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Tag: Festival de musique

Académie Bach, Festival 2015. Motets de la famille Bach par Vox Luminis

01 Vox Luminis Août 2015 Académie Bach © Robin H Davies

Vox Luminis
Le Presbytère, Arques-la-Bataille, août 2015
Photographie © Robin .H. Davies

 

Parmi les excellentes raisons de se rendre au festival de l’Académie Bach, la possibilité qu’il donne d’entendre Vox Luminis n’est sans doute pas la moindre, tant cet ensemble qui est aujourd’hui l’hôte des plus prestigieuses manifestations européennes, de Saintes à Utrecht, semble avoir trouvé en Normandie un climat favorable à la poursuite d’un épanouissement dont on sait aujourd’hui qu’il est appelé à s’inscrire dans la durée.

Si Lionel Meunier et ses troupes savent regarder dans d’autres directions et s’y montrer convaincants, la musique germanique du XVIIe et de la première moitié du XVIIIe siècle demeure leur terre d’élection ainsi qu’en atteste le travail qu’ils ont accompli sur ce répertoire depuis de nombreuses années en reprenant à leur compte la tradition représentée par Philippe Herreweghe tout en y instillant leur marque propre faite de rigueur musicologique et, n’en déplaise à ceux qui les trouvent trop lisses, d’une attention particulière portée à une parole qu’il s’agit non seulement de restituer précisément mais aussi d’incarner intensément. 02 Vox Luminis Août 2015 Académie Bach © Robin H DaviesTout comme son illustre prédécesseur, Vox Luminis a fait de Johann Sebastian Bach et de ses ancêtres un de ses sujets de prédilection, matérialisant ce que l’on espère être un compagnonnage au long cours par une première réalisation discographique d’envergure, l’enregistrement, pour Ricercar, de l’intégralité des motets de Johann, Johann Michael et Johann Christoph Bach, un projet ambitieux qui a su conquérir tant le public que la critique. Le concert donné le 21 août 2015 dans une église d’Arques-la-Bataille comble y puisait l’essentiel de sa substance tout en ouvrant, grâce à la présence d’un quatrième Bach, des perspectives vers des explorations futures.

Pour reprendre un des poncifs dont ont été abreuvées des générations de mélomanes, Johann Sebastian Bach est un astre qui brille au firmament de la musique ; son éclat ne doit cependant pas faire oublier qu’il s’inscrit dans une vaste constellation où se côtoient sa parentèle et ses maîtres, les deux s’étant parfois même confondus, lignée de musiciens oblige. Il me semble que le meilleur service que l’on puisse rendre à l’œuvre de l’auguste Cantor de Leipzig, tellement impressionnant qu’il en devient parfois écrasant, est de le faire descendre de son piédestal et de cesser de l’enrubanner dans des termes creux tels « génie » ou « sublime » qui, entre autres ridicules, ont celui de biaiser l’approche critique, pour le considérer au miroir du vaste réseau de productions dans lequel il prend place, ce qui n’enlève rien à son identité, à sa singularité, à la puissance de la pensée qui le traverse — cette démarche de remise en contexte jusque dans ses détails les plus triviaux est la grande réussite de John Eliot Gardiner dans son Musique au château du ciel (Flammarion, 2014, pour la traduction française), aujourd’hui l’ouvrage idéal pour aborder l’univers de Bach. On entend ainsi mieux la musique du Cantor en se plongeant dans celle de Georg Böhm, de Johann Adam Reincken, de Dietrich Buxtehude, mais aussi dans celle de ses plus ou moins proches parents. Johann (1604-1673) était le fils du boulanger devenu Stadtpfeifer Hans Bach ; il fut organiste à Schweinfurt avant de rejoindre Erfurt en 1635 où il fit carrière en qualité de Stadtpfeifer et à la tribune de la Predigerkirche. Johann Christoph (1642-1703) était le fils aîné de Heinrich Bach et Johann Michael (1648-1694) son cadet ; 03 Vox Luminis Août 2015 Académie Bach © Robin H Daviesle premier, qualifié de « profond compositeur » par Johann Sebastian qui sut se mettre à son école, fit la presque totalité de sa carrière à Eisenach en qualité d’organiste de la Georgkirche et de claveciniste de la cour du duc, tandis que le second, « compositeur habile » selon le même avis autorisé, exerça à Gehren les métiers de greffier municipal et d’organiste. Johann Ludwig (1677-1731), actif à Meiningen à partir de 1699, est de tous celui dont on conserve la production la plus variée, car outre 11 motets, elle compte 23 cantates sacrées (18 furent jouées à Leipzig durant le cantorat de Bach) et une profane, une vaste Trauermusik (qui a connu en 2011 une fort belle lecture dirigée par Hans-Christoph Rademann), deux messes, un Magnificat et même une Suite pour orchestre.

