte dans les mois à venir. On échappe ici encore plus à la chronique pure et dure mais, comme je l’ai écrit ailleurs à une autre lectrice et quitte à paraître présomptueux, la critique qui consiste à attribuer des bons et des mauvais points a cessé de m’intéresser depuis un moment. Je poursuis un autre but, encore souvent à tâtons.
      The Lark Ascending est également une musique « de guerre » et, en dehors de sa beauté propre, cette pièce m’intéresse parce qu’elle fait le lien entre l’avant et l’après; peut-être en parlerai-je un jour, si toutefois j’estime avoir quelque chose d’intéressant et de construit à en dire.
      J’ai écouté une trentaine d’interprétations de la Pastoral Symphony pour préparer ce texte (avec parfois de belle surprises, comme celle d’André Previn dont la London Symphony m’avait déçu), dont celle de Gennadi Rozhdestvensky, dont j’ai aimé le côté âpre mais qui ne m’a pas parlé aussi intensément que les deux que j’ai finalement retenues; il m’a manqué une dimension — un terroir ? D’autres auraient sans doute un avis très différent du mien, tout ceci étant éminemment subjectif. Cette intégrale est en tout cas assez atypique avec de très belles réussites mais également des moments où ça ne marche pas du tout (la Sea Symphony, honnêtement très oubliable).
      Je vous remercie bien sincèrement pour votre mot; la musique britannique ne déclenche qu’un enthousiasme modéré, mais je sais que toutes les voix qui se sont exprimées ici ont pris du temps pour écouter et réfléchir, ce qui compte bien plus à mes yeux que tous les torrents de « like » du monde.
      Que votre semaine soit belle.
      Bien amicalement,
      Jean-Christophe

  9. Si vous me permettez… 2 arbres ici mais il y en a eu d’autres durant ces 4 dernières années via Passée (si je ne me trompe pas) et un certain réseau social que je ne fréquente plus. Je me souviens d’un post de Roland Koch que j’avais partagé. Bécassine comme je suis avec mes sabots plein de paille -bien que n’étant pas bretonne- je ne l’ai pas enregistrée ailleurs pour y avoir accès tout comme la grande majorité de votre travail avec Passée des Arts et la Belle Alsace. Cruche et Gourde à la fois ! (autodérision : BCBG pris dans un autre sens).
    J’ai fait une erreur : je connaissais aussi Fantaisie sur « Greenleeves » en sus de The Lark Ascending. J’ai fait, seule, bien des découvertes depuis 2014 et je patienterai volontiers le temps qu’il faudra concernant votre pépinière de jeunes pousses. Je sens que 2019 s’annonce, musicalement, prometteuse et réjouissante avec nos voisins britanniques.
    Mais avant cela, j’aurais, si vous le voulez bien, besoin de votre aide. J’ai découvert une « pièce » (je n’ai pas le terme exact) de RVW nommée « Dark Pastoral for Cello & Orchestra » mais je ne peux pas l’acheter : elle n’existerait pas ! Pourriez-vous m’éclairer et me dire comment, où et par qui l’acquérir s’il vous plaît ?
    Dernier point : il me semble, à lire plusieurs personnes dont Tiffen, qu’il y a une différence certaine entre les mots Chronique et Billet. Si tel est le cas, j’aimerais la connaître afin d’utiliser ces termes à bon escient.
    En vous remerciant par avance,
    Bien Cordialement,
    Évelyne