Alors que des formes plus modernes comme le concert sacré ou la cantate se développaient, il est frappant de constater à quel point les Bach demeurèrent fidèles à cette vieillerie qu’était le motet au profit duquel ils déployèrent des trésors d’invention musicale illustrés tout au long du concert, qu’il s’agisse d’effets de spatialisation comme le « chœur lointain » dans Unser Leben ist ein Schatten de Johann – une grande réussite –, l’utilisation du double chœur permettant des alternances de masse sonore ou de madrigalismes visant à illustrer avec une efficacité maximale les images véhiculées par le texte ou les mots importants qui le jalonnent, ou le recours très fréquent aux chorals qui constituent, en quelque sorte, une signature pour l’auditeur d’aujourd’hui quand il remarque leur emploi comme cantus firmus ou matériau thématique, mais qui mettaient immédiatement le fidèle d’hier, pour lequel ces mélodies étaient absolument familières, en terrain connu. Avec une extrême économie de moyens – un ensemble de voix et une basse continue (ici un positif et une basse de viole) – mais une invention qui semble inépuisable tant les œuvres ne sentent jamais la formule, les compositeurs façonnent des motets d’une éloquence souvent souveraine, au point d’équilibre parfait entre intériorité et théâtralité.

La prestation de Vox Luminis a été mieux que réussie ; il s’en dégageait un tel sentiment de plénitude et d’évidence que l’on finissait tout simplement par se dire que l’on ne souhaitait plus entendre ce répertoire interprété autrement. Entre l’enregistrement et ce concert, il est indéniable que le processus de maturation s’est poursuivi et son effet le plus immédiatement perceptible est la libération des voix qui sonnaient avec une ampleur et un investissement dramatique qu’on ne retrouve pas avec autant de force au disque. Le travail de Lionel Meunier et de ses compagnons sur la puissance de la parole en est apparu magnifié, d’une éloquence constante mise au service d’une émotion, d’une humanité souvent bouleversantes. Les raisons de cet éblouissement se laissaient aisément deviner à mesure que les pièces se succédaient : une mise en place millimétrée ne laissant aucune prise à ces relâchements paresseux que l’on observe parfois avec consternation chez des ensembles plus cotés ou débutants qui devraient être intransigeants sur le point de l’exigence04 Vox Luminis Août 2015 Académie Bach © Robin H Davies – Lionel Meunier semble avoir compris que le socle sur lequel pouvait se développer la liberté qui signe une interprétation réellement personnelle se compose d’une grande proportion de discipline et de labeur –, une écoute mutuelle assez époustouflante qui donne l’impression que l’on fait de la musique en famille ou entre amis en se comprenant d’un seul regard, et une envie de mettre le meilleur de soi-même au service d’un répertoire dont le choix ne doit rien aux modes ou à un quelconque opportunisme, mais bien à de profondes affinités nourries par une fréquentation assidue, aimante et éclairée. Finalement, on a bien entendu, en cette soirée du 21 août, le Vox Luminis que l’on espère et dont on célèbre les qualités quitte à se faire taxer de partialité par certains esprits bien indulgents envers leurs propres marottes, mais on en a également découvert un autre, soucieux d’étagement des plans sonores (et quel plaisir d’entendre enfin les basses que des prises de son dont on mesure mieux le déséquilibre à l’épreuve du concert ont tendance à émousser) et de couleur autant que de rondeur et d’homogénéité, un Vox Luminis qui semble commencer à prendre réellement conscience de ses forces et à sortir de sa réserve pour se faire plus présent, plus incarné. On se réjouit déjà de retrouver ces musiciens l’an prochain à Arques-la-Bataille dans un programme dont il se murmure qu’il sera centré sur la musique de Johann Sebastian Bach au travers de deux de ses plus célèbres pages.

Festival Académie Bach Arques-la-Bataille 2015Festival de l’Académie Bach, 18e édition. Vendredi 21 août 2015, Église d’Arques-la-Bataille. Notre vie n’est qu’une ombre… Motets de Johann Bach (1604-1673), Johann Michael Bach (1648-1694), Johann Christoph Bach (1645-1703) et Johann Ludwig Bach (1677-1731)

Vox Luminis
Stefanie True, Zsuzsi Tóth & Kristen Witmer, sopranos
Daniel Elgersma, Barnabás Hegyi & Jan Kullmann, contre-ténors
Olivier Berten, Robert Buckland & Philippe Froeliger, ténors
Sebastian Myrus, basse
Masato Suzuki, orgue positif
Ricardo Rodriguez Miranda, basse de viole
Lionel Meunier, basse & direction

Évocation musicale :

1. Johann Bach, Unser Leben ist ein Schatten

2. Johann Christoph Bach, Fürchte dich nicht

3. Johann Michael Bach, Halt was du hast

Motets des vieux Bach Vox Luminis Lionel MeunierJohann Bach (1604-1673), Johann Christoph Bach (1642-1703), Johann Michael Bach (1648-1694), Motets. 2 CD Ricercar RIC 347. Ce coffret peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Toutes les photographies illustrant cette chronique sont de Robin .H. Davies, utilisées avec sa permission. Toute utilisation sans l’autorisation de l’auteur est interdite.

Académie Bach, Festival 2015. Sanctus ! Polyphonie parisienne au XIIIe siècle par Diabolus in Musica

01 Diabolus in Musica août 2015 © Robin H Davies

Diabolus in Musica
Église de Martin-Église, août 2015
Photographie © Robin .H. Davies

 

Antoine Guerber n’a jamais fait mystère de sa passion pour les polyphonies de l’École de Notre-Dame et les enregistrements que Diabolus in Musica leur a régulièrement consacré (Vox sonora en 1998, Paris expers Paris en 2006, Sanctus ! en 2014) constituent autant de brillants jalons non seulement dans le riche parcours de l’ensemble, mais également dans l’abondante discographie documentant trois quarts de siècle particulièrement florissants en matière d’invention musicale qu’ont honoré, souvent de fort belle manière, les plus grands noms de la musique médiévale, de The Early Music Consort of London à l’Ensemble Gilles Binchois.

Au début du XIIIe siècle, Paris était une cité florissante qui possédait la stature d’une véritable capitale européenne dans le domaine de la pensée et des arts, une réalité symbolisée par la charte de Philippe Auguste qui, en janvier 1200, donna à la corporation de maîtres et d’élèves apparue une cinquantaine d’années auparavant un statut officiel d’université. Le chantier de la cathédrale Notre-Dame, lancé en 1163 et qui occupa l’évêque de Paris, Maurice de Sully, jusqu’à sa mort en 1196, constituait également un formidable catalyseur d’énergies et de talents, car l’édifice qui était en train de sortir de terre se devait de suivre les nouveaux canons du style que l’on nommera bien plus tard gothique, développé à Sens, en Picardie ou à la toute proche basilique Saint-Denis, dont il devait naturellement, dans l’esprit de ses commanditaires, constituer le plus beau fleuron.

Dans le même temps que maîtres d’œuvre, tailleurs de pierre, verriers et imagiers développaient une façon nouvelle de concevoir l’espace et de représenter tant le monde physique que spirituel, un autre type d’architecture connaissait, à Paris, une profonde évolution : celle des sons. On sait, grâce au témoignage d’un musicien connu sous le nom d’Anonyme IV qui séjournait sur les bords de la Seine vers 1275, que le style développé par les maîtres parisiens, auquel la musicologie moderne donnera le nom d’École de Notre-Dame, était perçu comme véritablement novateur et l’importance de la diffusion qu’il connut dans toute l’Europe, du monastère de Las Huelgas à ceux d’Écosse et de Pologne, à la faveur des mouvements des étudiants, des ecclésiastiques, des intellectuels et des artistes 02 Antoine Guerber août 2015 © Robin H Daviesdémontre à quel point on le tenait pour un modèle à connaître et à imiter. Se fondant sur un usage de plus en plus savant de la polyphonie et s’appuyant sur des inventions comme la notation carrée qui permet une meilleure régularité rythmique, les compositeurs se rattachant à cette nouvelle manière, dont les deux plus célèbres représentants sont Pérotin, un sous-chantre de la cathédrale dont la période d’activité peut être fixée entre 1198 et 1236 environ et son son prédécesseur, l’érudit Léonin (fl. 1179-1201), parvinrent à produire des œuvres qui gagnaient en majesté comme en force expressive grâce à la virtuosité des mélismes et aux contrastes de masse induits par l’alternance entre passages solistes et en ensemble.

Constitué en puisant dans les trois enregistrements dédiés par Diabolus in Musica aux polyphonies parisiennes, mais empruntant également deux pièces à sa remarquable lecture de l’Historia Sancti Martini (Tours, c.1226-1237), le programme du concert était en grande partie dédié aux saints, si importants dans la mentalité médiévale car omniprésents dans le quotidien des fidèles — songez à l’influence des confréries qui avaient toutes leur saint patron ou au rôle d’intercesseur que jouent ces derniers dans les témoignages iconographiques où nous voyons un personnage introduit par eux dans la proximité du divin. Il était essentiellement constitué par deux des formes préférées de l’École de Notre-Dame, l’organum, élaboration complexe fondée sur un plain-chant (cantus firmus) dans laquelle alternent des passages fortement mélismatiques chantés par les solistes et des parties non ornées confiées au chœur induisant, comme on l’a vu, de forts contrastes de masses et de textures, et le conductus (conduit), composition libre, monodique ou polyphonique, indépendante de la mélodie grégorienne et destinée à accompagner les processions à l’intérieur de l’église, qui constitue le ferment d’un genre appelé à une pérenne et féconde destinée, le motet. La présence de pièces plus ou moins élaborées, plus ou moins amples aux côtés des deux sommets que sont Olim sudor Herculis de Pierre de Blois et Sederunt principes de Pérotin apportait un magnifique témoignage de la variété dont étaient capables les compositeurs de ce lointain XIIIe siècle dont le temps a effacé les noms sans tarir pour autant la capacité que leur art à la fois concentré et virtuose a aujourd’hui de nous émerveiller.