    • Vous avez la mémoire plus vive que moi, Évelyne, car je ne me souviens absolument pas de ces partages sur le réseau, même si j’ai la vague impression d’y avoir sans doute parlé de la Fantasia on a Theme by Thomas Tallis, œuvre pour laquelle j’ai un très fort attachement (il en existe une magnifique version sur YouTube dirigée par Andrew Davis sur le lieux même de la création) et qui a peut-être plu à mon cher Roland. La Fantasia on Greensleeves est un autre des « tubes » de RWV qui parle même à ceux qui n’écoutent pas particulièrement ce genre de répertoire d’habitude.
      Je vous confirme que la Dark Pastoral existe bien : elle est un fragment, complété et orchestré par David Matthews en 2009, d’un concerto pour violoncelle hélas jamais achevé. Le seul enregistrement jamais réalisé, à ma connaissance, figure sur un disque parfaitement recommandable publié chez Dutton Epoch en 2012 (voir ce lien) dont je crains que la disponibilité en France soit plus qu’aléatoire.
      Enfin, j’emploie plus volontiers le terme de « chronique » lorsque le texte concerne un disque en particulier, et de « billet » lorsqu’il s’agit d’un travail plus général, comme c’est le cas ici, mais ce sont vraiment des détails.
      Merci pour votre mot et à bientôt.
      Bien amicalement.

  10. Cher Jean-Christophe,
    Quelques mots de remerciements. Il y a quelques années déjà (une dizaine, comme le temps passe !), j’avais consacré une de mes premières émissions de « Grands Compositeurs » à Vaughan-Williams. Je me souviens encore des réactions nombreuses d’auditeurs intrigués et heureux d’entendre et découvrir ses musiques. Si j’avais consacré une émission à ses opéras, une à ses musiques vocales, j’avais aussi logiquement fait une place à ses musiques symphoniques. Mais en passant à côté de cette troisième.
    Or la lecture de votre chronique m’a passionné à plus d’un titre. J’ai beaucoup appris sur ces croisements musique / histoire / aventure intime.
    Un grand merci pour votre chemin d’écoute qui, comme l’écrit plus haut Mireille, ouvre une véritable enfilade de porte.
    Bien amicalement !

    • Cher Marc,
      On ne soulignera jamais assez l’excellence du travail de découverte que vous avez effectué au fil de vos différentes émissions dont l’absence se fait aujourd’hui encore cruellement sentir. On peut malheureusement être conduit, parce que le temps manque et que l’on ne peut tout embrasser, à faire des impasses mais je demeure persuadé que la curiosité avait poussé certains des auditeurs à aller grâce à vous à la rencontre de cette Pastoral Symphony, un des sommets, à mon avis, de tout l’œuvre de Vaughan Williams. Je suis heureux qu’une fois n’est pas coutume, ce soit moi qui vous ai appris deux ou trois choses, mais c’est peu en comparaison de tous les horizons que, sans le savoir, vous m’avez ouverts (j’écoutais Peter Grimes hier, avec un sourire lors de certain interlude).
      Avec ma fidèle amitié.

  11. Merci beaucoup Jean-Christophe. Je viens de passer commande chez nos voisins britanniques. J’ai découvert, écouté et aimé la Fantasia on a Theme by Thomas Tallis.
    Il va me falloir passer des heures sur FB pour retrouver vos chroniques et billets sur votre profil (prioritairement celles qui me sont « indispensables ») des années 2012 à 2015 en sus de celle évoquée chez Roland Koch. Perdue, je pense, La Belle Alsace et surtout « Constance vaut bien une messe » sauf si… votre profil. Je chercherai, cela m’occupera durant de longues journées et soirées d’hiver !
    Quant à la différence Chronique et Billet, je l’avais comprise in fine, écrite (moins finement que vous) puis effacée : je ne me suis pas fait confiance…
    A bientôt lors de la prochaine chronique
    Avec reconnaissance et moult remerciements,
    Évelyne

    • Vous avez fait une bonne action en dépensant quelques euros au profit de ce petit label, Évelyne, et outre la Dark Pastoral, je suis certain que le reste du programme ne vous décevra pas.
      Je vous souhaite bon courage dans votre entreprise archéologique dans mes liens, mais pour ce qui est de Constance, il s’agit de cette chronique-ci.
      Faites confiance à vos intuitions, ce sont souvent les bonnes.
      À bientôt et amitiés.

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