Diabolus in Musica constitue l’exacte antithèse de ces ensembles fondés pour les besoins d’un projet et qui, quelquefois, ne leur survivent pas ou peu ; trois des six chanteurs présents en cette nuit d’août 2015 participaient en effet déjà à Vox Sonora en 1998, quatre à Paris expers Paris en 2006, soit au total cinq des six interprètes, sans compter Antoine Guerber qui, s’il n’y mêle plus sa voix, intervient, outre son rôle essentiel de cheville ouvrière tant du point de vue de la direction artistique que de la recherche, de façon toujours très mesurée et sensible à la percussion ou à la harpe dans certaines pièces. Cette exemplaire stabilité de l’effectif a des conséquences immédiatement appréciables sur la qualité de l’interprétation : chacun trouve instantanément ses marques, l’écoute mutuelle est irréprochable, la sonorité d’ensemble homogène sans être uniforme, les équilibres et les dialogues se font si naturellement qu’on oublierait presque que cette excellence est le fruit de plus de vingt années d’un travail patient, humble et tenace. Paradoxalement, l’acoustique impitoyable – car on y entend absolument tout – de l’église de Martin-Église, dont la sécheresse et la netteté conviendraient parfaitement à un récital de luth mais qui s’est révélée assez totalement inadaptée à cet art de l’espace que sont les polyphonies parisiennes, 03 Diabolus in Musica août 2015 © Robin H Daviesa permis de goûter dans le moindre détail la netteté de l’intonation des chantres, la précision de leur articulation du texte, leur maîtrise de la conduite des lignes musicales et leur capacité à les transmuer en architectures à la fois impressionnantes et extrêmement vivantes. On est en effet très loin, avec Diabolus in Musica, d’une vision uniment hiératique ou marmoréenne de ces pièces polyphoniques ; en dosant très judicieusement les altérations, en soulignant rythmes et carrures sans perdre pour autant en fluidité, en mettant en relief sans pédantisme la saveur de la prononciation gallicane du latin, l’ensemble nous offre de ce répertoire une vision à la fois colorée et orante qui est très probablement une des plus abouties, une des plus convaincantes qui se puissent entendre aujourd’hui.

En sortant de l’église pour retrouver une bruine légère voltigeant dans la nuit normande, je pense que nous étions nombreux à mesurer la chance que nous avions eu de renouer, le temps d’un concert dont l’intensité avait fait s’envoler la fatigue de l’heure tardive, quelques-uns des fils qui nous relient à ce Moyen Âge dont nous oublions un peu trop facilement qu’il a largement contribué à façonner nos sensibilités d’hommes et de femmes du XXIe siècle. Même si Antoine Guerber et ses chantres nourrissent, pour les années à venir, de très beaux projets sur d’autres pans du répertoire médiéval, je me plais à imaginer qu’en 2022, pour respecter l’intervalle de huit ans entre chaque production et à l’occasion des trente ans de Diabolus in Musica, ils auront à cœur de revenir une ultime fois vers ces compositions de l’École de Notre-Dame qu’ils savent enchanter comme bien peu.

Festival Académie Bach Arques-la-Bataille 2015Festival de l’Académie Bach, 18e édition. Mercredi 19 août 2015, Église de Martin-Église. Sanctus ! Les saints dans la polyphonie parisienne au XIIIe siècle. Œuvres de Pierre de Blois (c.1130-c.1212), Pérotin (fl.1198-1236), Léonin (fl. 1179-1201) et anonymes

Diabolus in Musica :
Raphaël Boulay & Olivier Germond, ténors
Jean-François Delmas, baryton
Geoffroy Buffière & Emmanuel Vistorky, baryton-basses
Philippe Roche, basse
Antoine Guerber, harpe, percussion & direction

Évocation musicale :

1. Anonyme, Salva nos stella maris (rundellus)

Historia Sancti Martini Diabolus in MusicaHistoria Sancti Martini. 1 CD Æon AECD 1103. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

2. Anonyme, Deus misertus (conduit à 4)

Paris expers Paris Diabolus in MusicaParis expers Paris. 1 CD Alpha 102. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

3. Anonyme, Pater sancte (conduit à 1)

Sanctus ! Diabolus in MusicaSanctus ! 1 CD Bayard musique 308 422.2. Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

Toutes les photographies illustrant cette chronique sont de Robin .H. Davies, utilisées avec sa permission. Toute utilisation sans l’autorisation de l’auteur est interdite.

Académie Bach, Festival 2015. Messe pour la naissance de Louis XIV par le Galilei Consort

2015-09-17 01 Galilei Consort - Arques-la-Bataille 2015 © Robin H Davies

Le Galilei Consort et son chef, Benjamin Chénier
Église d’Arques-la-Bataille, août 2015
Photographie © Robin .H. Davies

 

2015 est, en France, une année de commémoration puisque l’on y célèbre le tricentenaire de la mort de Louis XIV qui s’éclipsa définitivement du théâtre du monde le 1er septembre 1715. Soyons honnêtes, si une poignée d’émissions plus ou moins intéressantes vient rappeler l’événement dans les grands médias généralistes, les initiatives originales sont relativement rares, ce qui incite à leur faire fête quand elles se présentent.

Pour des raisons qu’une certaine historiographie s’est empressée d’attribuer aux penchants sexuels, réels ou supposés, du roi Louis XIII, la naissance d’un Dauphin se fit attendre si longtemps que lorsqu’il parut, l’héritier de la couronne de France fut immédiatement qualifié d’enfant du miracle et prénommé Louis Dieudonné. Son arrivée fut fêtée avec tout le faste possible non seulement dans le royaume mais également hors de ses frontières ; ainsi l’ambassadeur de France à Venise, Claude Hallier du Houssay-Monnerville, qui occupa ce poste entre 1638 et 1640, demanda-t-il à Giovanni Rovetta de composer pour l’occasion une messe solennelle qui devait connaître les honneurs de la publication en 1639 au sein d’un recueil intitulé Messa e salmi concertati constituant l’opus 4 de son auteur. On peut être surpris que le diplomate se soit tourné vers celui qui était l’assistant à Saint-Marc, depuis 1627, d’un musicien à la postérité autrement plus relevée, Claudio Monteverdi, auquel il devait d’ailleurs succéder en 1644. Les sources demeurent muettes quant à l’éventuelle justification de ce choix, mais celui-ci révèle néanmoins que Rovetta ne se contentait pas de jouer les utilités dans l’ombre de son prestigieux maître ; très actif en différents lieux de Venise, églises comme ospedali, la qualité de sa musique y était suffisamment reconnue pour attirer l’attention de commanditaires prestigieux. 2015-09-17 02 Galilei Consort - Arques-la-Bataille 2015 © Robin H DaviesSi elle en trahit l’influence, elle n’a pas, soyons honnêtes, la puissance expressive de celle de son aîné, ce qu’a fait assez crûment et même quelque peu cruellement sentir l’inclusion de l’Adoramus te Christe de ce dernier dans le programme. Sa Messe, qui suit l’exemple initié en 1630 par Alessandro Grandi en omettant complètement le Sanctus et l’Agnus Dei que la pratique vénitienne tendait déjà à réduire à leur plus simple expression et qui ont été empruntés ici à la Messe à 8 voix de Giovanni Antonio Rigatti publiée en 1640, une décision qui peut se discuter si l’on vise donner l’idée la plus proche de ce qui se pouvait entendre lors des festivités de 1638 d’autant que le programme fait l’impasse sur le Magnificat à 8 voix qui aurait fort logiquement pu être inclus, se révèle cependant une partition de fort belle facture. Soigneusement élaborée avec l’ajout d’une voix nouvelle à chaque section (5 pour le Kyrie, 6 pour le Gloria, 7 pour le Credo) pour lui conférer une opulence et une force croissantes (on pourrait presque déjà y lire une allégorie de la course du soleil) et un schéma tonal cyclique qui va du sol mineur implorant du Kyrie au festif ut majeur du Gloria pour revenir à sol mais cette fois-ci rayonnant en majeur du Credo, l’œuvre, écrite en style concertant avec deux violons et basse continue, offre une appréciable variété de styles, faisant alterner des passages homophoniques à l’ancienne et d’autres écrits dans le style moderne plus virtuose pour solistes ou duos, ainsi que des tutti visant à renforcer la puissance et l’impact dramatique de l’ensemble.

Pour servir cet ambitieux projet, le tout jeune Galilei Consort avait laissé le moins possible d’éléments au hasard, en confiant la conduite de chaque partie vocale à un chanteur renommé dans le domaine de la musique baroque – Chantal Santon, Lucile Richardot, Vincent Bouchot et Renaud Delaigue – chacun parfaitement secondé par un autre au nom peut-être moins immédiatement familier mais non moins aguerri, et en agissant de même pour les pupitres instrumentaux où l’on remarquait la présence, entre autres, de Marie Rouquié au violon, de Judith Pacquier au cornet, de Franck Poitrineau à la sacqueboute, de Mélanie Flahaut à la dulciane et de Marie Bournisien à la harpe, sans oublier Marc Meisel qui tenait sa partie au grand orgue de l’église d’Arques-la-Bataille qu’il connaît et maîtrise bien. Globalement, le résultat fut à la hauteur de ce que pouvait permettre d’espérer le rassemblement de tels talents, même si on aurait pu imaginer une opulence sonore encore supérieure. L’excellent plateau vocal s’est révélé très impliqué et plutôt équilibré, ce qui n’a pas empêché la personnalité solaire de Chantal Santon, la luminosité plus douce d’Anne-Marie Beaudette ou le timbre si particulier, qui vous enjôle tout en vous tenant à distance, de Lucile Richardot d’y briller d’un éclat soutenu. 2015-09-17 03 Galilei Consort - Arques-la-Bataille 2015 © Robin H DaviesDu côté des instruments, malgré parfois quelques menues approximations du point de vue de la mise en place, la réactivité et les nuances furent au rendez-vous, ainsi que des timbres tout à fait séduisants, bien mis en valeur par l’acoustique du lieu. Dirigeant tantôt du violon, tantôt de la main, Benjamin Chénier a su entraîner ses troupes avec une fermeté exempte d’un dirigisme trop marqué, laissant le temps à la musique de se déployer avec la solennité qui convenait aux circonstances de la composition de la Messe. J’aurais souhaité ponctuellement un léger supplément d’exubérance et de jubilation, mais ce n’est pas la moindre qualité, pour le chef comme pour ses musiciens, d’avoir su préserver sa cohérence et son homogénéité à un programme qui, puisant à plusieurs sources pour mieux nourrir son propos d’évocation (plus que de reconstitution), aurait pu tourner à la juxtaposition ennuyeuse, ce qui n’a jamais été le cas durant ce concert.

En inaugurant sa dix-huitième édition avec cette Messe de Rovetta célébrant une naissance royale, le festival de l’Académie Bach a, au-delà du symbole, eu la main heureuse en permettant au Galilei Consort de faire la démonstration de ses déjà prometteuses capacités mises au service d’un répertoire qu’on est reconnaissant aux célébrations du tricentenaire de la mort de Louis XIV, aussi discrètes soient-elles par ailleurs, et à l’ambition de ces jeunes musiciens d’avoir permis de ne pas demeurer inédit. Il ne fait guère de doute que ce projet, qui voyagera à Pontoise, Rouen, Ambronay et Ferney en septembre avant de connaître son couronnement à la Chapelle royale de Versailles en décembre, va s’affiner et s’affirmer encore au fil de ces étapes dont l’ultime sera, espérons-le, un enregistrement discographique.

Festival Académie Bach Arques-la-Bataille 2015Festival de l’Académie Bach, 18e édition. Mercredi 19 août 2015, Église d’Arques-la-Bataille. Giovanni Rovetta (c.1596-1668), Grande Messe pour la naissance de Louis XIV (Venise, 1639). Œuvres de Giovanni Antonio Rigatti (1613-1648), Claudio Monteverdi (1567-1643), Giovanni Bassano (1558-c.1617) et anonymes

Galilei Consort :

Chantal Santon & Anne-Marie Beaudette, sopranos
Lucile Richardot & Yann Rolland, altos
Vincent Bouchot & Martial Pauliat, ténors
Renaud Delaigue & Igor Bouin, basses
Marie Rouquié, violon

Emmanuel Mure & Judith Pacquier, cornets
Franck Poitrineau, Abel Rohrbach & Stéphane Muller, sacqueboutes
Mélanie Flahaut, dulciane
Marie Bournisien, harpe
Marc Meisel, grand orgue

Benjamin Chénier, violon & direction

Évocation musicale :

Giovanni Rovetta : Laudate pueri a 6 e due violini (Venise, 1639)

Cantus Cölln
Konrad Junghänel, direction

Giovanni Rovetta Vespro solenne Cantus CöllnVêpres solennelles pour la naissance de Louis XIV. 1 CD Harmonia Mundi HMC 901706. Indisponible.

Toutes les photographies illustrant cette chronique sont de Robin .H. Davies, utilisées avec sa permission. Toute utilisation sans l’autorisation de l’auteur est interdite.

« Entre la contemplation et l’action. » Cinq questions à Jean-Paul Combet, directeur du festival de l’Académie Bach d’Arques-la-Bataille

18 ans, le bel âge, celui qui marque aujourd’hui l’accession à la majorité, ce moment où l’on devient seul responsable de ses actes. L’Académie Bach n’a certes pas attendu d’avoir franchi ce seuil symbolique pour faire montre d’inventivité et d’un goût pour l’aventure qui le distinguent dans le monde parfois un rien convenu de la musique « savante », du moins en France. Le millésime 2015 du festival qui s’ouvrira le 19 août prochain n’échappe pas à cette dynamique en choisissant d’impliquer plus largement le public dans ses propositions. Jean-Paul Combet, directeur de l’Académie Bach, a eu l’amabilité de répondre à quelques questions et de lever le voile sur un festival et, au-delà, une démarche qui continuent, dans tous les sens de cet adjectif, à s’affirmer comme majeurs.

Jean-Paul Combet © Robin H Davies

Jean-Christophe Pucek : Fidèle à la formule qui fait sa singularité, le festival de l’Académie Bach propose, pour son édition 2015, une programmation qui cherche le meilleur équilibre entre découvertes et fidélités tant du point de vue des musiciens que des répertoires abordés, dont le spectre est remarquablement étendu. Quels principes vous ont-ils guidé dans l’élaboration de ces quatre journées ? Quelles en sont les principales lignes de force ?

Jean-Paul Combet : L’offre culturelle d’été est très abondante : j’essaie donc de faire en sorte que notre programmation ne corresponde pas seulement à une proposition parmi d’autres, mais qu’elle apporte quelque chose d’unique au public qui va la suivre. Par ailleurs, je n’aime pas beaucoup les approches strictement thématiques, qui conduisent souvent à une démarche démonstrative et fermée sur elle-même ; je préfère l’idée de construire un parcours fait de tours et de détours, ouvrant des horizons esthétiques variés, dans lesquels les concerts établissent entre eux un lien invisible. Je considère avant tout la musique comme un univers sonore créant une perception et une émotion, avant-même de m’intéresser à sa dimension historique ou musicologique. L’exercice est parfois difficile, car ce jeu de contrastes pourrait aussi donner une impression d’éparpillement, que j’espère éviter.

Marcin Szelest Orgue Arques-la-Bataille © Robin H DaviesDepuis des années nous nous efforçons, à l’Académie Bach, de mettre en évidence les relations entre les formes musicales et leur environnement historique. Nous avons ainsi beaucoup insisté sur l’importance du choral dans le monde luthérien, une notion que les Français maîtrisent mal, mais qui est à l’origine de tout le baroque germanique, Bach compris. Cette année, Le Concert des Planètes présentera un cycle de trois concerts sur l’évolution du psaume réformé au XVIe siècle. C’est un sujet absolument passionnant, aux implications musicales, poétiques, mais aussi politiques, puisqu’il témoigne de la division de la société de ce temps et de la brutalité de cette division dans la vie quotidienne des individus. Je pense que ce sera très enrichissant car bien peu de gens, en dehors des protestants, ont idée de la beauté mélodique et poétique des psaumes de David. Nous continuons enfin à soutenir l’Armée des Romantiques dans son travail de relecture de la musique du XIXe siècle sur instruments d’époque, cette année avec Schumann, Brahms et Liszt. Nous sommes ainsi de moins en moins « musique ancienne » au sens traditionnel du terme, car j’essaie de faire en sorte que notre palette soit la plus riche possible, depuis les temps les plus lointains jusqu’à aujourd’hui.

J.-C. P : Cette année est proposé un stage de chant choral à destination du plus large public, une initiative dans laquelle on peut voir la prolongation naturelle de la démarche pédagogique conduite par l’Académie Bach en saison, notamment auprès des scolaires. Pourriez-vous nous en dire plus au sujet de cette action qui semble guidée par la double logique d’éduquer et d’essaimer ?

J.-P. C. : Le mot-clef serait plutôt « pratiquer ». Notre société n’est pas en panne de propositions culturelles, au contraire ! Il y a surabondance en tout, qu’il s’agisse de spectacle vivant ou de diffusion par la technologie. Cette accumulation sans précédent place cependant les publics dans une position inédite de spectateurs permanents, prolongement d’une logique de consommation sans cesse avivée qui n’est pas sans susciter une certaine forme de passivité. Or le rapport à la culture se nourrit, je crois, d’un aller-retour incessant entre la contemplation et l’action. Non pas l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre. Assister à un concert pour le plaisir de l’écoute, mais en même temps pratiquer la musique pour alimenter l’acuité de ce plaisir. Détailler un tableau du regard, mais être capable de tracer le trait de crayon sur le papier qui rend palpable la « chose mentale » chère à Vinci. Plus nous perdons le contact avec la pratique, plus nous nous éloignons de la substance de l’œuvre pour n’en percevoir que la surface. En créant un stage de chant choral ouvert à tous (débutants compris) et intégré au festival, j’espère recréer ce lien entre le spectacle et la pratique artistique. Ensemble Bergamasque Marine Fribourg Rémy Cardinale © Robin H DaviesNous avons tous une voix, plus ou moins belle, et chanter est à la portée de tous. À partir de cette observation, la noble ambition d’éduquer que vous soulignez devient vraiment concrète et je suis convaincu que les stagiaires qui seront confrontés par exemple à la problématique du plain-chant entendront ensuite le concert de Diabolus in Musica d’une tout autre façon, d’une façon bien plus intérieure ou intime. C’est proposer au public de s’approprier la musique. Cette approche représente selon moi un enjeu majeur des prochaines années. Sinon, la culture se réduira bientôt au mieux à de la muséographie, au pire à de l’archéologie.

J.-C. P : Le contexte économique de plus en plus contraint a conduit nombre de festivals à réduire leurs ambitions voire à suspendre leur activité de façon plus ou moins temporaire. Quels freins et quelles aides rencontrez-vous pour mener à bien les différentes missions de l’Académie Bach ?

J.-P. C. : Notre position est assez particulière, car sans avoir de gros moyens nous parvenons actuellement à stabiliser nos ressources. Nous avons reçu en 2015 une aide nouvelle du Ministère de la Culture pour créer un atelier de théâtre baroque à l’école et pour mettre en place un dispositif de résidences pour étudiants-musiciens, qui devrait démarrer à l’automne. À partir de 2016, la Région Haute-Normandie augmentera aussi son soutien pour nous permettre de mettre en œuvre une nouvelle série de concerts pédagogiques à la Chapelle Corneille de Rouen. La principale difficulté vient aujourd’hui de l’écart entre la taille de la structure et la variété des missions qu’elle assure (festival, saison, actions culturelles et pédagogiques).

J.-C. P : En votre qualité de fondateur d’Alpha puis de l’Autre Monde, vous êtes une figure importante de l’édition musicale. Malgré le caractère de plus en plus périlleux d’une telle entreprise, l’idée de proposer une collection d’enregistrements documentant certains des programmes proposés dans le cadre du festival ne vous tente-t-elle pas ?

J.-P. C. : Si, bien sûr ! mais je reviens ici à la question de la surabondance… Nous avons à portée de main plus de cent ans d’enregistrements, et chaque jour apporte son lot de nouvelles productions. Personne ne peut suivre ce rythme. Comme les artistes sont convaincus qu’ils n’existent pas sans le disque ils consentent des efforts énormes pour financer eux-mêmes ces « cartes de visite » qui leur permettront, croient-ils, de vendre leurs prestations. Ils ne pensent donc plus l’enregistrement pour s’adresser au public, mais pour intéresser les organisateurs de concerts, ce qui n’est pas la même chose. Je suis convaincu depuis toujours que l’enregistrement n’est pas la mise en boîte, comme on se plaît à le dire, de la musique vivante. C’est un moyen de communication magnifique, mais encore faut-il y construire et y exprimer un discours qui ait du sens. C’est dans cette direction que je réfléchis actuellement à l’idée d’une série qui partirait de la musique pour aborder aussi l’histoire et le monde des idées, une série qui se distinguerait par la rareté de ses parutions et le caractère extrêmement soigné de ses objets. Mais cela n’intéressera peut-être personne…

J.-C. P : Enfin, et sans trop lever le voile sur vos projets futurs, quelle perception avez-vous aujourd’hui de la possible évolution de l’Académie Bach et de son festival dans les années à venir ?

J.-P. C. : J’aimerais beaucoup développer plusieurs axes. Benjamin Lazar Robin H Davies © Robin H DaviesD’abord, celui de la pratique dont je parlais plus haut. Ce serait formidable si l’Académie Bach devenait totalement un festival d’un nouveau genre dans lequel le public vienne chanter à côté des artistes, ou avec les artistes, dans un échange permanent ! Dans le même registre, je prépare pour l’édition 2016 un stage de théâtre baroque pour étudiants étrangers en Littérature française, en coopération avec leurs universités. Je pense que leur approche des textes du XVIIe siècle en sera légèrement bouleversée… Nous travaillons aussi à l’établissement de partenariats avec des festivals d’autres pays européens, afin de favoriser la circulation des artistes et la confrontation des approches esthétiques. Par conviction comme par goût personnel, je voudrais sortir du cadre étroit du festival strictement musical pour accueillir aussi des rencontres entre le public et des écrivains, des chercheurs, des enseignants, développer une approche pluridisciplinaire et un bouillonnement culturel. Cette période de crise terrible que nous traversons ne doit pas engendrer le repli et l’immobilisme. Comme au XVe siècle elle pourrait être la source d’une réflexion renouvelée et d’une renaissance. À condition que chacun abandonne passivité et défaitisme : la musique et les arts savent enthousiasmer. Ils peuvent nous insuffler ce sursaut d’énergie et d’âme.

 

Propos recueillis en juillet 2015

 

Festival Académie Bach Arques-la-Bataille 2015La 18e édition du festival de l’Académie Bach d’Arques-la-Bataille se déroulera du 19 au 22 août 2015. Un supplément d’information, le programme détaillé et la billetterie sont accessibles en suivant ce lien.

Le stage de chant choral associé se déroulera du 15 au 22 août 2015. Des informations complètes sont disponibles en suivant ce lien.

Accompagnement musical :

Vous pourrez entendre ces morceaux par ces artistes dans le cadre de l’édition 2015 du festival de l’Académie Bach d’Arques-la-Bataille.

1. Johann Christoph Bach (1642-1703), Lieber Herr Gott, wecke auf uns

Vox Luminis
Lionel Meunier, basse & direction

Motets des vieux Bach Vox Luminis Lionel MeunierJohann, Johann Christoph & Johann Michael Bach, Motets. 2 CD Ricercar RIC 347. Ce double disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

2. Roland de Lassus (1532-1594), O Lucia miau, miau

Ensemble Dædalus
Roberto Festa, direction

Canzoni Villanesche Ensemble Daedalus Roberto FestaCanzoni Villanesche. 2 CD (réédition, 2012) Accent ACC 24268 Ce double disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

3. Anonyme, XIIIe siècle, Gaudens in Domino, conduit à 3

Diabolus in Musica
Antoine Guerber, percussion & direction

Sanctus ! Diabolus in MusicaSanctus ! 1 CD Bayard musique 308 422.2 Ce disque peut être acheté chez votre disquaire ou en suivant ce lien.

 

Toutes les photographies illustrant cette chronique sont de Robin .H. Davies, utilisées avec la permission de l’auteur. Toute utilisation sans son autorisation est interdite.

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